8. Bénis  en Christ

8. Bénis en Christ

Chap: 4 - La réalisation pratique (suite) - Comment recevoir la force spirituelle ? En étant prêt à faire avec foi la volonté de Dieu, aussitôt qu’elle est discernée dans sa Parole. Elle ne se manifeste pas en premier lieu dans de grandes actions, mais paraît dans les multiples petits détails de la vie journalière.

Verset 21

« … si du moins vous l’avez entendu et avez été instruits en lui selon que la vérité est en Jésus » (Éphésiens 4.21).

Par l’enseignement de l’apôtre Paul, les croyants à Éphèse avaient entendu et saisi par la foi que « le Christ » dans la gloire est le centre de tous les conseils divins, mais aussi que, dans son abaissement comme l’homme « Jésus », il avait parfaitement révélé Dieu, et l’avait glorifié à la croix. Ce n’est pas dans la création, ni dans la loi, et encore moins dans les religions et les philosophies humaines que peut être trouvée la vérité : elle est en Jésus seul (comp. Jean 14.6) ! Tout cela, ils l’avaient reçu par la foi.

« La vérité… en Jésus » (littéralement : « vérité… dans le Jésus ») est une expression remarquable. L’absence de l’article (dans l’original) devant « vérité » indique qu’il s’agit ici non pas de la vérité annoncée en tant que doctrine (comme par exemple en Galates 2.5 ; 5.7 ; Éphésiens 1.13), mais d’un comportement qui révèle la vérité (comp. v. 25). Par contre, l’emploi de l’article avant le nom propre « Jésus », est comme une indication précise : C’est lui, et aucun autre ! « La vérité… en Jésus », nous apprenons à la connaître avant tout dans sa vie et dans son activité sur la terre.

Elle se manifestait dans chacune de ses paroles, chacun de ses actes, dans sa parfaite obéissance, dans tout son ministère, dans ses souffrances indicibles, son zèle pour Dieu, sa sollicitude pour les siens et sa miséricorde pour les perdus, mais aussi dans sa condamnation de tout mal. Tout ce qu’il disait et faisait le montrait comme Celui qu’il était : « la Vérité » (comp. Jean 8.25). Oui, la vérité ne se trouve qu’« en Jésus ». Nous voyons certes aussi la vérité en ce que Christ a porté à la croix le jugement du péché et a pris sur lui les péchés de tous ceux qui croient en lui, ainsi que dans le juste et inexorable jugement de Dieu sur le mal et, en même temps, dans sa grâce pour ceux qui faisaient le mal ! Mais ce n’est pas cet aspect de la « vérité » qui est ici au premier plan.

Verset 22

« … c’est-à-dire, en ce qui concerne votre première manière de vivre, d’avoir dépouillé le vieil homme qui se corrompt selon les convoitises trompeuses » (Éphésiens 4.22).

En vertu de la foi à la vérité révélée en Jésus, nous avons, quant à notre position, dépouillé le « vieil homme ». Ce vieil homme est incorrigible, et même, par les convoitises charnelles, il devient toujours plus corrompu (comp. Romains 8.7). À sa place est apparu le nouvel homme que Christ a créé par son œuvre à la croix et par sa résurrection (Éphésiens 2.15). Il était lui-même le « dernier Adam », le « second homme venu du ciel », sans péché et parfaitement à la gloire de Dieu. Mais afin que nous ayons, par la foi, part à sa propre nature, il fallait que le jugement soit exécuté sur le vieil homme. Ceci a eu lieu à la croix, où « Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair » (Romains 8.3). Alors seulement pouvait exister le nouvel homme, qui est créé selon Dieu, en véritable justice et sainteté, et que le croyant revêt comme un nouvel habit, ou plus encore, comme la nouvelle nature qui lui est donnée.

Il est parlé trois fois dans le Nouveau Testament du vieil homme et du nouvel homme (Romains 6.6 ; Éphésiens 2.15 ; 4.22-24 ; Colossiens3.9-10). Le vieil homme caractérise notre position comme pécheur, le nouvel homme, notre position comme étant né de nouveau.

Du fait que personne ne peut subsister devant Dieu, parce qu’il est impossible d’améliorer le vieil homme, il ne pouvait y avoir pour lui que le jugement et la mort. C’est pourquoi l’épître aux Romains déclare que nous sommes crucifiés avec Christ, morts avec lui et, dans le baptême, aussi ensevelis avec lui (Romains 3.9-20 ; 6.1-11).

Alors que le jugement sur le vieil homme est déjà mentionné dans l’épître aux Romains, le nouvel homme n’est évoqué que dans les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens, où nous sommes vus comme ressuscités avec Christ (comp. Éphésiens 2.6 ; Colossiens 3.1). Tandis que le vieil homme vivait dans ce monde, le nouvel homme est créé pour le ciel. Ceci paraît d’une manière particulièrement claire dans notre épître, qui nous considère comme vivifiés avec Christ, ressuscités avec lui et assis en lui dans les lieux célestes. Oui, il en est bien ainsi : « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles », lisons-nous en 2 Corinthiens 5.17 !

Si nous considérons la sortie d’Égypte des fils d’Israël comme une figure de la rédemption, la traversée de la mer Rouge sous la direction de Moïse typifie la mort et la résurrection de Christ pour nous, mais en même temps aussi notre mort avec lui, c’est-à-dire la fin du vieil homme, la séparation du monde et le commencement d’une marche « en nouveauté de vie ». Le fait que nous sommes ensevelis avec Christ dans le baptême est aussi inclus ; Paul y fait allusion en 1 Corinthiens 10.2. Tout cela nous est exposé en Romains 6.1-11, où nous avons donc symboliquement la mer Rouge.

Versets 23 et 24

« … et d’être renouvelés dans l’esprit de votre entendement, et d’avoir revêtu le nouvel homme, créé selon Dieu, en justice et sainteté de la vérité » (Éphésiens 4.24).

Dans les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens, les bénédictions dans les lieux célestes sont l’équivalent spirituel du pays de Canaan. La traversée du Jourdain sous la direction de Josué montre donc encore une fois la mort et la résurrection de Christ, mais maintenant aussi, notre résurrection spirituelle avec lui.

C’est pourquoi ici il n’est pas seulement parlé de la fin du vieil homme, mais le nouvel homme, dont les intérêts se trouvent dans le pays de Canaan, figure des lieux célestes, peut être introduit. Les douze pierres que Josué fit dresser au fond du Jourdain rappellent la fin du vieil homme, tandis que les douze pierres qui, sur le commandement de Dieu, devaient être retirées du milieu du fleuve et posées de l’autre côté évoquent le nouvel homme (comp. Josué 4.1-9).

Si nous demandons : qu’est-ce que le nouvel homme ? la réponse est : Christ, non pas dans sa personne, mais dans ses caractères, comme l’homme parfait. Ainsi que nous l’avons vu au chapitre 2, verset 15, le nouvel homme a été créé par Christ après qu’il eut porté en son corps le jugement sur le vieil homme.

Le nouvel homme se trouve en pleine harmonie avec les pensées de Dieu et ne tombera jamais dans le péché, comme ce fut le cas d’Adam, le premier homme. C’est ainsi que Paul peut écrire encore dans un autre passage : « En sorte que si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Corinthiens 5.17). Telle est notre position, et c’est ce qui peut et doit caractériser aussi notre vie pratique. Nous avons cependant besoin pour cela d’être journellement « renouvelés dans l’esprit de notre entendement ».

La pratique journalière.

Verset 25

« … C’est pourquoi, ayant dépouillé le mensonge, parlez la vérité chacun à son prochain ; car nous sommes membres les uns des autres » (Éphésiens 4.25).

Les exhortations qui suivent entrent dans le cadre du « renouvellement » mentionné au verset 23, car elles nous présentent ce que nous avons à « dépouiller » et à nous « revêtir » (comp. Colossiens 3.8-12). Ceci nous rappelle tout de suite au début le fait déjà exposé précédemment, que tous les rachetés forment ensemble le corps de Christ sur la terre, et qu’ils sont non seulement des membres de ce corps, mais également « membres les uns des autres ». Pensons-nous toujours dans nos contacts entre nous, que nous sommes membres d’un seul corps, « membres les uns des autres » ?

Serait-il possible que les membres de notre corps se nuisent les uns aux autres ? Ils se nuiraient alors finalement à eux-mêmes ! « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Corinthiens 12.26). Et cependant, combien peu la pensée que, comme croyants, nous sommes tous membres les uns des autres est présente à notre esprit ! Si nous en étions plus conscients, bien des choses seraient évitées, tels les mensonges, la colère, la tromperie ou les méchantes paroles !

Au lieu de ces manifestations de la « vieille nature », la vérité et la bonté doivent nous caractériser. Remarquons combien souvent notre langage est mis en évidence dans les derniers versets du chapitre 4. Étant le moyen de communication le plus important, il exerce une influence très grande sur nos relations réciproques. Comment abordons-nous nos frères et nos sœurs, mais aussi les incrédules que nous côtoyons ? Avec les traits du vieil homme ou avec ceux du nouvel homme, c’est-à-dire de Christ ? Non seulement il a annoncé la vérité, mais ses paroles étaient toujours vraies et droites (Jean 8.25). Il doit en être ainsi des siens.

C’est ici une autre manière de dire ce que nous avons déjà trouvé au verset 15, où nous sommes exhortés à tenir ferme la vérité dans l’amour.

Versets 26 et 27

« … Mettez-vous en colère et ne péchez pas : que le soleil ne se couche pas sur votre irritation, et ne donnez pas occasion au diable » (Éphésiens 4.26-27).

Contrairement au courroux, la colère n’est pas toujours un signe de méchanceté. N’est-il pas parlé de la colère de Dieu à l’égard du mal, et du fait que le Seigneur Jésus lui-même, dans une circonstance, a regardé ceux qui étaient autour de lui avec colère, étant attristé de l’endurcissement de leur cœur (Marc 3.5) ? Pour nous aussi, il peut et doit y avoir une sainte indignation, une sainte colère, quand nous constatons que le nom du Seigneur Jésus est blasphémé.

Il est triste que des chrétiens puissent y rester insensibles et indifférents au lieu d’en être affligés et remplis d’une colère selon Dieu. Cependant, si nous ne vivons pas dans la communion avec le Seigneur, le danger demeure pour nous qu’une colère, en soi justifiée, se transforme en irritation, en courroux ou en haine et par là en péché, et que nous donnions ainsi une occasion d’agir au diable (comp. v. 31). Nous ne sommes donc pas mis en garde contre la colère elle-même, mais contre le risque qu’elle dégénère en péché.

C’est pourquoi il est ajouté : « Que le soleil ne se couche pas sur votre irritation ; et ne donnez pas occasion au diable ». Quelle indication ne trouvons-nous pas là pour le cœur quant à la nécessité du jugement quotidien de soi-même et, s’il le faut, de la confession de nos manquements, et cela particulièrement le soir avant de se coucher, afin que nous puissions reposer en paix et aussi nous lever le lendemain en paix (comp. Psaumes 4.8) ! Mais aussi quel sérieux avertissement contre la ruse du diable, qui trouve en effet facilement accès en nous, alors qu’il est bien difficile de parvenir à se détacher et à se libérer de son influence !

Verset 28

« … Que celui qui dérobait ne dérobe plus, mais plutôt qu’il travaille en faisant de ses propres mains ce qui est bon, afin qu’il ait de quoi donner à celui qui est dans le besoin » (Éphésiens 4.28).

Cette exhortation n’est pas une simple répétition du huitième commandement : « Tu ne déroberas point », car le chrétien n’est pas sous la loi du Sinaï (Exode 20.15 ; Romains 10.4 ; Galates 5.18 ; 1 Timothée 1.9).

Ici, la grâce nous enseigne (Tite 2.11 ; comp. Exode 21.16 ; 22.1-3). Le vol est une manifestation mauvaise d’égoïsme, de cupidité et de mépris des droits de son prochain. Comme le montrent les statistiques, de moins en moins de gens aujourd’hui ont conscience de commettre une injustice ou éprouvent de la gêne quant au fait de s’emparer des biens d’autrui. Pourtant, il est possible que même une telle personne vienne à la foi au Seigneur Jésus ; elle est encouragée ici à travailler de ses propres mains, afin d’être en mesure de donner aux autres plutôt que de leur soustraire injustement quoi que ce soit.

Il faut toutefois relever à ce sujet que n’importe quel moyen de gagner sa vie ne convient pas pour le chrétien. Une activité incompatible avec la volonté de Dieu et la position du croyant devrait être abandonnée aussi vite que possible.

En prenant congé des anciens d’Éphèse, Paul leur avait rappelé les paroles du Seigneur Jésus, qui lui-même a dit : « Il est plus heureux de donner que de recevoir » (Actes 20.35). Le chrétien ne doit donc pas être égoïste, ni travailler par amour de l’argent, mais il est appelé à avoir des yeux ouverts, un cœur ouvert et une main ouverte pour ceux qui sont dans le besoin, afin de leur transmettre quelque chose de son abondance. Combien les principes de l’évangile sont élevés, si totalement contraires à la pratique actuelle de ce monde !

Verset 29

« … Qu’aucune parole déshonnête ne sorte de votre bouche, mais celle-là qui est bonne, propre à l’édification selon le besoin, afin qu’elle communique la grâce à ceux qui l’entendent » (Éphésiens 4.29).

Au lieu de propos haïssables, il convient que de notre bouche sorte ce qui est profitable. Nos paroles doivent communiquer la grâce à ceux qui nous entendent, c’est-à-dire fortifier en eux le sentiment de la grâce. Nous avons besoin pour cela de l’enseignement continuel de la parole de Dieu, la « parole de sa grâce » (Actes 14.3 ; 20.32). Nous serons alors aussi gardés de nous écarter de la vérité par une grâce mal comprise. Nous ne devons en effet pas confondre grâce avec tolérance.

Celle-ci admet la coexistence de toutes les opinions et manières d’agir comme égales en droits, tandis que le chrétien qui demeure dans la foi et connaît la volonté de Dieu est patient envers ceux qui n’ont pas encore discerné cette volonté. Paul a employé des paroles de grâce en écrivant aux Philippiens :

« Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons ce sentiment ; et si en quelque chose vous avez un autre sentiment, cela aussi Dieu vous le révélera » (Philippiens 3.15). « La bouche du juste est une fontaine de vie » (Proverbes 10.11).

Verset 30

« … Et n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption » (Éphésiens 4.30).

Paul reprend ici l’enseignement donné au chapitre 1, verset 13, selon lequel quiconque a cru l’évangile du salut est scellé du Saint Esprit. Le Seigneur Jésus lui-même avait annoncé la venue du Saint Esprit comme avocat et conducteur, et, depuis la Pentecôte, il habite en chaque croyant. Il nous rend témoignage que nous sommes enfants de Dieu. Il nous dirige tant dans notre chemin de foi que dans toute la vérité de la parole de Dieu. Il nous donne l’énergie de la foi et intercède pour nous auprès de Dieu (Romains 8.13-16, 26).

Paul mentionne ici le fait que nous avons été scellés du Saint Esprit « pour le jour de la rédemption », c’est-à-dire le moment de la venue du Seigneur Jésus pour enlever les siens (comp. Éphésiens 1.14). Le corps de notre abaissement fera alors place à un corps qui sera conforme au corps de Sa gloire. Et nous prendrons aussi parfaitement possession des bénédictions que nous possédons maintenant par la foi. Alors, quand nous passerons de la foi à la vue, notre rédemption sera complète (comp. Éphésiens 1.14 ; Romains 8.23).

Tout ce qui dans notre marche n’est pas en accord avec lui et avec sa sainteté, l’attriste. Il peut arriver même, pratiquement, que nous l’éteignions entièrement dans notre vie, en l’entravant dans son activité (1 Thessaloniciens 5.19) ! Puissions-nous donc comme autrefois le roi Ezéchias « aller doucement tous les jours de notre vie », veillant sur nos pas, nos actes, nos paroles et nos pensées, afin de ne pas attrister le Saint Esprit qui habite en nous !

Mais perdre le Saint-Esprit est toutefois impossible, même si beaucoup de croyants le craignent et citent pour appuyer cette pensée les paroles de David au psaume 51.11 :  « Ne m’ôte pas l’esprit de ta sainteté ». Ils ne tiennent pas compte du fait qu’aucun saint de l’Ancien Testament ne possédait l’Esprit-Saint habitant en lui, comme c’est le cas dans l’économie actuelle de la grâce. Le Seigneur Jésus a promis à ses disciples que « l’autre consolateur », le Saint Esprit, serait avec eux éternellement (Jean 14.16). Comme nous l’avons déjà vu en considérant Éphésiens 1.13-14, celui qui croit l’évangile du salut est scellé du Saint-Esprit que Dieu nous a donné comme « arrhes de notre héritage, pour la rédemption de la possession acquise, à la louange de sa gloire » ! Et en Romains 8.11, le même apôtre écrit : « Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts vivifiera vos corps mortels aussi, à cause de son Esprit qui habite en vous ».

Verset 31

« … Que toute amertume, et tout courroux, et toute colère, et toute crierie, et toute injure, soient ôtés du milieu de vous, de même que toute malice » (Éphésiens 4.31).

Nous trouvons ici une énumération de dispositions et de paroles méchantes qui attristent nécessairement le Saint Esprit : amertume, courroux, colère, crierie, injure. Ne les minimisons pas et ne les excusons pas, mais évitons-les à tout prix ! En Colossiens 3.8, nous sommes exhortés à renoncer à « toutes ces choses ». La méchanceté de l’homme est la racine de tous ces péchés. Dans chaque cas, ce sont des manifestations de la chair ; elles appartiennent au vieil homme, que, selon le verset 22, nous avons dépouillé.

Verset 32

« … mais soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » (Éphésiens 4.32).

Au lieu de cela, nous devons être bons, compatissants les uns envers les autres, et nous pardonnant les uns aux autres comme Dieu, en Christ, nous a pardonné (comp. Colossiens 3.13) ! Nous trouvons déjà dans l’Ancien Testament des expressions pleines de consolation et d’encouragement concernant le pardon parfait de la part de Dieu. Dans le psaume 103.12, il est écrit : « Autant l’orient est loin de l’occident, autant il a éloigné de nous nos transgressions » ; en Ésaïe 38.17 : « Tu as jeté tous mes péchés derrière ton  dos », et en Michée 7.19 : « Tu jetteras tous leurs péchés dans les profondeurs de la  mer ». Hébreux 10.17 résume le pardon de nos péchés par les paroles de Dieu en Jérémie 31.33 et 34 : « Je ne me souviendrai plus jamais (ou : absolument plus) de leurs péchés ni de leurs iniquités ».

Qu’il est merveilleux et parfait, le pardon que nous avons reçu comme pécheurs de la part de Dieu ! Il nous est donné comme modèle pour nos sentiments dans nos relations les uns avec les autres.

Il y a pleine correspondance avec le fruit de l’Esprit (Galates 5.22 et suiv.) et avec le « vêtement » spirituel que nous sommes appelés à revêtir (Colossiens 3.12 et suiv.).

Imitateurs de Dieu.

Chapitre 5.1

« Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants » (Éphésiens 5.1).

Le début de ce chapitre 5 nous rappelle notre position comme bien-aimés enfants de Dieu, le Père. Si nous avons déjà fait l’expérience, comme pécheurs perdus, de l’amour immérité de Dieu, combien plus merveilleux encore est son amour envers nous qui sommes devenus ses enfants ! Nous avons vu au chapitre 1, verset 4, qu’il nous voit comme « saints et irréprochables devant lui en amour », et cela ne signifie rien de moins que ceci : nous sommes devenus ses enfants, nous correspondons à sa nature.

Nous sommes en effet nés de lui (Jean 1.13) et devons aussi en pratique participer de sa nature divine (2 Pierre 1.4), non de sa divinité dans sa toute-puissance et son omniscience, mais de sa nature morale : amour et lumière. Nous devons ainsi être ses imitateurs, c’est-à-dire ceux qui reflètent fidèlement ce qu’il est, comme aussi l’homme Christ Jésus l’a manifesté. Depuis notre position dans les lieux célestes (comp. 2.6), nous sommes pour ainsi dire envoyés sur la terre, pour répandre son amour et sa lumière dans les ténèbres régnant ici-bas (comp. Philippiens 2.15).

Verset 2

« … marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur » (Éphésiens 5.2).

Nous sommes d’abord exhortés à marcher dans l’amour. Au verset 8, il y aura l’exhortation à marcher comme des enfants de lumière, et finalement, au verset 15, l’appel à marcher dans la sagesse. Toute la nature de Dieu se trouve exprimée dans ces trois caractères. Le modèle et la mesure de la marche dans l’amour, c’est l’amour du Christ, qui « nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous ». En lui, l’homme qui a répondu en toutes choses à la pensée de Dieu, l’amour de Dieu a trouvé sa parfaite expression. Dans son amour, il s’est livré pour chaque croyant individuellement, pour nous tous et pour l’Assemblée.

Il n’a pas seulement donné sa vie pour nous, si grand que cela eût déjà été en soi, mais il s’est livré « lui-même », dans toute la gloire de sa merveilleuse personne ! Le marchand de la parabole, qui cherchait de belles perles, a donné tout ce qu’il avait pour trouver la perle de très grand prix, l’Assemblée (Matthieu 13.45). Mais le Seigneur Jésus a fait plus que cela : Il s’est livré lui-même ! Il ne pouvait pas donner plus. Quel amour merveilleux !

Cette parfaite consécration était en tout premier lieu pour Dieu. Dans l’épître aux Éphésiens, l’œuvre de la rédemption à la croix de Golgotha porte donc aussi le caractère de l’holocauste (comp. Lévitique 1). Celui-ci était le seul des sacrifices prescrits dans l’Ancien Testament offert entièrement à Dieu. Pour les autres sacrifices, tout n’était pas apporté sur l’autel ; les sacrificateurs ou celui qui offrait en recevaient une certaine portion pour eux-mêmes ; ce n’était pas le cas de l’holocauste. Il était exclusivement pour Dieu, « un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Eternel » (Lévitique 1.9, 13-17).

Dieu a été tellement glorifié par le don parfait du Seigneur Jésus comme holocauste, que non seulement il peut offrir en vertu de cette œuvre sa grâce à tous les hommes, mais que chaque croyant est « rendu agréable » devant lui en Christ (Éphésiens 1.6). Dans sa vie, Christ a été la vraie offrande de gâteau (comp. Lévitique 2). Le mot utilisé pour « offrande » (en grec : prosphora) figure déjà dans la Septante, la traduction grecque de l’Ancien Testament, pour rendre « offrande de gâteau » et est traduit de manière analogue en Hébreux 10.5. Dans sa mort, il a été le parfait sacrifice (ou holocauste) « à Dieu, en parfum de bonne odeur ».

Verset 3

« … Mais que ni la fornication, ni aucune impureté ou cupidité, ne soient même nommées parmi vous, comme il convient à des saints » (Éphésiens 5.3).

Ne sommes-nous pas toujours étonnés de trouver dans la Bible des vérités divines d’un poids éternel mentionnées à côté de comportements humains les plus ordinaires ? Il n’en serait pas ainsi si cela n’était pas nécessaire. La chair (la vieille nature, ou les membres du vieil homme) dans le croyant n’a pas été améliorée par la conversion et la nouvelle naissance, car elle est incorrigible. Si même nous avons dépouillé le vieil homme et avons revêtu le nouvel homme (Éphésiens 4.22-24), la chair est cependant toujours présente aussi longtemps que l’homme vit sur la terre (Colossiens 3.5). C’est pourquoi les chrétiens demeurent en danger de s’occuper des pensées les plus élevées tout en se trouvant dans un état moral très bas.

Un groupe de gnostiques, dans les premiers siècles du christianisme, enseignait que l’esprit est tout, tandis que la chair n’est rien, et en conséquence, tolérait les pires manifestations des convoitises charnelles. De nos jours, le danger est que le chrétien s’habitue à l’immoralité croissante du monde au lieu de reconnaître son vrai caractère à la lumière de la parole de Dieu. C’est pourquoi, de même que les Éphésiens, nous sommes exhortés à ne pas même mentionner ces choses et encore moins à les faire. Cela ne veut évidemment pas dire que, si elles surgissent dans l’assemblée, elles ne doivent pas être jugées et traitées selon la Parole. D’après 1 Corinthiens 5, les fornicateurs et les avares, notamment, doivent, comme méchants, être exclus de la communion des saints.

S’il est dit ici qu’il ne convient pas à des saints de nommer ces choses, il faut entendre par là qu’il ne faut pas y penser et en parler d’une manière légère et mondaine. La fornication, selon la parole de Dieu, désigne toute relation sexuelle hors du mariage. La seule place pour la sexualité est dans le mariage. « Impureté » est employé dans le sens de souillure morale, principalement dans le domaine sexuel. L’avarice (en grec : pleonexia) indique une tendance ou une convoitise incontrôlée pour ce que l’on ne possède pas. Ce mot est traduit en Éphésiens 4.19 par « avidement ». Tout ceci est absolument inconvenant pour des saints qui sont sanctifiés, par Dieu et pour lui, de tout mal.

Verset 4

« … ni aucune chose honteuse, ni parole folle ou plaisanterie, lesquelles ne sont pas bienséantes, mais plutôt des actions de grâces » (Éphésiens 5.4).

Il en est de même pour toute chose honteuse, parole folle, et plaisanterie. Celles-ci également sont inconvenantes pour un chrétien. Elles sont mentionnées avec les péchés nommés au verset 3 et aussi condamnées. Par des paroles légères et méchantes, nos cœurs sont détournés du Seigneur et souillés. Combien facilement on peut en arriver à des déclarations à double sens ou à des moqueries sur le compte des autres ! Par cela, nous souillons nos cœurs et déshonorons le Seigneur.

Le chrétien n’a-t-il donc jamais le droit de rire et d’être joyeux ? Certainement nous pouvons nous réjouir de tout ce que Dieu nous accorde dans sa bonté. Mais c’est une autre chose que de rechercher un « divertissement » charnel. L’expression d’une vraie joie chrétienne est l’action de grâces.

« Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; encore une fois, je vous le dirai : réjouissez-vous. Que votre douceur soit connue de tous les hommes ; le Seigneur est proche ; ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (Philippes 4.4-7).

Verset 5

« … Cela en effet vous le savez, connaissant qu’aucun fornicateur, ou impur, ou cupide (qui est un être idolâtre), n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu » (Éphésiens 5.5).

Les voies de Dieu en gouvernement ne changent pas. Si quelqu’un qui « est fornicateur, ou avare, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur » doit être ôté du milieu des saints, et s’il est ajouté que Dieu juge ceux qui sont de dehors (1 Corinthiens 5.11-13), il est aussi clair que ceux qui commettent de tels péchés d’une manière habituelle ne peuvent avoir d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu. Cette déclaration ne concerne pas la question de savoir si un croyant peut perdre son salut ; mais il s’agit du fait que des personnes qui vivent dans de tels péchés ne peuvent pas se réclamer de la grâce de Dieu (comp. 1 Corinthiens 6.9-10 ; Galates 5.19-21).

Tandis que dans d’autres passages du Nouveau Testament, le royaume de Dieu est considéré comme actuel (Romains 14.17 ; 1 Corinthiens 4.20), le royaume du Christ et de Dieu concerne ici la domination future sur toute la création pendant le Millénium. Dieu est l’origine, Christ comme homme glorifié, Celui qui exerce le gouvernement dans la paix et la justice (comp. 1 Chroniques 29.11). Telle est la signification de l’expression « le royaume du Christ et de Dieu ». Si un pécheur ne peut y participer, combien moins aura-t-il part aux bénédictions éternelles de la maison du Père !

Verset 6

« … Que personne ne vous séduise par de vaines paroles ; car, à cause de ces choses, la colère de Dieu vient sur les fils de la désobéissance » (Éphésiens 5.6).

Il y a toujours eu des gens qui ont voulu abuser de la grâce de Dieu et qui se sont bercés et ont bercé les autres d’une fausse assurance (comp. Jude 4). Paul a contesté dans d’autres passages de la manière la plus claire le seul fait d’avoir une telle pensée.

« Demeurerions-nous dans le péché afin que la grâce abonde ? Qu’ainsi n’advienne ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrons-nous encore dans le péché ? » (Romains 6.1-2). Celui qui a réellement éprouvé et compris la grâce de Dieu, ne se laissera pas aller à de telles pensées ni séduire par elles. Il sait que la colère de Dieu viendra sur les incrédules à cause de ces choses. Elle sera manifestée du ciel non seulement dans Ses voies en gouvernement comme lors de la captivité d’Israël et de Juda en Assyrie et à Babylone, mais dans un jugement immédiat sur toute injustice des hommes (comp. Romains 2.5 ; Apocalypse 6.16-17).

Tous ceux qui sont caractérisés par la désobéissance envers Dieu sont des « fils de la désobéissance » (Éphésiens 2.2). La juste exigence de Dieu à l’égard des hommes comme créatures est et reste l’obéissance (Genèse 2.16-17). Par la désobéissance du premier homme, tous ses descendants ont été constitués pécheurs, mais, Dieu soit béni, par l’obéissance d’un seul, Christ, les plusieurs qui croient en lui, sont constitués justes et sont appelés maintenant des « enfants d’obéissance » (Romains 6.19 ; 1 Pierre 1.14).

Verset 7

« … N’ayez donc pas de participation avec eux » (Éphésiens 5.7).

Nous sommes alors exhortés à n’avoir aucune sorte de communion avec eux. Nous devons prier pour de telles personnes, afin que Dieu use de miséricorde envers elles et qu’elles soient sauvées, mais nous ne devons pas participer à leurs voies. La séparation de toute forme de mal est un principe divin immuable (comp. 1 Thessaloniciens 5.22). En 1 Corinthiens 15.33, une raison simple mais sérieuse est donnée : « Ne soyez pas séduits : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. »

Enfants de lumière.

Versets 8 à 10

« … car vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur, marchez comme des enfants de lumière (car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, et justice, et vérité), éprouvant ce qui est agréable au Seigneur » (Éphésiens 5.8-10).

Incrédules, nous n’étions pas seulement dans les ténèbres (1 Pierre 2.8 ; 1 Jean 2.9), mais nous étions nous-mêmes ténèbres. Dieu seul « est lumière et… il n’y a en lui aucunes ténèbres » (1 Jean 1.5).

Sa sainteté, sa justice et sa vérité éternelle ne pourraient pas être exprimées plus simplement et plus pleinement que par ces mots : « Dieu est lumière ». Il habite aussi la lumière inaccessible (1 Timothée 6.16 ; 1 Jean 2.8). Lorsque le Fils de Dieu est venu sur la terre, il était la lumière de ce monde loin de Dieu et ténébreux (Jean 1.4 ; 8.12 ; 9.5 ; 12.46). En lui « était la vie, et la vie était la lumière des hommes ». Quiconque croit en lui reçoit non seulement sa vie, mais aussi sa lumière et par cela même devient lui-même lumière dans le Seigneur. Lumière et ténèbres sont ici évidemment des concepts moraux qui, d’un côté, parlent de la nature divine et, de l’autre, de l’éloignement de Dieu et de l’ignorance totale des pécheurs.

Nous sommes alors aussi exhortés à marcher comme « des enfants de lumière ». Tandis qu’au verset 2, l’exhortation était de marcher dans l’amour afin de manifester ce que Dieu est en lui-même, ici nous sommes appelés à répondre, par notre marche comme enfants de lumière, à la nature de Dieu.

Si tout enfant de Dieu est participant de cette lumière, cela ne veut pas encore dire que cette merveilleuse lumière éclaire et illumine aussi toutes les sphères de la vie pratique. Ce n’est que lorsque nous vivons dans un jugement permanent de nous-même que nous pouvons manifester ce fruit de la lumière. Il ne consiste pas seulement en toute justice et vérité, il inclut aussi la bonté, ce qui nous montre qu’en Dieu, la lumière et l’amour sont en pleine harmonie et non pas en opposition. Tel doit être le cas pour nous, comme ce le fut en perfection pour notre Seigneur Jésus.

Reprenant le courant de la pensée exprimée au verset 8, l’apôtre exhorte les Éphésiens, au verset 10, à éprouver ce qui est agréable au Seigneur. Par la lecture de la parole de Dieu et par la communion avec le Seigneur Jésus dans la prière, le croyant éprouve et discerne ce qui lui est agréable. La nécessité d’un tel examen montre cependant qu’il n’est pas toujours facile de discerner sa volonté. C’est pourquoi nous sommes exhortés en Romains 12.2, à discerner quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et surtout parfaite ; et en Philippiens 1.10, à discerner les choses excellentes.

 

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