13. Vers la sainteté
Chap: 13 - Ambassadeur dans les chaînes - Mon âme tressaillit un matin au dedans de moi en lisant l'appel de Paul aux prières de l'Église, lorsqu'il se déclara lui-même « ambassadeur dans les chaînes ».
« Faites en tout temps par l'Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints. Priez pour moi, afin qu'il me soit donné… de faire connaître hardiment et librement le mystère de l'Évangile pour lequel je suis ambassadeur dans les chaînes » (Éphésiens 6.18-20).
Vous savez ce qu'est un ambassadeur ? C'est un homme qui représente son gouvernement auprès d'un autre. Sa personne est considérée comme sacrée ; sa parole fait autorité. L'honneur et l'ascendant de son pays et de son gouvernement marchent à sa suite. Une offense ou un manque d'égards envers lui est une offense ou un manque d'égards à l'adresse du pays même qu'il représente.
Or, Paul était ambassadeur du ciel, représentant le Seigneur Jésus auprès des nations de ce monde. Mais, au lieu d’être traité avec le respect et l'honneur dû aux ambassadeurs, il fut jeté en prison et enchaîné entre deux soldats romains ignorants et probablement brutaux.
Ce qui émouvait mon âme, c'était le zèle inépuisable de cet homme et l'œuvre accomplie dans de telles circonstances. La plupart des chrétiens auraient considéré leur tâche comme achevée ou du moins comme interrompue, jusqu'à ce qu'ils eussent recouvré la liberté. Pour Paul, il n'en fut pas ainsi. En prison et dans les fers, il écrivit quelques lettres qui ont été en bénédiction au monde entier, et qui le seront jusqu'à la fin des siècles. Elles nous enseignent, en outre, qu'un ministère peut s'exercer par la prière aussi bien que par l'action. Nous vivons dans un âge de travail incessant, d'activité fiévreuse et d'excitation, et nous avons besoin d'apprendre cette vérité.
Paul fut le plus entreprenant de tous les apôtres ; il a travaillé davantage qu'eux tous (1 Corinthiens 15.10). Les jeunes Églises étaient entourées d'ennemis implacables et placées dans les circonstances les plus critiques. Elles avaient besoin de lui. Mais destiné à être le principal apôtre des doctrines de l'Évangile du Christ, il devait être aussi le témoin par excellence de sa puissance pour sauver et sanctifier dans les circonstances les plus pénibles.
Il est difficile, sinon impossible, de concevoir une épreuve à laquelle Paul n'ait pas été soumis. Il ne déclare qu’aucune d'elles ne pouvait l'émouvoir. Adoré comme un dieu ; fouetté et lapidé comme le plus vil des esclaves, il avait appris à être content de l'état où il se trouvait. Aussi pouvait-il triomphalement écrire, à la fin de sa vie : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi ». Il ne recula jamais, ne murmura même pas, mais poursuivit sa course, confiant dans l'amour de Jésus, et par la foi en lui, devint plus que vainqueur en toutes choses (2 Corinthiens 11.23-33 ; 2 Timothée 4.7).
Beaucoup de Salutistes ont appris les leçons d'activité enseignées par Paul, mais il serait bon de nous préparer à apprendre aussi les leçons qui se dégagent de sa captivité. Il est doublement important pour les officiers malades ou contraints au repos de se les approprier. Impatients de cette inaction prolongée, ils sont tentés de murmurer et de se plaindre, se croyant désormais inutiles. Cependant, Dieu peut les employer, dans la prière et la louange, pourvu qu'ils croient, se réjouissent, veillent et prient dans le Saint-Esprit, d'une manière plus efficace qu'il ne le ferait en les plaçant à la tête d'un bataillon. Leur devoir est d'intercéder dans la prière pour ceux qui sont à l'œuvre ou pour ceux qui ont besoin du salut de Dieu.
J'écris par expérience.
Pendant dix-huit mois, Dieu me laissa dans l'inaction de la maladie. Il me lia de ses liens et j'eus à apprendre les leçons d'un ministère passif de prière, de louange, de patience ; si j'avais refusé, j'aurais rétrogradé. Il semblait impossible que je ne puisse jamais reprendre mon activité, mais je ne me décourageai pas. Il m'aida à m'incliner devant sa volonté et à demeurer dans le silence, l'âme calme et tranquille, « comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère » (Psaume 131.2). Cependant, mon cœur soupirait après la gloire de Dieu et le salut des nations ; je priai, m'intéressant à tout ce qui touchait la guerre du salut, et étudiai les besoins des autres parties du monde. Je priai jusqu'au jour où je sus que Dieu m'avait entendu et exaucé ; mon cœur fut aussi réjoui que si j'eusse été au fort de la bataille.
Pendant ce temps, j'eus l'occasion de m'instruire du triste état où se trouvait plongé un grand pays ; mon cœur saigna et je suppliai Dieu d'y envoyer le salut. Dans la prière secrète, comme dans la prière en famille, je répandis mon cœur devant Dieu, je sus qu'il m'avait entendu et qu'il ferait de grandes choses pour ce malheureux pays.
Peu de temps après, j'entendis parler de terribles persécutions dans ce pays, et de l'expulsion d'un grand nombre de chrétiens simples et ardents.
Tout en m'affligeant de leurs souffrances, je remerciai le Seigneur d'user de ce moyen pour répandre la clarté de son glorieux salut dans cette contrée si déshéritée. L'Armée s'y est établie depuis.
Les officiers malades et condamnés à l'inaction, tous les saints de Dieu, peuvent obtenir du Seigneur sa bénédiction sur l'Armée et sur le monde, pourvu qu'ils gardent la foi et assiègent le trône de la grâce de prières incessantes.
Il y a d'autres manières d'enchaîner les ambassadeurs de Dieu que de les jeter dans des cachots, entre des soldats romains. Malades sans espoir, vous êtes « enchaînés » ; assiégés de soucis domestiques, vous êtes enchaînés ; mais rappelez-vous les chaînes de Paul et prenez courage !
Quelquefois, d'anciens officiers qui ont déserté leur poste, et dont les circonstances rendent impossible leur retour dans l'œuvre, se lamentent sur leur sort et déclarent qu'ils ne peuvent plus rien faire pour Dieu. Qu'ils s'inclinent sous le jugement de Dieu et baisent la main qui les frappe, mais qu'ils cessent de s'irriter sous la chaîne qui les lie, et se mettant joyeusement, patiemment à exercer le ministère de la prière. S'ils sont fidèles, Dieu peut délier leurs chaînes et les ramener à un ministère plus heureux encore celui de l'action.
Ésaü vendit son droit d'aînesse pour un plat de lentilles et perdit la puissante bénédiction qui eût pu être son lot, cependant il en reçut une (Genèse 27.38-40).
Pourquoi celui qui soupire réellement après la gloire de Dieu et le salut des âmes, et non après son propre plaisir, n'accepterait-il pas d'être étendu sur un lit de malade, ou debout dans un atelier, intercédant et priant, aussi bien que de prêcher sur une estrade, si Dieu veut bénir dans un cas comme dans l'autre ?
L'homme qui prêche sur une estrade peut voir en grande partie les fruits de son travail ; celui qui prie ne peut que les pressentir ; mais sa certitude d'être en communion avec Dieu et employé à son service, peut atteindre et même dépasser l'assurance de l'homme qui voit les résultats de son travail. Plus d'un réveil eut sa source secrète dans le réduit d'un obscur forgeron ou d'une pauvre blanchisseuse, qui priait dans le Saint-Esprit tout en étant liés à une vie de dur travail quotidien.
Celui qui prêche trouve déjà sa récompense sur la terre, mais l'ambassadeur enchaîné, négligé, méconnu ou méprisé, qui prie, aura une large part du triomphe final et marchera peut-être à côté du Roi, tandis que le prédicateur ne viendra qu'à sa suite.
Dieu juge autrement que les hommes. Il regarde au cœur et est attentif au cri de ses enfants ; il marque pour la gloire future et une récompense infinie tous ceux qui soupirent après sa gloire et le salut des hommes.
Dieu aurait pu délier Paul. Il ne trouva pas à propos de le faire. Cependant, Paul ne murmura point, ne bouda point, ne se laissa point aller au désespoir, et ne perdit ni sa joie, ni sa paix, ni sa foi, ni sa puissance. Il pria, se réjouit et crut. Il songea au pauvre petit troupeau, aux faibles convertis qu'il avait laissés derrière lui ; il leur écrivit, les porta sur son cœur, pleura sur eux, pria pour eux jour et nuit ; par cela, non seulement il sauva son âme, mais il obtint de Dieu sa bénédiction sur des milliers de créatures humaines qu'il n'avait jamais vues et dont il n'avait jamais entendu parler.
Qu'aucun de ceux qui sont appelés par Dieu à travailler à son œuvre, ne s'imagine que la leçon de l’ambassadeur dans les fers concerne ceux qui ont la liberté d'agir. Elle est pour ceux-là seuls qui sont dans les chaînes.
Recevoir avant de donner.
On peut faire banqueroute spirituellement aussi bien que pécuniairement. Je puis être désireux de venir en aide aux pauvres au point de distribuer sans discernement tout mon avoir, devenant ainsi un indigent moi-même. Je puis de même être désireux de venir en aide aux âmes au point de dépenser tout mon capital spirituel. Je puis parler, parler et parler, sans m'attendre à Dieu pour me remplir de son Esprit. C'est pure folie.
Nous devrions attendre d'en-haut d'être revêtus de force, prendre le temps d'écouter ce que le Seigneur veut nous communiquer, et dire ensuite ce qu'il trouve à propos de nous enseigner, mais rien d'autre ; ensuite chercher sa face, rester calmes et attentifs jusqu'à ce qu'il nous remplisse à nouveau de son Esprit. Si nous n'agissons pas ainsi, nous nous affaiblissons intérieurement ; nous puisons à notre fonds de réserve et nous épuisons nos ressources mentales et spirituelles.
Notre désir de donner peut être si ardent que nous nous impatientons parfois d'avoir à espérer en Dieu pour recevoir ce qu'il nous faut, oubliant que Jésus a dit : « Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15.5).
Ceux qui ont été le plus en bénédiction à leur prochain ont pris le temps d’écouter la voix de Dieu et d'être enseignés par lui.
Les livres de Samuel L.Brengle en Pdf
➲ REUNION SUR ZOOM
Edification
Enseignements
➲ NOUVEAUX EBOOKS
PDF Révisés

