21. Le Chemin vers le lieu Très Saint
Chap: 21 - Enseigner par contraste - Dans ce merveilleux passage (v. 6‑14), cinq contrastes frappants apparaissent entre les symboles du Lévitique et les réalités révélées dans les Écritures du Nouveau Testament.
« Combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant » (Hébreux 9.14).
Nous pouvons les examiner avec reconnaissance, sachant que nous vivons désormais au cœur même des réalités célestes, et non plus dans les ombres qui, bien qu’elles aient nourri les âmes pieuses d’autrefois, étaient insuffisantes pour répondre aux besoins plus profonds de la vie spirituelle.
Le premier tabernacle est mis en contraste avec le véritable (v. 6-11). Ce devait être un spectacle magnifique lorsque, pour la première fois, dans les plaines du Sinaï, le Tabernacle fut dressé avec son mobilier d’or et ses tentures somptueuses. Peut‑être même les anges désiraient‑ils y regarder, cherchant à suivre les contours de pensées divines qui ne faisaient que commencer à se dévoiler à leur intelligence. Mais, malgré sa beauté, il portait les marques inévitables de l’imperfection humaine, comme une broderie qui paraît grossière sous le microscope. Il était « fait de mains d’homme ». De plus, il était voué à vieillir et à s’user. Il devait déjà montrer des signes de déclin lorsqu’il traversa le Jourdain ; et, aux jours de David, même ses associations sacrées ne pouvaient masquer la nécessité de le remplacer.
Combien différent est le vrai tabernacle, dont celui‑ci n’était qu’un type, et qui est « plus grand et plus parfait ». Quel est ce tabernacle, et où se trouve‑t‑il ? Parfois, la méditation pieuse imagine l’univers entier comme un immense temple : les montagnes comme ses autels, les mers comme ses cuves, les cieux comme ses tentures bleues, les hauteurs étoilées comme son lieu saint, empli d’encens et d’adoration angélique ; et la salle du trône de Dieu, où le Voyant contempla l’arc‑en‑ciel autour du trône, comme le lieu très saint où brillait la Shekinah au‑dessus du propitiatoire.
Mais ces élans poétiques doivent céder devant la vérité sobre : le vrai tabernacle n’est pas « de cette création » (v. 11). Il ne fait pas partie du monde créé, ni de la terre ni du ciel visible. Il existerait même si tout l’univers matériel retournait au chaos primordial.
C’est un édifice spirituel, foulé par des esprits saints dans leurs expériences les plus sublimes, lorsqu’ils oublient qu’ils sont des créatures du temps et s’élèvent dans la communion avec Dieu, goûtant des moments de ravissement qui semblent contenir des siècles de bénédiction. Tel est le vrai tabernacle que le Seigneur nous a dressé, et non l’homme (8.2).
Les grands-prêtres sont mis en contraste avec christ.
Le parvis extérieur du sanctuaire pouvait, sous certaines conditions, être foulé par des Israélites ordinaires ; mais, pour la plupart, ils en étaient exclus. Le service y était assuré par les Lévites et les prêtres, sous l’autorité du grand‑prêtre, resplendissant dans ses vêtements de gloire et de beauté. Il portait sur lui le vêtement de fin lin blanc ; une ceinture de lin ceignait ses reins pour le service (Jean 13.4) ; la robe de l’éphod, entièrement tissée de bleu, était bordée de glands écarlates en forme de grenades ; l’éphod lui‑même était fait des mêmes matériaux que le voile ; et sur sa poitrine brillaient les douze pierres précieuses portant les noms d’Israël. Quel spectacle grandiose !
Et pourtant, deux défauts fatals demeuraient. Il ne pouvait continuer son ministère à cause de la mort (Hébreux 7.23) ; et il était un homme pécheur, qui devait offrir un sacrifice pour lui‑même (Hébreux 9.7). Au grand jour de l’expiation, il était expressément ordonné qu’il n’entre pas au‑delà du voile pour intercéder en faveur du peuple avant d’avoir fait expiation pour lui‑même et pour sa maison, par le sang du jeune taureau qu’il avait immolé (Lévitique 16.11‑13).
Sous ces aspects, combien différent est notre Souverain Sacrificateur, selon l’ordre de Melchisédek ! La mort a tenté de le retenir, mais elle n’a pu le garder ; et par sa mort, il a détruit celui qui avait le pouvoir de la mort. « Il demeure éternellement ! » « Il vit toujours ! » Son sacerdoce ne change pas. « Il est sacrificateur pour toujours ! » Tout cela a été établi dans le chapitre sept.
Et maintenant, il est affirmé qu’il était « sans tache » (v. 14). Il a été examiné sous toutes les coutures, mais personne n’a pu le convaincre de péché. Judas chercha une justification à sa trahison, mais dut confesser qu’il avait livré un sang innocent. Caïphe et Anne eurent recours à de faux témoins, en vain ; et finalement ils le condamnèrent sur ses propres paroles, lorsqu’il revendiqua l’autorité divine. Pilate répéta plusieurs fois, allant jusqu’à se laver les mains, qu’il ne trouvait en lui aucune faute. Le Seigneur lui‑même exposa sa poitrine au Père dans une innocence parfaite, tandis que les plus saints des hommes confessent d’autant plus leur péché qu’ils sont proches de Dieu.
« Il nous convenait, en effet, d'avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux » (Hébreux 7.26).
Le chemin voilé vers le lieu très saint est mis en contraste avec notre liberté d’entrer dans la présence de Dieu. Nous apprenons ici que le Saint‑Esprit voulait enseigner une vérité spirituelle à travers la construction même du Tabernacle (v. 8). Celui qui révéla la vérité par les prophètes l’enseigna aussi par l’édifice matériel. Les méthodes variaient mais l’Enseignant restait le même. Tout le rituel était une parabole pour le temps présent (v. 9).
Tout enfant instruit connaît la distinction entre le lieu saint, avec son chandelier, sa table des pains et son autel des parfums, et le lieu très saint, avec son arche et la nuée de gloire. Le premier était séparé du second par un voile épais, que seul le souverain sacrificateur franchissait, une fois par an, et seulement dans un rituel d’une solennité exceptionnelle. Même l’Israélite le plus simple devait comprendre la signification de cette image : même si Israël était plus proche de Dieu que les autres nations, il existait une intimité plus profonde à laquelle il ne pouvait accéder. « Le chemin du lieu très saint n’était pas encore manifesté ! »
Pour nous, cependant, le voile est déchiré. Jésus est entré une fois pour toutes dans le lieu saint, et lorsqu’il franchit les lourds plis du voile, celui‑ci se déchira du haut jusqu’en bas. Aucun prêtre qui en fut témoin ne put jamais oublier ce moment où, tandis que la terre tremblait, le voile épais se fendit et tomba, révélant les mystères que seuls les yeux du souverain sacrificateur avaient contemplés. Même le plus simple peut comprendre ce que le Saint‑Esprit enseigne ici. Il n’y a plus de voile entre nous et Dieu, sinon celui que nous tissons par notre péché ou notre ignorance.
Nous pouvons entrer dans les secrets mêmes de son amour. Nous tenir sans honte là où les anges adorent le visage voilé. Contempler des mystères cachés depuis avant la fondation du monde. L’amour de Dieu n’a pas de secrets pour ceux qu’il appelle ses amis
Oh, pourquoi nous contentons‑nous de ce qui est superficiel et passager, des bavardages éphémères et de la littérature légère de notre époque, des parvis extérieurs où se complaisent les formalistes et les chrétiens mondains qui nous entourent ? alors qu’il existe des hauteurs et des profondeurs, des longueurs et des largeurs infinies à explorer dans la nature même de Dieu. Pourquoi les hommes de notre temps remettent‑ils en place ce voile, tout en l’appelant « un écran » ? Hélas, ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles.
Les rites du judaïsme sont mis en contraste avec les ordonnances de l’Évangile, qui purifient réellement la conscience. Ils consistaient en aliments, en boissons et en diverses ablutions : des ordonnances charnelles imposées jusqu’au temps de la réforme. Ils rendaient l’adorateur cérémoniellement pur, mais laissaient sa conscience sans repos.
Une grande partie des fautes à traiter autrefois provenait de la transgression des lois cérémonielles. Celui qui touchait un mort ou une chose impure devenait souillé. Pour de telles souillures, il devait se soumettre aux rites prescrits avant de pouvoir entrer dans les parvis du Seigneur. Ces lois étaient suffisantes pour traiter ce genre d’impuretés, mais elles étaient incapables d’assurer l’expiation ou le pardon des actes de péché. « Elles ne pouvaient rendre parfait, quant à la conscience, celui qui faisait le service » (Hébreux 9.9).
Même le grand jour des expiations révélait la faiblesse de ces sacrifices. Le souverain sacrificateur déposait ses vêtements somptueux pour revêtir un simple lin. Les animaux destinés aux sacrifices étaient amenés à la porte du Tabernacle ; on tirait au sort pour déterminer lequel des deux taureaux serait pour lui-même, et lequel des deux boucs serait immolé. Il entrait alors pour la première fois dans le lieu très saint, au milieu des nuées d’encens, et aspergeait le sang du taureau pour faire expiation pour lui et pour sa maison. Une seconde fois, il entrait avec le sang du bouc pour faire expiation pour le peuple, qui se tenait dehors dans l’humiliation.
Puis les péchés de la nation étaient confessés sur la tête du bouc vivant, envoyé dans le désert. Mais personne ne pouvait croire que l’immolation d’un bouc ou l’envoi de l’autre dans la solitude effaçait réellement la faute du peuple entier. Il y avait un rappel annuel des péchés, mais non une rémission totale pour tous. Beaucoup repartaient dans le doute et la crainte. David exprime ce sentiment dans le Psaume 51, tout comme Michée dans son cri : « Avec quoi me présenterai‑je devant l’Éternel ? » (Michée 6.6).
Comme tout est différent maintenant ! Nos consciences sont purifiées (v. 14). Nous n’avons plus conscience de péchés non expiés. Nous savons que la mort de notre Seigneur Jésus est une expiation suffisante pour tous, et qu’il les a si complètement ôtés qu’ils ne peuvent plus être retrouvés ; ils sont comme s’ils n’avaient jamais existé, effacés de la mémoire même de Dieu. Certes, il y a des œuvres qui souillent encore notre conscience, comme autrefois la chair de l’Israélite était souillée par le contact de la mort. Mais le sang de Jésus fait pour notre conscience ce que les cendres de la génisse faisaient pour la chair de l’homme impur. « Le sang de Jésus‑Christ, son Fils, nous purifie de tout péché » (1 Jean 1.7). Nous n’avons donc plus de mauvaise conscience provenant d’un péché non expié.
Le sang des animaux est mis en contraste avec le sang de Christ. Des hécatombes de victimes n’ont pas la valeur d’un seul homme ; combien moins encore celle du Fils de Dieu ! Des rivières de sang animal ne valent pas une seule goutte du sien. Elles ne fournissent aucune mesure permettant d’apprécier la valeur de son sang précieux. Cela est trop évident pour demander davantage de commentaires ici ; et nous remettrons à un autre passage l’estimation, si imparfaite soit‑elle, de ce sang incomparable.
Mais remarquons ceci : c’est par l’Esprit éternel que Christ s’est offert lui‑même sans tache à Dieu. Ce n’est pas, comme certains l’affirment faussement, que le Père aurait forcé un innocent à souffrir pour des fautes qu’il n’avait pas commises, ou que le Fils aurait souffert pour apaiser la colère du Père. C’est la nature éternelle de Dieu elle‑même qui s’est révélée dans le sacrifice du Calvaire. « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (2 Corinthiens 5.19).
Lorsque Dieu a décidé de sauver les hommes, il n’a pas confié cette œuvre aux anges, ni laissé un homme sans péché s’effondrer sous le poids intolérable du péché du monde. Dans la personne de son Fils, il a pris sur lui‑même l’agonie, la malédiction et le prix du péché ; et en les portant, il les a effacés pour toujours. C’est pourquoi il s’agit d’une rédemption éternelle (v. 12).
La mort de la croix fut un acte volontaire : « il s’est offert lui‑même » (Galates 1.4), prêtre et victime à la fois. Et c’était un acte dans lequel la Trinité éternelle tout entière était engagée : la manifestation dans le temps d’une réalité éternelle de la nature divine.
Et comment pourrions‑nous exprimer notre gratitude autrement qu’en servant le Dieu vivant (v. 14) ? Nous avons été rachetés pour servir ; achetés pour lui appartenir entièrement. Qui pourrait refuser un service si raisonnable, chargé d’une béatitude si profonde ?
Tête, pense pour celui dont le front fut ceint d’épines. Mains, travaillez pour celui dont les mains furent clouées à la croix. Pieds, hâtez‑vous d’accomplir ses commandements, vous qui appartenez à celui dont les pieds furent percés.
Mon corps, sois son temple, toi qui appartiens à celui dont le corps fut tordu par des douleurs indicibles. Le servir, voilà la seule attitude véritable, celle de ceux qui ne s’appartiennent plus, mais qui sont à lui.
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