27. Vers la sainteté

27. Vers la sainteté

Chap: 27 - Des cris de joie La louange et les cris d'allégresse sont une source de force et de victoire dont le secret échappe totalement aux gens sages et avisés.

Le diable enveloppe souvent les âmes d'un voile que rien d'autre ne saurait ôter. Il est des âmes honnêtes qui pourraient avancer sur le chemin de la foi avec une liberté parfaite et constante, si elles voulaient seulement regarder le diable en face et s'écrier : « Gloire à Dieu ! » au lieu de mener deuil tous les jours de leur vie. Ce voile s'étend parfois sur des auditoires tout entiers.

Les regards sont indifférents, insouciants, inquiets. On ne lit dans les yeux ni attention, ni désir. Un calme oppressant, une sérénité de mort plane sur toute l'assemblée. Mais qu'un homme baptisé de l'Esprit, avec un « poids de gloire » dans son âme, vienne et bénisse le Seigneur, et le voile se déchire. Chacun se réveille, se ressaisit, se rappelle où il est, et commence à s'attendre à quelque chose.

Les cris d'allégresse et la louange sont au salut ce que la flamme est au feu. Le feu peut produire une grande chaleur et avoir une réelle utilité sans dégager de flamme ; mais, que celle-ci surgisse, il devient irrésistible et balaye tout devant lui. De même, certaines personnes peuvent être excellentes et posséder le salut ; néanmoins, c'est seulement lorsqu'elles seront remplies du Saint-Esprit, qu'on les verra louer le Dieu de gloire, à toute heure, en public comme en privé, et que leur salut deviendra irrésistiblement contagieux.

Certes, il y a des chrétiens dont les manifestations bruyantes produisent le même effet qu'une charrette vide cahotant sur des pavés disjoints ou des cartouches tirées à blanc. Leur religion n'est que vains bruits. D'autres, cependant, soupirent après la plénitude de la connaissance de Dieu, le cherchent dans le secret de leur cœur. Ils désirent ardemment voir son royaume s'établir avec puissance, plaident avec lui au nom de ses promesses.

Ils sondent sa parole, la méditent jour et nuit jusqu'à ce que la pensée même de Dieu, les grandes vérités spirituelles, les pénètrent, et que leur foi devienne absolue. Le Saint-Esprit descend alors sur eux comme un poids de gloire qui les pousse à la louange, et cette louange porte ses fruits. Parfois, leurs cris de joie résonnent comme le crépitement d'une fusillade et tous leurs coups portent.

Un de mes vieux amis de Vermont (État du nord-est des États-Unis d'Amérique) me disait, un jour, que lorsqu'il entre dans un magasin ou une station de chemin de fer, il trouve quelquefois ces lieux remplis de démons et l'atmosphère étouffante jusqu'à ce qu'il ait fait entendre une exclamation de louange. Alors les démons s'enfuient, l'atmosphère est purifiée, la place est à lui, il est maître de la situation, et peut dire et faire ce qu'il juge à propos. La fille aînée (Catherine Booth-Clibborn, surnommée la maréchale.

Elle a dirigé l’œuvre en France, à ses débuts) du fondateur écrivait : « Rien ne remplit d'effroi l'enfer comme une foi agissante, hardie et triomphante ». Rien ne peut résister à un homme qui a dans l'âme un vrai chant de louanges. La terre et l'enfer fuient devant lui : le ciel entier accourt pour l'aider à gagner ses batailles.

Au moment où les armées de Josué poussèrent de grands cris, les murailles de Jéricho s'écroulèrent (Josué 6.20) quand les hommes de Josaphat commencèrent « les chants et les louanges, l'Eternel plaça une embuscade contre les fils d'Ammon et de Moab, et ceux de la montagne de Séir… Et ils furent battus » (2 Chroniques 20.22).

Quand Paul et Silas, meurtris, le dos sanglant, priaient et chantaient les louanges de Dieu dans le cachot de l'horrible prison romaine, le Seigneur envoya un tremblement de terre qui ébranla les fondements mêmes de la prison, fit tomber les liens des prisonniers, et convertit le geôlier et toute sa famille (Actes 16.23-34). Il n'est pas de difficulté qui ne s'évanouisse devant l'homme qui prie et loue son Dieu.

Quand Billy Bray avait besoin de pain, il priait et poussait des cris de joie pour faire comprendre au diable qu'il n'attendait rien de lui, mais qu'il avait en son Père céleste, une parfaite confiance. Quand le Dr Cullis, de Boston, se trouvait sans un sou en caisse, avec de lourdes obligations en perspective, quand il ne savait comment se procurer la nourriture pour son sanatorium, il allait dans son cabinet, lisait la Bible, priait, puis se mettait à arpenter sa chambre, louant Dieu, lui répétant qu'il voulait croire en lui, et l'argent affluait de tous les coins du monde. La victoire ne peut bouder un homme qui, ayant ainsi répandu son cœur devant Dieu, ose se confier en lui et exprimer sa foi par la louange.

Le cri d'allégresse est le point culminant et l'expression la plus élevée de la foi. Quand un pécheur s'approche de Dieu, avec une vraie repentance et un entier abandon, quand il s'en remet complètement à la miséricorde de Dieu, regardant à Jésus seul pour son salut, et saisit par la foi, pleinement et sans crainte, la bénédiction de la justification, la première expression de cette foi sera la confiance et la louange.

Sans doute, il en est beaucoup, parmi ceux qui proclament leur justification, qui ne louent jamais Dieu, mais, ou bien ils se trompent, ou leur foi est faible et mêlée de doute et de crainte. Si elle était parfaite, la louange jaillirait spontanément de leur cœur.

De même pour l'homme justifié qui a compris la sainteté divine, l'immense étendue de ses commandements, et le droit absolu de Dieu sur chacune des facultés de son être. Il a constaté ce qui subsiste en lui d'égoïsme et d'attachement à la terre. Il a essuyé maints échecs dans sa recherche de la pureté, soutenu bien des conflits avec sa conscience, et connu bien des hésitations dans sa foi.

Alors, il vient à Dieu pour être sanctifié par le précieux sang du Christ, le baptême du Saint-Esprit et de feu. Aussi, l'expression finale de la foi qui saisit résolument et pleinement la bénédiction, sera, non la supplication, mais la louange et la joie.

Le même fait se produit quand cet homme, sauvé et sanctifié, voyant les souffrances d'un monde perdu, sentant la passion sainte de Jésus s'allumer en lui, s'avance pour combattre « contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Éphésiens 6.12), afin de sauver les esclaves du péché et de l'enfer.

Après avoir demandé avec larmes au Seigneur une effusion de son Esprit, après avoir enseigné et prêché aux hommes, les exhortant à se donner entièrement à Dieu, après beaucoup de jeûnes, d'épreuves et de conflits dans lesquels sa foi et sa patience envers d'autres hommes sont devenues parfaites, auront saisi la victoire, sa prière sera transformée en louange, ses pleurs en cris d'allégresse et une apparente défaite deviendra un triomphe définitif.

Où il y a victoire, il y a chant d'allégresse. Là où il n'y a pas de chant, la foi et la patience sont dans une période de déclin ou engagées dans un combat dont l'issue est incertaine. La foi fait tomber sous nos yeux les plus fortes murailles ; la foi nous rend victorieux et gagne les batailles. La foi nous ouvre les trésors de la toute-puissance ; les plus faibles deviennent forts sous sa sainte influence.

Du reste, ce qui est vrai dans l'expérience individuelle, s'applique à l'Église dans son triomphe définitif ; car après de longues périodes de détresse, de conflit, de fidèle attente et de terribles épreuves, après les intercessions continuelles de Jésus et les soupirs inexprimables de l'Esprit dans le cœur des croyants, l'Église arrivera enfin à une foi et une patience parfaites, dans l'unité de l'amour, suivant la prière de Jésus dans le dix-septième chapitre de l'évangile de Jean.

Alors, « le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d'un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel » (1 Thessaloniciens 4.16), et la défaite apparente se changera en une victoire éternelle.

Mais que personne ne se hâte de conclure qu'il faut louer Dieu uniquement sous l'inspiration d'un sentiment de triomphe spirituel. Paul dit : « Nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander dans nos prières. Mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables » (Romains 8.26).

Cependant, si un homme refuse de prier tant qu'il n'a pas ressenti cette intercession du Saint-Esprit, dont Jean de la Fléchère dit qu'elle est « comme un Dieu luttant avec un Dieu », il ne priera pas du tout. Nous devons ranimer en nous le don de la prière. Nous devons nous y exercer jusqu'à ce que notre âme soit en agonie, alors nous nous rendrons compte de la force remarquable du Saint-Esprit intercédant en nous.

« Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes » (1 Corinthiens 14.32). Il nous faut de même ranimer et développer le don de la louange. Nous devons y appliquer toute notre volonté. Quand Habacuc le prophète eut tout perdu, et qu'il se vit environné de la plus extrême désolation, il s'écria :

« Toutefois, je veux me réjouir en l'Eternel, je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut » (Habacuc 3.18). Nous sommes ouvriers avec Dieu, et si nous avons la volonté de le louer, il veillera à ce que nous en ayons des sujets. Nous avons souvent entendu parler de Daniel qui priait trois fois par jour, mais nous oublions de remarquer qu'il rendait grâce en même temps (Daniel 6.10), ce qui est une manière de louange. David dit : « Sept fois le jour, je te célèbre » (Psaume 119.164). À maintes et maintes reprises, il nous est ordonné de louer Dieu, de le célébrer à haute voix et de nous réjouir en lui. Si donc, par crainte ou par honte, l'homme s'y refuse, qu'il ne s'étonne point d'être sans joie et de ne point remporter de victoire décisive.

Mais pour louer Dieu, il faut que l'homme se retire seul avec lui dans le secret de son cœur. Les cris d'allégresse sont-ils autre chose qu'une manifestation de la joie qu'il éprouve à trouver Dieu en lui ? C'est pourquoi je dis « seul avec Dieu », en ajoutant « dans son propre cœur », puisque c'est là qu'il se rencontrera en tête-à-tête avec lui.

Alors il louera Dieu pour ses œuvres merveilleuses, il le louera parce qu'il est digne de louanges, il le louera, qu'il s'y sente porté ou non, il le louera dans l'obscurité comme dans la lumière, il le louera dans les moments de rude combat comme dans les jours de victoire. Il éclatera en chants d'allégresse, et nul ne pourra lui ravir sa joie, car l' Éternel fera boire à la source du bonheur, et il sera lui-même sa joie suprême.

Bien des personnes assaillies par une violente tentation, ou environnées de ténèbres, ont répandu leur âme dans la prière, pour retomber ensuite dans le désespoir. Or, si elles avaient osé, au nom du Seigneur, terminer leur prière par des chants d'allégresse, avec actions de grâce, l'enfer aurait été rempli de confusion, et leur victoire aurait mis toutes les harpes célestes en mouvement et fait tressaillir les anges de joie.

Mainte réunion de prière n'a échoué que pour cette raison. On chantait des cantiques, on rendait témoignage, on lisait et expliquait la Bible, on faisait entendre aux pécheurs des paroles d'avertissement, on faisait monter des prières à Dieu, mais personne n'en arrivait au point où l'on pouvait et voulait louer Dieu pour la victoire ; et ainsi la bataille était perdue faute de chants d'allégresse.

Dès que nous sommes nés de Dieu et tout au long de notre pèlerinage terrestre (jusqu'à l'heure où nos yeux s'ouvriront à la vision céleste, où, glorifiés à jamais, nous verrons Jésus tel qu'il est), nous avons non seulement le droit, mais le devoir de nous réjouir. C'est notre plus beau privilège et notre devoir le plus solennel. En le négligeant, nous remplissons les anges de confusion et les démons, dans leur abîme sans fond, d'une joie hideuse et infernale. Louons Dieu, puisque c'est à peu près la seule chose commencée ici-bas que nous continuerons aux cieux.

Là-haut, les pleurs, les jeûnes, la prière, le renoncement, l'acceptation des épreuves et la lutte avec l'enfer cesseront, mais la louange à l'Éternel et les alléluias à « celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, et qui a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père » (Apocalypse 1.5-6), résonneront dans le ciel durant l'éternité !

Que l'Éternel et l'Agneau soient bénis dès maintenant et à jamais ! Amen!

 

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