12. Le Chemin  vers le lieu Très Saint

12. Le Chemin vers le lieu Très Saint

Chap: 12 - Une aide opportune et nécessaire - Besoin! Temps de besoin! Chaque heure que nous vivons est une heure de besoin ; et nous sommes le plus en sécurité, le plus heureux aussi, lorsque nous ressentons profondément ce besoin. 

« Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins » (Hébreux 4.16).

Si quelquun dit : « Je suis riche, je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien », il est en réalité dans la plus grande pauvreté. Mais lorsque nous reconnaissons que nous sommes malheureux, misérables, pauvres, aveugles et nus, alors déjà le Voyageur divin se tient sur le seuil, frappant à la porte (Apocalypse 3.17‑20). C’est lorsque la provision vient à manquer que le Roi de Cana remplit les vases jusqu’à les faire déborder.

Avez‑vous été convaincu de votre besoin? Si ce nest pas le cas, il est probable que vous vivrez et mourrez sans jamais entrevoir la richesse des provisions que Dieu a préparées pour y répondre. À quoi bon parler de mets somptueux à quelqu’un qui est déjà rassasié ?

Mais lorsque l’âme, pressée par la détresse, est conduite au bord du désespoir ; lorsque, comme les lépreux d’autrefois, nous disons : « Si nous songeons à entrer dans la ville, la famine est dans la ville, et nous y mourrons ; et si nous restons ici, nous mourrons également » (2 Rois 7.4), alors nous sommes tout près de découvrir les trésors qui nous attendent (2 Rois 7.8). Toutes les bénédictions spirituelles dans les lieux célestes Éphésiens 1.3), et tout ce qui concerne la vie et la piété (2 Pierre 1.3). Voilà pourquoi tant de chrétiens vivent des vies appauvries : ils n’ont jamais mesuré l’infinité de leur besoin, et ils ne se sont jamais saisis des ressources infinies qui sont pourtant à portée de main, comme des fruits lourds qui pendent aux branches d’un verger en automne.

Nos besoins sont doubles.

Nous avons besoin de miséricorde. C’est notre besoin premier. La miséricorde lorsque nous sommes au plus bas, oui, mais aussi lorsque nous sommes au meilleur de nous‑mêmes ; la miséricorde lorsque le couteau de l’émondage coupe profondément, oui, mais aussi lorsque nous sommes couverts de feuilles, de fleurs ou de fruits ; la miséricorde lorsque nous sommes brisés et affligés, oui, mais aussi lorsque nous nous tenons sur le pavement de saphir, au sommet de la montagne, pour parler avec Dieu.

Le plus grand saint ne peut subsister sans la miséricorde de Dieu, pas plus que les insectes d’un midi d’été ne peuvent vivre sans le soleil.

Nous avons aussi besoin de la grâce pour nous aider. Une aide pour traverser les vallées, et pour marcher sur les hauteurs où même le chamois peine à se tenir. Une aide pour souffrir, pour rester en paix, pour attendre, pour vaincre, pour faire fleurir un petit coin de jardin dans le grand champ de Dieu. Une aide pour vivre, et une aide pour mourir.

Tout cela se trouve au trône. Venez, allons‑y. Ce n’est pas le grand trône blanc du jugement, mais le trône de grâce, entouré d’un arc‑en‑ciel. « Non, jamais! », protestez‑vous. « Je suis un homme aux lèvres et au cœur impurs ; je n’ose pas paraître devant Celui devant qui les anges voilent leurs faces. Le feu de sa pureté éclatante jaillira sur moi, me flétrira, me consumera. J’ai peur, je tremble. Et même si je trouvais le courage d’y aller une fois, je ne pourrais jamais y retourner aussi souvent que j’en aurais besoin, ni demander les dons ordinaires nécessaires à la vie quotidienne ! »

« Silence, ô mon âme! » Tu peux t’approcher aussi souvent et aussi hardiment que tu le veux, car nous avons un grand Souverain Sacrificateur, qui a traversé les cieux, et non pas un qui soit incapable de compatir à nos faiblesses.

Un prêtre.

Au plus profond du cœur humain demeure un désir instinctif d’avoir un prêtre : quelqu’un qui soit médiateur, qui pose une main sur l’homme et l’autre sur Dieu, et qui se tienne entre les deux. L’esprit moqueur peut tourner ce besoin en dérision ; mais il ne pourrait pas plus l’éteindre qu’il n’éteindrait la faim du corps, la soif de vérité de l’intelligence, ou le besoin d’aimer du cœur. Aucune religion ne peut répondre aux aspirations les plus profondes de l’humanité si elle ne place pas au centre la présence d’un prêtre qui se tienne devant le trône de grâce, comme autrefois le prêtre se tenait devant le propitiatoire, figure visible de cette réalité sous la loi lévitique.

Une preuve frappante de ce profond désir humain d’avoir un prêtre se trouve dans le livre des Juges. Sur les hauteurs d’Éphraïm se dressait la demeure ancestrale d’une famille aisée, avec en son sein un sanctuaire privé. On y trouvait des « Téraphim », un éphod, des vêtements sacrés… mais pas de prêtre. Et rien ne pouvait compenser cette absence. Alors Mica dit à un Lévite qui passait par là : « Reste avec moi, sois pour moi un père et un prêtre » (Juges 17.10).

Le Lévite accepta sans difficulté, et Mica se réjouit : « Maintenant je sais que l’Éternel me fera du bien, puisque j’ai un Lévite pour prêtre » (v. 13).

Mais ce même besoin brûlait aussi dans le cœur d’un groupe de la tribu de Dan, en route pour s’installer dans une région éloignée. Eux aussi voulaient absolument un prêtre. Ainsi, tandis que six cents guerriers armés gardaient la porte, cinq hommes se glissèrent dans la cour, forcèrent l’entrée du petit sanctuaire, emportèrent les images et les objets sacrés, et persuadèrent le prêtre ; en lui promettant un meilleur salaire ; de les suivre. Avant même que le vol ne soit découvert, toute la troupe était déjà loin.

Toutes les familles humaines ont suivi ce même schéma. Partout où elles ont bâti des maisons, elles ont aussi dressé un lieu sacré : wigwam, pagode, parthénon, temple flanqué d’un obélisque, cathédrale gothique inspirée de la forêt, oracle pétrifié en pierre. Et partout, elles ont choisi l’un des leurs, mis à part du travail ordinaire, consacré par des rites, pour servir d’intermédiaire : marcher dans le sanctuaire, intercéder en temps de famine, de peste ou de guerre, bénir les armes, recevoir le butin, offrir des sacrifices pour le péché et assurer le pardon.

Cette aspiration profonde était pleinement satisfaite dans la vénérable religion où avaient grandi ces chrétiens d’origine juive. Les fils d’Aaron étaient les prêtres d’Israël. Ils portaient des vêtements particuliers, mangeaient une nourriture particulière, vivaient dans des villes particulières. Tout était organisé pour souligner leur séparation et leur rôle dans les affaires spirituelles de la nation.

Pendant seize siècles, ce système avait dominé, entouré d’un respect sacré, enraciné dans la vie du peuple comme le lierre autour du chêne. On comprend combien il était difficile pour ces nouveaux croyants de s’en détacher, et d’embrasser une foi sans temple visible, sans cérémonial, sans prêtre.

Mais ici, nous découvrons que Jésus‑Christ est la réponse parfaite à ces aspirations instinctives, qui, à travers les siècles, cherchaient confusément leur accomplissement en lui. C’est le but de ces chapitres d’ouverture : par deux voies différentes, ils nous conduisent à la même conclusion. Deux colonnes majestueuses se dressent devant nous. La première, dans les chapitres 1 et 2, proclame : Christ supérieur aux    anges ; et son inscription affirme que Jésus, représentant de l’humanité, est entré dans les gloires promises par le Psaume 8. La seconde, dans les chapitres 3 et 4, proclame : Christ supérieur à Moïse ; et son inscription affirme que Jésus, notre représentant, est entré dans le repos de Dieu. Ces deux colonnes soutiennent un même chapiteau : le sacerdoce du Christ.

Les deux premiers chapitres s’achèvent en présentant un Souverain Sacrificateur miséricordieux et fidèle, qui fait l’expiation pour les péchés du peuple (2.17‑18).

Les deux suivants se concluent par les paroles que nous méditons : notre Grand Souverain Sacrificateur (4.14). Deux témoins confirment la même vérité.

Nous n’avons donc plus besoin de prêtres humains. Leur œuvre est achevée, leur fonction dépassée, leur rôle terminé. Revendiquer aujourd’hui un sacerdoce qui offrirait des sacrifices, donnerait l’absolution ou transmettrait une grâce sacramentelle, c’est s’avancer de manière sacrilège sur un terrain réservé au Fils de Dieu. Et, quels que soient le prestige ou l’intelligence de ceux qui prétendent à ces fonctions, ils doivent être résistés comme Azaria résista au roi Ozias : « Il ne t’appartient pas d’offrir l’encens à l’Éternel » (2 Chroniques 26.18), mais à Jésus, notre Grand Souverain Sacrificateur. « Sors du sanctuaire, car tu commets un péché ! Et cela ne tournera pas à ton honneur devant l'Eternel Dieu ».

Un souverain sacrificateur.

Un Sacrificateur des sacrificateurs, capable d’offrir le sacrifice non seulement pour le peuple, mais aussi pour tous les prêtres de sa maison ; et seul responsable des rites du grand jour de l’Expiation, lorsque tout autre sacrificateur était tenu à l’écart du Temple, tandis que le souverain sacrificateur, vêtu d’un simple vêtement blanc, accomplissait l’expiation pour ses propres péchés, ceux de sa famille et ceux de tout le peuple.

Nous avons été faits sacrificateurs pour Dieu ; mais notre sacerdoce consiste à offrir l’encens de la prière et de la louange, ainsi que le don de vies entièrement abandonnées. Nous n’avons aucune part dans l’expiation du péché ; et pourtant, nous en avons un besoin urgent. Non seulement pour nos fautes en tant que simples membres de l’assemblée, mais aussi pour celles que nous commettons, consciemment ou non, dans l’exercice même de notre service sacerdotal. Nos larmes de repentance doivent être purifiées par le sang de Jésus ; nos heures les plus saintes doivent être acceptées grâce à ses mérites ; notre service le plus noble nous condamnerait encore, sans son sacrifice expiatoire.

Un grand Souverain Sacrificateur.

Tous les autres souverains sacrificateurs lui étaient inférieurs. Il les dépasse autant qu’eux-mêmes surpassaient les prêtres ordinaires de leur époque. Mais sa grandeur va bien au‑delà encore. Il n’appartient pas à leur lignée : il relève d’un ordre plus ancien, plus vénérable, plus majestueux ; celui de ce personnage mystérieux à qui Abraham, le père d’Israël, donna la dîme et rendit hommage : « Déclaré par Dieu Souverain Sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek » (Hébreux 5.10).

Et plus encore : sa grandeur est celle du Fils de Dieu, compagnon et égal de la Divinité. Il est aussi grand que sa nature infinie, que la volonté divine et que l’idéal même de son ministère peuvent le rendre.

Passé à travers les cieux. Entre le lieu saint, où le prêtre accomplissait chaque jour son service, et le lieu très saint, interdit à tous sauf au souverain sacrificateur une fois l’an, était suspendu un voile bleu. Ce voile n’était‑il pas l’image même des cieux, œuvre des doigts de Dieu, qui se dressent entre notre regard mortel et les merveilles de sa présence?

  Une fois par an, le souverain sacrificateur traversait ce voile, portant le sang de propitiation, et l’aspergeait sur le propitiatoire. Dans cet acte solennel, il annonçait l’entrée de notre Seigneur dans la présence immédiate de Dieu, portant les marques de sa mort expiatoire, et prenant place comme notre Médiateur et Intercesseur ; celui en qui nous sommes représentés, et pour l’amour duquel nous sommes acceptés et aimés.

Touché par le sentiment de nos infirmités. Il hait le péché, mais il aime le pécheur. La mesure de sa haine pour le péché, c’est la croix ; la mesure de son amour pour le pécheur, c’est l’infini de sa nature. Et cet amour n’est pas une émotion vague ou lointaine : il est pratique, parce que toute la puissance de la tentation s’est déchaînée contre lui. Il serait trop long d’énumérer toutes les voies par lesquelles l’adversaire attaque nos âmes ; mais il n’existe pas un sens, pas une faculté, pas une capacité qui ne puisse devenir une porte ouverte à ses assauts. Par l’œil, par l’oreille, par la pensée, ses légions cherchent à entrer. Et pourtant, chose merveilleuse, notre Souverain Sacrificateur a été tenté en tous ces points, dans son corps, dans son âme, dans son esprit ; sans jamais faiblir, sans jamais vaciller, sans jamais éprouver le moindre désir de céder : « Le prince de ce monde vient, et il n’a rien en moi » (Jean 14.30).

Toutes ces expériences demeurent vivantes en lui ; et chaque fois que nous venons à lui, demandant miséricorde ou secours, il sait immédiatement combien nous en avons besoin, et où nous en avons besoin. Aussitôt, ses intercessions obtiennent pour nous, et ses mains nous accordent, la forme exacte de miséricorde ou de grâce qui convient à notre état. « Il est touché ». Son cœur compatissant est comme le centre nerveux d’un corps vivant : chaque frisson venu des membres les plus humbles et les plus éloignés y parvient instantanément, et en retour jaillit l’aide précise, la grâce nécessaire.

Oh, vivre en contact avec Christ ! Le toucher sans cesse, comme ces femmes autrefois touchaient le bord de son vêtement ; et recevoir des réponses rapides comme l’éclair, chargées de la vertu guérissante et salvatrice de Dieu (Marc 5.28).

 

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