20. Le Chemin vers le lieu Très Saint
Chap: 20 - Les réalités célestes elles-mêmes - L’œil saisit plus vite que l’oreille. C’est pourquoi aucun langage n’est aussi expressif que celui des symboles. Une foule comprendra mieux votre pensée à travers un symbole approprié qu’à travers mille mots.
« Car un tabernacle fut construit » (Hébreux 9.2). L’esprit humain recule devant l’effort d’affronter directement les réalités spirituelles les plus subtiles ; il préfère que la vérité soit enveloppée dans une forme visible, audible, presque tangible.
Cela explique la forte tendance au ritualisme dans les Églises romaine et anglicane. Là où la vie spirituelle est forte, elle n’a pas besoin de formes extérieures ; mais lorsqu’elle est faible, elle s’appuie sur des aides visibles. Et c’est parce que les enfants d’Israël étaient dans un état spirituel si enfantin que Dieu a enfermé ses pensées profondes dans des formes extérieures et des ombres matérielles. Le peuple non instruit avait besoin que la vérité spirituelle soit exprimée en symboles qui parlent même aux plus simples. Pendant quinze siècles, le culte juif s’est ainsi organisé autour du cérémonial le plus splendide que le monde ait jamais connu. Un cérémonial que ces chrétiens hébreux regrettaient profondément lorsqu’ils passaient aux ordonnances simples d’une chambre haute dépouillée.
Arrêtons‑nous un instant pour contempler ces anciens symboles.
Imaginez une étendue de sable. Délimitez un rectangle de quarante‑cinq pieds de long sur quinze de large. Disposez tout autour une ligne continue de socles d’argent, creusés pour recevoir les extrémités des planches formant les murs du Tabernacle. Allez chercher ces planches : des poutres de bois d’acacia hautes de quinze pieds, recouvertes d’or pur, maintenues ensemble par trois longues barres d’or courant d’un bout à l’autre. L’entrée doit faire face à l’est, formée de cinq colonnes dorées, sur lesquelles tombe un rideau riche et lourd.
À trente pieds de là, un autre rideau sépare le lieu saint du lieu très saint. Puis, cherchez les autres tentures pour former le plafond et recouvrir les murs d’acacia dorés. D’abord un rideau magnifique, tissé de couleurs éclatantes et orné de chérubins. Ensuite un voile de lin blanc pur ; puis une couverture de peaux de béliers teintes en rouge.
Enfin, pour protéger l’ensemble, une couverture grossière de peaux de blaireaux. Le parvis est entouré de lourds rideaux qui cachent les mouvements des prêtres. Jetons maintenant un regard sur chaque élément, en avançant du parvis extérieur vers le sanctuaire intérieur.
L’autel d’airain, avec ses cornes saillantes auxquelles on attachait les animaux destinés au sacrifice (Psaume 118.27), ou auxquelles le fugitif s’agrippait pour trouver refuge (Exode 21.14), se tenait dans le parvis extérieur. Là étaient offerts le sacrifice pour le péché, l’holocauste et l’offrande de paix. Il était regardé comme très saint (Exode 29.37). Et il pouvait bien l’être, car il symbolisait la croix du Calvaire ; cette croix merveilleuse où Jésus s’est offert lui‑même en sacrifice pour le péché, étant à la fois prêtre, victime et autel.
Nul ne pouvait entrer dans le lieu saint sans passer devant cet emblème sacré, pas plus que nous n’aurions pu entrer en communion avec Dieu si le sacrifice unique et suffisant de la croix n’avait été accompli pour nous, purifiant notre conscience. Plus nous avançons dans la vie et plus nous connaissons Dieu, plus cette croix devient précieuse et indispensable : notre espérance dans la tristesse, notre phare dans l’obscurité, notre abri dans la tempête, notre refuge aux heures de conviction, notre lieu de rencontre avec Dieu, notre gloire et notre joie.
Croix bénie ! sépulcre béni ! Soyez plutôt bénis L’Homme qui y fut mis à mort pour moi.
Si l’autel d’airain parle du sacrifice unique, offert une fois pour toutes au Calvaire, la cuve évoque le lavage quotidien des souillures acquises au cours de nos marches dans le désert, comme lorsque Jésus lava les pieds de ses disciples (Jean 13).
Le chandelier à sept branches, dont la lumière éclairait le lieu saint, serait la première chose à attirer l’attention du prêtre franchissant le seuil. Sa forme nous est familière grâce au bas‑relief de l’Arc de Titus. Et comme il parle éloquemment de Christ !
La texture d’or battu, sur chaque partie duquel les coups de marteau sont tombés, rappelle ses meurtrissures pour nous (Exode 25.36). L’union des six lampes latérales avec la lampe centrale symbolise le mystère de cette communion dans la lumière, qui unit l’Église à son Seigneur pour illuminer un monde obscur.
L’huile dorée, s’écoulant à travers des conduits d’or qu’il fallait garder propres et dégagés, montre notre dépendance envers lui pour les provisions quotidiennes de la grâce du Saint‑Esprit (Zacharie 4.2).
Même les mouchettes d’or, utilisées par le souverain sacrificateur pour ajuster la flamme, sont significatives : elles représentent ces interventions par lesquelles notre Seigneur coupe parfois les irrégularités de la mèche, nous faisant passer par un moment d’obscurité afin que nous brûlions ensuite plus clairement et plus régulièrement. Sa vie est la lumière des hommes. Dans sa lumière nous voyons la lumière. Il éclaire les cœurs, les foyers, les mystères et l’espace ; et dans l’au‑delà, l’Agneau sera la lumière du ciel.
La table d’or des pains de proposition ne doit pas être négligée. Elle portait douze pains de fleur de farine, saupoudrés d’un encens au parfum suave, mangés seulement par les prêtres lorsqu’ils étaient remplacés chaque septième jour par une nouvelle fournée. Ici encore, comme dans le symbole précédent, se trouve ce mystérieux mélange de Christ et de son peuple. Christ est le vrai pain de présence.
Il est le pain de Dieu. Le Père trouve en son obéissance, sa vie et sa mort une satisfaction parfaite ; et nous aussi nous nous nourrissons de lui. Sa chair est vraiment une nourriture. Nous mangeons sa chair et vivons par lui.
La table était portable, afin d’accompagner le peuple dans ses voyages ; et nous ne pouvons prospérer sans l’emporter avec nous partout où nous allons. C’est la manne céleste, notre pain quotidien, notre privilège sacerdotal. Mais le peuple était aussi représenté dans ces douze pains, comme dans les douze pierres du pectoral. Il y a sans doute un sens dans lequel tous les croyants se tiennent toujours devant Dieu dans la pureté et la douceur de Christ ; « car nous qui sommes plusieurs, nous sommes un seul pain et un seul corps, car nous participons tous à ce seul pain » (1 Corinthiens 10.17).
Oh, est‑il possible que je puisse donner quelque satisfaction à Dieu ? Croire cela suffirait à donner une nouvelle signification aux actes les plus ordinaires de la vie. Pourtant, cela peut être ainsi.
Le brûle‑parfum, ou autel des parfums, est classé avec le lieu très saint. Non parce qu’il se trouvait derrière le voile, mais parce qu’il était étroitement associé au culte qui s’y rendait. Il était placé aussi près que possible de l’arche (Exode 30.6). Il nous rappelle l’autel d’or qui se tient devant le trône (Apocalypse 8.3). Aucun sang n’en ternissait l’éclat ; les braises qui y brûlaient provenaient de l’autel des holocaustes, et l’on y répandait un encens composé selon un art très particulier (Exode 30.34‑38). Cet encens précieux, qu’il était mortel d’imiter, parle du grand mérite de Christ, par lequel nos prières et nos louanges trouvent grâce. N’est‑ce pas là son œuvre continuelle pour nous, se tenant dans le ciel comme notre grand Souverain Sacrificateur, vivant toujours pour intercéder, recueillant nos pauvres prières et les présentant à son Père, parfumées de la douceur de sa propre grâce, de sa beauté et de son mérite ?
Le voile, que le souverain sacrificateur franchissait une seule fois par an, portant du sang, rappelait aux adorateurs que le chemin vers le lieu très saint n’était pas encore ouvert. Il existait certains degrés de communion avec Dieu auxquels ces rites ne pouvaient donner accès. « Le chemin du lieu très saint n’était pas encore manifesté » (Hébreux 9.8). « Le voile, c’est‑à‑dire sa chair » (Hébreux 10.20). Ô fin lin retors, dans ta pureté tu n’as jamais égalé ce corps conçu sans péché ! Ô ouvrage d’une broderie exquise, tu ne peux rivaliser avec les mystères merveilleux qui se rassemblent dans cette forme humaine ! Pourtant, jusqu’à la mort de Jésus, il y avait une barrière, un obstacle, un voile. Il était aspergé de sang, mais c’était encore un voile.
Mais à l’instant où il remit son esprit, le voile fut déchiré par des mains invisibles, du haut en bas, révélant les mystères sacrés au‑delà, aux yeux du prêtre qui, peut‑être, brûlait l’encens à l’heure de la prière, tandis que la multitude se tenait dehors (Luc 1.9). C’est un voile déchiré maintenant, et le chemin vers le lieu très saint est ouvert. Il est nouveau, vivant, marqué de sang.
Nous pouvons donc y marcher sans crainte ni hésitation, et entrer avec une sainte assurance pour nous tenir là où les anges voilent leurs faces dans une adoration incessante (Hébreux 10.19‑20).
L’arche était une caisse oblongue, d’environ 1,37 m de long sur 81 cm de large et de haut, faite de bois d’acacia et recouverte d’or. Son couvercle, une plaque d’or appelée le propitiatoire, portait deux chérubins debout ou agenouillés, les yeux fixés sur la plaque d’or tachée de sang entre eux ; car c’est là que le sang était abondamment répandu chaque année, et là que brillait la lumière de la Shekinah. Pendant les pérégrinations du désert, l’arche contenait les tables de pierre intactes, la manne et le bâton d’Aaron. Mais lorsqu’elle fut déposée dans son lieu de repos et que les barres furent retirées, la manne, nourriture des pèlerins, et le bâton, symbole de la vie, avaient disparu ; seule la loi demeurait.
La loi ne peut jamais être abolie. Elle est sainte, juste et bonne. Pas un iota ni un seul trait n’en disparaîtra. Elle est au cœur de toutes choses. Sous toutes les surfaces, sous tous les mouvements du monde, plus profondément que l’écume, le tumulte ou la révolution, repose la loi juste et inexorable. Nous devons tous nous soumettre à son autorité. Même l’athée doit construire ses murs selon la règle du fil à plomb, sous peine de les voir s’effondrer. Mais la loi est sous l’amour. Le propitiatoire d’or recouvrait et cachait exactement les tables ; elles ne bondissaient plus de rocher en rocher, mais reposaient tranquillement en dessous. Une arche sans couvercle, laissant apparaître les tables de pierre, serait terrible.
Mais il n’y a aucune raison de craindre lorsque nous savons que Dieu nous rencontre au propitiatoire, qui répond parfaitement à notre besoin et qui est aspergé de sang.
L’apôtre, qui avait pénétré profondément la signification de tous ces symboles, nous explique que « Dieu a présenté Jésus‑Christ comme propitiatoire, par la foi en son sang » (Romains 3.24‑25). Jésus a satisfait aux exigences de la loi par sa vie d’or et sa mort sanglante ; et nous pouvons rencontrer la justice de Dieu en lui. Notre propre justice serait une couverture trop courte et trop étroite ; mais notre Substitut a pleinement satisfait à toutes les exigences. « Qui condamnera ? C’est Christ qui est mort » (Romains 8.34). La grâce règne par la justice pour la vie éternelle.
Mais aucun sang de bouc ou de veau ne peut exprimer la valeur inestimable de son sang, par lequel nous avons accès au lieu très saint. Ô sang précieux ! qui témoigne d’un cœur brisé par l’amour et la douleur ; qui révèle une vie répandue comme de l’eau sur la terre, dans l’agonie la plus extrême ; qui rassemble en lui toute la signification du Lévitique et de ses innombrables victimes ; gage de l’amitié la plus tendre, prix de notre rédemption, vin de la vie.
Ton éclat écarlate nous parle depuis les fenêtres du passé, en symboles de joie, d’espérance, de paix et d’amour immortel. Le précieux sang de Christ !
Les livres de Frederick B. Meyer en Pdf
➲ REUNION SUR ZOOM
Edification
Enseignements
➲ NOUVEAUX EBOOKS
PDF Révisés

