27. Le Chemin  vers le lieu Très Saint

27. Le Chemin vers le lieu Très Saint

Chap: 27 - Se dépouiller pour la course « Courons ». Nous ne devons pas rester assis à nous laisser porter par le courant. Nous ne devons pas flâner et traîner comme des enfants qui reviennent d’une promenade estivale.

« C’est pourquoi, nous aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec patience la course qui nous est proposée ; regardant à Jésus, l’auteur et le consommateur de notre la foi » (Hébreux 12.1-2).

Quand, dans sa campagne d’Égypte, l’empereur Napoléon conduisait ses troupes dans les environs des Pyramides, il pointa du doigt ces vestiges chenus d’une grande antiquité, et dit : « Soldats, quarante siècles vous contemplent ! » De même ont été convoqués devant notre pensée dans le chapitre précédent, les bons et les grands, les martyrs, confesseurs, prophètes et rois du passé. Nous avons été conduits à travers les corridors du mausolée divin, et invités à lire les noms et épitaphes de ceux dont Dieu n’avait pas honte. Nous avons senti notre foi se fortifier en lisant et méditant ce récit inspirant ; et maintenant, d’une simple touche, ces âmes saintes sont dépeintes comme étant passées de l’arène aux gradins bondés, d’où elles observent la course que nous parcourons aujourd’hui. Elles furent témoins de la nécessité, de la nature et de la puissance de la foi. Elles sont aussi témoins de nos vies et de nos luttes, de nos victoires et de nos défaites, de notre passé et de notre présent.

Et ils sont comparés à une nuée. L’un des plus beaux tableaux au monde est celui de la Madone de San Sisto à Dresde, qui représente l’enfant Sauveur dans les bras de sa mère, entouré de nuages, qui n’attiraient aucune attention particulière jusqu’à récemment ; mais lorsque la poussière accumulée des siècles fut enlevée, on découvrit qu’ils étaient composés de myriades de visages d’anges.

C’est sûrement là la pensée de l’écrivain inspiré quand il parle d’« une si grande nuée de témoins ».

Dans certains des amphithéâtres les plus spacieux des temps anciens, les spectateurs s’élevaient en gradins successifs jusqu’au nombre de quarante ou cinquante mille ; et pour la pensée du combattant, tandis qu’il regardait autour de lui cette vaste multitude de visages humains, disposés dans des coloris variés et somptueux, ces vastes congrégations de sa race devaient apparaître comme des nuages, composés d’unités infinitésimales, mais formant toutes ensemble un puissant agrégat, et baignées dans de telles teintes que celles projetées sur les nuages au lever ou au coucher du soleil par le soleil rasant.

Si avant ce moment ces chrétiens hébreux avaient été chancelants et enclins à abandonner leur zèle, ils auraient été étrangement émus et stimulés par la pensée qu’ils vivaient sous l’inspection étroite des esprits des puissants défunts. À nous aussi la même exhortation s’applique.

La vitesse de la vie chrétienne.

« Courons ». Nous ne devons pas rester assis à nous laisser porter par le courant. Nous ne devons pas flâner et traîner comme des enfants qui reviennent d’une promenade estivale. Nous ne devons même pas marcher comme des hommes au pas mesuré. Nous devons courir. Et nous ne devons pas seulement courir comme ceux qui doublent leur allure pour un trot facile ; nous devons courir comme des hommes qui courent une course. L’idée d’une course est généralement la compétition ; ici, c’est seulement la concentration du but, l’unicité de l’objectif, l’intensité.

La vie au sérieux, voilà l’idée. Mais combien nous semblons en être éloignés ! Et quel contraste il y a entre notre sérieux dans tout le reste, et dans notre dévotion à Dieu et aux hommes !

Nous sommes assez disposés à nous joindre à la ruée de la compétition commerciale, à la course à la richesse, aux discussions passionnées de la politique, et dans la vie sociale à la poursuite du plaisir ; mais, ah ! comme nous ralentissons vite quand il s’agit de savoir combien nous sommes prêts à faire pour Dieu !

Comme les hommes sont sérieux autour de nous ! Newton penché sur ses problèmes jusqu’à ce que le vent de minuit balaie sur ses pages les cendres de son feu éteint depuis longtemps. Reynolds assis, pinceau à la main, devant sa toile pendant trente-six heures d’affilée, convoquant à la vie des formes de beauté qui semblaient heureuses de venir. Dryden composant en une seule quinzaine son Ode pour le jour de Sainte-Cécile. Et le biographe qui rapporte ces traits se levant lui-même avec l’aube pour se préparer aux exigences de sa charge.

Dans un monde comme celui-ci, et avec un thème comme le nôtre, nous ne devrions pas être languissants et indolents ; mais dévoués, ardents, consumés d’un saint amour pour Dieu, et d’une passion pour les âmes des hommes. Alors nous progresserions dans la connaissance de la Parole de Dieu, et entrerions dans les paroles de l’un des plus grands athlètes spirituels qui ait jamais vécu : « Je fais une seule chose… je cours vers le but pour remporter le prix de la vocation céleste en Jésus-Christ » (Philippiens 3.14).

Nous devons courir libres de tout poids.

Cette vitesse ne peut être maintenue que lorsque nous courons sans entraves et libres. Maintenant, bien sûr, nous admettrions tous la nécessité de nous défaire de nos péchés ; mais dans toutes nos vies, il y a des poids qui ne sont pas des péchés. Un péché est ce qui, par sa nature même, et toujours, et par quiconque le commet, est une transgression de la loi de Dieu, une violation de la volonté de Dieu. Mais un poids est quelque chose qui en soi ou pour autrui peut être inoffensif, ou même légitime, mais qui dans notre propre cas est un obstacle et une entrave.

Chaque croyant doit être laissé libre de décider quel est son propre poids particulier. Nous ne pouvons pas juger les uns pour les autres. Ce qui est un poids pour l’un ne l’est pas pour tous. Mais le Saint-Esprit, s’il est consulté et qu’on lui demande de révéler l’obstacle au sérieux et à la vitesse du progrès de l’âme dans les choses divines, ne manquera pas de l’indiquer rapidement et infailliblement. Et c’est là l’excellence de l’enseignement du Saint-Esprit : il est toujours précis.

Si vous avez un sentiment général et indéfini de découragement, c’est probablement l’œuvre du grand ennemi des âmes ; mais si vous êtes conscient d’un obstacle et d’un encombrement particulier qui freine votre vitesse, c’est presque certainement l’œuvre de l’Esprit divin, qui vous conduit à renoncer à quelque chose qui ralentit votre progrès dans la vie spirituelle.

Aucun homme ne songerait à maintenir une vitesse élevée tout en étant chargé de poids. Les jeunes gens qui courent pour un prix jonchent le parcours de vêtements jetés dans leur hâte ardente. Il y aurait peu de difficulté à maintenir un esprit intense et ardent si nous étions plus fidèles dans notre façon de traiter les habitudes et les indulgences qui s’accrochent à nous et entravent nos pas. Des milliers de chrétiens sont comme des navires gorgés d’eau. Ils ne peuvent pas couler ; mais ils sont tellement saturés d’incohérences, de mondanité et de mal toléré qu’ils ne peuvent être remorqués qu’avec difficulté jusqu’au port céleste.

Y a-t-il quelque chose dans votre vie qui dissipe votre énergie des choses saintes, qui vous détourne de la pratique de la prière et de l’étude biblique, qui se dresse devant vous dans vos meilleurs moments, et produit en vous un sentiment général de malaise et de trouble ? quelque chose que d’autres considèrent comme inoffensif, et permettent, et dans lequel vous ne voyiez autrefois aucune cause d’inquiétude, mais que vous regardez maintenant avec un sentiment d’auto-condamnation ?  

C’est très probablement un poids. Y a-t-il quelque chose dans le cercle de votre conscience concernant quoi vous devez argumenter avec vous-même, ou que vous ne voulez pas examiner, le traitant comme un failli traite ses livres dans lesquels il n’a aucun désir d’entrer, ou comme un adepte du plaisir traite les premiers symptômes d’une vitalité déclinante qu’il cherche à se dissimuler à lui-même ? Nous permettons si souvent en nous-mêmes des choses que nous serions les premiers à condamner chez les autres. Nous nous trouvons fréquemment engagés à découvrir des raisons ingénieuses pour lesquelles une certaine conduite qui serait mauvaise chez les autres est justifiable en nous-mêmes. Toutes ces choses peuvent être considérées comme des fardeaux.

Ce peut être une amitié qui est trop absorbante ; une habitude qui sape notre énergie comme la racine pivotante sape les capacités fruitières d’un arbre ; une poursuite, un amusement, un passe-temps, un système de lecture, une méthode de passer le temps, trop fascinant et trop absorbant, et donc nuisible à l’âme ; qui est tentée de marcher quand elle devrait courir, et de flâner quand elle devrait se hâter.

Mais, demandez-vous, n’est-ce pas un signe de faiblesse, et cela ne tendra-t-il pas vers la faiblesse, de toujours renoncer à ces choses et à d’autres semblables ? Assurément, vous écriez-vous, la vie deviendra appauvrie et stérile quand elle sera dépouillée de cette manière de ses choses précieuses. Il n’en est rien. Il est impossible de renoncer à quoi que ce soit sur l’ordre de la vie intérieure sans ajouter immensément à sa force ; car elle croît par l’abandon, et devient forte par le sacrifice. Et pour chaque objet indigne qui est abandonné, il s’ensuit un enrichissement immédiat de l’esprit, qui est la compensation su sante et invariable.

L’athlète renonce volontiers à beaucoup de choses que d’autres hommes valorisent, et qui lui sont agréables à lui-même, parce que son esprit est fixé sur le prix ; et il considère qu’il sera amplement récompensé pour toutes les épreuves de l’entraînement s’il lui est permis de le remporter, même si c’est une ceinture qu’il ne portera jamais, ou une coupe qu’il n’utilisera jamais. Combien plus volontiers devrions-nous être prêts à renoncer à tout ce qui entrave notre accomplissement, non pas de la babiole incertaine de l’athlète, mais de la récompense certaine, la couronne incorruptible, le sourire et le « bien fait » de notre Seigneur !

Il existe un vieux tableau hollandais représentant un petit enfant laissant tomber un jouet chéri de ses mains ; et, à première vue, son geste semble incompréhensible, jusqu’à ce que, dans un coin du tableau, l’œil soit attiré par une colombe blanche qui vole vers les mains tendues et vides. De même, nous sommes prêts à renoncer à beaucoup de choses une fois que nous apercevons les acquisitions spirituelles qui nous font signe.

Et c’est là la vraie manière d’atteindre la consécration et l’abandon. Ne vous attardez jamais sur le côté renoncement, mais sur le côté réception. Gardez à l’esprit la signification de l’ancien mot hébreu pour consécration, remplir la main. Il n’y aura pas beaucoup de difficulté à amener les hommes à vider leurs mains de bois, de foin et de chaume s’ils voient qu’il y a une possibilité de les remplir des trésors qui brillent sur les visages ou dans les vies des autres, ou qui les appellent depuis les pages de l’Écriture. Le monde nous plaint, parce qu’il ne voit que ce à quoi nous renonçons ; mais il retiendrait sa sympathie s’il pouvait aussi voir combien nous recevons « une bonne mesure, tassée, secouée et débordante versée dans notre sein » (Luc 6.38).

Nous devons mettre de côté le péché qui nous enveloppe.

« Rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement » (Hébreux 12.1). Nous faisons souvent référence à ces paroles ; aucune phrase de la Bible n’est plus souvent sur nos lèvres ; mais ne les citons-nous pas mal en les séparant de leur contexte ? Nous devrions les lire comme faisant partie du grand argument qui traverse le chapitre précédent, et dont elles sont l’aboutissement et le point culminant brillant. Cet argument a été consacré au thème de la foi.

Cas après cas ont été présentés des exploits des héros de l’histoire hébraïque ; et il a été montré que dans chacun, la foi était le motif secret et la puissance su sante. Le lien étroit entre ce panégyrique ardent et les mots d’ouverture du chapitre suivant est montré par le mot « C’est pourquoi », qui défie même l’intrusion gratuite de la division imposée dans notre version anglaise. Et il est certainement tout à fait naturel de considérer que le péché qui nous enveloppe si facilement n’est rien d’autre que le péché d’incrédulité, qui est le pôle opposé à la foi si hautement louée.

Si c’est là une exégèse correcte, elle jette une lumière nouvelle sur l’incrédulité. Ce n’est plus une infirmité, c’est un péché. Les hommes portent parfois leurs doutes comme les mendiants portent un enfant di orme ou maladif, pour exciter la sympathie des bienveillants. Mais il y a certainement une sorte d’incrédulité qui ne devrait pas rencontrer de sympathie, mais de réprimande. C’est un péché dont il faut se repentir comme péché, qu’il faut résister comme péché, et qui doit recevoir comme péché la purification du Christ.

L’incrédulité peut provenir de difficultés intellectuelles et constitutionnelles. Mais celles-ci ne conduiront pas l’âme à se vanter de surpasser les autres en perspicacité ; ou à renoncer à la société de ceux qui ont des constitutions plus heureuses ; ou, par-dessus tout, à abandonner l’habitude de la prière secrète.

Elle induira plutôt un état d’esprit tout à fait opposé à cet esprit confiant en soi et arrogant qui prévaut tant chez les incroyants de notre temps.

Mais une grande partie de l’incrédulité provient de causes morales. L’âme se met en désaccord avec Dieu, et dit qu’elle n’est pas sûre qu’il y ait un Dieu. Les fenêtres sont laissées couvertes de crasse, et alors elle doute que le soleil brille. Les facultés de la vie intérieure sont obstruées par négligence et refusent d’accomplir leur fonction désignée en révélant le spirituel et l’invisible.

Nous serions plus sages si nous traitions une grande partie de l’incrédulité de notre époque comme une maladie de la vie spirituelle, plutôt que de l’intellect. Sa source est largement morale. Ne mettez pas les agnostiques à étudier les preuves ; mais montrez-leur que leur disposition de cœur est la véritable cause de leurs ténèbres et de leur incrédulité. Dieu a donné à chacun de nous des facultés pour discerner sa vérité, qui la percevront et l’aimeront certainement ; et lorsque c’est l’inverse, c’est souvent dû à quelque obliquité morale, à quelque poutre dans l’œil, à quelque complaisance secrète, qui détruit toute perception spirituelle. Abandonnez le péché connu. Lisez la Bible, même si vous doutez de son inspiration. Attendez. Priez. Vivez selon toute la lumière que vous avez. Et l’incrédulité tombera comme les vieilles feuilles des arbres à feuilles persistantes au printemps.

Il y aura, bien sûr, des difficultés dans toutes nos vies pour entraver notre progression vers le ciel : des difficultés provenant de l’opposition de nos ennemis ; des difficultés venant de l’intérieur de nos propres cœurs. Nous aurons besoin de patience et de longue patience tandis que nous parcourons les chemin qui nous est assigné. Mais deux sources de réconfort nous sont ouvertes. Souvenons-nous que le parcours est tracé devant nous par notre Père céleste, qui connaît donc toute sa rudesse et son étroitesse, et qui fera abonder toute grâce envers nous, su sante pour notre besoin. Faire sa volonté est repos et ciel.

Regardons « vers Jésus ». Loin des échecs et des succès passés ; loin des applaudissements et des blâmes humains ; loin des pièces d’or éparpillées sur le chemin, et des fleurs qui bordent chaque côté. Ne regardez pas de temps en temps, mais prenez l’habitude de regarder toujours, de sorte qu’il devienne naturel de lever les yeux de chaque tâche quotidienne, de chaque pièce, si petite soit-elle, de chaque rue, si bondée soit-elle, vers son visage cher, calme et doux.

Tout comme le voyageur sur les rives septentrionales du lac de Genève est constamment enclin à lever les yeux de tout livre ou travail sur lequel son attention a pu être fixée, pour contempler la splendeur et la gloire de la noble chaîne de sommets enneigés sur les rives opposées. Et s’il semble difficile d’acquérir cette attitude habituelle, faites confiance au Saint-Esprit pour la former dans votre âme.

Par-dessus tout, souvenez-vous que là où vous marchez, votre Seigneur a autrefois marché, combattant vos difficultés et vos peines, quoique sans péché ; et avant longtemps vous serez là où il est maintenant. Gardez donc votre regard fixé sur lui tandis qu’il se tient prêt à vous accueillir et à vous récompenser ; et luttez à travers tout, animé par son sourire et attiré à ses côtés, et vous trouverez que les fardeaux et l’incrédulité tomberont presque insensiblement et d’eux-mêmes.

C’est la seule manière par laquelle les âmes peuvent être persuadées. Discutez avec elles, pressez-les ; essayez de les forcer ; et elles s’accrocheront d’autant plus aux fardeaux qui entravent leurs pas. Mais présentez-leur Jésus dans la beauté et l’attrait de sa personne et de son œuvre, et il y aura un relâchement naturel des obstacles ; comme la neige qui avait courbé les feuilles vers la terre tombe quand le soleil commence à briller.

Et Dieu ne nous ôte jamais rien sans nous donner quelque chose de mieux. Il enlève le symbole, pour nous donner la réalité ; brise le type, pour donner la substance ; nous libère du naturel et de l’humain, pour nous donner le divin. Oh, fais-lui confiance,    âme : et ose lâcher prise, afin que tu puisses prendre ; être dépouillée, afin que tu puisses être revêtue !

 

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