5. Fondamentaux bibliques (vol.3)

5. Fondamentaux bibliques (vol.3)

Chap: 3 - Réflexions sur la Sainte Cène (suite et fin) - L'institution de la Sainte Cène doit être considérée par tout homme spirituel comme une preuve particulièrement touchante de la grâce et de l'amour bienveillant du Seigneur pour son Église.    

Ayant traité ce qui, à mon sens, est de loin le point le plus important de notre sujet, je vais maintenant examiner les circonstances de l'institution de la Sainte Cène. Celles-ci furent particulièrement solennelles et émouvantes.

Les circonstances de son institution

Le Seigneur était sur le point d'entrer dans un terrible combat contre toutes les puissances des ténèbres, d'affronter toute l'inimitié mortelle des hommes et de vider jusqu'à la lie la coupe de la juste colère de l'Éternel contre le péché. Un lendemain terrible l'attendait, le plus terrible qu'un homme ou un ange ait pu connaitre.

Pourtant, malgré tout cela, nous lisons que « dans la nuit où il fut livré, il prit du pain » (1 Corinthiens 11.23). Quel amour désintéressé ! Cette même nuit ; la nuit de sa profonde tristesse, la nuit de son agonie et de sa sueur de sang, la nuit où il fut trahi par l'un, renié par l'autre et abandonné par tous ses disciples ; cette nuit-là même, le cœur aimant de Jésus était rempli de pensées pour son Église.

Cette nuit-là même, il institua la Sainte Cène. Il désigna le pain comme l'emblème de son corps brisé et le vin comme l'emblème de son sang versé ; et tels ils sont pour nous aujourd'hui, chaque fois que nous y prenons part, car la Parole nous assure que « toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne » (1 Corinthiens 11.26).

Tout ceci, pouvons-nous dire, confère une importance particulière et une solennité sacrée à la Cène du Seigneur ; et, de plus, nous donne une idée des conséquences de manger et de boire indignement.

Il est courant d'appliquer le terme « indignement », dans ce passage, aux personnes qui accomplissent l'acte, alors qu'il se rapporte en réalité à la manière de le faire. L'apôtre n'a jamais songé à remettre en question le christianisme des Corinthiens ; bien au contraire, dans l'introduction de son épître, il les désigne comme « l'Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en Jésus-Christ, appelés à être saints » (1 Corinthiens 1.2).

Comment aurait-il pu employer ce langage au premier chapitre et, au onzième, remettre en question la dignité de ces saints à participer à la Sainte Cène ? Impossible. Il les considérait comme des saints et, à ce titre, les exhortait à célébrer la Sainte Cène dignement. La question de la présence d'autres que de vrais chrétiens n'est jamais soulevée ; il est donc absolument impossible que le mot « indignement » puisse s'appliquer aux personnes. Il s'applique uniquement à la manière. Les personnes étaient dignes, mais leur manière ne l'était pas ; et ils étaient appelés, en tant que saints, à s'examiner eux-mêmes quant à leur conduite, de peur que le Seigneur ne les juge personnellement, comme c'était déjà le cas.

En un mot, c'est en tant que vrais chrétiens qu'ils étaient appelés à s'examiner eux-mêmes. S'ils doutaient de cela, ils étaient totalement incapables de juger quoi que ce soit.

Je ne songe jamais à demander à mon enfant de juger s'il est mon enfant ou non ; mais j'attends de lui qu'il juge lui-même ses habitudes ; sinon, s'il ne le fait pas, je devrai peut-être, par la réprimande, faire ce qu'il devrait faire par son propre jugement. C'est parce que je le considère comme mon enfant que je ne lui permets pas de s'asseoir à ma table avec des vêtements sales et des manières désordonnées.

La voix que l'ordonnance fait résonner à l'oreille attentive est toujours la même. Le pain et le vin sont des symboles profondément significatifs : le blé broyé et le raisin pressé, unis pour apporter force et joie au cœur.

Non seulement ils sont significatifs en eux-mêmes, mais ils doivent aussi être utilisés lors de la Sainte Cène, car ils sont les emblèmes mêmes que le Seigneur a institués la veille de sa crucifixion. Ainsi, la foi peut contempler le Seigneur Jésus présidant à sa propre table, le voir prendre le pain et le vin, et l'entendre dire :

« Prenez, mangez, ceci est mon corps » (Matthieu 26.26) ; et encore, à propos de la coupe : « Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés » (Matthieu 26.27-28).

En un mot, cette ordonnance ramène l'âme à la nuit mémorable déjà évoquée. Elle nous rappelle la réalité de la croix et de la passion de l'Agneau de Dieu, dans lesquelles nos âmes peuvent trouver le repos et la joie. Et elle nous rappelle, de la manière la plus saisissante, l'amour désintéressé et le dévouement pur de Celui qui, alors que le Calvaire projetait son ombre obscure sur son chemin et que la coupe de la juste colère de l'Éternel contre le péché se remplissait pour lui, a néanmoins pu s'occuper de nous et instituer une fête qui devait être, à la fois, l'expression de notre lien avec lui et avec tous les membres de son corps.

Ne pouvons-nous pas en déduire que le Saint-Esprit a employé l'expression « dans la nuit » afin de remédier aux désordres qui régnaient dans l'Église de Corinthe ? N'y avait-il pas une sévère réprimande adressée à l'égoïsme de ceux qui prenaient « leur propre repas » (1 Corinthiens 11.21), lorsque l'Esprit faisait référence à la nuit même où le Seigneur du festin fut trahi ?

Sans aucun doute. L'égoïsme peut-il coexister avec la croix ? Peut-on se laisser aller à des pensées concernant nos propres intérêts ou notre propre satisfaction en présence de Celui qui s'est sacrifié pour nous ? Certainement pas. Pourrions-nous mépriser sans cœur et délibérément l'Église de Dieu, pourrions-nous offenser ou exclure des membres bien-aimés du troupeau du Christ, tout en contemplant cette croix sur laquelle le Berger du troupeau, la Tête du corps, a été crucifié ? Ah, non !

Que les croyants restent près de la croix, qu'ils retiennent « cette même nuit », qu'ils gardent à l'esprit le corps brisé et le sang versé du Seigneur Jésus-Christ, et bientôt l'hérésie, le schisme et l'égoïsme prendront fin.

Le lecteur gardera à l'esprit que ce texte n'aborde pas la question de la discipline biblique. Il se peut que de nombreux membres du troupeau du Christ ne puissent être reçus dans l'assemblée terrestre, car ils pourraient être influencés par de fausses doctrines ou de mauvaises pratiques. Cependant, même si nous ne pouvons les recevoir, nous ne remettons aucunement en question leur inscription dans le livre de vie de l'Agneau. Cela ne relève ni du domaine ni de la prérogative de l'Église de Dieu.

« Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent ; et : Quiconque prononce le nom du Seigneur, qu'il s'éloigne de l'iniquité » (2 Timothée 2.19).

Si seulement nous pouvions nous souvenir que le Seigneur lui-même préside à la table, distribuant le pain et le vin ; si nous pouvions l'entendre dire : « Prenez cette coupe, et distribuez-la entre vous » (Luc 22.17), nous serions mieux à même d'accueillir tous nos frères et sœurs sur le seul fondement chrétien de communion que Dieu puisse reconnaître.

En un mot, la personne du Christ est le centre de l'union selon Dieu : « Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi » (Jean 12.32). Chaque croyant peut entendre son Maître béni parler du haut de la croix et dire de ses frères et sœurs : « Voici tes frères et tes sœurs ». Et, en vérité, si nous pouvions entendre distinctement cela, nous agirions, dans une certaine mesure, comme le disciple bien-aimé a agi envers la mère de Jésus ; nos cœurs et nos foyers seraient ouverts à tous ceux qui nous ont été ainsi confiés.

La parole est : « Accueillez-vous les uns les autres, comme Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu » (Romains 15.7).

Un autre point mérite d'être souligné concernant les circonstances de l'institution de la Sainte Cène : son lien avec la Pâque juive.

« Le jour des pains sans levain, où l'on devait immoler la Pâque, arriva, et Jésus envoya Pierre et Jean, en disant : Allez nous préparer la Pâque, afin que nous la mangions... L'heure étant venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. Il leur dit : J'ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir ; car, je vous le dis, je ne la mangerai plus, jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu.

Et, ayant pris une coupe et rendu grâces, il dit : Prenez cette coupe, et distribuez-la entre vous ; car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu » (Luc 22.7-18).

La Pâque était, comme nous le savons, la grande fête d'Israël, célébrée pour la première fois la nuit mémorable de leur délivrance de l'esclavage en Égypte. Quant à son lien avec la Cène, il réside dans le fait qu'elle préfigurait ce dont la Cène est le mémorial. La Pâque annonçait la croix ; la Cène y fait référence.

Mais Israël n'était plus moralement en mesure de célébrer la Pâque conformément à la volonté divine ; et le Seigneur Jésus, lors de l'événement mentionné plus haut, conduisait ses apôtres loin des traditions juives vers un nouvel ordre de choses. Il ne s'agissait plus de sacrifier un agneau, mais de rompre le pain et de boire du vin en souvenir d'un sacrifice accompli une fois pour toutes, dont l'efficacité serait éternelle.

Ceux qui restent attachés aux ordonnances juives peuvent encore rechercher, d'une manière ou d'une autre, la répétition périodique d'un sacrifice ou d'un rite les rapprochant de Dieu.

L'Église de Rome s'est tellement éloignée de la vérité révélée par la Sainte Cène, qu'elle prétend offrir, lors de la messe, « un sacrifice sans effusion de sang pour les péchés des vivants et des morts ». Or, il est enseigné que « sans effusion de sang il n'y a pas de pardon » (Hébreux 9.22). Par conséquent, l'Église de Rome n'offre aucun pardon des péchés à ses fidèles. Elle les prive de cette précieuse réalité et, à la place, leur propose une chose anormale et totalement contraire aux Écritures, appelée « sacrifice sans effusion de sang, ou messe ».

Ce sacrifice, qui, selon sa propre pratique et le témoignage d'Hébreux 9.22, ne peut jamais ôter le péché, elle l'offre jour après jour, semaine après semaine et année après année. Un sacrifice sans effusion de sang est nécessairement, si l'Écriture est vraie, un sacrifice sans pardon. Ainsi, le sacrifice de la messe est un voile dressé par le diable, par l'intermédiaire de Rome, pour dissimuler au pécheur le glorieux sacrifice du Christ, offert une fois pour toutes et dont l'efficacité demeure à jamais : « Christ, étant ressuscité des morts, ne meurt plus ; la mort n'a plus de pouvoir sur lui » (Romains 6.9).

Chaque nouvelle messe ne fait que confirmer l'inefficacité des sacrifices précédents, si bien que Rome ne fait que tromper le pécheur avec une ombre vide. Mais elle est constante dans sa perversité, car elle refuse la coupe aux fidèles et enseigne à ses membres qu'ils ont le corps et le sang du Christ dans l'hostie.

Or, si le sang est encore dans le corps, il n'est manifestement pas versé, et nous en revenons à cette sombre conclusion : « sans effusion de sang il n'y a pas de pardon » (Hébreux 9.22). Combien l'institution précieuse et vivifiante de la Sainte Cène, telle qu'elle nous est présentée dans le Nouveau Testament, est différente ! On y trouve le pain rompu et le vin répandu, symboles éloquents d'un corps brisé et d'un sang versé. Le vin n'est pas dans le pain, car le sang n'est pas dans le corps ; s'il l'était, il n'y aurait « point de pardon ».

En un mot, la Sainte Cène est le mémorial distinct d'un sacrifice éternellement accompli ; et nul ne peut y communier avec intelligence et puissance, si ce n'est celui qui connaît la pleine rémission des péchés.

Il ne s'agit pas pour nous de faire de la connaissance du pardon une condition de communion, car beaucoup d'enfants de Dieu, à cause d'un mauvais enseignement ou d'autres raisons, ignorent la parfaite rémission des péchés. Les exclure pour ce motif reviendrait à faire de la connaissance une condition de communion, au lieu de la vie et de l'obéissance. Cependant, si je ne sais pas par expérience que la rédemption est une réalité accomplie, je ne verrai que peu de sens dans les symboles du pain et du vin et, de plus, je risque fort d'attribuer aux symboles une forme d'efficacité qui n'appartient qu'à la grande réalité qu'ils désignent.

Certains pensent que lors de la Sainte Cène, l'âme conclut ou renouvelle une alliance avec Dieu, ignorant que si nous entrions en alliance avec lui, nous serions inévitablement voués à la ruine ; car la seule issue possible d'une alliance entre Dieu et l'homme est la défaillance de l'une des parties, l'homme, et le jugement qui s'ensuit.

Dieu merci, il n'existe aucune alliance avec nous. Le pain et le vin, lors de la Cène, révèlent une vérité profonde et merveilleuse : ils témoignent du corps brisé et du sang versé de l'Agneau de Dieu ; l'Agneau pourvu par Dieu lui-même. Ici, l'âme peut trouver la paix et la sérénité parfaites ; c'est la nouvelle alliance en le sang du Christ, et non une alliance entre Dieu et l'homme.

L'alliance de l'homme avait manifestement échoué, et le Seigneur Jésus dut laisser passer devant lui la coupe du fruit de la vigne, symbole de joie sur la terre. La terre n'avait aucune joie pour lui, Israël était devenu « le plant dégénéré d'une vigne étrangère » (Jérémie 2.21). C'est pourquoi il lui suffit de dire : « Je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu » (Luc 22.18).

Une longue et sombre période allait s'écouler pour Israël avant que son roi ne puisse se réjouir de sa situation morale ; mais durant ce temps, l'Église de Dieu devait « célébrer la fête » (1 Corinthiens 5.8) des pains sans levain, dans toute sa puissance et sa signification morales, en rejetant « le vieux levain de la malice et de la méchanceté » (1 Corinthiens 5.8), comme fruit de la communion avec Celui dont le sang purifie de tout péché.

Cependant, l'institution de la Sainte Cène immédiatement après la Pâque, nous enseigne un principe de vérité précieux : le destin de l'Église et d'Israël est indissociablement lié à la croix du Seigneur Jésus-Christ. Certes, l'Église occupe une place plus élevée, voire une identification avec son Chef ressuscité et glorifié ; pourtant, tout repose sur la croix.

C'est sur la croix que la gerbe de blé pur fut broyée, et que le jus de la vigne vivante fut pressé, par la main même de l'Éternel, pour apporter force et joie au cœur de son peuple, céleste et terrestre, pour toujours. Le Prince de la Vie prit de la main juste de l'Éternel la coupe de la colère, la coupe de la terreur, et la vida jusqu'à la lie, afin de mettre entre les mains de son peuple la coupe du salut. La coupe de l'amour ineffable de Dieu pour qu'ils boivent et oublient leur pauvreté, et ne se souviennent plus de leur misère.

La Sainte Cène exprime tout cela. Là, le Seigneur préside ; là, les rachetés doivent se réunir dans une sainte communion et un amour fraternel, pour manger et boire devant le Seigneur. Et ce faisant, ils peuvent se remémorer la nuit de profonde tristesse de leur Maître et se projeter vers son jour de gloire, ce « matin sans nuages » (2 Samuel 23.4), où « il viendra pour être glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thessaloniciens 1.10).

Les personnes auxquelles elle était destinée

Nous allons maintenant examiner, en troisième lieu, les personnes pour lesquelles et à qui seules la Sainte Cène a été instituée. La Sainte Cène a donc été instituée pour l'Église de Dieu, la famille des rachetés. Tous les membres de cette famille doivent y participer ; car nul ne peut s'en absenter sans se rendre coupable de désobéissance au commandement clair du Christ et de son apôtre inspiré. Cette désobéissance entraîne un déclin spirituel certain et un échec total du témoignage pour le Christ.

De telles conséquences ne sont toutefois que le fruit d'une absence volontaire à la table du Seigneur. Il existe des circonstances qui, dans certains cas, peuvent constituer un obstacle insurmontable, même avec le désir le plus ardent d'assister à la célébration de cette ordonnance, comme c'est toujours le cas pour toute personne spirituelle. Mais nous pouvons affirmer, comme un principe de vérité immuable, que nul ne peut progresser dans la vie divine s'il s'abstient volontairement de la table du Seigneur.

« Toute l'assemblée d'Israël » reçut l'ordre de célébrer la Pâque (Exode 12). Aucun membre de l'assemblée ne pouvait être absent impunément : « Si quelqu'un est pur et n'est pas en voyage, et qu'il s'abstienne de célébrer la Pâque, celui-là sera retranché de son peuple ; parce qu'il n'a pas présenté l'offrande de l'Éternel au temps fixé, cet homme-là portera la peine de son péché » (Nombres 9.13).

J'estime qu'il serait d'un grand secours à la cause de la vérité et qu'il servirait les intérêts de l'Église de Dieu si l'on pouvait susciter un intérêt pour ce sujet important. Il y a trop de légèreté et d'indifférence chez les chrétiens quant à leur présence à la table du Seigneur ; et là où il y a de l'indifférence, il y a une réticence due à une conception imparfaite de la justification.

Or, ces deux obstacles, bien que si différents par leur nature, proviennent d'une même source : l'égoïsme. Celui qui est indifférent à la question laissera égoïstement des circonstances insignifiantes l'empêcher d'y assister ; il sera freiné par des arrangements familiaux, le goût du confort personnel, le mauvais temps, des maux physiques bénins, voire, comme c'est souvent le cas, imaginaires ; autant de choses qu'il néglige ou qu'il considère comme insignifiantes lorsqu'il s'agit d'obtenir un avantage matériel.

Combien de fois arrive-t-il que des hommes, trop faibles spirituellement pour quitter leur foyer le jour du Seigneur, débordent d'énergie pour parcourir quelques kilomètres le lundi, afin d'acquérir un bien matériel ? Quelle tristesse de penser que le gain terrestre puisse exercer une influence plus forte sur le cœur du chrétien que la gloire du Christ et le bien de l'Église !

Car c'est ainsi que nous devons considérer la question de la Sainte Cène. Que ressentirions-nous, dans la gloire du Royaume à venir, si nous nous souvenions que, sur terre, une foire, un marché ou quelque autre chose de ce genre a accaparé notre temps et notre énergie, tandis que l'assemblée du peuple du Seigneur, autour de sa table, était négligée ?

Cher lecteur chrétien, si vous avez l'habitude de vous absenter de l'assemblée des chrétiens, je vous prie d'y réfléchir attentivement devant le Seigneur avant de vous en éloigner à nouveau. Méditez sur les effets néfastes de votre absence à tous égards.

Vous manquez à votre témoignage pour le Christ, vous blessez les âmes de vos frères et sœurs, et vous freinez votre propre progression en grâce et en connaissance. Ne croyez pas que vos actes soient sans influence sur toute l'Église de Dieu ; à cet instant précis, vous aidez ou nuisez à chaque membre de ce corps sur terre.

« Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Corinthiens 12.26).

Ce principe demeure vrai, malgré les nombreuses divisions qui existent au sein du christianisme. Bien plus, il est si divinement vrai qu'il n'y a pas un seul croyant sur terre qui n'agisse, soit pour aider, soit pour nuire au corps du Christ.

Et si le principe déjà énoncé ; à savoir que l'assemblée des chrétiens et la fraction du pain, en tout lieu, sont ou devraient être l'expression de l'unité de tout le corps du Christ est fondé ; vous ne pouvez ignorer qu'en vous absentant de cette assemblée ou en refusant de participer à l'expression de cette unité, vous portez un grave préjudice à tous vos frères et sœurs, ainsi qu'à votre propre âme.

Je vous prie de porter ces considérations à votre cœur et à votre conscience, au nom du Seigneur, et de compter sur Lui pour qu'elles vous inspirent.

Je ne me sens responsable de me présenter à l'assemblée que lorsqu'elle se réunit sur un fondement ecclésiastique légitime, c'est-à-dire celui établi dans le Nouveau Testament. On peut se rassembler et se dire Église de Dieu en n'importe quel lieu ; mais si l'on ne manifeste pas les caractéristiques et les principes de l'Église de Dieu, tels qu'ils sont exposés dans les Saintes Écritures, je ne peux les reconnaître.

Si l'on refuse, ou si l'on manque de force spirituelle, de discerner la mondanité, la sensualité ou les fausses doctrines, il est évident que l'on ne se trouve pas sur un fondement ecclésiastique légitime ; il ne s'agit que d'une simple fraternité religieuse, dont je ne suis nullement responsable devant Dieu. C'est pourquoi l'enfant de Dieu a besoin d'une grande force spirituelle et d'une soumission à la Parole pour pouvoir se frayer un chemin à travers les méandres de l'Église de profession, en ces temps particulièrement difficiles et pervers.

Mais cette indifférence coupable et pernicieuse de l'esprit n'empêche pas seulement beaucoup de se présenter à la table du Seigneur ; une conception imparfaite de la justification produit le même résultat malheureux. Si la conscience n'est pas parfaitement purifiée, si l'on ne trouve pas un repos parfait dans le témoignage de Dieu concernant l'œuvre accomplie du Christ, on hésitera à participer à la Sainte Cène ou on la célébrera de manière irréfléchie.

Seuls ceux qui, par l'enseignement du Saint-Esprit, comprennent la valeur de la mort du Seigneur peuvent la manifester. Si je considère cette ordonnance comme un moyen de me rapprocher de Dieu ou d'obtenir une conscience plus claire de mon acceptation, il m'est impossible de l'observer correctement.

Je dois croire, comme l'Évangile me le commande, que tous mes péchés sont à jamais effacés, avant de pouvoir prendre place, avec une intelligence spirituelle suffisante, à la table du Seigneur. Si l'on n'envisage pas la question sous cet angle, la Sainte Cène ne peut être considérée que comme une étape vers l'autel de Dieu.

Or, la Loi nous enseigne à ne pas monter à l'autel par des marches, de peur que notre nudité ne soit découverte (Exode 20.26). Cela signifie que tout effort humain pour s'approcher de Dieu conduit inévitablement à la révélation de notre propre nudité.

Ainsi, nous voyons que si c'est l'indifférence qui empêche le chrétien d'être présent à la fraction du pain, cela est très coupable aux yeux de Dieu et très préjudiciable à ses frères et à lui-même. Et si c'est un sens imparfait de la justification qui l'en empêche, cela est non seulement injustifiable, mais aussi très déshonorant pour l'amour du Père, l'œuvre du Fils et le témoignage clair et sans équivoque du Saint-Esprit.

Mais il n'est pas rare d'entendre dire, même par ceux qui sont réputés pour leur spiritualité et leur intelligence : « Je ne retire aucun bénéfice spirituel à aller à l'assemblée ; je suis tout aussi heureux dans ma chambre à lire ma Bible ! »

Je leur demanderais avec affection : n'avons-nous d'autre but dans nos actions que notre propre bonheur ? L'obéissance au commandement de notre Seigneur ; un commandement donné « la nuit même où Il fut livré » ; n'est-elle pas un but bien plus élevé et plus noble que tout ce qui touche à nous-mêmes ?

S'Il désire que Son peuple se rassemble, en Son nom, dans le but précis d'annoncer Sa mort jusqu'à Son retour, refuserons-nous parce que nous nous sentons plus heureux chez nous ? Il nous dit d'y être ; nous répondons : « Nous sommes plus heureux à la maison ! » Notre bonheur est donc forcément fondé sur la désobéissance et, de ce fait, il est impur.

Il vaut bien mieux, s'il le faut, être malheureux sur le chemin de l'obéissance qu'heureux sur celui de la désobéissance. Mais je crois sincèrement que l'idée d'être plus heureux chez soi n'est qu'une illusion, et le sort de tous ceux qui s'y laissent prendre le prouvera.

Thomas aurait pu juger indifférent d'être présent avec les autres disciples, mais il dut se passer de la présence du Seigneur et attendre huit jours, jusqu'à ce que les disciples se réunissent le premier jour de la semaine, car c'est alors que le Seigneur daigna se révéler à son âme.

Il en sera de même pour ceux qui disent : « Nous sommes plus heureux chez nous qu'au sein de l'assemblée des croyants ! » ; ils seront assurément en retard en matière de connaissance et d'expérience. Oui, il sera bon qu'ils n'aient pas à subir le terrible malheur annoncé par le prophète : « Malheur au pasteur de néant, qui abandonne ses brebis ! Que l'épée tombe sur son bras et sur son œil droit ! Que son bras se dessèche, et que son œil droit s'éteigne ! » (Zacharie 11.17).

Et encore : « N'abandonnons pas notre assemblée, comme c'est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour. Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement et l'ardeur d'un feu qui dévorera les rebelles » (Hébreux 10.25-27).

Quant à l'objection fondée sur la stérilité et l'inutilité des assemblées chrétiennes, on remarquera généralement que la plus grande stérilité spirituelle se rencontre toujours chez une personne à la fois pointilleuse et plaintive ; et je ne doute pas que, si ceux qui se plaignent de l'inutilité des réunions et en tirent un argument pour rester chez eux passaient plus de temps en secret à attendre la bénédiction du Seigneur sur ces réunions, ils auraient une expérience bien différente.

Maintenant, après avoir montré, d'après l'Écriture, qui doit participer à la fraction du pain, nous allons examiner qui ne doit pas y participer. Sur ce point, l'Écriture est tout aussi claire. En un mot, nul ne doit être présent s'il n'est membre de la véritable Église de Dieu. La même loi qui ordonnait à toute l'assemblée d'Israël de célébrer la Pâque interdisait à tous les étrangers incirconcis d'y participer.

Et maintenant que « Christ, notre Pâque, a été immolé » (1 Corinthiens 5.7) pour nous, nul ne peut célébrer la fête qui doit se prolonger durant toute cette dispensation, ni rompre le pain ou boire le vin en véritable mémoire de lui, si ce n'est ceux qui connaissent les vertus purificatrices et guérissantes de son précieux sang. Manger et boire sans cette connaissance, c'est manger et boire indignement ; c'est manger et boire le jugement. Et, comme la femme du livre des Nombres (chapitre 5) qui but l'eau de la jalousie, c'est rendre la condamnation plus manifeste et plus solennelle encore.

Or, c'est en cela que la culpabilité de la chrétienté se manifeste tout particulièrement. En prenant la Sainte Cène, l'Église de profession, à l'instar de Judas, a mis sa main sur la table avec le Christ et l'a trahi ; elle a mangé avec lui et, en même temps, s'est dressée contre lui.

Quel sera son sort ? Le même que celui de Judas : « Après avoir pris le morceau, il sortit aussitôt. Il faisait nuit » (Jean 13.30). Et le Saint-Esprit ajoute avec une solennité terrible : « Il faisait nuit ».

Nuit terrible ! La plus forte expression de l'amour divin n'a suscité que la plus forte expression de la haine humaine. Il en sera de même pour l'Église de profession collectivement, et pour chaque faux croyant individuellement.

Et tous ceux qui, bien que baptisés au nom du Christ et assis à sa table, l'ont néanmoins trahi, se retrouveront finalement jetés dans les ténèbres extérieures, plongés dans une nuit qui ne verra jamais les rayons du matin, engloutis dans un abîme de souffrance sans fin et indicible.

Et même s'ils peuvent dire au Seigneur : « Nous avons mangé et bu devant toi, et tu as enseigné dans nos rues » (Luc 13.26), sa réponse solennelle et déchirante sera, tandis qu'il leur fermera la porte : « Je vous le dis, je ne sais d'où vous êtes ; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d'iniquité » (Luc 13.27).

Oh, mon lecteur, réfléchissez-y, je vous en prie ; et si vous êtes encore dans vos péchés, ne souillez pas la table du Seigneur par votre présence ; mais, au lieu d'y aller en hypocrite, rendez-vous au Calvaire comme un pauvre pécheur ruiné et coupable, et là recevez le pardon et la purification de Celui qui est mort pour sauver des gens comme vous.

Le moment et la manière de la célébrer

Ayant maintenant examiné, par la miséricorde du Seigneur, la nature de la Sainte Cène, les circonstances dans lesquelles elle a été instituée et les personnes auxquelles elle était destinée, je n'ajouterai qu'un mot sur ce que l'Écriture nous enseigne concernant le moment et la manière de sa célébration.

Bien que la Sainte Cène n'ait pas été instituée le premier jour de la semaine, Luc 24 et Actes 20 suffisent amplement à prouver, pour un esprit ouvert à la Parole, que c'est le jour où cette ordonnance doit être particulièrement observée.

Le Seigneur Jésus-Christ a rompu le pain avec ses disciples « le premier jour de la semaine » (Luc 24.30) ; et « le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain » (Actes 20.7).

Ces passages suffisent amplement à prouver que les disciples ne doivent pas se réunir une fois par mois, ni une fois tous les trois mois, ni même une fois tous les six mois, mais au moins une fois par semaine, et ce, le premier jour de la semaine.

Il est également évident que le premier jour de la semaine est moralement approprié pour la célébration de la Sainte Cène ; c'est le jour de la résurrection ; le jour de l'Église, par opposition au septième jour, qui était le jour d'Israël.

Et de même que, lors de l'institution de cette ordonnance, le Seigneur a éloigné ses disciples de toute chose juive en refusant de boire du fruit de la vigne, puis en instituant une autre ordonnance, de même, le jour où cette ordonnance devait être célébrée, nous observons le même contraste entre les choses célestes et terrestres.

C'est dans la puissance de la résurrection que nous pouvons justement manifester la mort du Seigneur. Le combat terminé, Melchisédek apporta du pain et du vin, et bénit Abraham au nom du Seigneur (Genèse 14.18-19). Ainsi, notre Melchisédek, une fois le combat terminé et la victoire acquise, ressuscita avec du pain et du vin, pour fortifier et réjouir le cœur de son peuple, et pour répandre sur lui la paix qu'il avait si chèrement acquise.

Si le premier jour de la semaine est bien celui où l'Écriture enseigne aux disciples à rompre le pain, il est clair que nul n'a le droit de modifier cette périodicité, la fixant par exemple à une fois par mois ou tous les six mois. Nous devons nous soumettre à l'Écriture avec la même rigueur quant au moment de célébrer cette ordonnance que pour tout autre point s'y rapportant.

Et je ne doute pas que, lorsque les sentiments sont vifs et fervents envers la personne du Seigneur, le chrétien désire célébrer sa mort aussi souvent que possible. En effet, il ressort du début des Actes des Apôtres que les disciples rompaient le pain chaque fois qu'ils se réunissaient. C'est ce que l'on peut déduire de l'expression « rompant le pain dans les maisons » (Actes 2.46).

Cependant, nous ne sommes pas tenus de nous fier à une simple déduction quant au choix du premier jour de la semaine comme jour de la communion des disciples ; cela nous est clairement enseigné, et nous en percevons la justesse et la beauté morales.

Un mot maintenant sur la manière

Les chrétiens devraient s'attacher tout particulièrement à montrer que la fraction du pain est leur objectif principal et fondamental, lorsqu'ils se réunissent le premier jour de la semaine. Ils devraient montrer que leur rassemblement n'a pas pour but la prédication ou l'enseignement ; même si l'enseignement peut en être un heureux complément ; mais que la fraction du pain est leur préoccupation première.

Cela peut se faire en la plaçant en premier lors de leurs réunions. Cet ordre, tout comme le moment choisi, est moralement approprié. C'est l'œuvre du Christ que nous manifestons lors de la Sainte Cène ; elle doit donc occuper la première place. Une fois qu'elle a été dûment présentée, il doit rester une place pleine et entière pour l'œuvre du Saint-Esprit dans le ministère. Le rôle du Saint-Esprit est de présenter et d'exalter le nom, la personne et l'œuvre du Christ ; et s'il lui est permis d'organiser et de gouverner l'assemblée des chrétiens, comme il le devrait sans aucun doute, il donnera toujours à l'œuvre du Christ la place première.

Je ne saurais clore ce texte sans exprimer mon profond regret quant à la faiblesse et à la superficialité de mon propos sur un sujet pourtant d'un intérêt capital. Devant le Seigneur, en présence duquel je désire écrire et parler, je ressens le profond regret d'avoir si mal exposé toute la vérité à ce sujet que j'hésite presque à publier ces pages.

Non pas que je doute le moins du monde de la vérité de ce que j'ai tenté d'affirmer ; non. Mais j'estime qu'en abordant un sujet tel que la fraction du pain, à une époque où règne une telle confusion parmi les chrétiens, on attend des déclarations précises, claires et limpides, auxquelles je suis bien incapable de répondre.

Nous comprenons mal à quel point la question de la fraction du pain est intimement liée à la position et au témoignage de l'Église sur terre ; et nous comprenons tout aussi mal à quel point cette question a été mal comprise par l'Église de profession.

La fraction du pain devrait être l'affirmation claire que tous les croyants ne forment qu'un seul corps ; or, en se divisant en courants et en dressant une table pour chaque courant, l'Église de profession a pratiquement nié ce fait.

En vérité, la fraction du pain est passée au second plan. La table, autour de laquelle le Seigneur devrait présider, est presque oubliée, éclipsée par la chaire, où l'homme préside. Cette chaire, hélas, trop souvent instrument de division et de perpétuation de la discorde, est pour beaucoup l'objet principal, tandis que la table, qui, si elle était bien comprise, perpétuerait l'amour et l'unité, devient secondaire.

Et même dans les efforts les plus louables pour remédier à cette situation déplorable, quel échec total avons-nous constaté ! Qu'a accompli l'Alliance évangélique ? Elle a au moins accompli ceci : elle a pleinement révélé un besoin existant chez les chrétiens engagés, besoin qu'ils sont, de leur propre aveu, incapables de satisfaire. Ils aspirent à l'union et ne peuvent l'atteindre.

Pourquoi ? Parce qu'ils refusent de tout abandonner, sauf ce qu'ils possèdent en tant que chrétiens, et de se réunir en disciples pour rompre le pain. Je dis bien en tant que disciples, et non en tant que membres de telle ou telle dénomination. Il ne s'agit pas de dire que tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ sont dépourvus de vérité précieuse ; ils en possèdent certainement, mais aucune vérité ne devrait les empêcher de se réunir pour rompre le pain.

Comment la vérité pourrait-elle jamais empêcher les chrétiens d'exprimer l'unité de l'Église ? Impossible ! Un esprit sectaire chez ceux qui se réclament de la vérité peut y parvenir, mais la vérité, jamais.

Or, qu'en est-il aujourd'hui dans l'Église ? Des chrétiens de diverses confessions peuvent se réunir en semaine pour lire, prier et chanter ensemble ; mais lorsque le premier jour de la semaine arrive, ils n'ont pas la moindre intention de donner la seule expression réelle et efficace de leur unité, celle que le Saint-Esprit peut reconnaître : la fraction du pain.

« Puisqu'il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps ; car nous participons tous à un même pain » (1 Corinthiens 10.17).

Nous remarquons que le péché à Corinthe était de ne pas s'attendre les uns les autres. Cela ressort de l'exhortation par laquelle l'apôtre résume toute la question : « C'est pourquoi, mes frères, lorsque vous vous réunissez pour manger, attendez-vous les uns les autres » (1 Corinthiens 11.33).

Pourquoi devaient-ils s'attendre les uns les autres ? Assurément, afin d'exprimer plus clairement leur unité. Mais qu'aurait dit l'apôtre si, au lieu de se réunir en un seul lieu, ils s'étaient dispersés selon leurs conceptions différentes de la vérité ? Il aurait alors pu dire, avec peut-être plus de force encore : « Vous ne pouvez pas participer à la Cène du Seigneur ! »

On pourrait toutefois se demander : « Comment tous les croyants d'une grande ville pouvaient-ils se réunir en un seul lieu ? » Je réponds que, s'ils ne pouvaient se réunir en un seul endroit, ils pouvaient au moins se réunir autour d'un même principe.

Mais comment les croyants de Jérusalem se réunissaient-ils ? La réponse est qu'ils étaient « d'un commun accord » (Actes 2.46). Dès lors, la question d'un lieu de réunion ne leur posait guère de difficultés. Le portique de Salomon, ou tout autre endroit, leur convenait. Ils manifestaient leur unité, et ce, d'une manière indéniable.

Ni la diversité des lieux, ni la diversité des connaissances et des acquis ne pouvaient, le moins du monde, nuire à leur unité. Il y avait alors « un seul corps et un seul Esprit » (Éphésiens 4.4).

Enfin, je dirais que le Seigneur honorera assurément ceux qui ont la foi de croire et de confesser l'unité de l'Église sur la terre ; et plus grande sera la difficulté rencontrée, plus grand sera l'honneur. Que le Seigneur accorde à tout son peuple un regard simple et un esprit humble et sincère.

 
 
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