16. Le Chemin  vers le lieu Très Saint

16. Le Chemin vers le lieu Très Saint

Chap: 16 - Le sacerdoce de christ - Diverses imaginations se sont attachées à la personne de Melchisédek, lui attribuant des qualités extraordinaires ; mais il vaut bien mieux le considérer simplement comme le chef d’un clan établi autour de l’endroit qui deviendrait, plus tard, la ville sainte.

Son nom était déjà annoncé dans le mot « Salem », qui désignait les huttes ou tentes rudimentaires regroupées là. Au milieu de l’anarchie et de la dépravation presque universelles qui ravageaient la Palestine, la justice et la paix semblaient avoir trouvé refuge dans cette petite communauté, où seul le vrai respect était rendu au Dieu Très‑Haut, possesseur du ciel et de la terre : « Tu es sacrificateur pour toujours selon l’ordre de Melchisédek » (Hébreux 5.6).

Nous ne savons pas comment cette oasis morale avait vu le jour au milieu d’un désert spirituel, mais cela venait peut‑être de l’influence personnelle du roi, qui, selon la coutume patriarcale, en tant que père de la famille, n’était pas seulement le dirigeant de la vie quotidienne, mais aussi le chef du culte familial. Ainsi, Melchisédek, roi de Salem, était aussi sacrificateur du Dieu Très‑Haut.

Il semble même qu’il portait une mission particulière, qu’il avait été suscité pour un but précis, comme un messager établi entre Dieu et les hommes, et comme une figure vivante annonçant le sacerdoce que le Fils de Dieu exercerait un jour pour l’humanité.

Il faut remarquer la portée des mots : « rendu semblable au Fils de Dieu ». Le sacerdoce éternel du Christ était la réalité première, le modèle selon lequel celui de Melchisédek a été façonné. C’est comme si le Père ne pouvait attendre le jour où son Fils entrerait comme prêtre au‑delà du voile, et qu’il avait voulu en anticiper les merveilles en en présentant une miniature dans la personne de Melchisédek. Observons maintenant quelques‑unes de ces caractéristiques.

Le Christ est Roi autant que Prêtre.

L’histoire entière témoigne des dangers qu’il y a à réunir dans un même homme le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. En Israël, ces deux fonctions étaient strictement séparées.

Lorsqu’un roi, un jour, franchit la limite sacrée, et, saisissant un encensoir, s’avança dans la cour intérieure, il fut immédiatement repris par les prêtres, tandis qu’une tache blanche de lèpre apparaissait sur son front pour marquer sa condamnation : « Et lui‑même se hâta de sortir, parce que l’Éternel l’avait frappé » (2 Chroniques 26.20). Mais le simple monarque dont nous parlons, vivant avant que les abus n’interdisent une telle union, réunissait en sa personne le sceptre du roi et l’encensoir du prêtre. Et en cela, il annonçait le Christ.

Jésus est Roi et Prêtre. Il est Roi parce qu’il est Prêtre. Il est élevé très haut, recevant l’hommage de tout genou et la confession de toute langue, parce qu’il s’est rendu obéissant jusqu’à la mort de la croix. Il ne fonde pas ses droits royaux sur une lignée héréditaire, bien que le sang de David ait coulé dans ses veines ; ni sur la conquête ou la force ; ni sur la législation qui soutient le royaume des cieux parmi les hommes ; mais sur ceci : il nous a rachetés pour Dieu par son sang. Il est le Roi de gloire parce qu’il est l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. La croix fut le marchepied de son trône.

Et il ne peut exercer son office de Prêtre que si nous le reconnaissons d’abord comme Roi. Beaucoup ne reçoivent pas toute la bénédiction que le sacerdoce du Christ offre, parce qu’ils refusent ses droits royaux. Ils ne le révèrent pas, ils ne lui obéissent pas. Ils n’ouvrent pas tout leur royaume intérieur à son sceptre. Ils essaient de servir deux maîtres, et de rester en bons termes avec des royaumes aussi opposés que la lumière et les ténèbres, le ciel et l’enfer, Dieu et Satan. Il doit y avoir consécration avant qu’il puisse y avoir une foi parfaite ; couronnement avant délivrance ; le Roi avant le Prêtre.

L’ordre est immuable : d’abord Roi de justice, puis Roi de paix. « La paix, donnez‑nous la paix ! » répètent les hommes, réclamant la paix à tout prix, par n’importe quel moyen. Mais Dieu, dans les profondeurs, pose d’abord le fondement de la justice : « L’œuvre de la justice sera la paix, et le fruit de la justice le repos et la sécurité pour toujours » (Ésaïe 32.17). Il ne sert à rien de soigner la blessure superficiellement, en disant : « Paix, paix ! », quand il n’y en a pas.

Il vaut infiniment mieux sonder jusqu’au fond, et reconstruire depuis une base saine et solide jusqu’à la surface. Et le Roi de paix n’entrera jamais dans votre âme tant que vous ne l’aurez pas d’abord reconnu comme Roi de justice, en vous soumettant à ses justes exigences et en renonçant à la justice qui vient de la loi pour recevoir celle qui vient par la foi.

Il est triste de voir combien peu de chrétiens, en comparaison, comprennent la pleine signification et la puissance du christianisme. Sans joie, sans fruit, sans force, ils deviennent une pierre d’achoppement pour le monde et un sujet de moquerie pour les démons.

Et n’est‑ce pas là la raison ? Ils ne sont pas droits. Ils gardent en eux des traîtres et des étrangers. Ils se condamnent eux‑mêmes dans les choses qu’ils tolèrent. Ils s’excusent, inventent des raisons particulières pour justifier leurs fautes, si bien que ce qu’ils jugeraient inadmissible chez les autres devient acceptable chez eux. Quels plaidoyers ingénieux ! Quels arguments habiles ! Quelles contorsions morales ! Mais tout cela ne sert à rien. Que tous ceux qui lisent ces lignes apprennent qu’il est indispensable de reconnaître Christ comme Roi, et comme Roi de justice, avant même de pouvoir goûter la paix qui découle de son sacerdoce en notre faveur.

Le sacerdoce du Christ n’était pas hérité. Cela ressort clairement de l’histoire du roi‑prêtre de Salem. Le prêtre lévitique devait prouver soigneusement sa descendance depuis Aaron, d’où les longues généalogies que l’on trouve dans certaines parties de la Bible. Au retour de Babylone, les prêtres incapables de prouver leur lignée furent exclus jusqu’à ce qu’un prêtre se lève avec l’Urim et le Thummim. Mais le sacerdoce de Melchisédek n’avait manifestement aucun lien avec sa descendance. Il était indépendant de toute généalogie sacerdotale. Bien sûr, cela ne signifie pas qu’il n’avait pas de parents humains, ni qu’il n’a jamais connu naissance ou mort.

Rien de tel n’est affirmé ni même suggéré. L’argument repose simplement sur l’absence volontaire de toute mention de ces événements ordinaires de la vie humaine, afin de montrer que ce sacerdoce ancien était totalement indépendant des conditions essentielles à la prêtrise lévitique. Il appartenait à un ordre entièrement différent de celui qui servait dans le Temple juif, et pouvait ainsi représenter celui du Christ.

En tant que Dieu, notre Seigneur n’avait pas de mère. En tant qu’homme, il n’avait pas de père. Il ne descendait pas d’une famille de prêtres, car il est évident que notre Seigneur est issu de Juda, tribu au sujet de laquelle Moïse n’a rien dit concernant la prêtrise. Ce qui était symboliquement vrai de Melchisédek était littéralement vrai de Jésus : il n’a ni commencement de jours ni fin de vie. Son sacerdoce est donc absolument unique. Il se tient parmi les hommes sans égal. Il n’y en a jamais eu un comme lui, ni avant ni après. Ses fonctions ne viennent de personne, ne sont partagées avec personne, et ne seront transmises à personne. Il est ce qu’il est depuis toute éternité, selon la prescience et le dessein de Dieu.

Il n’y a jamais eu de commencement à la nature sacerdotale du cœur de notre Sauveur. Il n’existe aucune date dans le calendrier céleste pour marquer l’éveil en lui de la miséricorde, de la compassion, et de l’intention de se tenir comme Avocat et Intercesseur pour notre race.

Avant que les montagnes ne soient nées, avant que les cieux et la terre ne soient créés, il portait déjà en lui le germe de ce drame merveilleux qui se déroule lentement sous les yeux de l’univers. Il était Sacrificateur, tout comme il était l’Agneau immolé, dès avant la fondation du monde.

L’amour est éternel. Le sacrifice est l’un des principes fondamentaux de l’être de Dieu. Le sacerdoce fait partie de la nature même de la seconde Personne de la Trinité adorable. Il n’y a donc aucune crainte à avoir qu’il abandonne jamais sa charge, qu’il la mette de côté pour un autre dessein, ou qu’il cesse d’avoir compassion des ignorants et des égarés, des tentés et des déchus.

Le sacerdoce de christ est continuel (ver. 3).

Les prêtres issus de la lignée d’Aaron ne pouvaient pas continuer leur service, parce que la mort les arrêtait. Mais de Christ, il est dit qu’« il vit ». Alléluia, gloire à Dieu ! Un Prêtre s’est levé « selon la puissance d’une vie impérissable » (Hébreux 7.16). « Le Seigneur l’a juré et ne se repentira pas : Tu es Prêtre pour toujours » (Psaume 110.4). « Parce qu’il demeure éternellement, son sacerdoce est immuable » (Hébreux 7.24). « Il est toujours vivant pour intercéder » (Hébreux 7.25). Consacré pour l’éternité, quel témoignage clair et abondant !

Notre Souverain Sacrificateur ne montera jamais sur le mont Hor pour être dépouillé de ses vêtements sacrés et mourir. Les secrets confiés à son cœur n’auront jamais besoin d’être transmis à un successeur. L’amour tendre qui le lie à nous ne sera jamais brisé par la mort. Personne ne sera jamais appelé à prendre sa place dans la direction de nos âmes.

Cet enseignement réfute deux erreurs. La première est celle de ceux qui affirment qu’il peut exister une absence totale de péché dans la chair. Il est impossible de mesurer le mal causé aujourd’hui par ceux qui exploitent l’aspiration sincère des croyants à une vie plus élevée, et qui leur font miroiter l’idée qu’ils peuvent atteindre un état où ils n’auront plus à confesser leurs péchés, où ils n’auront plus besoin d’être purifiés constamment par le sang de Christ, où ils ne sentiront plus en eux la présence du péché.

Ceux qui enseignent cela confondent le péché et les péchés. Ils appellent « infirmités » des actes et des dispositions que la Parole de Dieu désigne par des termes bien plus graves. Leur doctrine abaisse la notion même de péché pour l’adapter à leur enseignement erroné. Elle contredit l’enseignement clair de l’Écriture, qui affirme que la chair, même chez le croyant, peut encore convoiter la domination.

Elle contredit aussi l’expérience profonde de la vie chrétienne, qui montre que, même lorsque nous ne voyons rien à nous reprocher, nous ne sommes pas pour autant justifiés ; car il peut exister en nous bien des maux que nous ne percevons pas faute de lumière suffisante, mais qui sont parfaitement visibles aux yeux de celui qui nous juge, le Seigneur qui sonde les cœurs et les reins.

La seconde erreur est celle de ceux qui enseignent un sacerdoce sacrificiel humain. Bien sûr, tous les croyants sont prêtres dans le sens où ils offrent à Dieu le sacrifice de louange, de prière, et les actes d’amour qui renoncent à soi. Mais beaucoup affirment encore qu’ils sont appelés, en plus, à offrir continuellement le sacrifice du Calvaire dans les éléments de la Sainte‑Cène.

Au milieu du cérémonial de la messe, tel qu’il est célébré dans trop d’églises anglaises par des protestants déclarés qui prétendent être prêtres, il devient difficile de reconnaître la moindre trace de la simple institution du repas du Seigneur. Et il y a de quoi frémir d’indignation en voyant comment ces conducteurs aveugles égarent les foules, au détriment de leur âme.

Parfois, on souhaiterait retrouver le sarcasme mordant d’un Érasme, le bon sens solide d’un Latimer, ou la véhémence d’un Knox, pour dénoncer les prétentions non bibliques de ces hommes, affublés de vêtements pompeux d’inspiration païenne, et se livrant à des gestes qui prêteraient à rire si tout le système n’était pas si profondément triste : « Jusques à quand, Seigneur, jusques à quand ! »

Mais, au fond, la vraie manière de répondre à ces erreurs consiste à rappeler avec force l’intercession et le sacerdoce continus et immuables de notre Seigneur. S’il vit et poursuit son œuvre, il est clairement insensé, présomptueux et arrogant de vouloir s’immiscer dans ses fonctions. Nous devons revenir aux anciennes méthodes d’interprétation et d’explication des Écritures si nous voulons protéger nos jeunes contre les erreurs monstrueuses de notre époque, ou ramener ceux qui ont été si tragiquement égarés.

 

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