10. Le Chemin  vers le lieu Très Saint

10. Le Chemin vers le lieu Très Saint

Chap: 10 - L’Évangile du repos - « Il reste donc un repos pour le peuple de Dieu » (Hébreux 4.9). La grande idée qui traverse tout ce chapitre est celle du repos. Dès le deuxième verset, ce repos est présenté comme un évangile, une bonne nouvelle.

Existe‑t‑il une bonne nouvelle plus urgente à annoncer en ces jours agités et épuisants, où notre époque semble courir vers sa fin, que l’Évangile du repos? Partout, nous entendons parler dhommes et de femmes forts, capables, utiles ; qui s’effondrent en pleine maturité sous les effets épuisants du travail intellectuel. Les tissus délicats du cerveau n’ont jamais été conçus pour supporter l’usure implacable de notre temps.

La nature humaine ne possède aucun mécanisme capable de réparer assez vite la dépense continuelle d’énergie nerveuse. Il n’est donc pas surprenant que les signes de fatigue mentale deviennent familiers à tant de travailleurs, comme des avertissements qui, s’ils ne sont pas pris au sérieux, conduisent à un effondrement terrible de l’esprit, du corps, ou des deux à la fois.

Et pourtant, ce n’est pas simplement que nous travaillons plus dur que nos ancêtres ; c’est surtout que nos vies sont envahies par une agitation, une irritation et une inquiétude bien plus grandes. La compétition est plus rude. La population est plus dense. Les esprits sont plus vifs, plus rapides. Les ressources de l’ingéniosité, de l’invention, de la créativité et de la production sont sollicitées de manière plus intense et plus constante. Et notre époque paraît si impitoyable, si centrée sur elle‑même. Si quelqu’un, isolé, trébuche et tombe, il est aussitôt piétiné dans la grande course en avant, ou abandonné à son sort.

La peur de voir fondre sur nous, comme des vautours surgissant de hauteurs inconnues, ceux qui guettent notre faiblesse, remplit nos cœurs d’une angoisse que nous appelons simplement le souci. Nous pourrions mieux supporter la pression du travail si seulement nous pouvions trouver un repos à l’abri de l’inquiétude, de l’anxiété, et de l’agitation de cette mer troublée qui ne connaît pas le calme, qui gémit autour de nous, ses vagues écumeuses prêtes à engloutir. Un tel repos existe‑t‑il vraiment? Ce chapitre affirme solennellement qu’un tel repos existe réellement : « Empressons‑nous donc d’entrer dans ce repos ». Mais de quel repos s’agit‑il? Le premier verset parle de son repos ; le troisième, de mon repos ; le quatrième, du repos de Dieu.

Et ce dernier verset cite la première page de la Bible, où il est dit que Dieu se reposa de toute l’œuvre qu’il avait accomplie. Lorsque nous revenons à cette scène fondatrice ; cette révélation du passé qui, à bien des égards, répond à l’apocalypse de l’avenir que nous donne l’apôtre Jean ; nous remarquons que, tandis qu’il est précisé pour chacun des autres jours de la création qu’il y eut un soir et un matin, rien de tel n’est dit pour le jour du repos de Dieu.

Aucune mention d’une aube, aucune mention d’une fin. Nous sommes donc amenés à comprendre que ce repos échappe au temps, qu’il ne dépend pas de la durée, qu’il est sans limite et éternel. Les siècles de l’histoire humaine ne sont que des heures dans le jour de repos de l’Éternel. En réalité, nous vivons nos années au sein même du sabbat de Dieu. Et plus encore : il semble que nous soyons invités à y entrer et à y participer, comme un enfant qui vit au bord d’un vaste lac tranquille et qui peut y plonger sa coupe, boire encore et encore, sans jamais diminuer la masse des eaux ni troubler leur surface.

Que signifie donc le repos de Dieu? Certainement pas un repos dû à la fatigue : « Il ne se fatigue point et ne se lasse point » (Ésaïe 40.28). Même après avoir déployé les cieux, posé les fondations de la terre, pesé montagnes et collines, et donné forme à une multitude innombrable de créatures, son inventivité restait aussi fraîche, son énergie aussi vive qu’au commencement. Ce n’est pas non plus un repos d’inactivité. « Mon Père travaille jusqu’à présent » (Jean 5.17), dit Jésus. « En lui nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17.28).

Il est vrai qu’il ne fait plus surgir, autant que nous le sachions, de nouveaux soleils, de nouveaux systèmes ou de nouvelles espèces. Mais sa puissance demeure constamment à l’œuvre : elle répare, renouvelle et soutient l’immense structure de l’univers. Aucun passereau ne tombe à terre sans qu’il le sache. Le cri du lionceau, le mugissement des bœufs dans les pâturages parviennent aussitôt à son attention : « Toutes choses subsistent en lui » (Colossiens 1.17).

Le repos de Dieu est donc celui d’une œuvre achevée.

Il s’est ceint pour accomplir l’œuvre particulière de la création, il a appelé à l’existence tout ce qui est ; et lorsque tout fut accompli, il déclara que cela était très bon, puis il se reposa de toute son œuvre qu’il avait créée et faite. C’est le repos de la satisfaction divine, de la joie parfaite, du contentement absolu. Comme s’il disait : « Cette création qui est mienne est exactement ce que je voulais qu’elle soit, complète et parfaite. Je suis pleinement satisfait ; il n’y a plus rien à ajouter ; tout cela est très bon ! »

Voici donc le repos auquel nous sommes invités à prendre part.

Il ne s’agit pas du lourd sommeil qui suit un travail exténuant, ni d’une inaction paresseuse. C’est un repos qui peut se vivre au cœur même d’une activité intense et d’un labeur exigeant ; un repos fait d’un équilibre juste entre ce que la vie dépense et ce qu’elle reçoit ; un repos où le cœur est satisfait ; une paix qui dépasse toute compréhension ; un repos où la volonté se dépose dans la volonté de Dieu ; un calme profond, semblable aux eaux tranquilles des profondeurs, que les tempêtes de surface ne parviennent pas à troubler, même lorsque les ouragans soulèvent des vagues puissantes. Ce repos tend les bras, depuis les siècles, vers les âmes fatiguées, leur offrant un refuge sûr au milieu des tempêtes de l’existence.

Mais peut‑on être certain que ce repos n’a pas déjà été atteint, puis épuisé, par les hommes? Ce passage répond entièrement à cette question. Le sabbat, dabord, na pas accompli ce repos (v. 3). Nous ne saurions trop estimer son rôle. Sa loi est inscrite non seulement dans l’Écriture, mais dans la nature humaine elle‑même. Les révolutionnaires français, malgré leur impiété, ont découvert quils ne pouvaient remplacer la semaine par la décade, ni le rythme dun jour sur sept par celui dun jour sur dix. Comme un ange serviteur, le sabbat apaise la monotonie du travail, ralentit la lourde mécanique de la vie, et répand son charme de repos. Mais il demeure trop fragile, trop passager pour réaliser pleinement le repos de Dieu. Il peut en être le signe, mais non l’accomplissement. En réalité, il fut brisé par la rébellion humaine presque aussitôt après que Dieu l’eut sanctifié et mis à part.

Canaan non plus n’a pas réalisé ce repos (v. 8).

La terre promise fut certes un immense soulagement après les marches et les privations du désert. Mais ce repos fut sans cesse interrompu, puis finalement brisé lors de la captivité, comme les reflets paisibles des montagnes sur un lac sont brisés par une averse de grêle. De plus, dans le livre des Psaumes ; écrit quatre siècles après que Josué eut fait traverser le Jourdain au peuple ; l’Esprit Saint, par la voix de David, annonce encore un repos à venir (Psaume 95.7).

Ainsi donc, si ni le sabbat ni Canaan n’ont accompli le repos de Dieu, c’est qu’il demeure encore intact, non épuisé, attendant pour nous et pour tout le peuple de Dieu. « Il reste donc », toujours disponible, jamais consommé, « un repos sabbatique pour le peuple de Dieu ».

Il existe encore une autre raison de croire que le repos de Dieu demeure inépuisable. Jésus, notre Précurseur et notre Représentant, y est entré pour nous. Le verset 10 l’affirme : « Celui qui est entré dans son repos » ; et qui cela pourrait‑il désigner, sinon notre grand Josué, Jésus le Seigneur? Lui aussi a cessé son œuvre, son œuvre de rédemption, tout comme Dieu a cessé la sienne après la création. Après l’acte créateur vint le sabbat, lorsque Dieu mit un terme à son œuvre et la déclara très     bonne ; de même, après l’acte rédempteur, vint le sabbat du Rédempteur.

Il se reposa le septième jour dans le tombeau de Joseph, non parce qu’il était épuisé ou inactif, mais parce que la rédemption était accomplie, et qu’il n’y avait plus rien à ajouter. Puis il s’est assis à la droite de la Majesté dans les lieux très hauts ; et cette position glorieuse n’est ni un signe de fatigue ni d’oisiveté. Il vit toujours pour intercéder. Il œuvre avec ses serviteurs, confirmant leur témoignage par des signes. Il marche au milieu des sept chandeliers d’or. Et pourtant, il se repose comme un homme qui, quittant un instant sa vie ordinaire pour accomplir un grand acte de libération, revient ensuite à son activité habituelle, le cœur rempli de joie et de satisfaction parce que l’œuvre essentielle est faite.

Ce repos n’appartient pas au Christ seul. Il est aussi pour nous, qui sommes unis à lui pour toujours dans sa vie glorieuse. Dans la pensée et le dessein de Dieu, nous avons été ressuscités avec lui ; nous avons été placés avec lui dans les lieux célestes. Ainsi, en Jésus, nous sommes déjà introduits dans le repos de Dieu, et il ne nous reste qu’à nous l’approprier par une foi vivante.

Voici comment nous pouvons réellement entrer dans le repos de Dieu et en goûter la paix au quotidien.

D’abord, il nous faut vouloir la volonté de Dieu. Tant que la volonté de Dieu ; qu’elle nous parvienne par l’Écriture ou par les circonstances ; va dans un sens et que la nôtre s’obstine dans un autre, le repos nous échappe. Peut‑on imaginer la paix dans une maison où les enfants se révoltent sans cesse contre l’autorité de leurs parents? À plus forte raison, comment pourrions‑nous être dans le repos si nous nourrissons un esprit de résistance, de contestation, dinsubordination envers la volonté de Dieu? Sa volonté doit être faite sur la terre comme au ciel.

Nul ne peut arrêter sa main ni lui dire : « Que fais‑tu? » Elle s’accomplira, avec nous ou malgré nous. Si nous nous y opposons, le joug que nous refusons ne fera que blesser davantage notre nuque, et pourtant nous devrons le porter. Il est donc infiniment plus sage de nous y soumettre humblement, de nous placer sous sa main puissante, et de dire avec Christ : « Non pas ma volonté, mais la tienne » (Luc 22.42).

Celui qui a appris ce secret ; dire un « oui » constant à Dieu, laisser sa vie devenir une mélodie dont le thème est « Oui, Père », suivre la volonté divine comme la fumée suit le vent d’automne ; celui‑là trouve le repos pour son âme.

Ensuite, nous devons accepter l’œuvre achevée de Christ.

Il a cessé son œuvre de rédemption parce qu’il n’y avait plus rien à accomplir. Nos péchés, et ceux du monde entier, ont été ôtés. La puissance de l’ennemi a été brisée. La porte du ciel est ouverte à quiconque croit. Tout est achevé, et c’est très bon. Cessons donc nos propres œuvres. Ne vivons plus comme si nous devions, par nos larmes, nos prières ou nos efforts, nous rendre acceptables à Dieu. Pourquoi vouloir ajouter un point à un vêtement déjà terminé, ou tracer un trait supplémentaire sur un acte de pardon déjà signé et scellé? Nous navons aucune raison d’être anxieux quant à la suffisance dune œuvre accomplie par Dieu lui‑même. Apaisons nos craintes en nous rappelant que ce qui satisfait Christ, notre Sauveur et notre Chef, peut bien nous satisfaire. Osons nous tenir dans la présence de Dieu sans le moindre trouble, grâce au sacrifice parfait du Calvaire. Faisons taire toute inquiétude en nous souvenant du cri de la croix et du témoignage silencieux du tombeau vide.

Enfin, nous devons faire confiance aux soins de notre Père : « Déchargez‑vous sur lui de tous vos soucis, car lui‑même prend soin de vous » (1 Pierre 5.7). Les soucis nous envahissent parfois comme un torrent qui emporte tout, parfois comme un goutte‑à‑goutte incessant qui use la pierre. Nous craignons de tomber un jour sous la main de Saül, de manquer de pain, de finir nos jours dans un hospice, de ne pas surmonter les difficultés qui s’annoncent.

Soucis du foyer, soucis de famille, soucis du travail ; soucis liés aux enfants, aux serviteurs, à l’argent ; soucis écrasants, ou soucis minuscules mais innombrables, bourdonnant autour de l’âme comme un essaim de moucherons un jour d’été… Quel repos peut trouver une âme ainsi assiégée?

Mais lorsque nous apprenons enfin à vivre par la foi, croyant que notre Père nous aime, qu’il ne nous oubliera jamais, qu’il s’est engagé à pourvoir à tous nos besoins. Lorsque nous prenons l’habitude sainte de tout lui dire, de tout lui remettre dès que la moindre ombre se pose sur notre cœur. Lorsque nous recevons l’insulte, la contrariété, l’interruption, d’où qu’elles viennent, comme permises par lui, et donc comme faisant partie de sa volonté bienveillante pour nous, alors nous avons découvert le secret de l’Évangile du repos.

Nous devons suivre la direction de notre Berger : « Nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » (v. 3). Le chemin est parfois obscur ; le sentier de montagne disparaît souvent sous les brumes épaisses qui couvrent les collines et les hauteurs ; nous ne distinguons presque pas le pas suivant. Mais notre Guide divin, lui, sait. Celui qui a parcouru les chemins de cette terre marche, invisible, à nos côtés.

Le bouclier de sa protection nous enveloppe entièrement, et sa voix, douce et limpide, murmure la paix. Pourquoi aurions‑nous peur? Celui qui nous touche, touche son épouse, son peuple racheté, la prunelle de ses yeux. Nous pouvons donc nous abandonner à la confiance et renoncer à la crainte.

Même si les montagnes venaient à s’éloigner, même si les collines chancelaient, sa bonté ne se retirera pas de nous, et l’alliance de sa paix ne sera jamais ébranlée. Et au cœur de la tempête, dans l’obscurité, sous les assauts de nos ennemis, nous l’entendrons encore nous apaiser par le doux refrain de sa propre berceuse de repos :

« Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde » (Jean 16.33).

 

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