1. Bénis  en Christ

1. Bénis en Christ

Chap: 1 - Croissance dans la foi - Si quelqu’un est devenu « croyant » dans le Seigneur Jésus, et persévère dans ce chemin, il se montre fidèle. Mais s’il s’éloigne, il est infidèle. Or nous voyons que les Éphésiens étaient « saints et fidèles ».

« Paul, apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, aux saints et fidèles dans le Christ Jésus, qui sont à Éphèse » (Éphésiens 1.1).

En se désignant lui-même comme « apôtre de Jésus Christ », Paul se présente comme son envoyé. Il avait la mission de rendre témoignage de lui comme le Seigneur glorifié dans le ciel ; en contraste avec les autres apôtres qui furent appelés par le Seigneur Jésus sur la terre, même après sa résurrection (Matthieu 28.16-20), et de ce fait avaient d’autres attributions. La source de cet appel était non pas la volonté de l’homme, mais la volonté de Dieu, comme il l’écrit aussi dans l’épître aux Galates (Galates 1.1).

Les destinataires de la lettre étaient les « saints et fidèles dans le Christ Jésus, qui sont à Éphèse ». Ils n’étaient pas seulement sanctifiés par Dieu quant à ce qui concerne leur position. Dans ce sens, nous sommes tous saints ; chaque enfant de Dieu est un saint. C’est la raison pour laquelle nous trouvons si souvent ce mot dans les épîtres du Nouveau Testament (cf. Éphésiens 1.15, 18 ; 2.19 ; 3.8, 18 ; 4.12 ; 5.3 ; 6.18). Tous les enfants de Dieu sont des saints parce qu’ils sont retirés du monde et mis à part pour Dieu. Quelle chose merveilleuse !

Mais il y a aussi un aspect pratique : « Comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite » (1 Pierre 1.15). Cela doit être visible. Quant aux Éphésiens, Dieu voyait qu’ils étaient « saints et fidèles ». Dans certaines traductions de la Bible, on trouve « croyants » au lieu de « fidèles », comme le terme grec peut aussi être rendu, quoique le sens de ces mots soit bien différent dans notre langue.

 quelqu’un est devenu « croyant » dans le Seigneur Jésus, et persévère dans ce chemin, il se montre fidèle. Mais s’il s’éloigne, il est infidèle. Or nous voyons que les Éphésiens étaient « saints et fidèles ». Les Colossiens sont les seuls qui reçoivent une salutation semblable. Que l’apôtre puisse s’adresser ainsi aux Éphésiens était donc un grand « compliment » pour eux.

Verset 2

« Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ ! » (Éphésiens 1.2).

Ce vœu de « grâce et paix » se retrouve, plus ou moins sous cette forme, dans presque toutes les épîtres que l’apôtre Paul a écrites. C’est une preuve de l’intérêt qu’il portait aux assemblées. Il n’est pas question ici de la grâce de Dieu dont nous avons besoin comme pécheurs. Les croyants à Éphèse la connaissaient depuis longtemps. Mais il s’agit de la grâce dans leur vie de foi.

Il en est de même pour la paix. Il ne leur souhaitait pas la paix avec Dieu ou la paix de la conscience qu’ils possédaient depuis longtemps. Il parle ici de la paix de Dieu dans leur cœur et de la paix entre eux, dans laquelle ils avaient à vivre chaque jour. Combien rapidement, dans notre vie journalière, la grâce et la paix peuvent disparaître ! Aussi l’apôtre exprime-t-il ce vœu spirituel.

La bénédiction de Dieu (1.3 à 14).

La première section doctrinale de l’épître commence ici, et elle peut être divisée en trois parties, qui se terminent chacune par le mot « gloire » (v. 6, 12, 14).

Dans les versets 3 à 8, nous voyons les bénédictions de Dieu et le chemin qui y conduit. Ici, l’accent est mis sur « le Père ».

Dans les versets 9 et 10, le Seigneur Jésus est présenté comme centre.

Les versets 11 à 14 nous parlent de notre héritage et aussi du chemin pour l’atteindre. Le Saint Esprit y figure en première place.

Tout le paragraphe ne forme qu’une seule phrase. Sa cohérence serait perdue par un fractionnement en plusieurs phrases plus courtes.

Quelqu’un a écrit au sujet de cette épître que nous pouvons difficilement en saisir quelque chose, si nous ne sommes pas spirituels et ne jouissons pas de la communion avec le Père, de sorte que rien dans notre vie ne nous sépare de lui, par exemple déjà de la légèreté dans nos pensées. Conscient de la faiblesse de notre compréhension, et avant tout, de notre réalisation de ce que le Saint Esprit a révélé ici, on tremble de commenter ce merveilleux paragraphe.

Verset 3

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ » (Éphésiens 1.3).

Ici, rappelons-le, un regard nous est accordé dans le cœur de Dieu. C’est pourquoi Paul commence, pourrait-il en être autrement ? par l’adoration : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ ». Peu d’épîtres s’ouvrent ainsi (voir 2 Corinthiens 1.3 ; 1 Pierre 1.3). Presque toutes commencent par l’expression de la reconnaissance, mais non par l’adoration, comme ici. L’apôtre présente la sienne à Celui qui est aussi bien le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ ; qui un jour, comme homme sur la terre, s’est écrié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » ; que le Père du Fils qui a exprimé en Gethsémané la supplication : « Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ».

Par sa mort et par sa résurrection, Christ a introduit tous ceux qui croient en lui dans les mêmes relations que les siennes comme homme avec son Dieu et son Père, ainsi qu’il l’a révélé à Marie de Magdala : « Mais va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20.17).

Vient ensuite une déclaration dont nous ne pourrons jamais saisir pleinement, sur la terre, toute la portée : « qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ». Nous pouvons dans une certaine mesure nous représenter ce que signifie le mot « bénédiction(s) » : quelque chose d’absolument positif, que tout le monde désire, et qui ne concerne que les hommes, car Dieu ne peut pas être béni, mais il est loué. En grec, il n’y a qu’un seul verbe pour ces deux mots. Tout dépend donc de quel point de vue il s’agit. Le verbe grec (eulogeô) signifie : déclarer quelque chose de bon. Quand nous exprimons quelque chose de bon au sujet de notre Dieu et Père, ce peut être tout au plus de la louange et de l’adoration. Mais si Dieu dit quelque chose de bon à notre égard, c’est de la bénédiction.

Chacun désire être heureux, plein de joie et béni. Tel est le chrétien. Il n’est pas dit ici que Dieu nous bénira, mais qu’il nous a bénis. Ce n’est donc pas quelque chose de futur, une espérance ; ce qui évidemment est aussi vrai, car l’étendue de la bénédiction que nous avons reçue ne se déploiera pleinement pour nous que dans l’avenir auprès du Seigneur. Mais cela ne signifie pas qu’il y ait aujourd’hui des choses que nous ne possédions, en principe, pas encore. Tous les enfants de Dieu sont dès maintenant bénis de toute bénédiction spirituelle.

Il nous est impossible de nous représenter ce que nous avons ici devant les yeux, et qui cependant suscite en nous louange et adoration ! Quatre choses sont mentionnées :

1. Nous sommes bénis de « toute bénédiction spirituelle », donc il n’en manque aucune. Combien souvent nous nous sentons pauvres et misérables. Paul, qui se trouvait en prison et ne possédait apparemment rien, pouvait dire : « J'ai tout reçu, et je suis dans l'abondance » (Philippiens 4.11-18). Il ne pensait pas aux choses extérieures, qui nous occupent tellement, mais il regardait à la bénédiction de Dieu. Quelle satisfaction, quelle reconnaissance, pouvons-nous aussi y trouver !

2. Il est ensuite dit qu’il s’agit de « toute bénédiction spirituelle ». Si nous pensons au peuple terrestre de Dieu, Israël, nous savons que Dieu lui a donné des bénédictions matérielles. C’étaient des richesses terrestres. Nous sommes facilement enclins à les considérer maintenant encore comme une bénédiction. Or nous ne trouvons pas dans le Nouveau Testament que les richesses extérieures soient considérées comme une bénédiction. Elles ne sont mentionnées qu’en relation avec notre responsabilité.

Nous devons être de fidèles administrateurs de tout ce que le Seigneur nous a confié dans sa grâce. Ceci vaut aussi pour les biens spirituels, dont le Seigneur dit, dans une de ses paraboles, qu’ils sont « nôtres », tandis que le « Mammon », les biens terrestres et matériels, est désigné comme « ce qui est à autrui », qui ne nous est confié que pour peu de temps (Luc 16.1-12). Dans cette épître ce sont des bénédictions spirituelles qui nous sont présentées, non pas des matérielles, et nous verrons encore ce que cela signifie.

3. Nos bénédictions se trouvent « dans les lieux célestes ». Cette expression est un mot clé qui revient cinq fois dans l’épître aux Éphésiens (1.3, 20 ; 2.6 ; 3.10 ; 6.12). Littéralement, il est dit simplement : « dans les célestes », c’est-à-dire qu’il s’agit ici de ce qui désigne et caractérise le céleste en contraste avec ce qui est terrestre. Nos regards sont détournés de la terre vers le ciel. C’est là que sont nos bénédictions et c’est de là qu’elles viennent à nous, car nous les possédons déjà ici sur la terre, mais comme quelque chose de céleste.

Dans cette mesure, les lieux célestes ne sont pas une sphère dans laquelle nous avons à nous introduire, mais pour ainsi dire, ils se sont abaissés jusqu’à nous. C’est le monde invisible de Dieu, dans lequel nous nous trouvons déjà, tandis que nous sommes encore sur la terre. Le pays de Canaan, dans l’Ancien Testament, en est un type bien connu de beaucoup de chrétiens.

C’était le pays que Dieu avait préparé pour Israël, son peuple terrestre. Pour cela, il les avait retirés d’Égypte, figure du monde, et les avait conduits au travers du désert, figure des circonstances terrestres dans lesquelles nous nous trouvons comme étrangers. Canaan était le lieu même d’habitation d’Israël, un type des lieux célestes, la demeure propre du chrétien. C’est là que sont nos bénédictions.

Si nous ne jouissons pas de communion avec Dieu, nous n’y portons aucun intérêt. Nous sommes alors si occupés des choses de la terre et du monde que nous n’éprouvons pas d’attrait pour les choses qui nous permettent de regarder dans le cœur de Père plein d’amour de notre Dieu. Mais pour le chrétien spirituel, elles forment l’essence même de la vie !

4. « En Christ ». Lui est le centre de tout. Nous verrons que tout ce que nous avons et sommes, a son origine dans le Seigneur Jésus-Christ. La croix de Golgotha, mentionnée ici au verset 7, au milieu de notre paragraphe, est la base pour toutes nos bénédictions ; par elle, en effet, nous pouvons y avoir part. Christ est le centre des conseils de Dieu. En lui et par lui, Dieu accomplira toutes ses pensées, et tout ce que les hommes reçoivent par la foi a son origine en lui. C’est pourquoi aussi le titre de « Christ » paraît si souvent dans cette épître ; nous trouvons aussi quelques fois : « dans le Christ », ce qui souligne notre position particulière de bénédiction. Ici, il s’agit donc de l’origine de toutes nos bénédictions, mais plus loin dans l’épître, il nous sera dit que nous sommes si intimement liés à Christ que nous sommes vus « en lui » (cf. 1.6, 11, 13 ; 2.6, etc.).

En poursuivant la lecture de l’épître aux Éphésiens, nous trouvons beaucoup de ces bénédictions qui remplissent nos cœurs de reconnaissance et d’adoration :

  1. Des créatures plongées dans le péché et dans les ténèbres sont devenues de bien-aimés enfants de Dieu, qui peuvent se tenir « saints et irréprochables devant lui en amour », c’est-à-dire conformes moralement à sa nature (1.4 ; 5.1).

  2. À la place du vieil homme paraît « le nouvel homme » qui est « créé selon Dieu, en justice et sainteté de la vérité » (4.24).

  3. Nous sommes aussi prédestinés à « l’adoption » pour Dieu lui-même par Jésus-Christ (1.5).

  4. Nous avons été scellés du « Saint Esprit », qui est aussi les arrhes de notre héritage, notre conducteur et la source de notre force (1.13, 14 ; 2.16 ; 3.16).

  5. Par le Christ, nous avons « accès auprès du Père par un seul Esprit » (2.18 ; 3.12).

  6. Nous ne nous trouvons pas là comme des enfants de Dieu dispersés, mais sommes « bien ajustés ensemble », pour être « la maison de Dieu » et « le corps de Christ » (2.21, 22 ; 4.4, 16) et formons « l’épouse de Christ » (5.25-33).

  7. Par la foi, nous pouvons déjà maintenant être « assis ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus » ; sa place dans la gloire est aussi « notre place » (2.6) !

Verset 4

« En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui » (Éphésiens 1.4).

Nous voyons l’origine de tout dans les versets qui suivent, où nous trouvons deux choses : d’une part, quelques-unes de ces bénédictions, mais d’autre part, surtout, ce qui était nécessaire pour que nous puissions les recevoir. Ces versets sont souvent compris comme s’ils en donnaient seulement une description. Mais ce n’est que partiellement le cas.

Ils montrent principalement les étapes ou conditions qui étaient nécessaires pour que nous puissions devenir les bénéficiaires de ces bénédictions spirituelles et célestes que Dieu avait dans son cœur.

Nous trouvons dans ce paragraphe trois points importants qui nous décrivent aussi bien les bénédictions elles-mêmes que le chemin pour y parvenir. Nous lisons au verset 4 : « En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui ».

C’est là que notre regard plonge dans le cœur de Dieu. Ce que nous avons reçu comme chrétiens n’est pas seulement le résultat de la miséricorde de Dieu envers l’homme, mais a son origine dans l’éternité avant la fondation du monde, c’est-à-dire avant que ne soit posé le fondement de la création, avant que rien ne soit appelé à l’existence. Ce mot « selon » montre qu’il s’agit non pas d’un complément explicatif de la déclaration précédente, mais d’une affirmation parallèle. Nous sommes bénis, non parce que nous avons été élus, mais nos bénédictions sont en pleine harmonie avec tout ce que Dieu a fait de nous.

Élus

La première chose qu’il devait faire pour pouvoir nous donner ces bénédictions, était de nous y préparer. Aussi nous a-t-il élus en Christ avant la fondation du monde (v. 4). Nous trouvons trois fois dans la parole de Dieu cette expression « avant la fondation du monde ».

En Jean 17.24, le Seigneur Jésus dit dans sa prière au Père : « Tu m’as aimé avant la fondation du monde ». Nous voyons là l’amour du Père pour le Fils dans l’éternité, tandis qu’en Éphésiens 1.4, il est dit que nous avons été élus dans le Fils. La joie, la satisfaction de Dieu le Père en son Fils Christ, était telle qu’il a préconnu et élu par ce « canal » des créatures qui n’existaient pas encore ! Ceci ne peut s’expliquer que par le fait que la joie qu’il a dans le Fils doit trouver son écho dans des créatures rachetées. Il s’agit ici non pas de ce dont nous avons besoin, mais de ce que Dieu voulait.

En 1 Pierre 1.20, l’expression « avant la fondation du monde » revient pour la troisième fois. Là, nous voyons le Fils bien-aimé du Père, dans lequel nous sommes élus, comme l’agneau sans défaut et sans tache préconnu de Dieu, par le sang duquel nous sommes rachetés (*).

(*) Les sept passages où paraît l’expression « dès la fondation du monde » sont en revanche toujours en relation avec Israël ou le Millénium (Matthieu 13.35 ; 25.34 ; Luc 11.50 ; Hébreux 4.3 ; 9.26 ; Apocalypse 13.8 ; 17.8).

Le Fils unique dans le sein du Père était certes préconnu par lui comme l’Agneau qui le glorifierait parfaitement par l’œuvre de l’expiation, et donnerait son sang comme prix de notre rédemption. Mais remarquons bien : Il n’a pas été « élu », car qui d’autre aurait pu accomplir le conseil et le propos du Père ? Comme homme sur la terre, il était cependant déjà annoncé dans l’Ancien Testament comme l’élu de Dieu : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir » (Ésaïe 42.1 ; comp. Matthieu 12.18 ; Luc 23.35 ; 1 Pierre 2.4-6).

De tous les hommes depuis Adam, il fut le seul dont toute la vie a été uniquement à la gloire de Dieu, la pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse auprès de Dieu.

Mais à la préconnaissance de Dieu est cependant liée l’élection de tous ceux qui, un jour unis au Seigneur Jésus, leur Sauveur et Seigneur, jouiront dans la gloire d’une joie éternelle dans la communion avec Dieu le Père. Car comme l’écrit Pierre tout au début de sa première épître, notre élection a eu lieu selon la préconnaissance de Dieu.

Dieu avait aussi élu les patriarches Abraham, Isaac et Jacob, de même que son peuple terrestre Israël. Cette élection concernait leurs rapports avec les autres nations de la terre (voir Deutéronome 7.6-8 ; Ésaïe. 43.20 ; Actes 13.17). Pareillement, le résidu croyant futur d’Israël sera constitué des élus du peuple terrestre de Dieu, qui jouiront des bénédictions du règne millénaire sur la terre (Matthieu 24.22-31). La Bible parle même des anges élus, en contraste avec ceux qui se sont élevés fortement contre Dieu (1 Timothée 5.21).

Cependant, dans l’épître aux Éphésiens, qui décrit les bénédictions personnelles et collectives de ceux qui croient au Seigneur Jésus, il nous est dit que nous sommes élus déjà avant la fondation du monde. Le magnifique exposé du début de l’épître commence par la louange à Dieu le Père, qui nous a bénis en Christ de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes. Nous sommes élus dès avant la fondation du monde en lui, que le Père aimait et qu’il avait préconnu comme l’agneau immolé dès avant la fondation du monde.

Nos bénédictions ne sont donc pas seulement la conséquence de la miséricorde de Dieu envers des pécheurs perdus, mais elles reposent sur un conseil qu’il avait déjà formé avant que le monde n’existe et avant qu’aucun de nous ne soit né ou n’ait commis le moindre péché. Il nous a élus en parfaite harmonie avec sa propre nature, qui est lumière et amour, pour que nous soyons éternellement auprès de lui. L’origine et le but de cette élection divine résident donc en dehors de la création. Notre élection éternelle en relation avec Christ est ainsi, dans un certain sens, en contraste avec l’élection du peuple de Dieu pour cette terre. Le Millénium, dans lequel Israël comme peuple jouera un rôle éminent est « préparé dès la fondation du monde » (Matthieu 25.34), tandis que nous sommes élus « avant la fondation du monde ».

L’élection n’a pas seulement de l’importance pour l’éternité, mais elle représente déjà maintenant un grand encouragement, ce que nous pouvons constater par exemple dans le fait que des croyants sont appelés dans la parole de Dieu « élus » ou « co-élus » (Romains 16.13 ; 1 Pierre 5.13, note j). Paul rappelle à Tite que les élus de Dieu ont en partage une foi merveilleuse (Tite 1.1), et il encourage les Romains par cette exclamation : « Qui intentera accusation contre des élus de Dieu ? » (Romains 8.33).

Qui sont donc ceux que Dieu a élus ? Selon Jacques 2.5, ce sont les pauvres quant au monde, méprisés du monde, et selon 1 Corinthiens 1.26 à 29, les choses folles, faibles, viles et méprisées du monde. Cela ne veut, évidemment, pas dire qu’il n’y en a pas d’autres.

Mais ces déclarations de la parole de Dieu montrent très clairement que ce ne sont pas les qualités ou les capacités des élus qui ont conduit à leur acceptation auprès de Dieu, mais qu’ils doivent exclusivement à sa grâce souveraine et illimitée d’avoir été choisis, pour être dans toute l’éternité saints et irréprochables devant lui en amour.

Du fait qu’on va plus loin que la parole de Dieu l’autorise, la préconnaissance, l’élection et la prédestination sont parfois placées dans un faux contexte. Nous ne devons pourtant pas aller au-delà de ce que la parole de Dieu nous révèle. Nous y trouvons certes de merveilleuses déclarations quant aux pensées éternelles de Dieu concernant ceux qui seront une fois auprès de lui dans la gloire, mais nous n’avons aucun passage quant à une prédestination éternelle d’autres hommes à la malédiction ! Tous ceux qui seront perdus subiront leur juste châtiment pour leurs péchés, mais non pas en raison d’une prédestination divine (voir Apocalypse 20.11-15). Il est dit en Romains 9.22-23 de ceux qui seront perdus, qu’ils sont « préparés » pour la destruction, mais, des rachetés, que Dieu les « préparés d’avance » comme vases de miséricorde pour la gloire.

Pour l’intelligence de l’homme naturel, il semble y avoir ici une contradiction insoluble. Mais pour la foi, la parole de Dieu donne une réponse simple en Ésaïe 55.8-9 : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel : car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. »

La sagesse de Dieu est infiniment au-dessus de notre faible compréhension. Cependant, il nous donne dans sa Parole quelques aperçus de son conseil, qu’il a pris dans l’éternité avant la fondation du monde concernant ceux qu’il voulait sauver. Quand nous nous y arrêtons, nous nous exclamons alors avec l’apôtre Paul : « O profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies introuvables ! Car qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller ? ou qui lui a donné le premier, et il lui sera rendu ? Car de lui, et par lui, et pour lui, sont toutes choses ! À lui soit la gloire éternellement ! » (Romains 11.33-36).

« Saints et irréprochables ».

Maintenant, une merveilleuse bénédiction nous est révélée : « pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui ». Tel était le but de l’élection divine. Si l’élection montre une des étapes vers la bénédiction de Dieu, nous discernons dans les expressions « saints et irréprochables devant lui » une partie de cette bénédiction qui est devenue notre part.

Nous sommes sanctifiés pour Dieu, et sans tache, et cela non seulement dans le futur au ciel, mais déjà pour le temps présent. Dans l’absolu, cela ne peut être dit que de Dieu. Ce sont des caractères du Dieu dont les yeux sont trop purs pour voir le mal, mais qui est aussi amour (Habacuc 1.13 ; 1 Jean 1.5 ; 4.8-16). Quand ces traits sont vus chez nous, c’est donc que la nature de Dieu est en nous. Beaucoup de passages nous en parlent.

Jean dit que nous sommes nés de Dieu, et Pierre, que nous participons pratiquement de la nature divine (Jean 1.13 ; 2 Pierre 1.4). C’est ainsi que s’exprime notre relation d’enfants avec Dieu. Ces mots, « saints et irréprochables », qui s’appliquent à tout croyant, contiennent une bénédiction spirituelle, céleste, que nous ne pouvons sonder. Nous ne pouvons qu’adorer en nous émerveillant que Dieu ait eu dans son cœur de transformer de telle manière ceux qui étaient autrefois des pécheurs et des ennemis de Dieu.

Verset 5

« … nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté » (Éphésiens 1.5).

Nous sommes cependant non seulement enfants de Dieu, mais aussi fils du Père (voir les expressions « Dieu et Père » au verset 3). Le conseil éternel de Dieu ne consiste pas seulement dans la préconnaissance et l’élection de ceux qui croient en son Fils, mais il englobe aussi leur prédestination à une part éternelle merveilleuse.

À quoi sommes-nous, nous croyants de l’époque actuelle, prédestinés par Dieu ? Ce n’est pas seulement au pardon des péchés et à la délivrance du jugement éternel. Si grand et glorieux que cela soit déjà en soi-même, ce n’est pourtant rien d’autre que la condition préalable à notre part éternelle véritable que nous décrit ici l’apôtre. Le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ nous a « prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus Christ, selon le bon plaisir de sa volonté » (comp. Romains 8.29).

Dans sa simplicité, cette déclaration extraordinaire n’affirme rien de moins que Dieu a une telle satisfaction en son Fils bien-aimé qu’il veut remplir sa maison, la maison du Père dans le ciel, pour l’éternité, de rachetés qui lui soient semblables ! Le Fils éternel dans le sein du Père est la préfiguration de cette « position de fils », comme on peut aussi rendre le mot adoption. Quelle grâce digne de toute adoration ! Quelle part pour d’indignes pécheurs perdus !

Mais en réalité, il s’agit là non seulement de nous, mais de Dieu lui-même, qui nous a prédestinés pour nous adopter « pour lui par Jésus Christ ». Combien nous pensons peu que Dieu a fait de nous un sujet de joie pour lui-même. Et tout a cependant son centre dans le Seigneur Jésus.

Verset 6

«  … à la louange de la gloire de sa grâce dans laquelle il nous a rendus agréables dans le bien-aimé » (Éphésiens 1.6).

Dieu est présenté ici à nos yeux comme Celui qui, le seul, peut toujours agir, et agit toujours, en parfaite harmonie avec « le bon plaisir de sa volonté » (v. 5). La source de sa manière d’agir envers nous n’est donc pas notre misère, nos péchés, mais sa volonté éternelle, qui est l’autorité absolue. Tout ce qui est décrit ici, il l’a fait selon le bon plaisir, la joie de sa volonté, et en effet dans le but de déployer « la gloire de sa grâce ». La grâce est la forme particulière de l’amour de Dieu envers ceux qui ne l’ont pas mérité. Par là même, l’attention est attirée sur nous comme ceux qui en sont les objets. « La gloire de sa grâce » nous montre l’infinie grandeur du conseil de Dieu qui voulait se glorifier par la grâce, c’est-à-dire manifester par elle tous ses caractères glorieux.

Nous sommes « rendus agréables (ou : gratifiés de sa grâce) dans le bien-aimé », dans le Seigneur Jésus, le bien-aimé de son Dieu et Père. Quelle vision merveilleuse s’ouvre là devant nos yeux ! Beaucoup de gens, même des croyants, se représentent Dieu comme un juge inexorable, sévère et prêt à punir, qui doit nous condamner, duquel cependant le Seigneur Jésus dans sa grâce nous a sauvés en intervenant comme médiateur pour nous à la croix.

Mais ici, nous avons la vraie représentation de Dieu : c’est lui-même qui nous a envoyé, à nous pécheurs, le Fils de son amour comme médiateur, afin de nous rendre agréables en lui (comp. Colossiens 1.13 ; 1 Timothée 2.5) ! Celui qui aurait dû nous condamner pour l’éternité à cause de sa sainteté et de sa justice, est le même qui dans sa miséricorde a donné pour nous son Fils bien-aimé et nous a fait grâce en lui. L’étendue de la grâce dont nous avons été gratifiés est exprimée d’un côté par l’adjonction « dans le bien-aimé », mais d’un autre côté par le verbe même employé, qui contient aussi la pensée que nous sommes « rendus agréables ». Dieu ne nous a pas seulement manifesté sa grâce sans limites et imméritée, mais il peut maintenant nous considérer dans « le bien aimé » avec une satisfaction divine.

Quand il nous regarde, il voit d’abord son Fils ! Tout ce que nous sommes devenus et tout ce que nous possédons, nous l’avons « dans le bien-aimé ».

Verset 7

« … En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce » (Éphésiens 1.7).

Nous en venons au point central de ce paragraphe. Ici seulement il est dit quelque chose de ce dont nous avions besoin. Les premiers chapitres de l’épître aux Romains décrivent d’une manière détaillée notre propre misère et notre état de perdition. Si l’épître aux Éphésiens, comme déjà relevé à plusieurs reprises, nous présente principalement le côté de Dieu, dont le Seigneur Jésus est le centre, il est pourtant nécessaire que notre besoin de salut nous soit en outre rappelé. En Christ et par son sang, nous avons reçu la rédemption.

Ce mot (grec : apolutrôsis) signifie initialement : « rachat par le paiement d’une rançon ». Notre « rançon » (grec : lutron ; comp. Matthieux 20.28), le Seigneur Jésus l’a payée. La mort expiatoire du Fils bien-aimé du Père, qui a dû donner sa vie et dont le sang a coulé sur la croix de Golgotha était nécessaire pour que nous puissions être sauvés. La rémission des fautes est une partie de l’œuvre du Seigneur Jésus. Elle est cependant mentionnée ici comme le seul aspect de la rédemption qui, en soi, va beaucoup plus loin (comp. v. 14). Quel prix a le sang de Christ ! Combien souvent il en est parlé dans le Nouveau Testament ! C’est le sang précieux de l’agneau sans défaut et sans tache (1 Pierre 1.19), dans lequel nous sommes lavés de nos péchés (Apocalypse 1.5) et par lequel nous sommes aussi sauvés, c’est-à-dire rachetés de l’esclavage de Satan, et avons été approchés de Dieu (Éphésiens 2.13). Soyons reconnaissants de ce qu’il a fait pour nous !

La manière d’agir de Dieu envers nous répond aux « richesses de sa grâce » et nous révèle la plénitude infinie de sa propre grâce pour notre bénédiction. « La gloire de sa grâce » mentionnée au verset 6 dirige nos regards sur lui comme la source de la grâce et produit l’adoration, car il est dit : « à la louange de la gloire de sa grâce » ; tandis que « les richesses de sa grâce » montrent toute l’étendue de la grâce divine en notre faveur et produit en nous la reconnaissance.

Verset 8

« … laquelle il a fait abonder envers nous en toute sagesse et intelligence » (Éphésiens 1.8).

Afin que nous puissions saisir toutes les richesses de sa grâce qu’il a fait abonder envers nous, Dieu nous a donné, en même temps ou en relation avec cela, toute sagesse et intelligence, car nous avons besoin de discernement lorsque nous sommes occupés de telles choses. Il ne s’agit pas ici de la sagesse et de l’intelligence de Dieu, mais de notre compréhension de sa grâce et de sa manière d’agir. Un peu plus loin, Paul demande pour les saints à Éphèse le don de l’esprit de sagesse et de révélation dans la connaissance de Dieu (v. 17), et en Colossiens 1.9, il prie pour que les croyants soient « remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle ».

Versets 9 et 10

« … nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu'il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (Éphésiens 1.9-10).

Ici, notre regard est dirigé vers la terre. Jusqu’ici, nous avons considéré les choses du ciel, mais Dieu a aussi un but quant à la terre, dans lequel le Seigneur Jésus occupe également la place centrale. Dans le Millénium, Christ réunira le ciel et la terre par sa domination sur toutes les œuvres de ses mains. Il sera alors chef sur toutes choses. Ce fait est déjà révélé dans l’Ancien Testament.

Dans le psaume 2, il est écrit, au verset 7 : « Je raconterai le décret : l’Éternel m’a dit : tu es mon Fils ; aujourd’hui je t’ai engendré » ; le Seigneur est vu là comme homme sur la terre. Viennent ensuite les paroles qui lui sont adressées par Dieu : « Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage, et, pour ta possession, les bouts de la terre ; tu les briseras avec un sceptre de fer ; comme un vase de potier, tu les mettras en pièces… ». Pourquoi cela est-il si important ? Parce que Dieu est juste à cet égard aussi, et ne s’en tiendra pas à ce que son Fils n’ait connu sur la terre que le mépris et le rejet, comme c’est le cas encore aujourd’hui. L’histoire du monde se terminera par le règne millénaire, quand Christ dominera en paix et en justice comme Souverain absolu et sera aussi accepté comme tel. C’est là le sujet de ce passage. Quel parfait équilibre règne dans le conseil de Dieu, tant pour ce qui concerne le temps que pour l’éternité !

Si donc ceci était déjà connu dans l’Ancien Testament, pourquoi en est-il parlé ici comme d’un mystère ? Dans le psaume 2, les nations et les bouts de la terre sont mentionnés. Au psaume 8, où le Seigneur est vu comme Fils de l’homme, il est parlé de toutes les œuvres de ses mains. Mais en Éphésiens 1.10, il est question non seulement des choses qui sont sur la terre, mais aussi de celles qui sont dans les cieux. Nous ne trouvons pas encore cela expressément dans l’Ancien Testament. Mais l’essentiel est que l’Assemblée de Dieu, qui est formée de tous les vrais croyants et qui est le corps de Christ, la plénitude de Celui qui remplit tout en tous (v. 23), sera unie au Roi. Ceci n’était pas encore révélé dans l’Ancien Testament, mais l’est seulement dans le Nouveau. Le Seigneur ne régnera pas seul, mais en commun avec ses saints. Tel est le mystère encore caché au temps de l’Ancien Testament, mais maintenant révélé.

Ce mystère concerne « lorsque les temps seraient accomplis » (v. 10). L’éternité n’est jamais appelée « la plénitude des temps ». Ces mots désignent le dernier temps, qui englobe et met fin à tous les autres, le Millénium. Le règne de Christ est « l’administration de la plénitude des temps ». Alors tout sera réuni sous une tête, ou amené à sa conclusion par une tête ; en grec, le verbe employé ici pour « réunir en un » comporte le mot « tête » ; en Christ. Il occupera la première place et sera chef sur toutes choses, dans le ciel et sur la terre. Dans d’autres passages, ce qui est « sous la terre » est aussi mentionné (comp. Philippiens 2.10) ; tel n’est pas le cas ici, car il s’agit de la bénédiction.

 

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