8. Le Chemin  vers le lieu Très Saint

8. Le Chemin vers le lieu Très Saint

Chap: 8 - L’aide miséricordieuse et fidèle de Christ Te demandes‑tu pourquoi ton Seigneur a été tenté et affligé ? C’est un mystère qui touche à l’éternité ; ce n’est pas si étonnant lorsque l’on considère les êtres qu’il a choisi de secourir, d’aider et de sauver ; et dont chacun de nous fait partie.

« En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu'il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l'expiation des péchés du peuple » (Hébreux 2.17).

S’il avait voulu secourir les anges déchus pour les relever de leur état perdu, il aurait sans doute revêtu leur nature et serait descendu dans l’abîme, partageant leurs misères et ouvrant, par ses souffrances, un chemin à travers le gouffre immense qui les sépare du Paradis. Mais il n’a pas saisi les anges : il a saisi la descendance d’Abraham. Il n’avait donc pas d’autre choix que d’assumer pleinement la nature de ceux qu’il a, dans sa miséricorde infinie, appelés ses frères.

Il y a deux choses dont tu as besoin, et pas seulement toi, mais tous les hommes : la réconciliation et l’aide au moment de la tentation. Ces besoins instinctifs de l’âme sont aussi puissants et irrépressibles que le besoin du corps de dormir ou de manger. On les retrouve aussi bien au cœur de notre luxe moderne que dans les forêts primitives ou sur les rives des grands fleuves de l’Antiquité ; le Nil, l’Indus, l’Euphrate.

Pour répondre à ces besoins, les hommes ont choisi l’un des leurs pour être prêtre. Ce mot sonne durement à nos oreilles, tant il a été associé à l’immoralité et à la cruauté. Le monde n’a jamais connu de tyrans plus exigeants ou plus rapaces que certains prêtres ; qu’ils soient de Baal, de Moloch, du judaïsme ou de la papauté.

À travers les siècles, il semble que les hommes n’aient jamais pu recevoir un pouvoir spirituel sans en abuser au détriment de ceux qui cherchaient leur aide.

L’histoire de la prêtrise qui a mis à mort le Christ, parce qu’il exposait trop clairement ses hypocrisies et ses crimes, est l’histoire même de toutes les prêtrises qui ont assombri le monde par leurs fautes et abreuvé la terre du sang des plus nobles et des plus saints.

Et pourtant, l’idée du prêtre est naturelle et belle. Il est naturel que des hommes, conscients que le péché leur ferme l’accès à un Dieu saint et qu’un sacrifice est nécessaire pour obtenir la paix, disent à l’un des leurs.

« Nos mains sont tachées de sang et noircies par le travail ; nos vêtements sont souillés ; nos vies sont trop chargées pour que nous puissions accomplir ces rites qui seuls rendent le pécheur capable de se tenir devant Dieu. Fais pour nous ce que nous ne pouvons pas faire nous‑mêmes. Prépare‑toi par les rites sacrés, la veille et la purification, afin de pouvoir entrer dans la présence du Très‑Saint. Et lorsque tu auras obtenu audience auprès de lui, parle pour nous, fais l’expiation pour nos fautes. Puis reviens vers nous, pour aider et bénir ceux qui ne peuvent atteindre ta position, mais doivent continuer à lutter du mieux qu’ils peuvent dans ce monde dur, rude et mauvais où ils sont condamnés à vivre ! »

C’est sans doute cette idée qui se trouve derrière l’immense système religieux qui, à travers les siècles, a construit des temples dans tous les pays, dressé des autels sur toutes les terres et établi un sacerdoce parmi les peuples les plus dégradés comme les plus civilisés.

Et il y a une grande beauté dans l’œuvre et le ministère d’un véritable prêtre. Il n’est pas seulement occupé à l’aspect sombre du sacrifice ; immoler des troupeaux de moutons, seule manière, en ces temps rudes, d’évaluer le prix du péché. Le vrai prêtre a d’autres tâches, peut‑être plus nobles encore. Il est le berger des âmes timides qui l’entourent ; il écoute les confessions murmurées au-dessus des victimes silencieuses ; il compatit à ceux qui s’égarent ; il console ceux qui traversent le chagrin, jusqu’à ce que leurs visages assombris par les larmes se mettent à rayonner d’une lumière paisible.

Il arrête la main orgueilleuse de l’oppresseur ; comme « Ambroise » le fit en des temps sans loi ; pour protéger les pauvres du coup violent. Il ne cherche jamais son propre intérêt ; il ne choisit jamais la facilité, le plaisir ou le gain.

Il ne se repose pas tant qu’un malheureux erre encore dans la neige ou dans la solitude sauvage. Et plus encore : il devient la voix des âmes, priant pour ceux qui ne prient pas, pour ceux qui ne savent ni quoi demander ni comment le demander ; il intercède pour toute l’humanité. Combien de fois un tel homme a‑t‑il dû s’éloigner des foules bruyantes pour trouver un lieu solitaire, afin de déverser devant Dieu la longue liste de besoins, de peines et de tentations que les autres avaient déposée dans son cœur. Idéal magnifique… hélas, si rarement réalisé !

Tout cela, Jésus‑Christ l’est, et bien davantage. Les mots manquent pour exprimer ce qu’il est en lui‑même, ou ce qu’il peut devenir pour ceux qui se confient en lui. Et c’est pour cela qu’il peut apporter une aide si précieuse à tous ceux qui en ont besoin. Considérons cette aide. C’est une aide souveraine et inattendue. Les anges sont tombés. Autrefois, ils étaient les nobles habitants du ciel : ils chantaient ses hymnes, cueillaient ses fleurs d’amarante, buvaient sa paix tranquille.

Ils aimaient leur Roi et le servaient comme un rayon de soleil, avec une pureté parfaite et une obéissance inébranlable. Mais ils sont tombés du ciel à l’enfer. Et pour eux, autant que nous le sachions, il n’existe aucune aide : « Dieu ne prend pas en main les anges ».

Mais il a tourné son cœur vers nous, pauvres enfants de poussière, créatures fragiles du temps, tombées par le même péché d’orgueil. Voilà un sujet de méditation ! Nous ne pouvons percer ce mystère ni en mesurer toute la profondeur. Mais nous pouvons, avec une foi émerveillée et une joie reconnaissante, accepter la coupe débordante de grâce imméritée, inattendue, imméritée encore, et en boire les gorgées de bonheur.

C’est une aide humaine.

« Rendu semblable à ses frères » (Hébreux 2.17). Cette expression souligne à la fois la préexistence et la gloire du Christ, et montre l’immense abaissement qu’il a dû accepter pour devenir semblable aux hommes. Il a dû être fait semblable à l’homme, ce qui signifie qu’il ne l’était pas dans la constitution originelle de son être. Le mystère de l’incarnation nous dépasse.

Pourtant, l’idée n’a jamais été totalement étrangère au cœur humain. Beaucoup de mythes grecs ou hindous exprimaient déjà un désir instinctif de voir Dieu apparaître dans une chair humaine, désir qui a nourri la croyance qu’une telle chose avait pu se produire, et pourrait se produire encore. Même dans les montagnes de Galatie, la réaction spontanée aux miracles de Paul fut de dire que «les dieux sont descendus parmi les hommes».

Mais, aussi profond que soit ce mystère, l’union du Dieu tout‑puissant avec une vie humaine n’est pas plus incompréhensible que l’union, en chacun de nous, d’une âme immatérielle avec un corps matériel. Lorsque les secrets de notre propre nature seront dévoilés, il sera temps d’exiger que Dieu, en assumant notre nature, se dépouille de tout mystère. Et quel arrangement admirable que l’aide de Dieu nous parvienne par le Fils de l’Homme : qu’il verse de vraies larmes humaines, qu’il ressente une véritable compassion humaine. Juif de naissance, issu d’un peuple exclusif et intransigeant, il possède pourtant une humanité si vaste qu’elle efface tout le reste : nous ne voyons en lui qu’un Frère.

C’est une aide sacerdotale.

La pleine portée de cette expression apparaîtra plus loin. Il suffit pour l’instant de dire que tout ce que les hommes ont tenté d’accomplir à travers leurs prêtres, sans jamais y parvenir, est réalisé en lui avec une beauté incomparable. Et il n’existe aucun autre moyen de détourner les hommes des sacerdoces trompeurs que de leur présenter le sacerdoce glorieux et immaculé du Christ.

Il ne sert à rien de dénoncer seulement les prêtres qui, par mille chemins détournés, réapparaissent dans l’Angleterre protestante, ni ceux qui se tournent vers eux. Il y a dans le cœur humain un désir profond qui les pousse. On ne lutte pas contre la nature.

Mais on peut la satisfaire : donnez‑lui sa vraie nourriture, comblez ses besoins par la réalité, et elle abandonnera volontiers le faux pour le vrai, le bijou de pacotille pour les pierres précieuses de Golconde, l’humain pour le divin. Les hommes veulent un prêtre ; et s’ils retournent aux cérémonies de Rome, c’est parce que nos chaires ont trop peu proclamé la prêtrise de Jésus.

C’est une aide miséricordieuse et fidèle.

Quand nous sommes dans le besoin, nous désirons une aide empreinte de miséricorde. Un malade n’aime pas être traité comme un simple mécanisme défectueux. Comme il souhaiterait retrouver la maison, soigné par les mains douces de sa mère, toujours si habiles, si tendres ! Nous avons besoin d’une aide compatissante, qui ne reproche pas, qui prend le temps d’écouter, qui tient compte volontiers des circonstances atténuantes. Une telle miséricorde habite le cœur de Jésus.

Et son aide est aussi fidèle. Le mot suggère quelqu’un qui accourt au premier cri de détresse. Il ne sommeille ni ne dort. Son regard ne se détourne jamais de nous. Il nous voit au milieu de la tempête. Il est assis près du métal en fusion. Il nous secourt dès l’aurore, c’est‑à‑dire dès que le jour se lève. Même si tu es incapable de penser clairement, incapable d’articuler une phrase, submergé d’agonie ou de remords, si tu peux seulement gémir, il répondra aussitôt : « Il te fera grâce, quand tu crieras ; dès qu'il aura entendu, il t'exaucera » (Ésaïe 30.19).

C’est une aide fondée sur la réconciliation pour le péché.

Le péché est l’un des faits les plus massifs de notre histoire. On ne peut pas l’ignorer. On ne peut pas comprendre l’homme sans en tenir compte. C’est pour cela que le monde entier a été couvert d’autels et de sacrifices.

La même question a retenti partout, comme un refrain désespéré : « Comment l’homme sera‑t‑il juste devant Dieu ? » (Job 25.4).

Mais Jésus a satisfait aux exigences de la conscience, et à celles de la loi brisée, lorsqu’au Calvaire, en tant que Souverain Sacrificateur, il s’est offert lui‑même comme victime. Il a accompli un sacrifice pleinement suffisant, parfait et complet pour le péché du monde.

Toi qui es accablé, écrasé sous le poids de ta faute, souviens‑toi : il a porté tes péchés en son propre corps sur le bois. Approche‑toi du Dieu saint en rappelant ce fait, et ose, à cause de lui, te tenir sans honte et accepté dans sa présence.

C’est une aide compatissante pour les tentés.

« Ceux qui sont tentés » (Hébreux 2.18). Dans ce cercle, nous nous tenons tous. Chacun est tenté, parfois de manière subtile, parfois de façon brutale, parfois de manière exceptionnelle, parfois dans la banalité du quotidien. Tu as essayé, oh combien, d’être bon ; mais une rafale soudaine t’a surpris, et tu es tombé. Tenté de désespérer. Tenté de céder à la séduction. Tenté de devenir dur, brutal. Il n’existe pas de pelouse sans piège, pas de jour sans chagrin, pas de nuit sans menace, pas de rose sans épine.

N’avons‑nous pas besoin d’aide ? Assurément. Et il est capable de secourir ceux qui sont tentés, parce qu’il a souffert tout ce que la tentation peut infliger ; sans jamais céder, sans jamais même en avoir l’ombre d’une pensée, mais en portant l’épreuve jusqu’à l’angoisse extrême.

Ô vous qui souffrez, vous qui êtes tentés, affligés, inconsolés, posez votre tête contre la poitrine de l’Homme‑Dieu, dont les pieds ont foulé chaque centimètre de votre chemin épineux. Ses propres combats contre la puissance du mal le rendent parfaitement capable de vous affermir pour tenir debout, de vous relever si vous êtes tombés, de prononcer les paroles qui apaisent la douleur d’une blessure encore ouverte. S’il avait été impassible, s’il n’avait jamais pleuré, jamais lutté dans les ombres du Jardin, jamais crié l’abandon sur la croix, nous ne le sentirions pas aussi proche que nous le pouvons maintenant dans nos heures d’amère affliction.

Ô Sauveur incomparable, sur qui notre Père a placé notre secours, nous pourrions nous passer de la sympathie humaine, de l’aide sacerdotale, de la consolation et du soutien de bien des services saints ; mais toi, nous ne pouvons pas nous passer de toi ; de ta vie, de ta mort, de ta résurrection, de ta fraternité, et de ton intercession compatissante au trône de Dieu.

 

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