34. Le Chemin vers le lieu Très Saint
Chap: 34 - Le cœur affermi - C’est une bonne chose d’avoir un cœur affermi. Chez trop d’entre nous, la vie intérieure est variable et inconstante.
« C’est une bonne chose que le cœur soit affermi par la grâce ; non par les viandes, qui n’ont point profité à ceux qui s’y sont attachés » (Hébreux 13.9).
C’est une bonne chose d’avoir un cœur affermi. Chez trop d’entre nous, la vie intérieure est variable et inconstante. Parfois nous avons des jours de profond sérieux religieux, où il semble impossible de passer trop de temps dans la prière et la communion avec Dieu. L’air est si clair que nous pouvons voir au-delà des eaux de la mer qui nous sépare, jusqu’aux contours mêmes des rivages célestes. Mais très peu de chose su ra à troubler notre paix, et à amener un voile de brume sur nos âmes, pour nous envelopper peut-être pendant de longues semaines. Oh, qu’il nous soit donné un cœur affermi !
Or il y a une chose qui ne produira pas cet état béni d’affermissement. Et cela est indiqué par l’expression « viandes » ; qui représente le ritualisme de la loi juive. Il y a toujours une tendance dans le cœur humain vers une religion de rites. Il est tellement plus facile d’observer les prescriptions d’un cérémonial extérieur que de fortifier l’âme à la foi et à l’amour et au culte spirituel. Fixez au dévot une série d’observances extérieures, peu importe combien vos exigences sont rigoureuses et exigeantes, et le tout sera accompli ponctuellement et servilement, avec un sentiment secret de satisfaction d’être ainsi autorisé à faire quelque chose pour obtenir l’acceptation et la faveur de Dieu.
Il y a une grande augmentation de l’observance ritualiste parmi nous. Nous contemplons avec étonnement la tendance de notre époque vers les génuflexions ; les austérités du Carême ; l’observance minutieuse de services prolongés et incessants ; et toutes les exigences d’un rituel sévère. Des personnes qui ne donnent aucune preuve dans leur caractère ou leur comportement d’une religion réelle sont des plus pointilleuses dans ces rites religieux extérieurs.
De jeunes hommes apaiseront leur conscience après une journée de violation du sabbat par une célébration matinale. Dans de nombreux cas, ces choses sont des résurgences d’anciennes coutumes babyloniennes, introduites dans l’Église professante dans les jours les pires et les plus sombres de son histoire. Mais leur résurgence indique les fortes aspirations religieuses de la nature humaine, et la fascination qu’exercent les rites extérieurs à la place des réalités intérieures.
Mais les « viandes » ne peuvent jamais établir la vie intérieure. Le ritualiste le plus ardent doit confesser le sentiment d’insatisfaction et d’inquiétude intérieures, alors que l’âme est condamnée à arpenter continuellement le désert aride d’un formalisme lassant, où elle ne parvient pas aux verts pâturages ou aux eaux du repos. « Elles n’ont pas profité à ceux qui s’y sont adonnés ! »
Un autre obstacle à un cœur affermi provient de la curiosité qui court toujours après des doctrines diverses et étrangères. À toutes les époques de l’Église, des hommes ont saisi des aspects isolés de la vérité, les déformant hors de l’harmonie de l’Évangile, et les portant dans un excès exagéré et dangereux ; et dès qu’une vérité est considérée hors de sa place dans l’équilibre de l’Évangile, elle devient une hérésie, égarant les âmes par la tromperie des fausses lumières que les naufrageurs agitent le long de la plage. Et une fois que nous commençons à suivre les caprices et les notions des enseignants humains, en dehors de l’enseignement de l’Esprit de Dieu, nous entrons dans une condition instable et agitée, qui est l’antipode même du cœur affermi.
Il n’y a qu’un seul fondement qui ne vacille jamais, une seule condition qui ne change jamais : « Il est bon que le cœur soit affermi par la grâce » (Hébreux 13.9). Avant tout, bien sûr, le cœur affermi est le don de Dieu : « Celui qui nous affermit avec vous en Christ, c’est Dieu » (2 Corinthiens 1.21). « L’Éternel t’affermira pour que tu sois un peuple saint pour lui-même » (Deutéronome 28.9). « Le Dieu de toute grâce vous perfectionnera, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables » (1 Pierre 5.10). Nous devons donc le prier de nous donner le cœur affermi dans la grâce. Mais il y a aussi certaines conditions indiquées dans ce contexte auxquelles nous ferions bien de nous conformer.
Nous devons nous nourrir de Christ.
Le déni même du dixième verset prouve qu’il y a un autel dont nous avons le droit de manger. Non seulement les Juifs, mais aussi les chrétiens, mettent l’accent sur le fait de manger ; mais ah, combien différente est la nourriture qui forme leur régime ! Dans le cas de cet ancien système dont ces chrétiens hébreux venaient tout juste d’émerger, les prêtres mangeaient une portion considérable des sacrifices que le peuple offrait sur l’autel de Dieu.
C’était le moyen de leur subsistance. En considération du fait qu’ils étaient mis à part entièrement pour le service divin, et n’ayant aucun héritage dans le pays, « ils vivaient de l’autel ».
Mais nous, qui sommes prêtres par un droit plus divin, avons laissé derrière nous le Tabernacle, avec son rituel et ses sacrifices, et ne pouvons nous nourrir de ces viandes extérieures sans trahir la spiritualité de la sainte religion que nous professons. Notre autel est la croix. Notre sacrifice est le Sauveur mourant. Notre nourriture est de manger sa chair : « C’est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point ». « Le pain est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde » (Jean 6.50-51).
Manger consiste en trois processus : l’appréhension, la mastication et l’assimilation ; et chacun d’eux a son équivalent spirituel dans cette nourriture de Christ qui est la vie même de notre vie. Nous aussi, nous devons l’appréhender, par la lecture attentive de la Parole de Dieu. La Parole est dans les mots. Ses paroles sont esprit et vie. Nous n’avons pas besoin de les lire constamment, pas plus que nous ne devrions manger constamment. Mais tout comme un bon repas continuera à nous nourrir longtemps après que nous l’ayons pris, et même quand nous avons cessé d’y penser, ainsi une étude prolongée et priante de la Parole de Dieu nourrira nos âmes longtemps après.
Nous aussi, nous devons accomplir le second processus de manger en méditant longuement et profondément sur tout ce qui nous est révélé dans la Parole concernant la personne et l’œuvre du Seigneur Jésus. C’est seulement en permettant à notre cœur et à notre esprit de demeurer dans la méditation de ces thèmes sacrés qu’ils deviennent assez réels pour nous nourrir. Mieux vaut lire moins et méditer davantage, que lire beaucoup et méditer peu.
Nous aussi devons assimiler Christ, jusqu’à ce qu’il devienne partie intégrante de notre être même, et que nous commencions à vivre, non plus nous, parce que Christ vit en nous, et est devenu notre vie même. Notre Seigneur a dit à ses disciples qu’il vivait par le Père ; et a dit que, s’ils désiraient vivre de la même ma- état de dépendance envers lui, ils doivent « le manger » (Jean 6.57). Dans le cas du Christ lui-même, son être avait atteint un tel degré d’union avec celui de son Père que le voir ou l’entendre ou le connaître, c’était voir et entendre et connaître Dieu. Et si seulement nous passions plus de temps seuls avec lui dans une communion priante et aimante, un grand changement s’opérerait aussi en nous, et nous serions transformés à son image en étapes successives de gloire en gloire.
À intervalles réguliers, nous nous réunissons autour de la table du Seigneur pour manger le pain et boire le vin. Mais notre nourriture de lui devrait être aussi fréquente que nos repas ordinaires quotidiens. Pourquoi devrions-nous nourrir l’esprit moins que nous ne le faisons pour le corps ? Hélas ! comme nous choyons ce dernier, et affamons le premier, jusqu’à ce que nous dépassions le sens du désir !
Nous gâtons notre appétit en le nourrissant des douceurs écœurantes et des bouchées des sens. Nous nous contentons de vivre comme des parasites des sucs des autres, au lieu d’acquérir la nourriture de première main pour nous-mêmes. Quoi d’étonnant que nous soyons emportés à tout vent de doctrine, et que nous manquions d’un cœur affermi ? Et peut-être n’y aurait-il rien de mieux pour l’ensemble de nous, peuple chrétien, qu’un réveil de l’étude biblique, une consécration renouvelée de l’heure matinale, un maintien régulier et systématique de moments de communion prolongée avec notre Maître et Seigneur.
Si nous voulons nous nourrir de christ, nous devons sortir hors du camp. Dans le rituel solennel du grand Jour des Expiations, il était ordonné que les corps de toutes les victimes qui avaient subi la mort comme sacrifices pour le péché, et dont le sang avait été aspergé devant le propitiatoire, devait être brûlé hors du camp (Lévitique 16.27). Et dans cette spécification mystérieuse, deux vérités étaient probablement symbolisées. Premièrement, que dans la plénitude des temps, Jésus, le véritable sacrifice pour le péché du monde, sou rirait hors de la porte de la ville ; et deuxièmement, que les hommes doivent laisser derrière eux les principes et les rites des systèmes terrestres, s’ils veulent réaliser toute la béatitude de l’acceptation par Dieu à travers le sacrifice de Christ.
Si donc nous voulons avoir Jésus comme notre nourriture, notre joie, notre vie, nous ne devons pas nous attendre à le trouver dans les camps qui ont été dressés par les hommes de ce monde. Nous devons sortir de tous ces lieux ; du camp de la religiosité du monde tout autant que de celui de sa sensualité ; des tentes de son formalisme et de son ritualisme, aussi bien que de celles de sa vanité.
La politique de sortir hors du camp est le seul chemin sûr pour nous-mêmes, comme c’est le seul qui soit utile pour le monde lui-même. Il y en a beaucoup qui soutiennent que la politique la plus sage est de rester à l’intérieur du camp, cherchant à élever ses valeurs morales. Ils ne réalisent pas que, si nous adoptons leur conseil, nous devons y rester seuls ; car notre Seigneur est déjà parti. Il est sûrement inconvenant que nous trouvions un foyer là où il est expulsé. Qu’y a-t-il en nous qui nous rend si bienvenus, quand notre Maître a été rejeté au sort des plus vils criminels ? D’ailleurs, il ne faudra pas longtemps avant que nous découvrions qu’au lieu que nous influencions le camp pour le bien, l’atmosphère du camp nous infectera de son mal.
Au lieu de l’élever, elle nous rabaissera. Le seul principe pour faire bouger le monde est d’imiter Archimède en obtenant un point en dehors de celui-ci. Tous les hommes qui ont laissé une marque dans l’élévation de leur époque, ont été contraints de rejoindre l’armée de pèlerins qui passe constamment par les portes de la ville et prend position près de la croix sur laquelle Jésus est mort. En regardant en arrière vers ce lieu mémorable, nous semblons le voir rempli des apôtres, martyrs, réformateurs et prophètes de tous les âges, qui nous invitent à les rejoindre. Il nous reste à dire si nous allons nous attarder parmi le luxe et les fascinations qui nous attirent vers le camp ; ou si nous oserons prendre notre croix et suivre notre Maître le long de la Via Dolorosa, portant son opprobre. Ah, jeunes cœurs, disciples secrets, hésitants entre deux opinions, l’issue d’un tel choix ne peut être douteuse !
Si nous sortons hors du camp, nous devons porter son opprobre. On raconte du bon Charles Siméon, de Cambridge, qu’au commencement de sa carrière comme pasteur évangélique à Cambridge, il rencontra des abus et une opposition si virulents que son esprit semblait sur le point d’être écrasé. Se tournant vers la Parole de Dieu pour y trouver direction et encouragement, son regard tomba sur le passage suivant : « Comme ils sortaient, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon ; ils le contraignirent à porter sa croix » (Matthieu 27.32).
La similitude du nom avec le sien l’arrêta, et il fut animé d’un nouveau courage à la pensée de son union avec les sou rances de Jésus. Il en est ainsi pour nous tous. Si nous sommes outragés pour le nom de Jésus, heureux sommes-nous ; et nous devrions nous réjouir, dans la mesure où nous avons part aux souffrances de Christ, afin que, lorsque sa gloire sera révélée, nous soyons aussi dans l’allégresse et dans une joie débordante.
Comme il est merveilleux d’apprendre l’étroitesse des liens par lesquels nous sommes liés aux saints du passé ! Lorsque nous sommes outragés parce que nous sommes chrétiens, nous savons quelque chose de ce que Moïse a ressenti lorsqu’il était raillé dans le palais royal d’Égypte à cause de son origine hébraïque ; mais « il estimait l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que tous les trésors de l’Égypte, parce qu’il avait les regards fixés sur la rémunération ».
Mais tout en portant l’opprobre de christ, nous trouverons la seule cité permanente.
Il est très remarquable que, alors que nous nous arrachons de la porte de la cité, et disons adieu à ce qui avait semblé être un symbole des édifices les plus durables de la permanence terrestre, nous sortons en réalité du transitoire et de l’irréel pour devenir citoyens de la seule Cité durable et permanente. Les plus grandes cités de la grandeur humaine n’ont pas perduré. Babylone, Ninive, les puissantes cités du Mexique ; toutes ont disparu. Ensevelies sous des monticules, sur lesquels l’herbe pousse luxuriante ; tandis que les bêtes sauvages rampent à travers les vestiges en décomposition du passé.
Mais, au milieu de tout cela, il y a surgit d’âge en âge une structure permanente, une Cité durable, une confédération qui se rassemble autour du Sauveur immuable, et n’a en elle aucun élément de déclin. Vivons-nous assez dans cette Cité dans notre expérience habituelle ? Il est possible de fouler ses rues d’or tandis que nous cheminons péniblement le long des artères des cités terrestres ; de nous mêler à ses compagnies bénies, et de partager ses saints exercices, bien qu’apparemment nous passions nos jours dans de sombres bureaux citadins, et parmi des compagnons avides d’argent.
Le vrai pèlerin vers la Cité vit réellement dans la Cité. Ce ne sera pas long, et elle ne sera pas seulement un objet pour la foi et la vision spirituelle, elle deviendra manifeste. Voyez, elle vient ! elle vient ! la Cité sainte venant du ciel d’auprès de Dieu, rayonnante de sa lumière, résonnante de chants, la demeure des saints, la métropole d’une terre rachetée, l’Épouse de l’Agneau, pour qui l’univers fut créé.
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