Fait ! Foi !Sentiment !
Ces trois mots représentent les trois facteurs les plus importants dans le caractère et dans la vie. Nous avons tous affaire à eux sous une forme ou une autre, mais il est par-dessus tout nécessaire que nous les placions dans le bon ordre.
La plupart des gens essaient de mettre le Sentiment en premier, avec autant de succès que s'ils essayaient de construire l'étage supérieur d'une maison avant d'en poser les fondations. Leur ordre est : Sentiments, Faits, Foi ou sentiments, Foi, Faits
D'autres cherchent la Foi d'abord, sans considérer les Faits sur lesquels seuls la Foi et le sentiment peuvent reposer. Ils ressemblent à l'homme qui, désirant se réchauffer par une nuit glaciale, refuse de s'approcher du feu qui brûle vivement dans l'âtre.
Le seul ordre possible qui apportera bénédiction et réconfort au cœur est celui indiqué dans notre titre :
- Les Faits de Dieu, posés comme un fondement d'adamant (inébranlable dans ses intentions).
- Notre foi, les saisissant et s'appuyant sur eux.
- Nos sentiments joyeux, venant, peut-être immédiatement, ou après l'écoulement de jours et de mois, selon la volonté de Dieu.
Les faits.
Les faits qui nous sont rapportés dans la Bible sont comme des pierres de gué à travers un ruisseau. Avant d'atteindre les bas-fonds où elles se trouvent, vous vous demandez comment vous allez traverser, mais en descendant jusqu'au bord de l'eau, elles couvrent l'espace d'une rive à l'autre. Quand vous en avez atteint une, vous pouvez passer à une autre, et ainsi traverser. Il est absurde de consulter ses sentiments, ou de chercher la foi, alors qu'on est encore loin du bord du ruisseau, ou si vous persistez à aller au-dessus ou au-dessous de ce pont primitif de pierres. Vous devez descendre jusqu'à elles, les considérer, voir combien elles sont solidement fixées dans le lit vaseux, remarquer avec quelle facilité les villageois passent et repassent ; alors vous vous sentirez capable de leur faire confiance, et finalement, le cœur léger et avec un grand sentiment de soulagement, passer de l'une à l'autre.
Rappelons-nous quelques faits qui peuvent nous aider d'abord à la foi, puis au sentiment.
C'est un fait que Dieu aime chacun de nous avec l'amour le plus tendre et le plus particulier. Vous pouvez ne pas le croire ou le ressentir ; le chaud soleil d'été peut briller contre votre fenêtre aux volets et rideaux fermés sans se faire voir ou sentir à l'intérieur, mais votre incapacité à réaliser et apprécier le fait de l'amour de Dieu envers vous ne peut en altérer la réalité.
C'est un fait qu'en Jésus tout obstacle a été ôté du chemin de votre pardon et de votre acceptation immédiats. Dieu était dans le Sauveur mourant, ôtant le péché, portant nos péchés en son propre corps sur le bois, réconciliant le monde avec lui-même (2 Corinthiens 5.19 ; 1 Pierre 2.24). Vous pouvez ne pas croire cela, ou ne pas en ressentir la joie, mais cela ne change rien au fait que c'est ainsi.
Après la signature de la paix entre le Nord et le Sud dans la grande guerre américaine, il y avait des soldats cachés dans les bois, se nourrissant de baies, qui auraient pu rentrer chez eux. Soit ils ne connaissaient pas, soit ils ne croyaient pas à la bonne nouvelle, et ils ont continué à mourir de faim longtemps après que leurs camarades eurent été accueillis par leurs femmes et leurs enfants. La perte était la leur, mais leur manque de connaissance ou de foi n'a pas changé le fait que la paix était proclamée et que la porte était grande ouverte pour leur retour.
Un ami peut avoir payé toutes mes dettes dans mon village natal, d'où j'ai fui, craignant l'arrestation et le déshonneur. Il peut l'avoir fait si promptement que mon crédit n'a jamais été entamé, ni ma bonne réputation perdue. Il se peut que tout l'ancien amour et honneur m'attendent pour m'accueillir. Il peut me l'avoir dit ; mais si je continue à m'absenter et refuse de retourner, ma folie à cet égard ne peut défaire ces actes bienfaisants, bien qu'elle perpétue ma misère.
C'est un fait qu'aussitôt qu'une âme fait confiance à Christ, elle naît dans la famille de Christ et devient un enfant. Il n'y a aucun doute à ce sujet. Vous pouvez ne pas vous sentir bien, ou fervent, ou anxieux ; vous pouvez même être conscient d'un échec récent. Vous pouvez passer vos jours sous un voile de sombre dépression ; mais si vous avez reçu Christ, et avez vraiment mis votre confiance en lui, vous êtes né de nouveau, non pas de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu (Jean 1.13). Vous pouvez être un enfant prodigue ou incohérent, mais vous êtes un enfant. Si vous étiez sage, vous prendriez la place de l'enfant à la table du Père, et jouiriez de son sourire. Ils vous attendent.
Mais si vous restez encore dehors dans le froid, comme le frère aîné dans la parabole, vous ne changez pas le fait que votre place est prête pour que vous l'occupiez quand vous le voudrez.
C'est un fait que Dieu prend ce que nous donnons, et dès que nous le donnons. Il n'y a pas de long intervalle. Quand nous lâchons prise, il reçoit. Quand nous nous plaçons sur son autel, nous sommes immédiatement scellés comme siens. Quand nous nous consacrons, il accepte. L'acte divin est instantané. Vous pouvez ne pas en être conscient, et continuer à vous donner jour après jour. Si vous le faites, vous vous chargez d'une anxiété inutile ; vous continuez à offrir ce qui n'est plus maintenant vôtre à donner, et vous perdez la béatitude de réaliser ce que c'est que d'être la propriété absolue, le bien et l'esclave du Maître béni ; mais votre erreur ne peut altérer le fait que Dieu vous a pris au mot quand vous vous êtes donné à lui pour la première fois dans un acte solennel de consécration : « Que dirons-nous donc ? Si quelques-uns n'ont pas cru, leur incrédulité anéantira-t-elle la fidélité de Dieu ? Loin de là ! » (Romains 3.3-4).
C'est un fait qu'en Jésus-Christ nous sommes assis dans les lieux célestes. Nous ne pouvons pas modifier cela. Nous pouvons ne pas le croire, ou ne pas nous prévaloir de tous les privilèges que cela implique, ou ne pas jouir de la béatitude de la proximité avec Jésus ; mais telle est néanmoins notre position légitime dans l'ordre divin. Si nous sommes unis à Jésus par le plus mince fil de foi, nous sommes autant un avec lui que les saints les plus élevés ; et là où se trouve la Tête, là se trouve aussi le Corps.
En lui nous sommes morts sur la croix, et avons ainsi satisfait aux justes exigences de la loi sainte. En lui nous avons reposé dans le tombeau, et sommes ainsi sortis de la région gouvernée par le prince de la puissance de l'air. En lui nous sommes ressuscités et montés bien au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de tout titre qui peut se donner, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans celui qui est à venir (Éphésiens 1.21).
Satan est-il sous les pieds de Christ ? Dans le dessein de Dieu, il est aussi sous les nôtres. La mort et le tombeau sont-ils pour toujours derrière Christ ? Ainsi, dans le dessein de Dieu, nous sommes passés du côté de Pâques de l'un et de l'autre, et nous sommes au vent de la tempête. En ce qui concerne leur aiguillon ou leur terreur, ils sont comme les Égyptiens morts sur le rivage de la mer. Le grand Souverain Sacrificateur est-il passé à travers les cieux au-delà du voile ? Ainsi, dans le dessein de Dieu, nous aussi sommes passés du parvis extérieur au Lieu Saint, où nous offrons des dons, des sacrifices, des supplications et des intercessions pour tous les hommes (Hébreux 13.15 ; 1 Timothée 2.1).
Tout cela peut paraître irréel et impossible, comme l'idée d'être l'épouse d'un prince pour une pauvre Cendrillon, mais c'est néanmoins notre véritable position. Ce sont les faits du monde éternel, que vous en profitiez ou non. Il existe de nombreux cas attestés d'esclaves mourant de faim en captivité parce qu'ils ne voulaient pas profiter de la liberté ; et de nobles vivant une vie dure et difficile parce qu'ils ne voulaient pas revendiquer leurs droits !
C'est un fait qu'une part du don de la Pentecôte attend chaque membre de Christ. Il a reçu des dons même pour les rebelles (Psaume 68.18). À chacun la grâce a été donnée (Éphésiens 4.7). La promesse du Saint-Esprit est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera (Actes 2.39). Sans aucun doute, vous avez une part dans cette effusion, cette onction divine, cette merveilleuse puissance dans le service, qui a transformé les apôtres de timides brebis en lions au combat. Vous n'avez peut-être jamais fait valoir votre droit, mais il n'y a aucune grâce que d'autres possèdent que vous ne puissiez obtenir. « Toutes choses sont à vous » (1 Corinthiens 3.21). Dieu vous a transmis les richesses insondables de Christ.
« Ce sont des choses que l'œil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l'homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment » (1 Corinthiens 2.9). Tous les trésors de grâce, d'amour et de puissance sont vôtres en Christ, s'accumulant pour vous dans la Banque de Dépôt Divine. Il semble mille fois dommage que vous viviez une vie de mendiant alors que de telles richesses et une telle puissance sont vôtres ; mais si vous persistez à le faire, votre folie et votre aveuglement n'altèrent pas le fait que la plénitude de Dieu est vôtre en Christ.
Voici quelques-uns de ces faits, révélés dans la Parole de Dieu, qui nous conduiront par-delà le ruisseau des émotions troubles vers un terrain ferme. Cessons de nous inquiéter au sujet de notre foi, ou de prendre le pouls de nos émotions, et venons nous reposer sur eux, assurés qu'ils sont plus stables que le ciel et la terre.
La foi.
Si vous voulez une foi véritable, n'y pensez pas, mais détournez votre regard vers les faits dont nous avons parlé. Nous ne trouvons aucune difficulté à faire confiance à nos amis, parce que nous ouvrons nos cœurs, comme des fenêtres orientées au sud, à leur amour. Nous nous rappelons toutes leurs interventions en notre faveur.
Nous nous souvenons de tout ce qu'ils ont promis et accompli. Où serait notre difficulté concernant la foi si nous cessions de nous en inquiéter, et que nous étions occupés avec l'objet de la foi : Jésus-Christ notre Seigneur ?
La foi est plus qu'un Credo. Dans un credo, nous croyons à propos d'une personne ou d'une circonstance ; mais dans la foi, nous plaçons notre confiance en une personne. Nous ne devons pas seulement croire à propos de Christ, mais en lui, comme le fit Livingstone, lorsqu'une fois, à la tombée de la nuit, il fut confronté à une armada de sauvages en furie et fut tenté de s'enfuir dans l'obscurité ; mais son regard tomba sur la très belle promesse : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28.20), et il écrivit : « Je me suis endormi parce que je savais que c'était la parole d'un parfait gentleman ! » Ne croyez pas à propos de Christ, mais en lui.
La foi s'intéresse à une personne. Nous sommes sauvés et bénis par la foi qui traverse les faits de la vie de notre Sauveur pour parvenir à lui-même. Nous ne nous reposons pas sur l'expiation, mais sur Celui qui l'a accomplie ; pas sur la mort, mais sur Celui qui est mort ; pas sur la résurrection, mais sur Celui qui est ressuscité, monté au ciel, et vit à jamais pour intercéder ; pas dans des déclarations à son sujet, mais en Celui dont elles parlent.
Bien souvent, celui qui cherche demande : « Ai-je la bonne sorte de foi ? » C'est une question nécessaire, car il existe une foi morte et factice qui nous fera défaut dans la crise suprême, comme les conserves mal étamées ont fait défaut à l'expédition arctique qui, en retournant à leur cairn de provisions, les a trouvées inutilisables et est morte de faim.
Il y a une réponse simple : « Toute foi qui se tourne vers Jésus est la bonne foi ! » Elle peut ne pas apporter de ravissement de conscience. Elle peut être aussi faible que le toucher de la femme sur le bord de son vêtement. Elle peut être petite et insignifiante comme un grain de sénevé. Elle peut être désespérée comme le cri de Pierre : « Seigneur, sauve-moi ! » (Matthieu 14.30). Mais si son aspiration la plus profonde est Christ, Christ, Christ, c'est le fil ténu qui conduira l'âme perdue à travers des passages souterrains, dans lesquels elle aurait été presque submergée, vers la lumière de la vie.
La vraie foi compte sur la fidélité de Dieu. Dans ma jeunesse, je cherchais à obtenir une foi plus grande en considérant combien Dieu était grand, combien riche, combien fort ; pourquoi ne me donnerait-il pas de l'argent pour son œuvre, puisqu'il était si riche ? Pourquoi ne porterait-il pas tout le fardeau de mes responsabilités, puisqu'il était si puissant ?
Ces considérations m'ont cependant moins aidé que ma conviction désormais certaine qu'il est absolument fidèle ; fidèle à ses engagements d'alliance en Christ, fidèle à ses promesses, et fidèle à l'âme qui, à son appel clair, s'est lancée dans quelque entreprise pour lui. Nous pouvons perdre courage et espoir, notre tête peut avoir le vertige et notre cœur défaillir, l'ami et le bien-aimé peuvent se tenir à distance, les voix moqueuses de nos ennemis suggérer que Dieu a oublié ou abandonné ; mais il demeure fidèle, il ne peut se renier lui-même (2 Timothée 2.13), il ne peut renier l'enfant impuissant qu'il a engendré, parce qu'il souffre ; il ne peut rejeter les responsabilités qu'il a assumées. Il a fait, et il doit porter.
Bien souvent, je suis allé à Dieu dans un besoin extrême, aggravé par une dépression nerveuse et un cœur malade, et j'ai dit : « Ma foi vacille. Sa main semble paralysée, son œil aveuglé, son ancien chant joyeux réduit au silence pour toujours. Mais toi, tu es fidèle, et je compte sur toi ! » L'âme aime aller au-delà des promesses de Dieu pour atteindre Celui-même qui les a faites, comme l'épouse n'a pas besoin de citer les engagements pris par son mari lors de la cérémonie de mariage quand elle est sûre de lui et qu'elle sent la pression de sa main.
Ne vous troublez pas au sujet de votre foi ; comptez sur la fidélité de Dieu. S'il vous demande de marcher sur l'eau, il sait qu'il peut vous ramener sain et sauf jusqu'à la barque. Quand un guide alpin vous fait traverser un passage glacé escarpé, il considère si, dans l'éventualité de votre effondrement total, il n'est pas capable de vous porter par la force de sa poigne de fer et de sa robuste stature.
Ce que le fer est au sang, la pensée de la fidélité de Dieu l'est à la foi. « C'est par la foi que Sara elle-même... reçut la force de concevoir... parce qu'elle crut à la fidélité de celui qui avait fait la promesse » (Hébreux 11.11) ; Abraham « fut fortifié par la foi, donnant gloire à Dieu » (Romains 4.20).
La foi porte du fruit. Elle ne peut s'en empêcher, parce qu'elle lie l'âme à Christ, de sorte que l'énergie de sa vie se déverse en elle par l'artère de la foi, et, comme elle y entre, elle doit se frayer un chemin pour en sortir. Le fruit est, pour ainsi dire, forcé de sortir de l'âme croyante. Pourquoi l'alouette chante-t-elle ? Elle ne peut s'en empêcher, parce que l'esprit du printemps a été versé dans son cœur. Pourquoi la branche porte-t-elle du fruit ? Elle ne peut s'en empêcher, parce que les forces vitales montent sans cesse de la racine. Pourquoi un enfant court-il à la rencontre de sa mère ? Il ne peut s'en empêcher, parce que son cœur a absorbé sa nature. Ainsi le croyant, uni à Christ, reçoit grâce pour grâce (Jean 1.16), et de l'abondance de sa présence intérieure, sa vie parle.
Il n'est pas difficile d'obtenir une foi comme celle-ci. Mettez votre volonté du côté de Christ, non pas un souhait passager, mais le désir et le choix entiers de votre être. Soyez disposé à croire ; ou soyez disposé à être rendu disposé à croire. Levez vos yeux vers Christ. Si vous ne pouvez pas le voir, regardez vers l'endroit où vous pensez qu'il se trouve. Rappelez-lui qu'il est « le chef et le consommateur de la foi » (Hébreux 12.2), et que c'est son don. Réclamez-la de lui, et considérez qu'en réponse à votre appel il confère ce don inestimable. Vous ne ressentirez peut-être pas la foi, mais vous vous trouverez inconsciemment en train de penser à Christ, de compter sur Christ, d'aller vers Christ ; et cet engagement de l'âme avec Christ est la foi.
Soyez attentif à la tendre plante qui a ainsi été plantée en vous. Donnez-lui beaucoup de soleil. Vivez hors de vous-même dans la considération de ce qu'est Christ. Nourrissez la foi de sa nourriture naturelle qu'est la promesse, et laissez-la respirer son air naturel sur les collines de la communion. Traitez toutes les suggestions de doute comme vous traiteriez des questions sur la fidélité de votre ami le plus cher. Évitez le souffle froid qui provient des livres et des conversations sceptiques. Assurez-vous de vivre selon vos plus hautes conceptions du devoir envers Dieu et l'homme.
Votre foi sera en proportion exacte de votre obéissance. L'incapacité à faire confiance dénote presque toujours quelque manquement à obéir. Si la foi vacille, demandez-vous si vous n'avez pas lâché le fil de l'obéissance, et retournez à l'endroit où vous l'avez perdu. Christian ne pouvait affronter les lions avant d'avoir tristement retracé ses pas jusqu'au berceau où il s'était endormi et d'avoir récupéré son rouleau.
La foi est par excellence la faculté réceptive. Elle ne considère pas seulement que Dieu donne, mais elle tend la main pour prendre. « Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean 1.12). Nous recevons la réconciliation du Seigneur qui est mort, et nous recevons l'abondance de la grâce de Dieu du Seigneur qui vit à jamais, afin que nous régnions dans cette vie mortelle (Romains 5.11-17). Les beaux vêtements sont préparés, la foi s'en revêt. L'armure est suspendue au mur, la foi s'en revêt. L'eau de la vie jaillit à ses pieds, mais la foi la recueille, comme l'ont fait les trois cents hommes de Gédéon. La foi traite ainsi directement avec Dieu.
Elle ne voit pas simplement ses dons comme le passant voit les bijoux dans la vitrine, mais elle sait que tous les insignes royaux du royaume de Dieu sont siens, et elle les prend comme elle veut. Elle entend la voix de son Père qui dit : « Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi » (Luc 15.31). Il ne suffisait pas que Dieu donne le pays de Canaan par promesse et alliance à la race élue.
Ils devaient y entrer pour en prendre possession, poser le pied sur son sol, cultiver ses terres et vivre de ses riches produits. Il doit en être de même pour le croyant. Il est d'abord uni à Jésus par une foi vivante, qui repose en lui comme Sauveur, Ami et Roi ; puis il considère que le Fils de Dieu est parfaitement capable de faire de lui son cohéritier de toute sa richesse sans limites ; et, enfin, il apprend l'art de recevoir et d'utiliser le riche héritage, et d'année en année repousse les limites de sa possession plus loin, s'appropriant de plus en plus cette vaste étendue de territoire qui lui a été assignée en Jésus.
Oh ! colon sur le continent sans limites de la plénitude de Dieu en Jésus, monte sur la très haute montagne. Regarde bien vers le nord, le sud, l'est et l'ouest, et contemple « quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur » de l'amour de Christ (Éphésiens 3.18). Tout est à toi, depuis le fleuve du Temps qui prend sa source à tes pieds jusqu'à la mer ultime de l'Éternité. Ne sois pas négligent pour monter et posséder le pays, et pour hériter de tout ce que Dieu t'a librement accordé dans le Fils de son amour.
Les sentiments.
Nos sentiments sont très trompeurs, car si facilement influencés de l'extérieur. Ils sont affectés par l'état de notre santé, les changements de temps, la compagnie ou l'absence de ceux qui nous aiment. Quand l'air est léger, que le soleil brille et que nous avons bien dormi, nous sommes plus susceptibles de nous sentir disposés envers Dieu que lorsque le brouillard dégoulinant de novembre trempe les bois. Le Père qui nous a créés et connaît notre nature comprend cela ; à tel point que lorsqu'Élie, après la tension du Carmel, sa fuite rapide et sa déception devant l'obstination persistante de Jézabel, se jeta sous le genêt et demanda une mort rapide, Dieu lui envoya le sommeil pour son système nerveux épuisé et de la nourriture pour sa faim (1 Rois 19.5-8).
En règle générale, la foi porte du fruit dans le sentiment. « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ... Et non seulement cela, mais nous nous glorifions même en Dieu » (Romains 5.1-11).
« Lui que vous aimez sans l'avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d'une joie ineffable et glorieuse » (1 Pierre 1.8).
Quand le fils prodigue revint, le père ordonna qu'on tue le veau gras, disant : « Car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir » (Luc 15.24).
Il y a le soulagement d'un lourd fardeau de péché, l'extase du pardon, la lumière de la face du Père, le sentiment de droiture, le regard serein sur l'avenir. Quand le Roi vient vers les siens, les cloches font retentir leurs carillons dans l'air qui attend, comme enivrées de joie !
Un sentiment de bonheur et de bénédiction est l'effet de l'œuvre de l'Esprit sur l'âme. « Mais le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance » (Galates 5.22-23). Il est les arrhes de notre héritage, et bien que dans notre minorité nous ne puissions espérer entrer dans la plénitude de notre héritage, nous avons le privilège d'en goûter les prémices. Il y a des avant-goûts du fleuve de ses délices (Psaume 36.8), et des notes éparses du chœur complet de la félicité. Quand le Saint-Esprit révèle l'Époux, le cœur aimant est joyeux, même si les noces ne sont pas encore célébrées.
Mais l'absence de sentiment n'indique pas toujours que nous avons tort. Il peut y avoir des causes, comme nous l'avons vu, qui expliquent notre dépression. Il se peut que Christ veuille nous enseigner à distinguer entre l'amour et l'émotion de l'amour, entre la joie et le ravissement de la joie, entre la paix et le sentiment de paix. Ou peut-être désire-t-il vérifier si nous nous attachons à lui pour lui-même ou pour ses dons.
Les enfants saluent leur père depuis la fenêtre, alors qu'il tourne le coin et descend la rue. Il entend la course de leurs pieds dans le couloir tandis qu'il insère sa clé dans la porte. Mais un jour, il commence à se demander s'ils l'accueillent pour l'amour qu'ils lui portent ou pour les cadeaux dont il n'oublie jamais de remplir ses poches. Un jour, donc, il les prévient dûment qu'il n'y aura pas de cadeaux quand il rentrera le soir. Leurs visages s'assombrissent, mais quand l'heure du retour arrive, ils sont à la fenêtre comme d'habitude, et il y a le même piétinement de petits pieds vers la porte. « Ah ! », dit-il, « mes enfants m'aiment pour moi-même ! » et il est heureux.
Notre Père coupe parfois l'approvisionnement de joie, et nous laisse avoir faim, afin qu'il puisse savoir ce qui est dans nos cœurs, et si nous l'aimons pour lui-même (Deutéronome 8.2). Si nous nous accrochons encore à lui comme Job l'a fait, il est heureux, et restaure les consolations à ses affligés avec les deux mains.
Recherchez le sentiment et vous le manquerez ; contentez-vous de vivre sans lui, et vous aurez tout ce dont vous avez besoin. Si vous êtes toujours en train de remarquer les battements de votre cœur, vous provoquerez une maladie cardiaque. Si vous vous emmitouflez constamment contre le froid, vous deviendrez très sujet aux frissons. Si vous pensez perpétuellement à votre santé, vous induirez la maladie.
Si vous consultez toujours vos sentiments, vous vivrez dans une terre sèche et assoiffée, où il n'y a point d'eau : « Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra » (Matthieu 16.25).
Soyez indifférent à l'émotion. Si elle est là, soyez reconnaissant ; si elle est absente, continuez à faire la volonté de Dieu, en comptant sur lui, en parlant bien de lui derrière son dos, et, par-dessus tout, en ne donnant aucun signe de ce que vous souffrez, de peur d'être une pierre d'achoppement pour les autres. Alors la joie vous submergera comme un flot. Il vous fera asseoir à sa table, et se ceindra pour vous servir (Luc 12.37).
Mises en garde.
Il y a cinq mises en garde finales pour la culture de la vie dévote, dont l'attention aboutira généralement à une joie et une paix saintes.
Premièrement. Nous devons être tranquilles devant Dieu. La vie autour de nous, à cette époque, est éminemment une vie de précipitation et d'effort. C'est l'âge du train express et du télégraphe électrique. Les années sont comprimées en mois, et les semaines en jours. Cette hâte fébrile menace la vie religieuse. Le courant a déjà pénétré dans nos églises et agité leurs bassins tranquilles.
Les réunions s'accumulent sur les réunions. Les mêmes âmes énergiques se trouvent à toutes, et sont engagées dans de nombreuses bonnes œuvres en plus. Mais nous devons prendre garde de ne pas substituer l'actif au contemplatif, la vallée au sommet de la montagne. Ni l'un ni l'autre ne peut être séparé de l'autre en toute sécurité. Les brebis doivent entrer et sortir. Le sang doit revenir au cœur pour être rechargé et préparé à être propulsé de nouveau vers les extrémités.
Nous devons prendre le temps d'être seuls avec Dieu. Le lieu secret et la porte fermée sont indispensables. Nous devons perdre l'éclat de la piazza ensoleillée pour pouvoir voir les calmes figures angéliques penchées au-dessus de l'autel. Nous devons échapper au vacarme du monde, pour nous habituer aux accents de la voix douce et subtile.
Comme David, nous devons « nous asseoir devant l'Éternel » (1 Chroniques 17.16). Heureux sont ceux qui ont un observatoire dans la maison de leur cœur où ils peuvent souvent se retirer sous la grande arche de l'Éternité, tournant leur télescope vers les puissantes constellations qui tournent au-delà de la fièvre de la vie, et atteignant des régions où le souffle de l'approbation ou de la censure humaine ne peut les suivre !
Ce n'est que dans de tels moments que les meilleurs dons spirituels apparaîtront à notre vision, ou que nous aurons la grâce de les recevoir. Il est impossible de se précipiter dans la présence de Dieu, de saisir tout ce qui nous plaît, et de s'enfuir avec. Tenter cela ne mènera qu'à l'illusion et à la déception. La nature ne dévoilera pas sa beauté la plus rare au touriste de passage. Les tableaux qui sont le résultat d'une vie de travail ne révèlent pas leur beauté secrète au flâneur qui parcourt une galerie. Aucune charte ne peut être lue d'un coup d'œil. Et le meilleur de Dieu ne peut être nôtre sans une attente patiente en sa sainte présence. Les superficiels peuvent se contenter d'une parabole, d'une jolie histoire, mais il ne leur est pas donné de connaître les mystères du Royaume des Cieux (Matthieu 13.11).
Deuxièmement. Nous devons être possédés par un désir ardent. Il y a une différence entre souhaiter une chose et la vouloir. En une seule heure, nous pouvons souhaiter cent objets différents, et les oublier. Mais combien différente de cela est la détermination ferme, la résolution arrêtée de la volonté !
Le garçon aperçoit un équipement pour son sport, l'étudiant un livre précieux, l'amoureux un ornement rare et serti de pierres qu'il convoite pour celle qu'il aime, et dans chaque cas, la volonté est travaillée jusqu'à ce qu'elle se résolve à acquérir à tout prix. Alors la privation, le sacrifice de soi et l'attente sont joyeusement acceptés. Rien ne peut éteindre ou ralentir la détermination qui poursuit ardemment sa quête. Il en est de même pour nous. Nous devons avoir faim et soif ; nous devons être possédés par un désir fort et passionné ; nous devons être résolus même à user de violence pour prendre le Royaume des Cieux (Matthieu 11.12).
Les expressions de l'Écriture sont toutes si intenses ; le cerf soupire après les courants d'eau (Psaume 42.1) ; Jacob ne laissera pas partir l'ange (Genèse 32.26) ; la veuve importune le juge inique jour et nuit (Luc 18.5). Nous aussi pouvons avoir ce désir ardent si nous laissons l'Esprit de Dieu le produire dans nos cœurs. Mais le marchand doit être déterminé à chercher et trouver la perle de grand prix (Matthieu 13.46). Nous devons nous efforcer d'entrer par la porte étroite (Luc 13.24). Nous devons lutter comme l'athlète pour la couronne (1 Corinthiens 9.25).
Troisièmement. Nous devons avoir une promesse en main. C'est la vraie méthode pour traiter avec Dieu. Cherchez dans la Bible une parole sainte qui correspond exactement à votre cas. Il ne sera pas difficile d'en trouver une, puisqu'elle abonde en incidents personnels, tirés de toutes les variétés concevables de la vie.
Puis, quand elle aura été découverte, et peut-être portée en vous par l'Esprit divin, prenez-la avec vous dans la présence de Dieu, ou placez votre doigt dessus en passant dans la chambre de présence d'un pas feutré et révérencieux. Les promesses sont notre inventaire de possessions, et notre besoin devrait nous faire rechercher et réclamer la bénédiction destinée à y répondre.
Quatrièmement. Comptez sur Dieu. Si vous désirez des dons spirituels, non pour votre propre satisfaction, mais pour la gloire de Christ ; si, pour autant que vous le sachiez, votre cœur est débarrassé du mal, et votre vie des habitudes pécheresses ; si vous percevez que la promesse est pour vous, parce que vous êtes non seulement un fils, mais un héritier de Dieu, et un cohéritier avec Christ (Romains 8.17) ; si vous ressentez un désir ardent que Dieu a instillé pour vous conduire à ce point précis : alors ouvrez grand votre bouche, et croyez que Dieu la remplit (Psaume 81.10). Ouvrez tous les volets, et croyez que la lumière entre. Ouvrez largement chaque ouverture, et croyez que vous avez reçu ce dont vous aviez besoin et ce que vous cherchiez. Il vous sera fait selon votre foi (Matthieu 9.29).
En un moment de besoin, ou quand vous vous y attendez le moins, ou lorsque vous êtes engagé dans vos labeurs habituels, une joyeuse conscience de joie, de paix, de proximité avec Christ, ou de pouvoir sur les autres, sera la preuve que vous avez bien reçu.
Cinquièmement. Nous devons prendre soin des autres. Aucune vie ne peut être bénie si elle est centrée sur elle-même et enfermée, comme la Mer Morte, par des murs géants. Le secret de posséder est de donner ; d'apprendre est d'enseigner ; de monter sur le trône est de s'abaisser pour laver les pieds des disciples.
Pensez plus aux autres qu'à vous-même, et votre propre vie ne sera jamais aussi riche et prospère : « Je veux, je veux, je veux que les chrétiens aillent dans le monde entier et répandent l'Évangile ! » Ces mots, prononcés avec un souffle laborieux, furent presque les derniers prononcés par un serviteur chrétien bien-aimé.
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