La voix du bon berger.
« ... les brebis le suivent (Jésus), parce qu'elles connaissent sa voix » (Jean 10 v. 4).
Notre cœur de brebis, dans sa fragilité et sa profondeur, porte en lui une soif mystérieuse, et pourtant si réelle : celle d’entendre et de discerner la voix de Dieu. C’est un besoin spirituel irrésistible, essentiel ; que retentisse en nous le timbre de sa voix. Le même que la terre a entendu, lorsqu’elle était encore « informe et vide » (Genèse 1 v. 2), et qui a fait d’elle une œuvre d’art vivante, où chaque montagne, chaque animal, chaque océan et chaque forêt, témoignent d’une gloire extraordinaire. Dans son silence, elle rayonne d’une beauté brute et sacrée, sans que l’homme ait besoin d’y ajouter quoi que ce soit. « La voix de l'Eternel est puissante, la voix de l'Eternel est majestueuse » (Psaume 29 v. 4).
La voix du Bon Berger parle au cœur de l’homme comme nul autre ne peut le faire. Elle agit comme un baume bienfaisant. Elle ne crie pas, elle ne force pas : elle appelle, elle guide, elle réconforte, elle enseigne, elle nourrit, elle vivifie. Jésus-Christ est la Parole créatrice qui veut s’exprimer, qui veut apporter à notre cœur, bien souvent « informe et vide », lui aussi, la vie dont il a besoin.
Sa voix est une boussole intérieure, elle ne donne pas toujours des plans détaillés, c’est vrai, mais elle trace un sentier de paix. Elle ne promet pas l’absence de tempêtes et de souffrances, mais elle nous guide pour que nous les traversions. Elle ne nous écrase pas sous des doctrines pesantes, elle nous façonne comme un potier. Non ! La voix du bon berger sature notre cœur d’amour, elle le rassasie de Sa présence. Elle ranime ce qui est tiède et ressuscite ce qui est mort.
Chers amis, c’est la voix du Créateur qui donne à la créature sa raison d’être : « Chantez à celui qui s'avance dans les cieux, les cieux éternels ! Voici, il fait entendre sa voix, sa voix puissante » (Psaume 68 v. 33). Alors, nos cœurs se transformeront en prairie verdoyante. Dans le chaos apparent, qui est peut-être le nôtre aujourd’hui, l’Esprit de Dieu est déjà là, planant au-dessus des eaux de notre vie, prêt à insuffler l’ordre, la lumière et la vie. Sachez qu’en écoutant la voix du bon berger, le désordre n’est jamais une fin en soi, mais très souvent, le commencement de Dieu.
Frédéric Gabelle


Éditions Bible et Foi


