26. Le Chemin vers le lieu Très Saint
Chap: 26 - La foi et ses exploits - Notre assurance repose sur plusieurs fondements : nous constatons que Ses paroles se sont toujours réalisées dans l’expérience des générations passées ; nous les avons vues accompagnées de l’introduction de phénomènes miraculeux.
« Or la foi est la substance des choses qu’on espère, la preuve de celles qu’on ne voit pas » (Hébreux 11.1).
La société repose sur la foi que l’homme a en l’homme. L’ouvrier, peinant toute la semaine pour le salaire qu’il croit recevoir ; le passager, se procurant un billet pour une ville lointaine, parce qu’il croit les déclarations des horaires ; le marin, dirigeant sa barque avec une précision infaillible par temps brumeux, parce qu’il croit aux cartes et tables maritimes commerciales ; le système entier du crédit monétaire, par lequel de vastes sommes circulent de main en main sans l’usage d’une seule pièce : tout cela illustre l’immense importance de la foi dans les a aires des hommes. Rien, par conséquent, n’est plus désastreux pour un individu ou une communauté que de voir son crédit altéré, ou sa confiance ébranlée.
Il semble y avoir trois préliminaires nécessaires à la foi. Premièrement, quelqu’un doit prendre un engagement ou faire une promesse. Deuxièmement, il doit y avoir de bonnes raisons de croire en l’intégrité et la suffisance de la personne par qui l’engagement a été pris. Troisièmement, il s’ensuit une assurance réconfortante que ce sera bien ainsi ; en fait, le croyant est capable de compter sur l’objet promis comme n’étant pas moins sûr que s’il était déjà entré en sa possession effective. Et ce dernier état d’esprit est précisément celui indiqué par l’auteur de cette Épître, quand, guidé par le Saint-Esprit, il affirme que la foi est l’assurance des choses espérées, la persuasion ou conviction des choses qu’on ne voit pas. En d’autres termes, la foi est la faculté de réaliser l’invisible.
Ces trois conditions sont remplies dans la foi chrétienne. La même faculté est mise en action en ce qui concerne les choses de Dieu. Dès le départ, nous sommes sûrs qu’une Voix a parlé à l’homme depuis la page de l’Écriture ; non pas des voix, mais une Voix. Ensuite, nous sommes sûrs que ce Locuteur est infiniment crédible.
Notre assurance repose sur plusieurs fondements : nous constatons que ses paroles se sont toujours réalisées dans l’expérience des générations passées ; nous les avons vues accompagnées de l’introduction de phénomènes miraculeux, indiquant dans leur bienfaisance et leur puissance la bonté et la gloire de l’Ouvrier ; nous découvrons dans nos propres cœurs l’assentiment de notre nature morale à leur vérité évidente : et pour toutes ces raisons, nous soutenons que la Voix qui parle mérite notre créance.
Et donc, enfin, nous comptons sur tout ce qui a été promis aussi sûrement que si nous le voyions, et pouvons le considérer comme certainement nôtre.
Soulignons encore ce qui a été dit. Nous considérons les paroles que Dieu nous adresse depuis les Écritures comme étant tout à fait différentes de toutes autres paroles qui peuvent réclamer notre attention de la bouche des hommes ; non seulement à cause du caractère des miracles qui les accompagnent, mais parce qu’elles nous touchent comme aucune autre parole ne le fait, et suscitent l’assentiment et consentement spontanés de notre nature morale, bien que parfois en condamnation de nous-mêmes. Ce doit être le Livre de Dieu qui coïncide si exactement avec les meilleures émotions et intuitions de notre nature morale ; et non seulement de la nôtre, mais de ce qu’il y a de plus noble et de meilleur dans notre race.
« Dieu, Dieu, l'Eternel, parle, et convoque la terre, depuis le soleil levant jusqu'au soleil couchant » (Psaume 50.1). Et si nous sommes une fois assurés de cela, alors il n’y a aucune limite à la confiance paisible, qui non seulement considère la promesse comme crédible, mais commence réellement à jouir par anticipation des bienfaits qu’elle offre. La maxime de l’expérience humaine s’énonce ainsi : « Voir c’est croire ; mais pour l’enfant de Dieu, c’est l’inverse qui est vrai : Croire c’est voir ! »
Nous sommes aussi sûrs de ce que Dieu a promis que nous le serions si nous le voyions déjà devant nos yeux. Notre vision ne pourrait pas nous rendre plus sûrs que nous le sommes que Dieu nous aime ; qu’il y a une maison du Père avec ses nombreuses demeures ; et qu’un jour notre mortalité doit revêtir l’immortalité, de manière à vivre pour toujours dans un état d’existence qui est absolument sans péché, sans chagrin et sans nuit.
Une telle foi est engendrée dans nos âmes, principalement par l’étude de la Parole de Dieu ; faisant appel, comme nous l’avons vu, à notre conscience morale, qui, à mesure qu’elle se développe davantage, est de plus en plus satisfaite du Livre qui l’a appelée à l’existence et a tant fait pour son éducation.
Mais parfois la foi semble nous être donnée concernant quelque sujet particulier qui n’est pas directement indiqué dans l’Écriture, mais que nous nous sentons capables de réclamer, oui, et tandis que nous prions et y réfléchissons, nous sommes encore plus capables de le réclamer ; et quand nous trouvons une telle conviction se formant dans nos cœurs, nous pouvons en être parfaitement certain : « Quiconque dira à cette montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, et ne doutera point en son cœur, mais croira que ce qu’il dit arrivera, il le verra s’accomplir » (Marc 11.23).
Ainsi l’enfant de Dieu peut commencer à louer pour des bénédictions dont il n’y a aucun signe extérieur ; étant aussi sûr d’elles que si elles s’étaient élevées au-dessus de l’horizon, comme le petit nuage, pas plus grand que la main d’un homme, à la prière d’Élie : « croyez que vous l'avez reçu, et vous le verrez s'accomplir » (v. 24).
Veux-tu une foi plus grande ? Alors considère les promesses, qui sont sa nourriture naturelle ! Lis l’histoire des actes puissants de Dieu dans les jours passés. Ouvre ton cœur à Dieu, afin qu’il puisse y briller de sa présence révélatrice. Demande-lui de te donner cette faculté merveilleuse pour laquelle rien n’est impossible. Éloigne de toi tout ce qui pourrait entrer en conflit avec la croissance de ton cœur dans la foi et l’amour.
La foi grandit les hommes.
Parcourez cette liste de héros. Vous devez admettre que ceux dont les noms sont mentionnés se tiennent aux premiers rangs de notre race, brillant comme des étoiles. Mais leur prétention à être ainsi considérés n’était certainement pas le génie naturel. Hénoc, par exemple, et sa lignée, étant Séthites, ont pu être inférieurs à beaucoup de la famille de Caïn, en ce qui concerne les simples réalisations intellectuelles ou artistiques. Mais sa foi l’a élevé hors des rangs de la médiocrité, vers une espèce de primauté parmi les hommes ; et si la foi devenait le principe maître de votre vie et de la mienne, elle élargirait et enrichirait de même tout notre être.
La foi affecte puissamment notre vie humaine ordinaire. Avec la plupart des hommes, vous pouvez déterminer assez précisément comment ils agiront dans des circonstances données ; vous pouvez énumérer les influences à l’œuvre, et leur valeur. Mais vous ne pouvez jamais être sûr dans le cas du chrétien, parce que sa foi rend réel beaucoup de ce dont le monde autour ne tient aucun compte. Le tyran, soucieux de sauver quelque jeune confesseur chrétien, l’approche avec des flatteries et des promesses, choses qui attirent les jeunes, et est surpris de découvrir qu’elles n’ont aucun charme ; il l’approche ensuite avec la sou rance, l’opprobre et la mort, choses qui attristent les jeunes cœurs, et est également étonné de découvrir qu’elles ne causent aucune alarme.
La cause est inexplicable, et est attribuée à l’obstination ; mais en réalité les yeux du jeune cœur sont ouverts sur un monde dont le tyran n’a formé aucune conception. La foi n’est pas insouciante du temps, mais plus attentive à l’éternité. La foi ne sous-estime pas le pouvoir de l’homme, mais elle magnifie l’omnipotence. La foi n’est pas insensible à la douleur présente, mais elle la pèse contre la joie future.
Contre les gains mal acquis, elle place le trésor éternel ; contre la haine humaine, la récompense de la rétribution ; contre la lassitude de la course, la couronne d’amarante. Contre les larmes, elle place des semailles d’hiver, les cris de joie des gerbes d’automne ; contre l’inconvénient de la tente, la cité permanente. Aucun de ces hommes n’aurait vécu les nobles vies qu’ils ont vécues, sans la récompense de la rétribution et les lueurs qui leur furent données de la cité dorée au milieu des chagrins et des détresses de leurs vies.
La foi est possible à toutes les classes.
Dans cette liste se trouvent des femmes aussi bien que des hommes. Sara et Rahab, aussi bien qu’Abraham et Josué ; la veuve de Sunem, et le puissant prophète qui ramena son fils à la vie. Moïse, l’étudiant de la sagesse de l’Égypte. Gédéon, le cultivateur. Isaac, l’éleveur. Jacob, l’astucieux éleveur de bétail. Barak, le soldat. David, le berger, et Samuel, le prophète. Leurs occupations et circonstances variaient infiniment ; mais il n’y en avait pas un seul qui ne vivait pas sous l’influence de ce principe maître. Quelle que soit la vocation légitime d’un homme, il peut y demeurer avec Dieu, sous l’influence de la foi. Comme le sapin ou le pin, la foi prospère dans n’importe quel sol.
La foi est compatible avec des degrés de connaissance très différents. Il serait difficile d’énumérer plus de variétés de connaissance religieuse que celles qui sont résumées dans ce catalogue de noms. L’idée qu’Abel se faisait du sacrifice différerait grandement de celle de David. Le degré de familiarité avec Dieu serait beaucoup plus intense chez Moïse que chez Samson. Et, comparées aux vues claires de la vérité détenues par ces chrétiens hébreux, celles des pères gris du monde n’étaient que comme des paniers remplis de fragments. Mais, malgré toutes ces différences, le même principe de foi jaillissait de chaque cœur. Et la femme qui toucha le bord du vêtement était animée du même esprit que celui qui, chez sa sœur, suscita l’émerveillement de Jésus : « Femme, ta foi est grande ! » (Matthieu 15.28).
La foi peut maîtriser des difficultés insurmontables.
Il est difficile d’être singulier ; mais la foi a permis à Abel d’offrir un sacrifice plus excellent que Caïn. Il est difficile de marcher constamment avec Dieu, quand la méchanceté est grande sur la terre, et que toute chair a corrompu sa voie ; mais ce n’est pas impossible, car Hénoc a marché avec Dieu aux abords mêmes du Déluge, et a obtenu le témoignage qu’il lui plaisait.
Il est difficile de mener une vie de pèlerin, et de telles difficultés seraient probablement ressenties aussi vivement par les patriarches ; mais ce que la foi a fait pour eux, elle le fera pour d’autres.
Il est difficile, au milieu des soucis des affaires ou d’une charge publique, de garder le cœur frais, dévot et jeune ; mais ce n’est pas impossible à la foi, qui a maintenu l’esprit de patriotisme et de dévotion dans le cœur de Joseph, bien que fortement tenté de sombrer dans la condition d’un grand d’Égypte. Il est difficile de faire face à la perte de toutes choses, et au mécontentement des grands ; mais Moïse a fait les deux, sous l’emprise de la foi en l’invisible.
Il y a de nombreuses difficultés devant nous tous. Des mers orageuses interdisent notre passage ; des fortifications menaçantes barrent notre progression ; de puissants royaumes défient notre pouvoir ; des lions rugissent contre nous ; le feu allume sa barricade enflammée sur notre chemin ; l’épée, les armées de l’étranger, les moqueries, les flagellations, les liens et l’emprisonnement. Tout cela menace notre paix, assombrit notre horizon et éprouve sur nous leur pouvoir ; mais la foi a conquis tout cela auparavant, et elle le fera encore.
Nous rirons de l’impossibilité ; nous foulerons les rivages des mers, certains qu’elles doivent nous frayer un chemin ; nous entrerons dans les tanières des bêtes sauvages et les fournaises de flammes, sûrs qu’elles sont impuissantes à nous blesser ; nous échapperons au tranchant de l’épée, de la faiblesse deviendrons forts, mettrons en fuite les armées d’étrangers, et réduirons à néant toute la puissance de l’ennemi : et tout cela parce que nous croyons en Dieu.
Comptez sur la fidélité de Dieu. Ne regardez pas les vents et les vagues, mais son caractère et sa volonté. Soyez seul avec lui, imprégnant votre cœur et votre esprit de ses promesses précieuses et très grandes. Soyez obéissant jusqu’à la limite extrême de votre lumière. Marchez dans l’Esprit, dont l’un des fruits est la foi. Ainsi serez-vous jugé digne de rejoindre cette troupe, dont les noms et les exploits débordent de cette page dans les chroniques de l’éternité, et de partager leur glorieux héritage.
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