33. Le Chemin  vers le lieu Très Saint

33. Le Chemin vers le lieu Très Saint

Chap: 33 - Le Sauveur immuable Quel changement s’est opéré en Jésus-Christ depuis que des yeux mortels l’ont contemplé ! Couronné de gloire et d’honneur ; assis à la droite du Père ; occupé au gouvernement de tous les mondes.

« Jésus-Christ, le même hier, et aujourd’hui, et éternellement » (Hébreux 13.8).

Trois fois dans ce chapitre, le chapitre final d’une Épître dont l’étude a été si agréable et utile, l’écrivain sacré exhorte ses lecteurs à penser avec bienveillance à ceux qui les dirigeaient. La pleine force du mot grec est mieux représentée par la traduction marginale guide, que par le mot diriger. Mais dans tous les cas, il faisait référence à ceux qui étaient les dirigeants spirituels et les enseignants du troupeau. Les trois injonctions sont : souvenez-vous (verset 7) ; Obéissez (verset 17) ; saluez (verset 23).

C’est un nom dont le ministre chrétien peut être fier que d’être appelé un leader. Mais à moins qu’il n’ait quelque autre titre à le revendiquer que celui qui vient de la force de caractère, de l’éloquence ou du pouvoir intellectuel, son nom ne sera qu’un son vide, le signe de ce qu’il pourrait être plutôt que de ce qu’il est. Ceux qui sont qualifiés pour diriger d’autres hommes doivent être eux-mêmes des disciples proches de Christ ; afin qu’ils puissent se tourner vers les autres et dire : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ » (Philippiens 3.17) ; « Soyez tous mes imitateurs ».

Mais le ministre chrétien doit aussi veiller sur les âmes (v. 17). Il n’est pas envoyé à sa charge pour prêcher de grands sermons, pour élaborer de brillantes oraisons, ou pour éblouir leurs intellects ; mais pour veiller sur leurs âmes, comme le berger veille sur ses troupeaux dispersés sur les collines, tandis que la lumière passe du gris du matin, à travers les teintes profondes de midi, jusqu’à la dernière lueur délicate du soir tout en haut des falaises les plus élevées. Il doit en effet veiller attentivement, car il devra rendre compte le soir ; de sa main chaque disparu sera requis.

On raconte du saint Melville que sa femme le trouvait parfois à genoux dans la nuit froide de l’hiver ; et quand elle lui demandait de retourner au lit, lui il répondait : « J’ai quinze cents âmes à ma charge, et je crains que cela aille très mal pour certaines d’entre elles ! » Il n’est pas difficile de se souvenir d’hommes comme celui-là, de leur obéir ou de les saluer. Ils portent le signe de leur Maître sur leurs visages. Ils font partie des dons les plus précieux du Christ à son Église. Mais il y a cette tristesse liée à tous les dirigeants et enseignants humains. Quelque chers et utiles qu’ils soient, ils ne peuvent continuer à cause de la mort.

L’un après l’autre, ils passent dans le monde spirituel, pour entrer dans leur service plus élevé, pour rendre compte, pour voir le Maître qu’ils ont aimé. Le dernier sermon reste inachevé sur la table d’étude ; mais ils ne reviennent jamais pour le terminer. La parole finale est prononcée. La bénédiction de clôture est donnée. Le ministère est accompli. Mais quel soulagement de se tourner des hommes vers Christ : du changement constant des enseignants humains au Maître immuable ; des sous-bergers qui sont ici aujourd’hui mais partis demain, au Berger en chef et Évêque des âmes qui veille sur ses brebis dans les ombres du soir de cette ère, tout autant que dans les premiers rayons lumineux de son matin de Pentecôte !

Voici le sens de notre auteur (v. 7). Le verbe est au passé : « Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigés, qui vous ont annoncé la parole de Dieu : considérant l’issue de leur vie, imitez leur foi ».

Évidemment, ils avaient été récemment appelés à être témoins de la fin de la vie et du ministère de certains qui leur avaient été très précieux. Et, alors que leurs cœurs étaient dans la tristesse, leur attention fut détournée du guide et conducteur changeant vers le Seigneur toujours vivant et immuable, Jésus-Christ, qui est le même hier, aujourd’hui et éternellement.

Il est nié que le temps, l’humeur, les circonstances, la provocation ou la mort puissent altérer Jésus-Christ notre Seigneur.

Le temps nous change. Votre portrait, pris il y a des années, quand vous étiez dans la fleur de l’âge, est accroché aux murs de votre maison. Vous le comparez parfois tristement avec votre moi actuel. Alors l’œil brillait de feux qui ont été éteints par bien des larmes. Alors les cheveux étaient noirs comme le corbeau et épais, qui sont maintenant abondamment striés des symptômes gris de la décrépitude. Alors le visage était sans rides de souci, sans cicatrices de conflit ; mais maintenant combien fatigué et sillonné ! La forme droite est courbée, le pas a perdu son ressort.

Mais il existe une différence plus grande entre deux portraits mentaux et deux portraits physiques. Les opinions changent. Le radical devient conservateur ; le tempérament change, et les affections se refroidissent. Des noms et des visages qui nous faisaient autrefois frissonner sont rappelés sans émotion. Des couronnes fanées gisent là où jadis des fleurs de la plus rare texture exhalaient leur sou e en une adoration insu sante. Ainsi en est-il de ceux qui sont nés de femme. Le temps fait pour eux ce que les épreuves, l’autorité et la sou rance ne parviendraient pas à accomplir. Et parfois la question se pose : Le temps peut-il altérer celui dont le portrait est suspendu aux murs de nos cœurs, peint en couleurs impérissables par les mains des quatre Évangélistes ?

Bien sûr, le temps n’a aucun effet sur Dieu, qui est le « JE SUIS » ; éternel et immuable. Mais Jésus est homme aussi bien que Dieu. Il a des temps dans son être : l’hier du passé, l’aujourd’hui du présent, le demain du futur. C’est au moins une question de savoir si sa nature humaine, accordée aux expériences de l’homme, ne peut pas porter avec elle, même jusqu’à influencer son cœur royal, cette sensibilité au toucher du temps qui est caractéristique de notre race. Mais la question ne s’attarde qu’une seconde. Au moment où elle s’énonce, elle est noyée par le grand éclat de voix qui s’exclament : « Il est le même dans le jour méridien du présent qu’il était dans l’hier de sa vie terrestre ; et il sera le même quand demain nous aurons laissé loin derrière nous les rivages du temps et que nous naviguerons avec lui sur les profondeurs sans marées et sans tempêtes de l’océan de l’éternité ! »

S’il nous était possible de demander aux bienheureux défunts s’ils l’avaient trouvé différent de ce qu’ils attendaient de lui d’après les pages des saints Évangiles, ils réitéreraient les paroles des anges ; ce même Jésus, ils nous diraient que ses cheveux sont blancs comme la neige, non pas à cause de l’âge, mais de la lumière d’une pureté intense ; que son visage brille encore comme le soleil dans sa force, sans aucun signe de déclin ; et que sa voix est aussi pleine que lorsqu’il a appelé Lazare hors du tombeau, aussi mélodieuse que lorsqu’elle a appelé Marie à le reconnaître. Le temps est déjoué en Jésus. Il est sorti de sa sphère et est imperméable à son emprise.

Les humeurs nous changent. Nous connaissons des gens qui sont comme des oranges un jour et des citrons le lendemain ; tantôt un jour d’été, et puis, un gel mordant ; tour à tour roc et roseau. Vous devez vous adapter à leur humeur changeante, demandant aujourd’hui ce que vous n’oseriez pas mentionner demain ; et ainsi il y a une inquiétude et des manigances continuelles dans les cœurs de leurs amis.

Mais il n’en est pas ainsi avec Jésus. Jamais fatigué, ni contrarié, ni changeant. Sans ombre portée par le changement. Dans sa vie terrestre, partout où nous l’apercevons ; sur le flanc de la montagne, sur les eaux du lac, sous les oliviers le soir ; dans la synagogue, ou seul ; au travail dans la lumière du soleil, en prière au clair de lune, au souper dans la chambre haute, il était toujours le même Jésus. Et les exceptions apparentes quand, dans un but précis, il modifiait sa manière et se rendait étrange, ne faisaient que mettre en relief plus fort son identité essentielle. Et il en est ainsi aujourd’hui. Et nous deviendrons heureux et forts quand nous nous éloignerons de toute pensée des humeurs des autres ou des nôtres, et nous installerons sous l’empyrée immuable de son amour.

Les circonstances nous changent. Des hommes qui dans la pauvreté et l’obscurité ont été accessibles et affables, deviennent impérieux et hautains lorsqu’ils sont idolâtrés pour leur génie et adulés pour leur richesse. L’échanson qui aurait rendu n’importe quel service à Joseph en prison l’oublia lorsqu’il fut réintégré au palais. De nouveaux amis, de nouvelles sphères, de nouveaux environnements, transforment les hommes de façon remarquable.

Quel changement s’est opéré en Jésus-Christ depuis que des yeux mortels l’ont contemplé ! Couronné de gloire et d’honneur ; assis à la droite du Père ; occupé au gouvernement de tous les mondes ; adoré par les esprits les plus élevés. Cela peut-il être celui qui a foulé notre monde, confessant son ignorance des temps et des saisons, entouré d’une poignée de pauvres et de méprisés, un paria et un homme de douleur ? C’est bien lui. Mais il serait certainement trop demander qu’il soit tout à fait le même ! Non, mais il l’est. Et une preuve en est que les grâces qu’il a répandues sur le premier âge de l’Église étaient exactement de la même qualité que celles dont nous jouissons maintenant.

Nous savons que la texture de la lumière est inaltérée ; parce que l’analyse d’un rayon, qui vient de nous parvenir d’une étoile lointaine, d’où il est parti quand Adam franchissait le seuil d’Éden, est de nature précisément identique à l’analyse du rayon de lumière qui frappe maintenant cette page. Et nous savons que Jésus-Christ est le même qu’il était ; parce que la vie qui palpitait dans les premiers croyants a produit ces mêmes fruits qui sont évidents dans nos propres cœurs et vies, tous ayant émané de lui-même. Il doit gouverner les mondes ; mais il est toujours aussi accessible aux plus vils, aussi doux et tendre de cœur, aussi humble et aimable, que lorsque cette femme juive ne pouvait contenir son envie de la mère qui l’avait porté, et quand il s’asseyait pour se reposer parmi les sycomores de Béthanie, et que les sœurs se reposaient à ses pieds.

Le péché et la provocation nous changent. Nous pardonnons sept fois, mais nous traçons la limite à huit. Nos âmes se ferment à ceux qui ont trompé notre confiance. Nous sommes amicaux extérieurement, mais il y a du givre à l’intérieur. Nous pardonnons, mais nous n’oublions pas ; et nous ne sommes jamais les mêmes après qu’avant. Mais le péché ne peut changer le cœur de Christ, bien qu’il puisse affecter son comportement. S’il le pouvait, il aurait dû changer ses sentiments envers Pierre. Mais la seule altération apparente produite par ce triste reniement fut une tendresse et une prévenance accrues. « Allez, dites à mes disciples, et à Pierre, que je suis ressuscité  » (Marc 16.7). « Il fut vu de Céphas, puis des douze » (1 Corinthiens 15.5).

« Il dit à Pierre : M’aimes-tu ? » (Jean 21.15).

Vos péchés peuvent être nombreux et aggravés ; et vous êtes disposé à penser que vous devriez abandonner toute profession d’être sien. Mais vous ne le connaissez pas. Il n’est pas inconscient de vos péchés ; il a remarqué chacun d’eux avec de vives douleurs. Son œil vous a suivi dans tous vos égarements capricieux ; mais il est absolument inchangé. Vous lui êtes aussi cher que lorsque, dans la première rougeur de votre jeune espérance, vous vous êtes agenouillé à ses pieds, et avez été revêtu, comme les anciens guerriers avaient coutume de l’être, d’une tunique immaculée pardessus votre armure d’épreuve. Rien de ce que vous avez dit ou fait n’a diminué son amour d’un seul grain, ou ne l’a détourné de l’épaisseur d’un cheveu.

Il vous a aimé dans l’éternité ; il a connu d’avance tout ce que vous seriez avant de fixer son cœur sur vous ; il ne peut être surpris par aucune explosion soudaine de votre mal. Vous pouvez l’être, mais lui ne peut pas l’être ; et il a pris en compte cela, et plus encore, quand il a entrepris de racheter. Vos péchés, enfant de Dieu, ne peuvent pas plus altérer le cœur de votre Seigneur que l’irritabilité d’un enfant ne peut altérer celui de sa mère.

Ce qui est affirmé.

Il est le même dans sa Personne (Hébreux 1.12). Son vêtement change. Il a échangé la gabardine du paysan pour les robes dont il s’est dépouillé à la veille de son incarnation, mais sous ces robes bat le même cœur qui se soulevait d’angoisse près de la tombe où gisait son ami mort. Nous verrons encore, bien que dans la gloire de la résurrection, le visage sur lequel perlaient les gouttes de sueur sanglante ; et nous toucherons les mains qui furent clouées à la croix ; et nous entendrons la voix du Fils de l’homme. Qu’est-ce que le mystère des quarante jours nous enseigne, sinon ceci, qu’il a emporté avec lui de la tombe, et vers sa demeure céleste, le corps identique de son incarnation ; bien que le corruptible ait revêtu l’incorruptibilité, et que le mortel ait revêtu l’immortalité ? Ainsi il est le même que « Jésus ».

Il est aussi le même dans son sacerdoce (Hébreux 7.24). Aaron mourut sur Hor, et tous ses successeurs en procession mystique le suivirent. Les anciens cimetières sont étroitement remplis des restes de prêtres, d’abbés et de pères. Les cendres des bergers sont mêlées à celles de leurs troupeaux. La charge demeure, mais les occupants passent. Mais Christ, comme le Prêtre Oint, est toujours le même. Infatigablement, il poursuit son œuvre choisie comme Médiateur, Prêtre et Intercesseur des hommes. Il ne faillit pas et ne se décourage pas.

Bien que le grand monde des hommes ne le connaisse ni ne lui prête attention, il le porte pourtant sur son cœur, comme lorsqu’il plaida pour la première fois pour ses meurtriers depuis sa croix. « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ! » (Luc 23.34). est son cri constant et infatigable. Et bien que l’époque soit noire de tempête et rouge de sang, sa pitié jaillit comme l’une de ces fontaines perpétuelles que la chaleur ne peut dessécher, ni le froid geler ; parce qu’elles tirent leurs ressources de sources éternelles. Il est le même en tant que « Christ ».

Cela implique qu’il est Dieu. Cela implique aussi que les Évangiles sont une page de son journal éternel, et peuvent être considérés comme un récit fidèle de sa vie présente. Ce qu’il était, il l’est. Il navigue encore avec nous dans la barque ; marche l’après-midi avec nous vers Emmaüs ; se tient au milieu de nous à la tombée de la nuit, nous ouvrant les Écritures. Il réveille nos enfants le matin avec son « Talitha koumi » ; appelle les garçons sur ses genoux ; les regarde jouer ; et réprimande ceux qui voudraient interdire leurs Hosannas. Il nous nourrit de pain et de poisson ; allume des feux sur le sable pour nous réchauffer ; nous montre le bon côté du bateau pour nos filets ; et s’intéresse aux résultats de nos labeurs. Il nous emmène avec lui au sommet de la montagne de la Transfiguration, et dans les clairières de Gethsémané.

Quand nous sommes lents à croire, il est encore plus lent à la colère. Il nous enseigne beaucoup de choses, graduant ses leçons selon notre capacité à comprendre. Quand nous ne pouvons en supporter davantage, il tamise la lumière. Quand nous aspirons aux places élevées, il nous reprend. Quand nous sommes souillés, il lave nos pieds. Quand nous sommes en péril, il vient à notre secours à travers les vagues écumantes. Quand nous sommes las, il nous conduit à l’écart pour nous reposer.

Oh, ne lisez pas les Évangiles comme un simple récit du passé, mais comme une transcription de ce qu’il fait toujours. Chaque miracle, parabole et trait est un spécimen de faits éternels, qui se produisent par myriades, à chaque instant du jour et de la nuit ; les accomplissements du Seigneur toujours vivant, toujours à l’œuvre.

Aucun lac sans cette figure marchant sur ses eaux. Aucune tempête sans cette voix plus puissante que son rugissement. Aucun repas sans ce visage levé en bénédiction, ou cette main occupée à rompre. Aucune tombe sans ce cœur tendre touché par la tristesse. Aucun fardeau sans ces épaules volontaires pour partager le joug.

Oh, ne me ramène pas à travers les longs âges vers un Christ qui était ! Il est ! Il vit ! Il est ici ! Je ne peux plus jamais être seule, jamais tâtonner dans l’obscurité pour trouver une main, jamais être abandonnée ou délaissée. Jamais n’avoir besoin d’un Guide, d’un Maître, d’un Ami, ou d’un Époux pour mon âme.

Je l’ai, lui qui suffit à des myriades innombrables dans le midi sans date de l’éternité. Lui qui était tout dans l’hier du passé, et qui sera tout dans le demain du futur, est mien aujourd’hui ; et à chaque moment présent de mon existence, ici, et dans tous les mondes.

La Version Révisée ajoute un « oui » significatif à ce verset, pour faire ressortir l’accentuation emphatique que l’auteur met sur l’immuabilité de Jésus. Il est bien placé. Et avec quel tonnerre d’assentiment ce mot pourrait être prononcé ! Tous ceux qui sont de cet avis répondent OUI.

D’abord, l’innombrable compagnie des anges le prononce, puis les esprits des justes rendus parfaits le réaffirment ; puis l’univers des choses créées, dont la régularité des lois et des processus lui est due, éclate en un grand Amen. Dieu lui-même dit Amen ; « car, pour ce qui concerne toutes les promesses de Dieu, c’est en lui qu’est le oui : c’est pourquoi encore l’Amen par lui est prononcé à la gloire de Dieu » (2 Corinthiens 1.20).

 

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