5. Le Chemin  vers le lieu Très Saint

5. Le Chemin vers le lieu Très Saint

Chap: 5 - « Qu’est-ce que l’Homme ? » - Maintenant surgit une objection qui était très vivement ressentie par ces chrétiens hébreux ; et qui, dans une certaine mesure, pèse sur nous tous ; pourquoi le Fils de Dieu est-il devenu homme ?

« Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d'honneur » (Hébreux 2.9). Dans la première grande division de ce traité, nous avons vu la supériorité incomparable du Seigneur Jésus sur les anges, les archanges et toute l’armée céleste. Mais maintenant surgit une objection qui était très vivement ressentie par ces chrétiens hébreux ; et qui, dans une certaine mesure, pèse sur nous tous ; pourquoi le Fils de Dieu est-il devenu homme ? Comment les peines, les souffrances et la mort de l’Homme de Nazareth sont-elles compatibles avec les gloires sublimes du Fils de Dieu, l’égal et le compagnon de l’Éternel ?

Ces questions trouvent leur réponse dans le reste du chapitre, et peuvent être résumées en une seule phrase : celui qui était au-dessus de tous les anges est devenu inférieur aux anges pour un peu de temps ; afin qu’il puisse relever les hommes de leur abaissement et les établir à son propre niveau glorieux, dans le royaume de son Père céleste ; et afin qu’il puisse être un Souverain Sacrificateur fidèle et miséricordieux pour ceux qui sont affligés, tentés et mourants. Voici un acte digne d’un Dieu ! Voici des raisons qui sont plus que suffisantes pour répondre à l’ancienne question, pour laquelle « Anselme » a préparé une réponse si élaborée dans son livre, « Cur Deus Homo ? »

« Qu’est-ce que l’homme ? »

Ces trois mots au verset 6 constituent le point de départ approprié de l’argument. Nous avons besoin non seulement d’une vraie philosophie de Dieu, mais aussi d’une vraie philosophie de l’homme, pour penser correctement l’Évangile. L’idolâtre considère l’homme comme inférieur aux oiseaux, aux bêtes et aux reptiles, devant lesquels il se prosterne. Le matérialiste le considère comme le produit du hasard de forces naturelles qui l’ont fait évoluer ; et devant lesquelles il est donc susceptible de disparaître.

La pseudo-science de l’époque fait de lui un être du même sang que le singe et le gorille, et lui attribue une origine commune avec les bêtes. Voyez quels gigantesques systèmes d’erreur se sont développés à partir de conceptions erronées de la vraie nature et de la dignité de l’homme !

De tout cela, nous nous tournons vers ce noble idéal de la dignité essentielle de l’homme, donné dans ce sublime paragraphe qui corrige nos notions erronées ; et, tout en nous donnant une explication qui s’harmonise avec toute notre expérience et observation, nous ouvre des perspectives de pensée dignes de Dieu.

L’homme tel que Dieu l’a fait.

La description donnée ici de l’origine et de la dignité de l’homme, est tiré du Psaume 8, qui est sans doute une réminiscence des jours où David gardait les brebis de son père ; même s’il n’avait pas été composé sur ce lieu même au-dessus duquel, dans les années suivantes, les chœurs célestes se révélèrent aux bergers étonnés « demeurant aux champs, et gardant leurs troupeaux durant les veilles de la nuit » (Luc 2.8).

Tournez‑vous vers ce Psaume et voyez combien il exprime avec justesse les élans qui jaillissent des cœurs pieux lorsque nous contemplons les cieux nocturnes. Cette tapisserie façonnée par les doigts de Dieu, ces sphères baignées de la lumière de la lune et des étoiles qu’il a ordonnées. Il est impossible, pour quiconque est porté à la méditation pieuse, d’être mis en présence de l’une des grandes manifestations de la beauté naturelle, l’immensité de l’océan, les lignes majestueuses des montagnes, la pompe changeante des cieux ; sans passer de l’œuvre au grand Artisan, et sans laisser monter une exclamation semblable à celle qui ouvre et clôt le Psaume: « Seigneur, notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre ! » (v. 9).

À première vue, l’homme paraît tout à fait indigne d’être mis en parallèle avec ces spectacles vastes et merveilleux que dévoile le retrait du soleil. Sa vie n’est qu’un souffle; une ombre glissant sur le flanc de la montagne; l’équivalent, dans limmense forêt de l’être, de lexistence éphémère dun puceron sur une feuille. Et que dire de son caractère, souillé et terni par le péché, lorsquon le compare aux sommets dont les neiges immaculées nont jamais été profanées; aux paysages sylvestres dont la paix n’a jamais été troublée; aux sphères argentées dont les harmonies parfaites nont jamais été brisées par la moindre dissonance? Quatre fois, l’Écriture pose la même question: « Qu’est‑ce que l’homme, pour que tu prennes garde à lui ? » (Psaume144.3; Job7.17,20; Psaume8.4; Hébreux2.6).

Pourtant, un fait demeure indéniable: Dieu se souvient de lhomme, et il le visite. «Se souvient!» Il nexiste pas un seul instant, dans l’éternité de Dieu, où son souvenir de ce monde humain faiblisse, pas plus qu’une mère n’oublie l’enfant qu’elle a laissé un moment dans la pièce voisine, attentive au moindre cri, au moindre gémissement.

« Je suis pauvre et indigent ; pourtant le Seigneur pense à moi » (Psaume 40.17). « Que tes pensées, ô Dieu, me sont précieuses ! » (Psaume 139.17).

«Visite!» Il n’est aucune chaumière trop humble, aucun cœur trop rebelle, aucune vie trop solitaire pour que Dieu ne s’y rende. Nul ne lira ces lignes dont le seuil du cœur ne soit déjà marqué par les pas de Celui qui vient souvent, se tient là, et frappe. Nous parlons comme si seules nos afflictions étaient des visitations divines.

Hélas pour nous, si c’était seulement cela! Chaque battement dun saint désir, chaque miséricorde douce, chaque bienfait de la Providence est une visitation de Dieu.

Il doit pourtant exister une raison grande et suffisante pour que le Créateur de l’univers porte un tel intérêt à l’homme. Il est évident que la grandeur physique n’est pas la véritable grandeur. Un petit enfant vaut davantage que la plus haute montagne, et une impératrice‑mère s’attardera dans la seule chambre où son enfant est malade, tout en délaissant sans hésiter le reste de son domaine presque illimité. Et si la terre n’était autre que la pouponnière de l’univers!

Le véritable indice, toutefois, de toute réflexion sur ce mystère se trouve dans la déclaration du Psalmiste concernant le dessein originel de Dieu en créant l’homme: « Tu l’as couronné… Tu l’as fait dominer… Tu as mis toutes choses sous ses pieds » (Psaume8.5‑6). Cette vision élevée na pas été donnée pour la première fois au regard poétique du Psalmiste: elle remonte plus loin. Elle constitue un fragment de la grande charte de lhumanité, que Dieu remit à nos premiers parents dans le Paradis.

Tournez-vous vers ce noble récit archaïque, Genèse 1.26-28, qui transcende les imaginations de la science moderne autant qu’il surpasse ces légendes de la création qui rendent incroyable la littérature païenne dans laquelle elles sont incorporées.

Sa simplicité, sa sublimité et sa justesse témoignent que son origine et son autorité sont divines. Nous admettons volontiers que l’œuvre créatrice de Dieu fut symétrique et ordonnée, et qu’il déploya son dessein selon un plan cohérent et progressif. Or la science n’a rien découvert qui contredise les affirmations explicites de l’Écriture, selon lesquelles le premier homme n’était en rien inférieur à nous dans ces facultés intellectuelles et morales qui constituent l’héritage le plus noble de l’humanité.

« Dieu créa l’homme à son image » (Genèse1.27). Voilà la ressemblance divine. Notre nature mentale et morale est façonnée sur le même modèle que celle de Dieu: le divin en miniature. La vérité, lamour, la pureté, tout comme les principes des mathématiques, sont identiques en nous et en lui. S’il n’en était pas ainsi, nous ne pourrions ni le connaître ni le comprendre.

Mais puisqu’il en est ainsi, il lui a été possible de revêtir notre nature, et il nous sera possible, un jour, d’être transformés à l’image parfaite de sa beauté.

« Et Dieu dit : Dominez » (Genèse1.28). Voilà la suprématie royale. Lhomme fut destiné à être le vice‑régent et le représentant de Dieu: un roi établi dans un palais où tout était disposé pour sa joie; monarque et souverain de tous les ordres inférieurs de la création. Le soleil devait travailler pour lui comme un véritable Hercule; la lune éclairer ses nuits ou conduire les eaux autour de la terre en marées purificatrices; les éléments de la nature devenir ses serviteurs et ses messagers; les fleurs parfumer son chemin; les fruits réjouir son palais; les oiseaux chanter pour lui; les poissons le nourrir; les bêtes peiner pour lui et le porter.

Non pas un esclave rampant, mais un roi, couronné de la gloire de la domination et de l’honneur d’une suprématie universelle. Seulement un peu inférieur aux anges, parce qu’ils ne sont pas, comme lui, chargés de chair et de sang. Voilà l’homme tel que Dieu l’avait créé pour être.

L’homme tel que le péché l’a fait.

« Cependant, nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises » (Hébreux 2.8). Sa couronne est roulée dans la poussière, son honneur terni et souillé. Sa souveraineté est fortement contestée par les ordres inférieurs de la création. Si les arbres le nourrissent, c’est après des soins laborieux, et ils déçoivent souvent.

Si la terre lui fournit de la nourriture, c’est en réponse tardive à un labeur épuisant. Si les bêtes le servent, c’est parce qu’elles ont été laborieusement apprivoisées et dressées ; tandis que de vastes nombres parcourent les clairières de la forêt, le défiant. S’il attrape le poisson de la mer, ou l’oiseau de l’air, il doit attendre longtemps dans une dissimulation rusée.

Quelques traces de l’ancienne seigneurie subsistent encore, perceptibles dans la frayeur que la voix humaine ou le simple éclat de l’œil inspire aux créatures inférieures, comme on le voit dans les exploits du dompteur de lions ou du charmeur de serpents. Mais, pour l’essentiel, l’anarchie et la rébellion ont ravagé le beau royaume de l’homme. Si profond est son abaissement qu’il s’est prosterné devant les objets mêmes qu’il était destiné à gouverner, inclinant sa forme royale dans des sanctuaires consacrés aux oiseaux, aux quadrupèdes et aux reptiles.

Il est à la mode, de nos jours, d’exalter la philosophie païenne; mais comment la mettre un seul instant en parallèle avec la religion de la Bible, lorsque ses pyramides renferment des momies danimaux divinisés, et que ses temples sont dédiés au taureau sacré!

Où donc se trouve la suprématie de l’homme? Assurément pas dans le sauvage qui se recroqueville devant les bêtes de la forêt; ni dans les peuples dits civilisés qui se laissent asservir par la luxure, la sensualité ou une indulgence grossière; ni dans ceux qui, refusant de reconnaître lautorité de Dieu, sont incapables dexercer la moindre maîtrise sur eux‑mêmes. «Le péché a régné», dit avec justesse l’Apôtre (Romains5.21). Et tous ceux qui courbent la nuque sous son joug deviennent des esclaves, des serviteurs, des sujets tremblants, bien loin de ce que Dieu les avait faits et destinés à être.

Ne pointez pas du doigt les groupes misérables qui se pressent aux portes des débits de gin, au cœur même de la métropole du peuple réputé le plus chrétien du monde, et ne considérez pas leur condition comme une tache sur l’amour ou la puissance de Dieu. Ce n’est pas son œuvre. Ce sont les fruits du péché. Un ennemi a fait cela. Si vous voulez contempler l’homme tel que Dieu l’avait voulu, il faut revenir à l’Éden, ou avancer jusqu’à la Nouvelle Jérusalem.

Le péché souille, avilit, défigure et détruit tout ce qu’il touche. Et nous ne pouvons qu’en frémir, sachant que son virus circule en nous-mêmes, tandis que nous observons les ravages qu’il a infligés à des myriades autour de nous.

L’homme tel que Christ peut le faire.

« Nous voyons Jésus couronné de gloire et d’honneur » (v. 9). « En quoi cela nous aide-t-il ? » s’écrie un objecteur ; « bien sûr qu’il est couronné de gloire et d’honneur, puisqu’il est le Fils de Dieu ! » Mais remarquez, la gloire et l’honneur mentionnés ici sont entièrement différente de la gloire d’Hébreux 1.3. C’était la gloire incommunicable de sa divinité. Ceci est la gloire acquise de son humanité.

Dans Jean17, notre Seigneur lui‑même distingue clairement entre ces deux gloires. Au verset5, il évoque la gloire qui lui appartenait auprès du Père, comme son droit éternel, avant que le monde fût. Au verset24, il parle dune autre gloire: celle qui lui est donnée en récompense de ses souffrances, une gloire qu’il n’aurait pu recevoir s’il n’avait pris la forme d’un serviteur, s’il n’avait été fait semblable aux hommes, s’humiliant lui‑même et devenant obéissant jusqu’à la mort de la croix.

Ainsi s’accomplit ce témoignage: « abaissé pour un peu de temps au‑dessous des anges, à cause de la souffrance de la mort ; couronné de gloire et d’honneur, afin que, par la grâce de Dieu, il souffrît la mort pour tout homme » (Philippiens2.7‑8; Hébreux2.10).

C’est la couronne dont son Père l’a investi au jour de l’allégresse de son cœur, lorsque, en tant qu’homme, il sortit victorieux de l’ultime combat contre le Prince des ténèbres. Durant toute sa vie terrestre, il réalisa l’idéal antique de l’homme. Il était l’image de Dieu; et ceux qui le contemplaient voyaient le Père. Il régnait en Souverain dans ses commandements: les vents et les vagues se pliaient à sa parole; les arbres se desséchaient sous son regard; les poissons, en bancs, répondaient à sa volonté; les troupeaux s’écartaient devant le fouet tressé de petites cordes. La maladie, la mort et les démons reconnaissaient son empire.

Mais tout cela atteignit sa pleine expression lorsqu’il allait retourner vers son Père, et qu’il déclara, dans un élan majestueux de suprématie consciente: « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre ».

« Nous le contemplons ». Contemple-le, lecteur chrétien ! Les couronnes de l’empire sont sur son front. Les clés de la mort et du séjour des morts se balancent à sa ceinture. Les créatures vivantes mystérieuses, représentantes de la création rachetée, attestent qu’il est digne. Toutes choses dans le ciel et sur la terre, et sous la terre, et dans les mers, l’adorent ; ainsi font les armées d’anges, au-dessous desquels il s’est abaissé pour un peu de temps, à notre place.

Comme il est maintenant, nous le serons nous aussi. Il se tient comme le modèle, l’exemple et le représentant des hommes rachetés, et nous sommes unis à lui par un lien que rien ne peut briser. Par lui, nous retrouverons la souveraineté que nous avons perdue, et nous recevrons nous aussi une couronne de gloire et d’honneur.

Le jour approche où nous siégerons à ses côtés, cohéritiers de son royaume et associés à sa gloire, comme nous avons partagé ses souffrances. Alors toutes choses, visibles et invisibles, trônes, autorités et puissances, seront placées sous nos pieds, tandis qu’au‑dessus de nous s’étendra pour toujours le ciel limpide de l’amour de notre Père.

Ô destinée de bonheur incomparable, ô joie des cœurs sanctifiés, ô miracle de la toute‑puissance divine.

 

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