6. Bénis en Christ
Chap: 4 - La réalisation pratique - Comment recevoir la force spirituelle ? En étant prêt à faire avec foi la volonté de Dieu, aussitôt qu’elle est discernée dans sa Parole. Elle ne se manifeste pas en premier lieu dans de grandes actions, mais paraît dans les multiples petits détails de la vie journalière.
Dans les trois premiers chapitres de sa lettre aux Éphésiens, Paul présente le conseil de Dieu concernant la position du Seigneur Jésus dans la gloire et la bénédiction personnelle et collective de pécheurs autrefois perdus, et cela d’une manière unique à cette épître.
Dans les chapitres 4 à 6, il expose la réalisation pratique, la conséquence qui découle de ce qui précède. Il s’agit non plus du conseil divin, mais de la responsabilité des rachetés. Elle consiste à marcher, personnellement comme hommes nouveaux et collectivement comme membres du corps de Christ, d’une manière digne (comp. Éphésiens 4.1, 17 ; 5.2, 8, 15).
La force spirituelle.
La première partie de l’épître fait appel à notre intelligence spirituelle, la seconde, à notre force spirituelle. Celle-ci ne se reconnaît pas à des effets spectaculaires. Ses signes distinctifs sont la direction du Saint-Esprit et une marche fidèle à la suite du Seigneur Jésus, dans les traces qu’il nous a laissées. Prendre continuellement parti contre la chair qui demeure en nous et contre la propre volonté, vivre dans la séparation du monde et aimer tous les frères et sœurs dans la foi, telle est la force spirituelle. C’est l’énergie qui surmonte et vainc toutes les puissances opposées à la foi.
Comment recevoir cette force spirituelle ? En étant prêt à faire avec foi la volonté de Dieu, aussitôt qu’elle est discernée dans sa Parole. La force spirituelle est donc à la portée de chaque croyant, et elle ne se manifeste pas en premier lieu dans de grandes actions, mais paraît dans les multiples petits détails de la vie journalière.
L’édification du corps de Christ (4.1-16).
Nous avons vu dans les chapitres précédents quel est l’appel des enfants de Dieu, tant en ce qui concerne l’aspect individuel que l’aspect collectif. C’est à cet appel collectif que se rapportent les exhortations du chapitre 4, versets 1 à 16, tandis que dans la suite, il s’agit plutôt de la responsabilité individuelle.
L’appel collectif des rachetés implique en premier lieu leur union avec le Seigneur Jésus comme chef (ou tête) dans la gloire et avec tous les autres croyants comme membres de son corps, mais aussi la révélation des richesses du Christ et de la sagesse de Dieu.
Les premières exhortations de ce paragraphe peuvent être divisées en trois points essentiels : la marche digne, les relations réciproques et le maintien de l’unité de l’Esprit. Elles concernent tous les membres du corps de Christ, également et sans exception. Puis viennent des enseignements au sujet des dons particuliers pour l’édification du corps de Christ et enfin l’auteur s’adresse à nouveau à tous les membres du corps.
Verset 1
« … Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés » (Éphésiens 4.1).
Paul reprend ici la pensée commencée au chapitre 3, verset 1 et interrompue au verset 2. Il rappelle que, lui, fidèle serviteur du Seigneur, était maintenant en prison à cause de son service (comp. 3.1 ; 6.20). Il avait exposé dans les trois premiers chapitres le conseil de Dieu qui lui a été confié : la position bénie et parfaite du croyant en Christ, la connaissance de Dieu comme Père, ainsi que l’accès auprès de lui par le Saint-Esprit, et l’unité du corps de Christ, composé de croyants issus d’entre les Juifs et d’entre les nations. Cette dernière révélation, plus que toute autre, avait été pour les Juifs une source d’irritation et le motif de son arrestation à Jérusalem. La captivité de l’apôtre (et certainement aussi sa cause) devait bientôt avoir pour conséquence que beaucoup de chrétiens eurent honte de Paul ou se détournèrent de lui (2 Timothée 1.8-16). Il pouvait cependant encore mentionner ici ses circonstances pour souligner les exhortations qui vont suivre.
La première de ces exhortations engageait les Éphésiens à marcher d’une manière digne de l’appel dont ils avaient été appelés ! N’est-il pas évident, d’après ces paroles, qu’il n’y a pas de pratique juste sans doctrine juste ? Comment donc les Éphésiens auraient-ils pu vivre d’une manière digne de leur appel s’ils ne s’y intéressaient pas ? Et comment auraient-ils pu connaître leur appel comme croyants, s’il ne leur avait pas été communiqué ?
La connaissance des pensées de Dieu est la condition pour leur réalisation. D’autres passages nous enseignent quant à notre appel céleste (Hébreux 3.1 ; Philippiens 3.14), mais ici, il s’agit de l’appel des rachetés à être le corps de Christ et une habitation de Dieu par l’Esprit, autrement dit, l’appel à être son Assemblée sur la terre.
Nous sommes aussi exhortés à marcher d’une manière digne de l’évangile du Christ (Philippiens 1.27), digne du Seigneur (Colossiens 1.10) et digne du Dieu qui nous a appelés à son propre royaume et à sa propre gloire (1 Thessaloniciens 2.12), donc au total quatre fois. Dans notre verset, l’exhortation à marcher dignement est en rapport avec l’appel qui vient d’être décrit.
Verset 2
« … avec toute humilité et douceur, avec longanimité, vous supportant l’un l’autre dans l’amour » (Éphésiens 4.2).
Ensuite Paul expose en détail en quoi consiste cette marche digne. N’est-ce pas étonnant, au premier abord, qu’il ne soit rien dit ici des vérités élevées qui sont présentées dans les trois premiers chapitres de l’épître, mais que nous trouvions des « règles de conduite » toutes simples ? L’explication en est aussi évidente qu’importante : les pensées de Dieu ne peuvent être accomplies que par des êtres qui sont nés de nouveau et sont devenus participants de la nature divine. La chair, la vieille nature du croyant est incapable de vivre « avec toute humilité et douceur, avec longanimité, vous supportant l’un l’autre dans l’amour ».
Mais ici, nous trouvons les caractères du Seigneur Jésus, de l’homme venu du ciel, qui nous dit : « Apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur » (Matthieu 11.29). Dans l’humilité, il a lavé les pieds de ses disciples ; dans la douceur, il a supporté leurs déclarations et leur comportement souvent si égoïstes ; dans la longanimité, il a traité même un Judas qui l’a accompagné pendant trois ans, et dans son amour divin, il a aimé les siens jusqu’à la fin. Par la nouvelle naissance, chaque enfant de Dieu est devenu participant de sa nature ; dans la pratique cependant, nous avons besoin de ces exhortations, parce que nous ne sommes pas encore délivrés de notre chair, de la « vieille nature ».
Lorsque nous voyons les déchirements même entre de vrais enfants de Dieu, ne devons-nous pas confesser que les motifs des discordes et divisions charnelles sont à rechercher en grande partie ici ? Si nous agissions avec humilité, douceur et longanimité les uns envers les autres, il n’y aurait aucune impatience, aucune jalousie, aucune rancune entre nous. Si nous nous supportions les uns les autres dans l’amour, nous serions gardés de l’esprit de parti (comp. Philippiens 2.2-5). Mais si ces caractères du nouvel homme manquent dans la pratique de la vie commune, nous pouvons même en arriver à nous mordre et à nous dévorer l’un l’autre, et finalement à être consumés l’un par l’autre (Galates 5.15).
Support réciproque dans l’amour.
Nous avons donc besoin de ces exhortations, qui, au fond, contribuent à nous lier toujours plus intimement à notre Seigneur dans le ciel, afin que nous puissions manifester ses caractères au milieu de son assemblée. Un tel comportement n’aurait-il pas été le motif pour lequel les premiers chrétiens jouissaient d’une part de la faveur de tout le peuple, mais que d’autre part, personne n’osait se joindre à eux – parce qu’on voyait que des « hommes nouveaux » formaient là une « nouvelle unité », quelque chose qui, jusqu’alors, n’avait encore jamais existé sur la terre (Actes 2.47 ; 5.13) ?
Si chaque membre du corps de Christ avait réalisé ces exhortations simples et cependant si sérieuses, un grand nombre de tristes divisions auraient été évitées. Je n’ai pas besoin de support envers quelqu’un avec qui je m’entends bien, car je me réjouis chaque fois que je le rencontre. Mais si certains traits de caractère personnels me contrarient, alors il convient de « se supporter dans l’amour ». Des particularités, ou des étrangetés dans le comportement, peuvent parfois déranger les autres ; là aussi, « vous supportant l’un l’autre dans l’amour » prend toute son importance. Et celle-ci demeure encore lorsque la compréhension juste de la doctrine du Christ manque : « vous supportant l’un l’autre dans l’amour ».
Garder l’unité de l’Esprit
Verset 3
« .. vous appliquant à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éphésiens 4.3).
Humilité, douceur, longanimité et amour sont nécessaires pour garder l’unité de l’Esprit. Cette unité n’est pas la même que celle mentionnée au verset 4 par ces mots : « Il y a un seul corps ». Là, il s’agit de l’unité du corps de Christ, qui est une conséquence de son œuvre à la croix. Il en a posé le fondement et, par le Saint Esprit, tous les rachetés sont baptisés pour être un seul corps (Éphésiens 2.16 ; 1 Corinthiens 12.12-13). L’unité du corps n’est donc plus à faire ou à rechercher ; elle existe telle une œuvre divine, qui ne peut être détruite et n’a pas à être sauvegardée. C’est un fait immuable que nous devrions toujours avoir devant nos yeux.
Chaque fois que nous nous réunissons pour la fraction du pain, nous nous souvenons de ceci : « Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion du corps du Christ ? Car nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps, car nous participons tous à un seul et même pain » (1 Corinthiens 10.16-17).
Nous n’avons pas non plus à établir l’unité de l’Esprit, car elle est au sens propre l’œuvre du Saint Esprit. Il nous rend conscients que nous formons ensemble un seul corps avec tous les rachetés, et nous donne la force de nous conduire en conséquence. Cette unité a donc un aspect tout à fait pratique et c’est pourquoi sa réalisation peut être troublée. Elle est comme un lien délicat par lequel le Saint Esprit veut nous maintenir les uns les autres dans une bonne entente pratique, et peut donc être blessée déjà par une parole charnelle entre frères. La chair en nous est toujours opposée à l’action du Saint Esprit.
Combien donc est nécessaire l’exhortation de nous appliquer à « garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » ! Le sérieux de ces mots est exprimé dans les deux expressions : « vous appliquant » et « par le lien de la paix ». Nous ne devons pas rester indifférents à ce qui est si important aux yeux de notre Seigneur et sommes appelés à y consacrer notre zèle et nos efforts, mais en même temps, à poursuivre la paix entre nous. Nous venons de voir dans les versets précédents ce qui est par-dessus tout nécessaire pour la sauvegarde de l’unité de l’Esprit ; répétons-le encore une fois, à cause de son importance : l’humilité, la douceur, la longanimité, le support et l’amour.
Ce sont les caractères de notre Seigneur, que possède aussi le nouvel homme, les traits d’un chrétien spirituel. Sans eux, nous ne pouvons pas garder l’unité de l’Esprit. La mise de côté du moi et la paix entre nous sont les conditions pour que le Saint Esprit puisse nous diriger ensemble vers le Seigneur Jésus. Le chef (la tête) de l’Assemblée est le centre de cette unité.
Il ne faut pas confondre l’unité de l’Esprit avec une unanimité humaine. Le mot « Esprit » ne désigne effectivement pas ici notre esprit humain, mais le Saint Esprit. Il peut arriver qu’un certain nombre de croyants, ou toute une assemblée soit d’une même pensée dans une circonstance qui ne correspond nullement à la volonté de Dieu. Il y a bien alors unanimité, mais ce n’est pas l’« unité de l’Esprit ». Le Saint Esprit ne produira jamais une unanimité qui ne repose pas sur le fondement de la parole de Dieu. Son action a toujours pour but la réalisation pratique de l’unité des membres du corps de Christ selon la norme des Saintes Écritures.
Dans l’assemblée de Dieu se rencontrent les cultures et les caractères humains les plus divers. Depuis l’œuvre de rédemption de Christ, il y a maintenant un nouvel homme et un seul corps, comme nous l’avons vu au chapitre 2, versets 15-16. « Il n’y a ni Juif, ni Grec ; il n’y a ni esclave, ni homme libre ; il n’y a ni mâle, ni femelle ; car vous tous, vous êtes un dans le Christ Jésus » (Galates 3.28).
L’élément unificateur est non pas la sympathie humaine, mais la vie nouvelle et l’amour de Dieu qui est versé dans nos cœurs par l’Esprit-Saint. Si, en tant que bien-aimés de Dieu, nous considérons les membres du corps comme étant les objets du même amour, et si nous sommes animés des mêmes sentiments que notre Seigneur, alors nous sommes capables d’humilité, de douceur et de longanimité, nous pouvons nous supporter les uns les autres dans l’amour, et ainsi garder, par le lien de la paix, l’unité que le Saint Esprit veut produire au milieu de nous.
Il est à peine nécessaire de mentionner qu’il s’agit en premier lieu de réaliser cela parmi les frères et sœurs avec lesquels nous nous réunissons localement. Plus généralement, ce principe reste valable toujours et partout pour tous les membres du corps de Christ. Aucun ne peut se soustraire à cette exigence ou mettre en question sa validité pour lui personnellement.
L’unité à tout prix ?
Ce qui vient d’être dit signifie-t-il qu’en ce qui concerne nos frères et sœurs, nous devons en toutes circonstances tout supporter dans l’amour ? Cette question nous amène à un point important, d’une triste actualité pour nous.
Il y a des croyants qui soutiennent qu’à cause de l’unité, il faut réellement tout supporter, ou, exprimé d’une façon plus moderne, tout tolérer. Dans le monde, la tolérance envers ceux qui pensent autrement est considérée aujourd’hui comme le fondement de l’ordre social démocratique. Beaucoup de chrétiens pensent donc que la tolérance et la grâce sont des concepts analogues ou même identiques. Mais ce n’est pas juste. La tolérance admet toute autre conviction et manière d’agir comme possédant les mêmes droits. Le chrétien qui est et vit dans la grâce, au contraire, saisit la vérité unique du message divin et connaît le vrai chemin, mais montrera de la patience et s’efforcera toujours de communiquer les enseignements de la grâce (comp. Philippiens 3.15, 16).
Mais revenons à notre question : À cause de cette unité, faut-il réellement tout supporter ? Compte tenu de l’importance de ce sujet, et pour une meilleure appréciation, il paraît indiqué de donner une réponse quelque peu structurée.
La première condition pour garder l’unité de l’Esprit est un support affectueux. Nous sommes malheureusement, pour des motifs charnels, très prompts à dire : Je ne peux plus supporter ce frère ou cette sœur. Nous avons déjà vu qu’une telle disposition de cœur n’a aucune valeur devant le Seigneur.
Le support dans l’amour n’exclut cependant pas les exhortations : un chrétien qui marche dans le désordre doit être repris (1 Thessaloniciens 5.14 ; 2 Thessaloniciens 3.12), de même il faut avoir l’œil sur celui qui cause les divisions et les occasions de chute (Romains 16.17), et rejeter l’homme sectaire (Tite 3.10). À ce sujet, l’injonction de l’apôtre Paul à Timothée ne doit pas être perdue de vue : « Il ne faut pas que l’esclave du Seigneur conteste, mais qu’il soit doux envers tous, propre à enseigner, ayant du support, enseignant avec douceur les opposants, attendant si Dieu, peut-être, ne leur donnera pas la repentance pour reconnaître la vérité » (2 Timothée 2.24-25). Quelle que soit la gravité de la situation, il convient pourtant de montrer toujours une grande mesure de « support dans l’amour ».
La limite du support n’est atteinte que lorsqu’en dépit de tous les efforts de l’amour, un état se manifeste qui trouble l’unité de l’Esprit. Il devrait être évident pour tout croyant à qui l’honneur du Seigneur et le bien des siens tient à cœur que ce n’est pas le cas seulement quand de fausses doctrines ou des fautes morales très grossières sont tolérées. Lorsque par exemple des frères et des sœurs imposent leur propre volonté dans des questions d’assemblée en désaccord avec les autres, et persévèrent malgré de patientes exhortations, ils manifestent un mauvais état d’esprit, même s’il se cache derrière de douces paroles et de belles déclarations.
Dans un tel cas, la seule possibilité de garder l’unité de l’Esprit est la séparation. Beaucoup d’enfants de Dieu ont de la peine à le comprendre. Mais le Dieu saint ne peut s’associer avec le mal. Tout au long des Saintes Écritures, on retrouve la pensée que la séparation de tout ce qui est contraire à la nature de Dieu est la condition d’une vie et d’une marche qui lui sont agréables. Selon les pensées de Dieu, une telle séparation reste une exception, car l’unité pratique des croyants repose sur le fondement reconnu de la parole de Dieu. Mais quand celui-ci n’est plus accepté, après les efforts patients de l’amour, ceux qui introduisent des sectes dans l’assemblée de Dieu sont manifestés, de même aussi que ceux qui sont approuvés (1 Corinthiens 11.19).
Séparation ou division ?
Une telle séparation ne peut avoir lieu sans une profonde humiliation quant au déshonneur jeté sur le Seigneur, auquel nous avons tous participé (1 Corinthiens 12.26 ; comp. Daniel 9). Si véritablement nous avons à cœur la gloire du Seigneur, nous nous humilierons, mais si nous ne sommes préoccupés que de la séparation, si nécessaire qu’elle soit, la propre justice se manifestera facilement en nous.
Ces séparations, indispensables en elles-mêmes, sont parfois qualifiées de divisions charnelles. Mais si nous examinons la parole de Dieu, nous trouverons que les sectes (en grec, hairesis) et les divisions (en grec, schisma) sont toujours charnelles. Elles peuvent facilement provenir du fait que l’on ne veut plus se supporter l’un l’autre, sans pour autant qu’il y ait un motif scripturaire. Au contraire, la séparation d’avec le mal est une séparation exigée par Dieu de tout ce qui est en opposition avec lui et sa nature, et en même temps la condition pour l’unité de l’Esprit.
Si nous ne faisons pas la différence entre ces deux notions bibliques, division et séparation, nous perdons la juste appréciation de ce qui est faux et de ce qui est juste devant Dieu. Il a été trop souvent reproché à des frères qui ont été contraints de se séparer, d’avoir créé une division, et inversement maintes divisions charnelles et évitables ont été présentées comme des séparations scripturairement nécessaires. Ce n’est qu’en gardant devant nos yeux le Seigneur comme notre chef dans le ciel que nous pouvons être gardés par sa grâce ensemble dans l’unité de l’Esprit.
La tête prend soin du corps.
Dans les versets 4 à 6, notre attention est dirigée, de la responsabilité locale et personnelle de marcher d’une manière digne de notre appel, vers des aspects fondamentaux. Il est toujours important, en s’occupant des détails de la vie chrétienne, de ne pas perdre de vue les principes divins. Les sept sphères et relations dans lesquelles nous nous trouvons comme chrétiens nous sont présentées maintenant ici.
Versets 4 à 6
« … Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés pour une seule espérance de votre appel. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. Il y a un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tout, et partout, et en nous tous » (Éphésiens 4.4-6).
En premier lieu, la sphère du corps de Christ est placée devant nous. Tous ceux qui ont reçu par la foi au Seigneur Jésus la vie éternelle et le Saint Esprit, appartiennent comme membres au seul corps du Christ (1 Corinthiens 12.12, 13, 27). L’unité du corps est par sa nature même une unité qui demeure éternellement. Le corps de Christ est considéré ici comme existant présentement, c’est-à-dire comme constitué de tous les croyants vivant à un moment donné (comp. par contre chap. 1.23).
Tous ont reçu le même Esprit Saint, qui les unit les uns avec les autres, mais aussi les conduit dans leur service. Tous ont une seule et même espérance : ils attendent le Seigneur Jésus pour l’accomplissement de sa promesse (chap. 1.18 ; comp. Jean 14.1-3).
En outre, il y a cependant sur la terre la sphère de la confession chrétienne, qui possède un caractère plus tourné vers l’extérieur. C’est ce que nous trouvons très clairement exprimé en Romains 10.9-10 : « …savoir que, si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. Car du cœur on croit à justice, et de la bouche on fait confession à salut. »
L’expression « un seul Seigneur » correspond donc à la reconnaissance publique de l’autorité du Seigneur Jésus comme seul Seigneur. Par « une seule foi », il faut entendre ici non pas la réception personnelle de la vérité du salut, mais la seule foi chrétienne en contraste avec le judaïsme et le paganisme. Le « seul baptême » est le baptême d’eau chrétien pour la mort de Christ au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, non celui de Jean le Baptiseur (Matthieu 18.19 ; Romains 6.3 et suiv.).
Malheureusement il se trouve aussi dans cette sphère de la confession chrétienne des gens qui se nomment bien chrétiens, mais qui n’ont pas la vie de Dieu et de ce fait ne font pas partie de la première sphère. Cette évolution d’un christianisme vrai et vivant à une chrétienté sans vie n’était cependant pas dans le plan de Dieu, et peut donc difficilement être le sujet ici. L’opinion très répandue que nous avons ici « trois cercles concentriques » de plus en plus grands, n’est par conséquent guère en harmonie avec le but de l’épître aux Éphésiens, qui est de nous révéler le conseil de Dieu.
La troisième sphère nous parle du « seul Dieu et Père », en contraste avec les multiples divinités des nations. Il est non seulement le Dieu et Père de tous les vrais croyants, mais, comme nous avons vu au chapitre 3, verset 15, Celui qui nomme et connaît « toute famille dans les cieux et sur la terre ». Notre Dieu et Père en Christ est et demeure en même temps aussi le Seigneur de toute la création. Il ne renonce jamais à ses droits comme créateur. Il est « au-dessus de tout, et partout, et en nous tous ». Comme chrétiens, nous avons à marcher dans chacun des sept points de ces trois sphères d’une manière conforme à notre appel, qui va être encore développé dans les paragraphes suivants.
Verset 7
« … Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ » (Éphésiens 4.7).
Les principes de l’unité chrétienne biblique ont été énoncés dans les versets 4 à 6 comme autant de sons retentissants de trompette : un seul corps, un seul Esprit, une seule espérance…, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père… Dans la suite du chapitre 4, les croyants individuels qui forment cette unité sont placés au premier plan. Quelle perfection des pensées de Dieu !
Lorsqu’il considère l’unité de tout le corps, il ne perd cependant pas de vue les nombreux membres individuels, et lorsqu’il s’occupe des individus, il n’oublie pas l’ensemble ! Unité et diversité, ces deux aspects de la vérité quant au corps de Christ forment une harmonie divine. Pour nous, êtres humains, c’est une chose difficile à saisir. Nous avons tendance à mettre l’accent soit sur l’unité, avec le risque de tomber dans l’uniformité, soit sur la diversité, avec le danger de confusion que cela comporte. Ce n’est que par la puissance de la nouvelle vie et sous la direction du Saint Esprit que nous sommes capables d’associer harmonieusement les deux aspects.
À côté de l’unité, il y a donc aussi la diversité ; par-là, il faut cependant entendre non pas des différences d’origine humaine, mais la pluralité des manifestations de la grâce dans les croyants, qui sont données par leur chef (tête) dans le ciel et doivent conduire à la croissance spirituelle du corps jusqu’à lui.
Christ, notre chef (tête) dans le ciel, s’occupe non seulement de son corps comme un tout, mais aussi de chacune des nombreuses parties, des membres. L’expression « les membres » ne paraît toutefois dans l’épître aux Éphésiens qu’aux chapitres 4, verset 25 et 5, verset 30, c’est-à-dire dans les passages où est développée la pratique de la vie de la foi (comp. Romains 12.5 ; 1 Corinthiens 6.15 ; 12.12-28). Ici cependant, le conseil de Dieu quant à Christ et son Assemblée est placé au premier plan.
À tout croyant individuel qui fait partie de son corps, le Seigneur maintenant glorifié à la droite de Dieu a donné une certaine mesure de grâce, comme il est dit au verset 7. Il connaît chacun de nous. Il connaît nos capacités et donne à chacun individuellement selon la mesure exacte qui lui correspond.
Verset 8
« … C’est pourquoi il dit : Étant monté en haut, il a emmené captive la captivité, et a donné des dons aux hommes » (Éphésiens 4.8).
Paul cite à l’appui une déclaration de l’Ancien Testament (Psaume 68.18).
Dans ce verset, il est parlé prophétiquement, des siècles à l’avance, du Seigneur Jésus comme Celui qui a vaincu le diable (« emmené captive la captivité »), qui est monté au ciel (« monté en haut »), et qui, comme homme (« dans l’homme ») a reçu des dons de Dieu. Ces dons, le Seigneur Jésus ne les a pas reçus pour lui-même ; ils sont des signes de sa puissance, qui se déploieront un jour sur la terre dans le royaume millénaire, lorsque le Saint Esprit sera répandu sur toute chair. Ceci est encore futur.
Mais rappelons-nous ce que nous avons lu au chapitre 1, versets 20 à 23. Nous y avons vu que le Seigneur Jésus, qui « remplit tout en tous », régnera un jour comme chef sur toutes choses dans le royaume millénaire, mais qu’il a été donné maintenant déjà à l’Assemblée qui est son corps, et se trouve dans une relation intime avec elle. Il nous est présenté ici comme Celui qui dans son élévation à la droite de Dieu remplira tout, et qui maintenant est le Dispensateur entouré de gloire et de puissance des dons spirituels pour son corps.
Du fait que l’Assemblée et « le mystère du Christ » ne faisaient pas partie des objets de la prophétie, nous trouvons dans l’Ancien Testament seulement que le Messie devait souffrir, puis qu’il serait élevé à la droite de Dieu et régnerait comme homme (comp. Ésaie 53 ; Psaumes 2 ; 8 ; 110). Mais par la révélation du mystère dans le Nouveau Testament, nous savons que le Seigneur Jésus, comme homme glorifié, n’exercera pas uniquement son pouvoir dans le règne millénaire durant lequel il répandra sa bénédiction sur l’ensemble de la création alors délivrée. En effet, maintenant déjà il le fait dans l’Assemblée qui, étant son corps, lui est si intimement liée. Avant de déployer sa puissance en bénédiction envers les hommes sur la terre, il la fait connaître dans l’Assemblée en communiquant, selon sa promesse, à des hommes délivrés du pouvoir de l’ennemi, des dons qui sont la preuve de cette puissance. Tel est le motif pour lequel Paul cite les paroles du psaume 68.
Toutefois, la formulation de la citation est légèrement modifiée. Au lieu du texte original : « …tu as reçu des dons dans l’homme », Paul, conduit par l’Esprit-Saint, écrit : « …il… a donné des dons aux hommes ». Il fait par là un pas de plus et décrit la distribution des dons aux croyants individuellement. Il n’est pourtant pas question ici comme en Romains 12.6, 1 Corinthiens 12.4, et 1 Pierre 4.10, de dons de grâce (en grec : charisma) conférés aux hommes, mais il est parlé de dons (en grec : doma). Ce sont les personnes elles-mêmes que le Seigneur glorifié a données « en vue du perfectionnement des saints, pour l’œuvre du service, pour l’édification du corps de Christ ; jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ » (v. 12-13).
Les dons que Christ a donnés et donne encore aux hommes (évidemment à ceux qui croient en lui seulement) sont ainsi une conséquence et une preuve de son élévation à la place de la plus grande puissance et la plus grande gloire. Il est devenu homme et est mort sur la croix, pour délivrer la création du pouvoir de Satan, le chef et le dieu de ce monde. Par sa mort, il a « rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable » (Hébreux 2.14). Par-là, Satan a perdu tout pouvoir sur ceux qui croient dans le Seigneur Jésus. Dieu a donné à Christ, comme récompense, tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. Et à quoi l’emploie-t-il ? À donner à ceux qui croient en lui, tout ce dont ils ont besoin aussi longtemps qu’ils sont sur la terre.
Le vrai service chrétien a donc une origine céleste ; il se fonde sur l’œuvre rédemptrice de Christ et sur sa glorification dans le ciel. Comme rachetés par la foi en son œuvre et comme membres de son corps, nous sommes encore au milieu d’une création qui n’est pas délivrée, et entourés d’ennemis. Mais notre chef (tête) déjà glorifié dans le ciel nous communique les dons nécessaires pour rassembler et pour fortifier ceux qui seront éternellement unis à lui. Des hommes, autrefois captifs de Satan, deviennent ainsi, selon la volonté de Dieu, des instruments de sa grâce pour en délivrer d’autres qui se trouvent encore sous le pouvoir du Méchant, et pour édifier et encourager ceux qui sont sauvés.
Versets 9 et 10
« … Or, qu’il soit monté, qu’est-ce, sinon qu’il est aussi descendu dans les parties inférieures de la terre ? Celui qui est descendu est le même que celui qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’il remplît toutes choses » (Éphésiens 4.9-10).
Avant que le Seigneur Jésus soit « monté » comme homme glorifié dans le ciel, il a d’abord fallu non seulement qu’il vienne du ciel pour devenir un homme, mais encore qu’il « descende » comme homme dans les parties inférieures de la terre. Lorsqu’il mourut sous le jugement de Dieu, il prit la place que nous avions méritée. Son corps saint fut alors déposé dans le tombeau. Après avoir accompli cette œuvre, il est ressuscité le troisième jour d’entre les morts, puis il est monté au ciel comme homme quarante jours plus tard et a été là couronné de gloire et d’honneur (Jean 17.5 ; Hébreux 2.9 ; 1 Pierre 3.22).
C’est ainsi qu’il a « rempli toutes choses » (comp. chap. 1.23). Il est Celui qui accomplit toutes les pensées de Dieu. Et ceci inclut aussi le fait qu’il donne aux hommes qu’il a sauvés des dons, afin que par ce moyen d’autres soient aussi arrachés au pouvoir de Satan.
Verset 11
« … et lui, a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs » (Éphésiens 4.11).
Paul énumère alors brièvement les apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs. À la différence de certains des dons de grâce mentionnés en 1 Corinthiens 12 (guérisons, langues, miracles) qui confirmaient l’activité de Dieu au début du christianisme (comp. Hébreux 2.4), ces dons ont été donnés exclusivement pour aider à la croissance spirituelle de l’Assemblée et, mis à part les apôtres et les prophètes, qui ont posé les bases (Éphésiens 2.20 ; 3.5), ils demeureront jusqu’au retour du Seigneur. C’est une grande consolation pour nous qui vivons dans un temps de ruine et d’apostasie naissante.
Ces dons ne doivent pas être confondus avec les facultés humaines. Une personne capable de s’exprimer de manière claire et compréhensible ne possède pas pour autant un don pour annoncer la parole de Dieu. Par ailleurs une formation théologique ne peut remplacer aucun don de grâce. Comme il ressort clairement des passages cités, les dons sont donnés exclusivement par Dieu et par le Seigneur glorifié. Ce sont des cadeaux pour ses rachetés, des facultés spirituelles données par lui, qui impliquent le devoir et le pouvoir d’exercer le service. Ils doivent servir, sous la direction du Saint Esprit, à la gloire du Seigneur et pour la bénédiction des autres.
Les livres de Arend Remmers en Pdf
➲ Articles à découvrir...

12.Je vis le ciel ouvert

6. L’école de Christ

5. Fondamentaux bibliques (vol.1)
➲ REUNION SUR ZOOM
Edification
Enseignements
➲ NOUVEAUX EBOOKS
PDF Révisés


