5. Moins de l’homme, plus de Dieu

5. Moins de l’homme, plus de Dieu

Chap: 4 - Christ doit grandir et l’homme diminuer - Tout commence quand le disciple, édifié par le Saint-Esprit, cesse enfin de dire : « Regardez-moi ! », et commence à dire : « Voici l’Agneau de Dieu ! » (Jean 1 v. 29).

« Il faut qu’il croisse, et que je diminue » (Jean 3 v. 30). Tel est le moyen que Dieu donne pour établir le Seigneur Jésus-Christ ; cette parole révèle le moyen divin par lequel Dieu établit pleinement la seigneurie de Jésus-Christ dans le cœur des croyants dans le monde.

Dieu ne choisit pas de manifester la gloire de son Fils par des démonstrations de force humaine, mais par le chemin de l’abaissement. Philippiens 2 nous le rappelle : « Il s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur… c’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé ». Ce dépouillement volontaire est la clé de l’exaltation divine. Le Christ n’a pas cherché à s’imposer par la puissance visible, mais à se livrer dans l’humilité, jusqu’à la croix, afin que la gloire de Dieu se révèle dans la résurrection. C’est une loi spirituelle immuable : là où l’homme diminue, Dieu peut croître. Là où le moi s’efface, le Christ peut régner. L’abaissement n’est donc pas une perte, mais le chemin de la véritable élévation. C’est dans la faiblesse assumée que la puissance de Dieu se déploie, et c’est dans l’humilité que la gloire du Christ se manifeste.

« T. Austin-Sparks » écrivait : « Le ministère véritable commence là où l’homme cesse d’être le centre. Le disciple n’est pas appelé à briller, mais à s’effacer pour que Christ soit vu ! »

Le verset de Jean 3 v. 30 : « Il faut qu'il croisse, et que je diminue », résume, en quelques mots l’essence même de l’esprit des prophètes et de la vie chrétienne. Prononcées par Jean-Baptiste, ces paroles marquent un tournant décisif dans une vie : son propre ministère devait s’effacer pour laisser toute la place à Jésus-Christ. Elles résonnent comme une règle universelle pour tout serviteur de Dieu, pour tout disciple, pour toute mère de famille, hier comme aujourd’hui : la gloire du Seigneur doit grandir, tandis que l’égo, l’ambition, et même l’influence personnelle doivent s’effacer.

L’Esprit Saint ne parle pas pour faire entendre les pensées des hommes, mais pour transmettre celles de Dieu. La Pentecôte n’a pas été donnée pour que l’homme soit exalté avec tous ses systèmes religieux, mais pour que Christ soit vu à travers lui.

« Charles Spurgeon » disait que « Jean ne se retire pas avec tristesse, mais avec joie. Il voit le Soleil se lever et se réjouit que son étoile pâlisse pour passer ! »

Dans un monde saturé par la recherche de visibilité, de reconnaissance et d’influence, cette phrase résonne comme une révolution silencieuse :  

« Bible et Foi » : « Le disciple n’est pas appelé à briller, mais à s’effacer pour que Christ soit vu. Tel le chandelier, sa mission est de porter la lumière, non d’être la lumière ! »

Elle renverse toutes les logiques humaines et établit une loi spirituelle immuable : la vie chrétienne n’est pas une scène de théâtre, mais un autel. Le théâtre « pharisaïque » est le domaine de l’apparence, de la mise en scène, du costume et du masque, tout cela est mensonge et attire les regards sur soi. Il peut séduire, émouvoir, captiver, mais il ne pourra jamais transformer un cœur.

Jésus a qualifié les pharisiens d’hypocrites à plusieurs reprises dans les Évangiles. Il dénonçait leur apparence religieuse extérieure, leur attachement aux traditions humaines, et leur manque de justice, de miséricorde et de fidélité intérieure : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Vous nettoyez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur, ils sont pleins de rapine et d’intempérance » (Matthieu 23 v. 25).

Dans ce chapitre, Jésus utilise plusieurs fois l’expression « malheur à vous » pour souligner leur duplicité : ils enseignaient la loi mais ne la vivaient pas, ils imposaient des fardeaux aux autres sans les porter eux-mêmes, et ils cherchaient les honneurs plutôt que la vérité.

Tout commence quand le disciple, édifié par le Saint-Esprit, cesse enfin de dire : « Regardez-moi ! », et commence à dire : « Voici l’Agneau de Dieu ! » (Jean 1 v. 29). Comme Jean-Baptiste, il se retire avec joie, car il sait que sa mission est accomplie lorsque Christ est exalté.

Ce passage du « moi » à Christ est le fruit d’une œuvre profonde, silencieuse et sanctifiante, où l’ego spirituel est brisé pour que la gloire du Fils soit révélée. Au commencement, le croyant peut être animé d’un zèle sincère mais encore centré sur lui-même, cherchant à démontrer sa foi, à prouver sa transformation, à être vu comme un modèle.

Mais cette posture, bien que parfois noble en apparence, détourne les regards de Celui qui seul mérite l’adoration : « Il ne faut pas qu'il soit un nouveau converti, de peur qu'enflé d'orgueil il ne tombe sous le jugement du diable » (1 Timothée 3 v. 6).

Le prophète Ésaïe l’affirme sans détour : « Je suis l’Éternel, c’est là mon nom ; et je ne donnerai ma gloire à aucun autre » (Ésaïe 42 v. 8).

« Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est Jésus-Christ le Seigneur que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus » (2 Corinthiens 4 v. 5). Ce verset est une autre déclaration limpide, presque tranchante, de l’apôtre Paul. Il trace une frontière nette entre le ministère centré sur soi et celui centré sur Christ. Il ne s’agit pas d’un simple choix de style ou de méthode, mais d’une posture spirituelle fondamentale.

Moïse, élevé à la cour de Pharaon, formé dans les arts et la puissance de l’Égypte, était : « puissant en paroles et en œuvres » (Actes 7 v. 22). Il aurait pu devenir un homme de scène, un libérateur glorieux selon les standards humains. Mais Dieu l’a conduit dans le désert, loin des regards, pour le briser, le dépouiller, le transformer. Ce n’est qu’après quarante ans d’effacement qu’il est prêt à dire à son Dieu : « Qui suis-je, pour aller vers Pharaon ? » (Exode 3 v. 11). Quelle différence d’avec le Moïse du début.

Moïse ne se prêche pas lui-même, il n’impose pas sa propre vision au peuple. Il n’y a pas d’à-peu-près avec lui. Il devient un serviteur, un porte-parole, un canal sanctifié. Il ne cherche pas à être vu, mais à faire voir la puissance de Dieu. Lorsqu’il descend du Sinaï, son visage rayonne, non pas de sa propre gloire, mais de la présence de Dieu (Exode 34 v. 29). Il est devenu un miroir, non une source.

David, jeune berger devenu roi, aurait pu se glorifier de ses exploits : vainqueur de Goliath, chef militaire, poète inspiré. Mais son cœur est tourné vers Dieu.

Lorsqu’il danse devant l’arche, méprisé par Mical, il va lui répondre : « Je veux m’abaisser encore plus… et je serai vil à mes propres yeux » (2 Samuel 6 v. 22). David ne cherche pas à briller devant les hommes, mais à s’effacer devant Dieu. Dans ses psaumes, il ne se prêche jamais lui-même. Il dit : « Non pas à nous, Éternel, non pas à nous, mais à ton nom donne gloire » (Psaume 115 v. 1).

Christ est roi, mais il se fait serviteur. Il est célébré, mais il adore. Il est vu, mais il pointe vers Celui qui est invisible.

Pierre, au début, est l’image du disciple qui dit « Regardez-moi ! » : il marche sur l’eau, il parle le premier, il promet fidélité jusqu’à la mort.

Mais il tombe. Il renie. Il est brisé. Et c’est dans ce brisement que le Saint-Esprit l’édifie. À la Pentecôte, il ne parle plus de lui, il prêche Jésus-Christ crucifié et ressuscité (Actes 2 v. 22 à 36).

Plus tard, il écrit : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps convenable » (1 Pierre 5 v. 6). Pierre est passé de la scène à l’autel. Il ne cherche plus à être le premier, il devient un berger, un témoin, un serviteur. Il ne se prêche pas lui-même. Il dit : « Jésus-Christ est le Seigneur », exactement comme Paul dans 2 Corinthiens 4 v. 5.

Moïse, David, Pierre, trois hommes, trois appels, trois brisements. Tous ont commencé avec des forces humaines, des élans personnels, des désirs visibles. Mais tous ont été conduits à l’autel, là où le « moi » est consumé et où Dieu est glorifié. Ils ont cessé de dire « Regardez-moi ! », et ont commencé à dire, chacun à leur propre manière : « Voici l’Agneau de Dieu ! » Et chacun de proclamer, comme une alarme prophétique, comme une sentinelle sur les murailles, ce que le ciel veut faire entendre à la terre : « moins de l’homme pour plus de Dieu ! »

« Frederick B. Meyer » écrit : « Chaque diminution du moi est une invitation à la croissance de Jésus-Christ ! »

 

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