Une bonne journée de travail

Une bonne journée de travail

Trop de gens travaillent uniquement pour le salaire versé à la fin de la semaine. Leur ambition se dégrade au point qu'ils ne fournissent leur meilleur effort que si on leur promet la paie la plus élevée.

Le forgeron du village, chanté par Longfellow, sentait que « quelque chose d'accompli, quelque chose de fait » lui donnait droit au repos de la nuit. J'imagine qu'il ne faisait guère plus que ferrer les chevaux des fermiers ou poser de nouveaux socs à leurs charrues ; pourtant, il avait la conscience perpétuelle de faire quelque chose dans le monde, de contribuer à son bien-être et de remplir un rôle nécessaire dans l'engrenage de la vie du village.

On ne saurait supposer que cet homme honnête effectuait son travail pour l'argent qu'il lui rapportait, mais par amour pour sa tâche et pour le plaisir de servir, aussi humblement soit-il, le bien commun. Quel que fût son salaire, il aurait ressenti un regret et une honte infinis si son travail avait été exécuté de manière superficielle ou négligée ; si un cheval s'était retrouvé boiteux parce qu'un clou avait été enfoncé trop loin, ou si une journée de semailles avait été perdue parce que le soc s'était brisé en plein sillon. C'est là l'idéal de tout bon et véritable travail :  « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10.31).

Trop de gens travaillent uniquement pour le salaire versé à la fin de la semaine. Leur ambition se dégrade au point qu'ils ne fournissent leur meilleur effort que si on leur promet la paie la plus élevée. Si la rémunération est médiocre, alors le travail sera médiocre ; si l'atelier est une humble chaumière, leur finition manquera de ce soin qu'ils auraient certainement apporté pour un palais ou une église.

Évaluer notre travail en fonction du salaire qu'il rapporte est un vice extrême qui engendre tôt ou tard une disposition d'esprit superficielle et mesquine. L'homme qui réserve son meilleur travail pour la meilleure paie finira par se contenter d'un simulacre de qualité, un travail bâclé en réalité, pour obtenir son dû au plus vite. Dans ce cas, ce salaire devrait lui brûler les mains comme le prix de l'injustice.

Travailler sous le regard de Dieu.

Pensez-vous que les anciens moines, qui bâtissaient religieusement et pour l'œil de Dieu, s'arrêtaient pour demander si une pierre curieusement sculptée, était destinée au plafond voûté ou à l'ornementation d'une porte, devant laquelle passeraient des générations de pèlerins admiratifs ?

Il suffisait d'être autorisé à placer une sculpture dans la maison élevée pour l'honneur et la gloire de Dieu. Il ne devait rien y avoir d'inférieur, rien qui puisse causer de la honte au sculpteur s'il en croisait le souvenir dans un autre monde, rien qui puisse paraître méprisable aux générations futures si la pierre venait à tomber au sol, à la vue de tous.

Pouvez-vous imaginer un véritable artiste peindre un tableau médiocre sous prétexte qu'il serait mal exposé dans une galerie ou vendu à bas prix aux enchères ? Il vous dirait qu'il n'oserait pas le faire. Il serait infidèle à ses idéaux les plus élevés. S'il se laissait tomber si bas, il perdrait bientôt sa capacité à réaliser ses rêves et dégénérerait en un simple exécutant sans talent. L'œil de l'artiste ne saurait plus percevoir, ni sa main accomplir. La Nature voilerait ses charmes à celui qui ne les recherche que pour des fins mercenaires.

Un médecin inspiré par le véritable esprit de sa profession réserverait-il sa plus grande perspicacité, sa plus longue patience et son traitement le plus habile aux riches, dont les pièces d'or rempliraient son compte en banque, tandis que l'enfant du paysan devrait s'en remettre au hasard ?

Si l'on attend de chacun d'eux qu'il effectue son travail pour l'honneur de sa profession et le bénéfice durable des hommes, pourquoi tous les hommes et toutes les femmes ne feraient-ils pas ce que Dieu leur a confié dans le même but élevé ? Non pour une récompense, bien que le salaire soit nécessaire et mérité, ni pour les applaudissements, mais parce que le travail est honorable et noble.

Un homme vrai trouve sa plus haute récompense en mettant le meilleur de lui-même dans tout ce qu'il fait. C'est un scandale et une honte que de se contenter de moins que le meilleur, car Dieu et ses anges nous regardent. Un travail bâclé nous reviendra dans l'autre monde pour nous confronter et nous faire honte. Il n'y a pas de signe plus certain de détérioration du caractère que le fait de se satisfaire d'un travail inférieur.

La vocation et le sens des petites tâches.

Nous avons l'habitude de parler de notre travail comme d'une vocation. L'Apôtre nous déclare : « Que chacun demeure dans l'état où il était lorsqu'il a été appelé » (1 Corinthiens 7.20).

Certains sont appelés à être serviteurs, d'autres maîtres ; certains à administrer cinq talents, d'autres un seul. Mais chaque homme est aussi véritablement appelé par Dieu à son travail de vie que le pasteur l'est pour prêcher ou le médecin pour combattre la maladie.

Si vous attendez de ces derniers qu'ils soient au-dessus des questions d'argent, la même obligation repose sur vous. Trouveriez-vous mesquin qu'un serviteur de Dieu prêche avec moins d'énergie parce que son indemnité est dérisoire ? N'êtes-vous pas coupable d'une mesquinerie similaire si vous laissez votre conduite être affectée par des considérations sordides ? Certains sont appelés à ramoner des cheminées et d'autres à être archevêques, mais aux yeux du Tout-Puissant, il y a peut-être moins d'inégalité qu'on ne le suppose. Le ramoneur sera peut-être le plus élevé à la fin, s'il a nettoyé les conduits avec un soin plus attentif et un but plus noble que l'archevêque n'a administré son diocèse.

Ce qui compte aux yeux de Dieu, ce n'est pas le travail que nous faisons, mais la manière dont nous le faisons. Deux hommes peuvent travailler côte à côte dans la même usine : l'un, à la fin de la journée, aura bâti un bloc solide d'or, d'argent et de pierres précieuses ; tandis que l'autre n'aura ajouté à l'édifice de sa vie que du bois, du foin et du chaume destinés à être brûlés. Quelle est la différence ?

Aux yeux des hommes, aucune ; aux yeux de Dieu, elle est immense. L'un a été animé, jusque dans les actions les plus communes, par le désir de plaire à Dieu, tandis que l'autre travaillait pour éviter les reproches ou obtenir un salaire. N'ayez jamais honte d'un travail honnête, aussi trivial soit-il, s'il est accompli sous l'inspiration de buts nobles ; mais ayez honte du travail qui, bien qu'il émerveille les hommes, émane de motifs égoïstes et ignobles.

Le travail nous façonne.

Ce que nous fabriquons nous fabrique. La légère gaze sur laquelle se forme le manchon d'une lampe à incandescence s'évapore en un instant, mais la structure solide formée par les agents chimiques restera lumineuse pendant des milliers d'heures. De même, les choses que nous fabriquons dans le monde passent, mais les motivations avec lesquelles nous les faisons façonnent ce que nous sommes, pour le meilleur ou pour le pire. Si vous travaillez avec négligence, vous devenez négligent. Si vous travaillez de manière purement formelle, vous devenez un hypocrite. Si vous ne travaillez que pour l'œil de l'homme, le sens de la présence de Dieu s'éteindra dans votre vie.

Certains s'irritent, par exemple, d'être attachés à un bureau de commis. Ils se disent que n'importe qui pourrait copier ces lettres ou additionner ces colonnes interminables. Dans leur mépris pour leur travail, ils ne voient pas que son manque apparent d'importance leur donne une meilleure occasion de cultiver la ponctualité, la patience et la fidélité.

À la fin de la brève journée de la vie, nous serons récompensés non selon le travail accompli, mais selon la fidélité avec laquelle nous nous sommes efforcés de remplir notre devoir. Vivons et travaillons avec ce jour en vue. Et n'oublions jamais que la récompense ultime pour un service remarquable sera donnée non seulement à celui qui semblait l'accomplir, mais aussi à ceux qui lui ont permis de le faire.

Le serviteur qui prépare mes repas ou s'occupe de mon foyer, me libérant ainsi pour écrire ou prêcher, recevra une part considérable des résultats obtenus par mes efforts. Le grand acte qui bénit l'humanité semble être l'œuvre d'un seul, mais il est en réalité le résultat des contributions de centaines de travailleurs anonymes. Celui qui sème et celui qui moissonne se réjouiront ensemble.

C'est ainsi que l'on accomplit une bonne journée de travail. Commencez-la avec Dieu, faites tout au nom du Seigneur Jésus et pour la gloire de Dieu. Ne considérez rien comme commun ou impur en soi ; cela ne l'est que si votre motivation est basse. Ne travaillez pas seulement sous les yeux de vos maîtres, mais comme serviteurs de Dieu, faites tout de bon cœur. Tout pour obtenir son « C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25.23).

Demandez-Lui d'entretenir en vous les motivations les plus nobles, et soyez comme des hommes qui attendent le retour du Maître de la maison.

 

Les livres de Frederick B. Meyer en Pdf 

 

 

➲ REUNION SUR ZOOM

    reunion zoom

Réunions d’édification spirituelle
et de partages bibliques sur Zoom.

        INSCRIPTIONS       

 

 

➲ NOUVEAUX EBOOKS

Collection "Les Anciens Sentiers"
PDF Révisés

8 Avril 2026
2 Avril 2026
27 Mars 2026
20 Mars 2026
25 Février 2026
24 Février 2026