3. Le Chemin vers le lieu Très Saint
Chap: 3 - La gloire du travail de Christ - Il est aussi Roi. Et sur quoi repose son royaume ? Quelle est la base de cette Royauté dont nous chantons constamment, dans les nobles paroles de l’Église primitive ? « Tu es le Roi de Gloire, ô Christ ! »
« Il a hérité d’un nom plus excellent » (Hébreux 1.4). En dehors de l’Écriture, nous aurions été disposés à déduire l’existence d’autres ordres d’êtres intelligents et spirituels, en plus de l’homme.
De même que l’ordre de la création s’élève jusqu’à l’homme, depuis les formes de vie les plus humbles à travers une multitude de degrés d’existence, de même la série doit assurément se prolonger au‑delà de l’homme, à travers rang après rang d’êtres spirituels, jusqu’aux marches mêmes du trône éternel. L’Esprit divin doit être aussi fécond en formes spirituelles qu’il l’a été en formes naturelles de vie.
Nous ne sommes pas abandonnés aux conjectures. De toutes les parties de l’Écriture affleurent des témoignages affirmant l’existence des anges. Ils se réjouirent lorsque le monde fut créé, et l’on nous les montre introduisant par leurs chants la nouvelle création que nous attendons avec ardeur. Ils montaient la garde à l’entrée du paradis perdu ; et à chacune des douze portes de la Nouvelle Jérusalem se tient un ange (Apocalypse 21.12). Ils foulèrent les plaines de Mamré et entonnèrent leurs chants sur les collines de Bethléhem. L’un prépara le repas d’Élie sur les sables du désert ; un autre délivra Pierre de sa prison ; un troisième resplendit au cœur de la tempête pour se tenir près du hamac où dormait l’apôtre Paul (Actes 27.23‑24).
Mais, dans l’esprit de l’Hébreu pieux, la plus grande œuvre jamais accomplie par les anges était liée au don de la Loi. Les enfants d’Israël reçurent cette Loi « comme elle fut ordonnée par des anges » (Actes 7.53). Il devenait donc indispensable, pour montrer la supériorité de l’Évangile sur la Loi, de commencer par établir la supériorité de Celui par qui l’Évangile fut donné sur tous les ordres d’esprits lumineux et bienheureux, qui, dans leurs rangs resplendissants et leurs vingt mille chars, allaient et venaient lors du don du Décalogue, depuis le sommet du Sinaï (Psaume 68.17). Il n’est pas difficile de prouver la supériorité du Seigneur sur les anges. Elle est double : en Nature et en Fonction.
Dans la nature.
« Il a hérité d’un nom plus excellent que le leur » (v. 4). Au verset 7 du Psaume 104.4, où ils sont distinctement désignés comme messagers et ministres, ils sont comparés aux vents et aux flammes ; vents, pour leur rapidité et leur invisibilité, flammes, à cause de leur amour ardent.
Mais quel gouffre immense entre leur nature, qui peut ainsi être comparée aux éléments de la création, et la nature de cet Être glorieux qu’il leur est ordonné d’adorer, et qui est invoqué par le titre sublime de Fils ! (Hébreux 1.6 ; Psaumes 97.7).
En fonction.
Au verset 14, ils sont décrits comme des esprits au service : « envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut ». Cette liturgie de service est un fait littéral. Quand on lutte contre des difficultés écrasantes ; quand on marche sur la montagne sombre et sauvage ; passer seul, quand nous sommes en péril ou dans un besoin urgent ; nous sommes entourés de formes invisibles, comme celles qui accompagnaient le chemin de Jésus, le servant dans le désert, le fortifiant dans le jardin, planant autour de sa croix, veillant sur sa tombe et l’accompagnant jusqu’à sa demeure.
Elles suivent le rythme des trains les plus rapides dans lesquels nous voyageons. Elles traversent sans souillure l’air le plus trouble. Elles aplanissent les difficultés les plus lourdes. Elles garnissent de lumière les sépulcres les plus sombres. Elles nous portent dans leurs mains, de peur que nous ne heurtions notre pied contre une pierre. Mainte échappée d’un péril imminent ; mainte assistance inattendue ; mainte pensée brillante et sainte murmurée à l’oreille, nous ne savons d’où ni comment, est due à ces esprits brillants et aimants. « Que le bon Seigneur me pardonne ! », dit l’évêque Hall, « car, parmi mes autres offenses, je me suis trop laissé aller à oublier la présence de ses saints anges ! » Mais, si précieux que soit leur ministère, il ne peut être évoqué dans le même souffle que celui du Christ, tel qu’il nous est présenté dans ce chapitre.
Il est l’organe de la création : « Par qui aussi il a fait les mondes » (v. 1). Faire ce qui est visible à partir de rien, c’est la création : c’est une œuvre divine ; et la création est attribuée à Christ : « Par lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre » (Colossiens 1.16 - Jean 1.3). Non seulement l’univers matériel a été fait par lui, mais chacun des grands âges de l’histoire du monde a été institué par Jésus-Christ.
Lorsque le génie aspire à l’immortalité, il grave le nom de l’artiste sur la pierre ou sur la toile ; de même l’Inspiration, « trempant sa plume dans la vérité indélébile, inscrit le nom de Jésus sur tout ce que nous voyons. Le soleil et les étoiles, la fleur et l’arbre, le rocher et la montagne, les eaux changeantes et la terre ferme ; et aussi sur ce que nous ne voyons pas encore, et ne verrons qu’une fois la mort levé le voile. Les anges et les esprits, la cité et les cieux du monde éternel ! »
Cette pensée ressort clairement dans la sublime citation faite au verset suivant. Ce poème inspiré est évidemment adressé à Dieu : « Toi, dont les années durent éternellement ! Tu as anciennement fondé la terre, et les cieux sont l'ouvrage de tes mains » (Psaume 102.25). Mais ici, sans la moindre excuse, ou allusion à une adaptation des paroles à un usage inférieur, il est appliqué directement à Christ. Remarquez la certitude de cet homme inspiré que Jésus est Dieu ! Comme il est sûr de la Déité de son Seigneur ! Et quel splendide hommage à son immutabilité !
Remarquez comme l’Épître résonne de l’immuabilité de Jésus, dans son amour humain (13.8), dans son sacerdoce (7.24), et ici dans sa nature divine (v. 10-12). Nous vivons dans un monde de changement. La terre n’est pas la même aujourd’hui qu’elle l’était il y a des siècles, ou qu’elle le sera dans des siècles. Le soleil irradie sa chaleur. La lune ne brûle et ne brille plus comme autrefois ; elle n’est qu’une immense braise opaque, reflétant la lumière du soleil depuis son disque. Des étoiles se sont éteintes, et s’éteindront. L’univers vieillit, comme des vêtements qui, à force d’être portés perpétuellement, deviennent élimés.
Mais l’usure du vêtement n’est pas une preuve de la force déclinante ou de l’énergie faiblissante de celui qui le porte. Non, quand les vêtements s’usent le plus vite, c’est généralement le temps de la plus robuste jeunesse ou virilité. Vous emballez et mettez de côté vos vêtements quand ils ont servi leur but ; mais vous êtes le même dans le nouveau costume que dans l’ancien. La création est le vêtement de Christ.
Il s’enveloppe dans ses amples plis. Sa décomposition ne l’affecte pas. Et, quand il l’aura entièrement mise de côté, et l’aura remplacée par les nouveaux cieux et la nouvelle terre, il sera le même pour toujours.
Avec quel intérêt renouvelé ne pouvons‑nous pas, désormais, revenir au récit antique qui rapporte comment Dieu créa les cieux et la terre. Ces syllabes sublimes : « Que la lumière soit ! » (Genèse 1.3). furent prononcées par la même voix, qui, sur la croix, trembla dans l’angoisse de la mort. Rivières grondantes, mers tumultueuses, forêts frémissantes, fleurs éclatantes, oiseaux chantants, bêtes innombrables, étoiles scintillant comme des diamants sur le velum de la nuit : tout venait d’être créé, tout vibrait de la vie même de Dieu, tout était très bon. Mais surtout, et de manière glorieuse, tout était l’œuvre de ces mains qui furent un jour clouées, impuissantes, sur la croix. Croix qui, elle aussi, ainsi que le fer qui la perça, procédait de sa volonté créatrice.
Il est le Dieu de la Providence. « Soutenant toutes choses par la parole de sa puissance » (v. 3). Il est le pilier qui soutient la création. Christ, et non le destin. Christ, et non la nature. Christ, et non une loi abstraite et impersonnelle.
La loi n’est que la méthode invariable de son action : « en lui nous avons la vie, le mouvement, et l'être » (Actes 17.28). « Par lui toutes choses subsistent » (Colossiens 1.17). Il est toujours à l’œuvre, répétant à l’échelle de la création les actes de sa vie terrestre. Et s’il ne les accomplissait pas, ils resteraient à jamais inaccomplis. À sa parole, l’eau de pluie et la rosée deviennent jus de raisin ; de petites poignées de grain remplissent les granges d’automne. Les tempêtes s’apaisent dans le calme ; les poissons sont conduits à travers les sentiers de la mer ; des ruisseaux sont envoyés parmi les montagnes ; et les étoiles sont maintenues dans leurs courses, de sorte que pas une seule ne défaille.
Tout pouvoir lui a été donné dans le ciel et sur la terre. Pourquoi, alors, es-tu si triste ? Ton meilleur Ami est le Seigneur de la Providence. Ton Frère est Premier Ministre de l’univers, et détient les clés de l’intendance divine. Va à lui avec les sacs vides de ton besoin ; il ne se contentera pas de les remplir, mais il les remplira gratuitement, sans argent et sans prix ; comme Joseph le fit dans l’ancienne histoire des jours des Pharaons.
Il est le Sauveur des pécheurs : « Il a purifié nos péchés » (1 Jean 1.9). Nous aurons de nombreuses occasions de méditer sur ce fait glorieux. Jésus est Sauveur, Rédempteur et Souverain Sacrificateur.
C’est là son titre le plus glorieux ; dans cette œuvre, aucun ange ni esprit créé ne peut rivaliser avec lui. Dans l’œuvre du salut, il est seul. Aucun ange ne pourrait expier le péché, plaider notre cause, ou nous émanciper de l’esclavage du mal.
Mais remarquez la finalité de cet acte : « Il a fait la purification des péchés » (voir le grec). C’est achevé, à jamais complet ; accompli irrévocablement et définitivement. Si seulement nous sommes un avec lui par une foi vivante, nos péchés qui étaient nombreux, sont effacés. Comme une inscription d’une ardoise, comme une tache d’une robe, comme un nuage de l’azur du ciel. Disparus comme une pierre dans l’abîme sans fond ! Disparus pour ne jamais nous confronter ici ou dans l’au-delà ! « Qui est celui qui condamne ? C’est Christ qui est mort, bien plus, qui est ressuscité, qui est même à la droite de Dieu, qui aussi intercède pour nous » (Romains 8.34).
Il est aussi Roi. Et sur quoi repose son royaume ? Quelle est la base de cette Royauté dont nous chantons constamment, dans les nobles paroles de l’Église primitive ? « Tu es le Roi de Gloire, ô Christ ! » C’est une double base. Il est Roi de droit par sa nature divine. « Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à jamais ». Bien pourrait le Psaume 45 être intitulé le poème des lis, comme pour désigner ses beautés pures et choisies et incomparables.
Il célébrait le mariage de Salomon : mais, à la manière de ces chanteurs inspirés, ses auteurs passèrent bientôt du terrestre au céleste ; du type transitoire du royaume terrestre aux réalités éternelles et impérissables de la royauté divine de Christ.
Il est aussi Roi comme récompense de son obéissance jusqu’à la mort. « Il s’est rendu obéissant jusqu’à la mort, même la mort de la croix : c’est pourquoi Dieu l’a aussi souverainement élevé » (Philippiens 2.8-9). Satan lui a offert la souveraineté en échange d’un seul acte d’hommage, et Christ a refusé, et est descendu de la montagne vers la pauvreté, la honte et la mort.
Mais à travers ces choses, il a gagné pour lui-même un Royaume qui est encore dans son commencement, mais qui est destiné à subsister quand tous les royaumes de ce monde se seront écroulés en poussière.
Lorsque Christ sortit de la croix et du tombeau, où il avait expié nos péchés, il semblait que des paroles lui étaient adressées : celles que David avait saisies des siècles auparavant : « L’Éternel a dit à mon Seigneur : Assieds‑toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied » (Psaume 110.1). C’est ainsi que l’apôtre Pierre, dans l’élan inspiré de la Pentecôte, interpréta ces paroles (Actes 2.34). Et, en conséquence, il nous est rapporté : « Il fut élevé dans le ciel et s’assit à la droite de Dieu » (Marc 16.19). « Il s’est assis à la droite de la Majesté dans les lieux très hauts » (v. 3).
« Il s’est assis ». L’amour règne. L’Agneau est au milieu du Trône. Contemplez sa majesté, et adorez-le avec les anges et les archanges, et toute la foule des rachetés. Prosternez-vous à ses pieds, lui consacrant tout ce que vous êtes et tout ce que vous avez. Prenez aussi réconfort en vous souvenant qu’il ne se serait pas assis pour se reposer de son œuvre de rédemption et de purification des péchés si celle‑ci n’avait été si parfaitement accomplie, qu’il ne restait plus rien à ajouter.
Tout est accompli, et tout est très bon. Il a cessé son œuvre parce qu’elle est achevée ; c’est pour cela qu’il est entré dans son repos. Et ce mot : « jusqu’à ce que » est chargé d’espérance. Dieu le prononce pour nous encourager à attendre le moment où il aura renversé toute domination, toute autorité et toute puissance, et où la mort elle‑même, le dernier ennemi, sera détruite (1 Corinthiens 15.24‑26).
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