14. Le Chemin vers le lieu Très Saint
Chap: 14 - Impossible de renouveler pour la repentance - L’auteur sacré mentionne quatre principes fondamentaux : la repentance des œuvres mortes ; la foi en Dieu ; la résurrection des morts ; et le jugement éternel.
Puis il propose de ne pas poser de nouveau ces fondements, mais de les laisser derrière nous. Il ne s’agit pourtant pas de les abandonner. Les grands principes par lesquels Dieu sauve l’âme sont les mêmes à toutes les époques, et ils restent indispensables.
« Il est impossible pour ceux qui ont été une fois éclairés, et qui ont goûté du don céleste don, et ont eu part au Saint-Esprit, et ont goûté la bonne parole de Dieu, et les puissances du siècle à venir, s’ils viennent à tomber, de les renouveler encore pour repentance ; car ils crucifient de nouveau pour eux-mêmes le Fils de Dieu et l’exposent à honte publique » (Hébreux 6.4-6).
Nous ne pouvons les quitter que comme un enfant quitte la table de multiplication une fois qu’il l’a apprise, même si elle demeure à la base de tout ce qu’il fera ensuite ; comme une plante quitte sa racine lorsqu’elle s’élève en arbuste, tout en tirant sa vie de cette origine cachée ; comme un constructeur quitte la fondation pour élever pierre après pierre, et s’appuie d’autant plus fortement sur elle qu’il s’en éloigne en hauteur. On nous explique aussi pourquoi ces principes ne doivent pas être reposés : ce serait inutile, sans bénéfice, et cela ne changerait rien pour ceux qui ont apostasié. C’est ainsi que nous arrivons à l’un de ces passages que les âmes sensibles ont parfois transformés en tourment intérieur, comme si l’on tirait un poison amer de fleurs pourtant douces.
Ces disciples apostats avaient été éclairés. Ils avaient vu leur péché, leur danger, la nature provisoire du judaïsme, la dignité et la gloire du Sauveur. D’autres Hébreux pouvaient encore être ignorants, le voile pesant sur leurs yeux ; mais pas eux, car ils avaient été placés en plein midi de l’Évangile et avaient été éclairés.
Il en est de même pour nous. Nous ne sommes pas comme le païen prosterné devant son fétiche, ni comme le disciple de Confucius, de Bouddha ou de Mahomet, avançant à tâtons dans le crépuscule religieux. Ni comme tant de nos contemporains dont les cœurs sont aussi sombres que le chaos primitif avant que Dieu n’y fasse briller la lumière. Nous avons été éclairés.
Nous savons que nous sommes pécheurs ; nous avons peut‑être appris dès l’enfance le plan du salut ; nous sommes familiers des mystères du royaume dans lesquels les anges désirent plonger leur regard ; et pourtant nous pouvons tomber.
Ces Hébreux avaient aussi goûté au don céleste. Quel est ce don ? C’est la vie de Dieu dans l’âme, c’est Christ lui‑même, cette source intérieure qui jaillit en vie éternelle, intarissable dans la sécheresse, non gelée dans le froid, jaillissant avec une fraîcheur vivante comme une source chaude qui crée un jardin au cœur du cercle arctique. Mais certains ne font que goûter sans recevoir. C’est ce qu’avaient fait ces personnes. Elles avaient seulement effleuré la douceur de Christ, aperçu fugitivement son cœur. Comme les soldats de Gédéon, elles avaient porté à leurs lèvres quelques gouttes du fleuve de Dieu, puis s’étaient hâtées de repartir. Ainsi pouvons‑nous trouver un certain plaisir dans les pensées de Christ : ses souffrances nous touchent, sa beauté nous attire, son histoire nous émeut. Mais ce n’est qu’un goût, et pourtant on peut chuter.
Ils avaient aussi été rendus participants du Saint‑Esprit. Il n’est pas dit qu’ils avaient été régénérés, convertis ou remplis de l’Esprit. L’expression est soigneusement choisie. L’auteur ne peut affirmer leur conversion, mais il veut montrer qu’ils avaient été placés sous l’influence bienveillante de l’Esprit. Celui‑ci les avait convaincus de péché, avertis, pressés, suppliés. Ils avaient cédé jusqu’à abandonner certains péchés et adopter l’apparence extérieure du christianisme, mais pas davantage.
Ils avaient encore goûté la bonne Parole de Dieu et les puissances du siècle à venir. La première désigne évidemment les Écritures ; la seconde, l’âge nouveau inauguré par Christ, dont les forces spirituelles commençaient à vibrer dans le monde.
Ils aimaient un bon sermon ; la Bible leur semblait belle et intéressante ; ils avaient entendu les prophètes, vu les apôtres, été témoins des jours de la Pentecôte. Ils avaient tout examiné, pesé, apprécié… et pourtant ils étaient en danger de retourner en arrière.
Prenons donc garde.
Qu’est‑ce que signifie s’éloigner ?
C’est bien plus que tomber. Un véritable enfant de Dieu peut tomber, comme David ou Pierre sont tombés ; mais il y a une immense différence entre tomber et s’éloigner. Cette dernière expérience ne peut pas arriver à un vrai croyant, pas plus qu’un second déluge ne pourrait recouvrir la terre. Mais elle révèle immanquablement ce qui n’était qu’une contrefaçon ou une apparence trompeuse.
Apostasier, c’est revenir en arrière après avoir professé extérieurement le christianisme, non pas pour un temps, mais définitivement ; non pas à cause d’un péché soudain, mais parce que le premier élan extérieur s’est épuisé, et qu’il n’y a pas de vraie vie intérieure pour ranimer ou soutenir une dévotion qui s’éteint. C’est ressembler à ces planètes errantes qui n’ont jamais brillé par leur propre lumière, mais seulement par la lumière réfléchie d’un soleil central ; et qui, une fois détachées de leur orbite, s’enfoncent toujours plus loin dans les ténèbres, sans chaleur, sans lumière, sans vie.
C’est retourner comme un chien à son vomissement, ou comme une truie à sa boue, parce que la réforme n’était qu’extérieure et passagère, et que la nature du chien ou de la truie n’a jamais été changée par l’œuvre gracieuse du Saint‑Esprit. C’est devenir un autre Judas ; commettre le péché contre le Saint‑Esprit ; perdre tout sérieux, tout désir de ce qui est meilleur, toute capacité d’émotion tendre ; devenir complètement insensible et mort, comme la pierre sur laquelle nous marchons ou comme une vieille armure rouillée suspendue au mur d’un château.
Pourquoi est‑il impossible de ramener de telles personnes à la repentance ? Remarquez qu’il n’est rien dit ici de ce que Dieu peut faire. La question porte uniquement sur les limites du pouvoir humain et sur les moyens ordinaires par lesquels on cherche à toucher la volonté.
On ne nous dit pas que Dieu ne pourrait pas sauver ceux qui sont tombés, mais qu’il est impossible d’espérer qu’un homme qui a traversé toutes les expériences décrites, et qui malgré cela a apostasié, puisse encore être atteint ou ému par les arguments ou les appels qui sont les armes habituelles de l’Évangile. Si les arguments les plus puissants ont été appliqués à sa conscience sans effet ; si, après une légère réaction qui donnait l’espoir de quelque chose de meilleur, il est retombé dans l’insensibilité et la torpeur de son état précédent, il n’y a plus rien à faire. Il n’existe rien de plus puissant que le gémissement du cœur brisé du Calvaire et le tonnerre du Sinaï ; et si ces appels ont été entendus en vain, il ne reste aucun autre argument capable de toucher la conscience et de réveiller le cœur. Si ces personnes n’avaient jamais été exposées à de tels appels, il y aurait encore un espoir ; mais quel espoir peut‑il rester maintenant, puisqu’elles les ont traversés sans en recevoir d’effet durable, et qu’elles sont devenues plus endurcies qu’au début ?
C’est comme un homme retiré d’un étang gelé et amené à l’infirmerie. On lui applique aussitôt des linges chauds, on frictionne ses membres, on utilise tous les moyens connus de la science pour ramener la vie. Au début, il semble que ces efforts vont réussir : il y a des frémissements, des mouvements convulsifs.
Mais bientôt tout retombe, et le chirurgien secoue gravement la tête. « Ne pouvez‑vous rien faire de plus ? » demande‑t‑on. « Rien, répond‑il. J’ai utilisé toutes les méthodes possibles ; si celles‑ci échouent, il est impossible de ramener la vie ! »
Ce passage ne concerne en rien ceux qui craignent qu’il parle d’eux. Le simple fait d’être inquiet, comme le cri de la vraie mère devant Salomon, prouve sans aucun doute que vous n’êtes pas de ceux qui sont tombés au‑delà de toute possibilité de renouvellement. Si vous êtes encore touché par la prédication de l’Évangile, si vous désirez vous repentir, si vous tremblez à l’idée d’être rejeté, prenez courage : ces signes montrent clairement que ce passage ne vous vise pas.
Pourquoi vous rendre malade avec le remède destiné à un autre malade ? Mais si vous devenez insensible et indifférent sous la prédication de l’Évangile, alors regardez ce passage en face et voyez‑y votre condamnation, à moins que vous ne vous arrêtiez rapidement dans votre course.
L’illustration naturelle (v. 7).
Voici un champ bien situé, préparé avec soin et au prix d’un travail acharné. On y a répandu la bonne semence d’une main généreuse ; la pluie l’a souvent arrosé ; le soleil l’a réchauffé ; les saisons, en passant, l’ont invité à porter du fruit. Au début, tout laissait penser qu’il allait répondre aux attentes placées en lui. Mais regardez : la verdure qui recouvre sa surface n’est qu’une récolte de ronces et d’épines. Le propriétaire, pour qui ce champ avait été cultivé, vient l’inspecter.
« Comment ? » dit‑il. « Avez‑vous vraiment tout fait : ceci, cela, et tout le reste ? » « Tout ! », répond‑on. Alors tombe la décision, sévère et douloureuse : « Il est inutile d’y consacrer davantage de temps ou de soins. Laissez‑le. Qu’aucun fruit n’y pousse désormais, et pour toujours ! »
Nous pouvons ressembler à ce champ. Et pourtant, tant qu’il reste en nous une étincelle de dévotion, un frémissement de désir saint, un soupir vers une vie meilleure, une aspiration à devenir pénitent et saint, il y a encore de l’espoir. Le grand Vigneron ne nous rejettera pas tant qu’il subsiste en nous le moindre signe qui puisse être racheté. Il ne brisera pas le roseau déjà plié, et il n’éteindra pas la mèche qui fume encore. Il ne faiblira pas et ne se découragera pas, jusqu’à ce qu’il ait transformé le désert en jardin, et le lieu aride en un paradis pour Dieu.
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