2. Moins de l’homme, plus de Dieu
Chap: 1 - De l’Ancienne Alliance à la Nouvelle ; de la chair à l’Esprit - La Nouvelle Alliance n’est pas une doctrine à comprendre mais la Vie de Christ à recevoir. Ce n’est pas un trésor intellectuel mais une puissance transformatrice : elle nous conduit de la lettre à l’Esprit, de l’effort humain à la dépendance totale envers Dieu.
Mes chers amis en Christ, approchons-nous avec un cœur ouvert, comme des pèlerins assoiffés devant la source vive du rocher de Kadès-Barnéa (en hébreu קדש ברנע). Que nos âmes altérées se désaltèrent au débordement de cette eau spirituelle, afin de goûter à la vie de Christ qui jaillit en nous comme une fontaine éternelle. Bien sûr, je vous demande d’éprouver toutes choses comme le demande l’Ecriture, mais surtout, de demander à l’Esprit qui habite en vous de prendre ce qui est dans le cœur du Père et de vous le révéler : « Dieu nous les a révélées par l'Esprit. Car l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu » (1 Corinthiens 2.10)
Que Dieu nous donne l’intelligence des temps, qu’Il nous aide à dérouler ensemble le fil d’or de la révélation divine. Mais souvenons-nous que recevoir ces choses dans notre intelligence n’est certainement pas une fin en soi ; elles doivent descendre dans notre cœur, pénétrer nos profondeurs, et être puissamment vivifiées par le Saint-Esprit afin de nous transformer : « Car la connaissance seule enfle, mais l’amour édifie » (1 Corinthiens 8.1). La vérité de Dieu n’est pas destinée à rester une idée abstraite, elle est une semence vivante qui doit germer dans le sol de notre être intérieur : « Je mettrai ma loi au dedans d’eux, je l’écrirai dans leur cœur » (Jérémie 31.33) : voilà le but de la révélation, que la Parole devienne vivante en nous, qu’elle façonne notre caractère et renouvelle notre esprit.
La Nouvelle Alliance n’est pas une doctrine à comprendre mais la Vie de Christ à recevoir. Ce n’est pas un trésor intellectuel mais une puissance transformatrice : elle nous conduit de la lettre à l’Esprit, de la connaissance à la vie, de l’effort humain à la dépendance totale envers Dieu. Lorsque l’Esprit souffle sur les vérités que nous avons entendues ou que nous lisons, elles deviennent lumière, force et joie.
L’apôtre Paul nous rappelle une vérité fondamentale : « la lettre tue, mais l’Esprit vivifie » (2 Corinthiens 3.6). L’Ancienne Alliance, avec ses commandements gravés sur la pierre, révélait la sainteté de Dieu mais ne donnait pas la puissance aux hommes pour l’expérimenter. Elle enfermait l’homme dans une logique d’efforts et de performances, où la loi exigeait sans pouvoir transformer. C’est pourquoi, lorsque des enfants de Dieu de la Nouvelle Alliance restent attachés à une pratique extérieure, à des traditions Evangélique, à une religion de règles et de devoirs, sans entrer dans la vie intérieure de l’Esprit, ils se retrouvent comme desséchés, privés de vitalité et de force spirituelle : « mourant » spirituellement parlant, incapables de goûter à la liberté et à la joie de la Nouvelle Alliance ; et de croître « dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ » (2 Pierre 3.18).
Cette lumière du matin n’est pas une illusion : elle annonce le soleil levant, elle éveille nos âmes à la soif de justice, elle creuse en nous le désir d’une délivrance que seule la grâce peut offrir. Mais voici que la Nouvelle Alliance, scellée par le sang de Jésus (Hébreux 9.15), est le plein jour : Dieu Lui-même écrit Sa loi dans nos cœurs (Jérémie 31.33), nous donne un cœur nouveau (Ézéchiel 36.26), et répand Son Esprit sur toute chair (Joël 2.28).
La croix est le trait d’union entre ces deux réalités : là où la lettre tue, l’Esprit vivifie (2 Corinthiens 3.6). Christ est mort pour que nous passions de la chair à l’Esprit, et nous aussi, nous devons mourir avec Lui afin de dire avec Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi » (Galates 2.20). Ainsi, ce que la loi exigeait de l’extérieur, la grâce l’accomplit de l’intérieur ; ce que la loi et la chair promettaient sans pouvoir, l’Esprit le réalise avec puissance.
Hélas, le christianisme d’aujourd’hui semble avoir perdu le discernement entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. Ne percevant plus clairement cette ligne de séparation, il ne l’enseigne plus distinctement. Il vit dans une sorte de « tohu-bohu » spirituel, une confusion intérieure où la chair et l’Esprit se mêlent sans distinction. Les fruits qui en résultent dans l’Église sont redoutables : une multitude de nouveautés religieuses ont surgi, mêlant le profane au sacré, et entraînant de nombreux croyants dans un faux évangile.
Paul écrit aux Galates : « Il n’y a pas d’autre Évangile. Il y a seulement des gens qui vous troublent et qui veulent renverser l’Évangile de Christ » (Galates 1.7). Ce verset est une mise en garde solennelle. L’apôtre ne parle pas d’une simple variation ou d’une nuance théologique, mais d’un renversement de l’Évangile, déjà à son époque. Le danger n’est pas extérieur seulement : il s’est infiltré dans l’Église, sous des formes séduisantes, religieuses, parfois même spirituelles en apparence. Comme le disait « Andrew Murray », « tout ce qui n’est pas Christ Lui-même est une ombre qui trompe ! »
La question que nous devons absolument nous poser est celle-ci : « Tout ce qui régule notre christianisme, notre propre vie spirituelle, apportent-ils vraiment la vie de Christ ? » Autrement dit : nos doctrines, nos pratiques, nos liturgies, nos ministères ; sont-ils des canaux de la vie du Ressuscité, ou bien des structures humaines qui étouffent l’Esprit ?
Paul rappelait aux Galates que commencer par l’Esprit et chercher à finir par la chair est une contradiction fatale : « Êtes-vous tellement dépourvus de sens ? Après avoir commencé par l’Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair ? » (Galates 3.3). La croix n’est pas une étape provisoire, mais le passage définitif : elle nous conduit à la mort de nous-mêmes pour que la vie de résurrection de Christ prenne toute la place.
Beaucoup, après avoir goûté à la Pentecôte et à l’œuvre bouleversante de l’Esprit dans leur vie, sont retournés, comme les Galates, sous la domination de la loi et des traditions humaines. Ce retour en arrière est une tragédie spirituelle : ce qui avait commencé par la puissance de l’Esprit est désormais cherché dans les efforts de la chair.
Paul nous rappelle avec force qu’il ne peut y avoir d’association entre la chair et l’Esprit. La chair ne peut jamais perfectionner ce que l’Esprit a commencé. La croix ne répare pas la chair, elle la crucifie. La chair est incapable de produire la vie de Dieu ; seul l’Esprit peut la communiquer. La Nouvelle Alliance est fondée sur la croix et la résurrection, rien d’autre. Elle est écrite par l’Esprit dans nos cœurs, et non imposée par des règles extérieures. Elle nous libère de la culpabilité et du légalisme, pour nous introduire dans une relation vivante avec Dieu.
Nous devons absolument nous rappeler que la révélation de la croix est le passage définitif. Elle n’est pas une étape provisoire, utile seulement pour le salut initial, ni une simple image religieuse évoquée lors de la sainte-cène. Elle est la frontière absolue entre l’ancien et le nouveau, entre la chair et l’Esprit, entre l’ombre et la réalité. Lorsque cette distinction s’efface dans la vie d’un croyant, la confusion s’installe et les conséquences deviennent graves. La foi se fatigue sous le poids des efforts humains, la vie chrétienne se trouve marquée par la culpabilité et le légalisme, et l’Église s’enlise dans des règles extérieures au lieu de manifester la liberté de l’Esprit.
« Andrew Murray » rappelait que « la loi peut montrer ce qui est juste, mais seule la grâce, par l’Esprit, peut le produire ! »
« Watchman Nee » ajoutait que « la vie chrétienne n’est pas une amélioration de l’homme ancien, mais une nouvelle création en Christ ! » (cf. 2 Corinthiens 5.17).
Lorsque la frontière entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance est ignorée, le croyant demeure prisonnier d’un christianisme où le « moi religieux » règne comme un despote, incapable de goûter à la puissance vivifiante de la Nouvelle Alliance. Ce régime intérieur, dominé par la chair, étouffe la liberté et la joie que l’Esprit veut communiquer. C’est la croix, et elle seule, qui peut accomplir cette œuvre de transition. Elle est le lieu où la lettre s’arrête et où l’Esprit commence, le seuil où l’ancien meurt pour que le nouveau prenne vie. Christ est mort sur la croix afin d’être le trait d’union entre les deux alliances, comme le rappelle l’Écriture : « Il est le médiateur d’une nouvelle alliance » (Hébreux 9.15). Et nous aussi, nous devons passer par cette mort à la croix, afin de quitter un christianisme de la chair pour entrer dans un christianisme de l’Esprit, où la vie de Dieu se manifeste en nous avec puissance et liberté.
« Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que nous marchions en nouveauté de vie » (Romains 6.4). La croix n’est pas seulement le fondement du pardon et du salut, elle est la porte d’entrée dans la vie de l’Esprit par la crucifixion de notre chair. Elle est ce lieu de passage où l’homme ancien est enseveli et où l’homme nouveau se lève, animé par la puissance de la résurrection.
Lorsque Romains 6.14 proclame : « Vous n’êtes plus sous la loi, mais sous la grâce », il ne s’agit pas là d’une permission de vivre notre vie chrétienne selon nos désirs ou nos aspirations personnelles, comme si la grâce était une excuse pour l’indépendance. Non, c’est l’annonce d’une merveilleuse liberté : celle de pratiquer la Loi dans l’amour de Dieu, par la puissance du Saint-Esprit. La grâce n’est pas une dispense de la sainteté, mais la communication de la vie divine qui rend possible l’obéissance.
Ainsi, la liberté de la grâce n’est pas une liberté de faire ce que nous voulons, mais bien celle de faire ce que Dieu veut, avec joie et puissance. Elle nous libère de la contrainte extérieure pour nous introduire dans l’élan intérieur de l’amour. Elle nous délivre de la servitude de la loi pour nous faire entrer dans la spontanéité de l’Esprit-Saint. Voilà pourquoi il est si nécessaire que l’Église retrouve le véritable message de la croix : non pas une croix réduite au pardon seulement, mais une croix qui ouvre la porte à la vie nouvelle, une croix qui crucifie la chair afin que l’Esprit règne, une croix qui nous conduit de la loi à la grâce, de l’effort humain à la puissance divine.
La « crucifixion de la loi », chez Paul, n’est pas l’abolition de la sainteté de Dieu et de l’obéissance à sa Parole, mais la fin d’un régime : celui où la loi extérieure gouverne par contrainte, accuse et condamne. Ce qui meurt à la croix, c’est la loi comme système de justification et de perfectionnement par la chair ; ce qui demeure, c’est la volonté de Dieu, désormais écrite par l’Esprit dans le cœur. Autrement dit, la croix met fin au rapport légaliste et ouvre un rapport filial : nous n’obéissons plus pour devenir justes, mais parce que nous avons été rendus justes en Christ et rendus participants de Sa Vie.
Tournons nos regards un instant vers cette allégorie lumineuse de Galates 4, où l’histoire d’Abraham devient un miroir reflétant les deux alliances. Il est écrit qu’Abraham eut deux fils, l’un de la femme esclave et l’autre de la femme libre ; celui de l’esclave naquit selon la chair, celui de la femme libre en vertu de la promesse. Ces choses sont allégoriques, car ces deux femmes sont deux alliances : l’une, du mont Sinaï, enfante pour la servitude, c’est Agar ; mais la Jérusalem d’en haut est libre, c’est elle qui est notre mère.
Voyez comment Agar, l’esclave, incarne l’Ancienne Alliance, donnée au Sinaï, où la loi engendre la servitude et maintient l’homme à distance, comme un voile dressé dans le temple de notre vie. La Bible nous montre qu’il existe une différence immense entre vivre sa vie chrétienne dans le lieu saint, où l’on demeure encore sous les formes et les prescriptions, et la vivre dans le lieu très saint, où l’accès est ouvert par le sang de Christ et où l’Esprit nous introduit dans la communion directe avec Dieu.
Sara, la femme libre, représente la Nouvelle Alliance, la Jérusalem céleste, où la promesse divine enfante la liberté et où la vie de l’Esprit se déploie sans entraves. Cette allégorie n’est pas une construction humaine, mais une révélation divine profonde que nous devons absolument recevoir. Elle met en lumière l’opposition radicale entre la chair et l’Esprit, entre les efforts vains de l’homme et la grâce souveraine de Dieu. Elle nous appelle à quitter la servitude religieuse pour entrer dans la liberté glorieuse des enfants de Dieu, où la promesse devient réalité et où la vie nouvelle se manifeste dans la puissance de l’Esprit.
Ce même processus se manifeste dans la vie du jeune chrétien. Au début de sa marche, il découvre les exigences de Dieu et tente de les accomplir par ses propres forces. Il veut être saint, obéissant, fidèle, servir ; mais il se heurte à la puissance du péché en lui, à son caractère indompté, à son orgueil religieux. Il découvre que la Loi, bien qu’excellente, ne produit pas la vie. Elle révèle sa faiblesse, mais ne le transforme pas.
« Dieu voulant, nous traiterons le sujet de la délivrance de la chair et du péché dans la vie des croyants dans une prochaine brochure ! »
C’est alors que le Saint-Esprit entreprend en lui une œuvre plus profonde. Il ne se limite plus à consoler et à enseigner, mais il brise, il façonne, il conduit à la croix. Le croyant découvre que la véritable victoire ne vient pas d’une force accrue, mais d’une mort à soi-même, d’une crucifixion intérieure en Christ. Il comprend que ce n’est pas en s’efforçant davantage qu’il triomphe, mais en renonçant à son propre « moi » pour laisser la vie de Jésus se manifester.
Le grand drame survient lorsque la résignation s’installe et que l’on accepte son état comme une normalité. Cette résignation étouffe la recherche de la vérité et pousse à justifier, par toutes sortes de raisonnements trompeurs, l’orgueil de notre caractère, nos péchés cachés, notre absence de victoire dans l’épreuve et sur notre vieille nature ; et plus encore, notre manque de repos intérieur. Là où l’Esprit veut introduire la liberté et la paix, nous nous enfermons dans une prison intérieure. Mais la croix demeure le lieu où ces faux raisonnements sont renversés, où la chair est crucifiée, et où l’Esprit ouvre la porte à une vie nouvelle, marquée par la puissance de Dieu et le repos véritable.
« William Law » disait : « La vraie religion commence quand la Loi devient vie par notre union profonde avec Dieu ! »
Le chrétien passe alors de la performance à la dépendance, de l’effort à la foi, de la Loi à la Grâce. Il cesse de vivre sa vie chrétienne par lui-même ; il laisse Christ la vivre en lui. Il comprend par l’Esprit la ligne de conduite des cieux : « moins de l’homme pour plus de Dieu ! » Cette parole n’est pas une maxime pieuse, mais une réalité spirituelle : plus l’homme diminue, plus Dieu se révèle, plus la chair est crucifiée, plus l’Esprit vivifie.
Jean-Baptiste fut la voix de la Loi, appelant à la repentance et préparant le chemin ; Jésus est la vie puissante de la Grâce, accomplissant ce que la Loi exigeait et donnant à l’homme une vie nouvelle. Et dans chaque croyant, cette transition doit s’opérer : le passage de l’effort à la foi, de la connaissance à la crucifixion, de la Loi qui exige à la Grâce qui accomplit.
Tant que « le vieil homme » n’est pas crucifié, le croyant demeure prisonnier d’un christianisme de la chair, celui de la femme esclave. Mais lorsque la croix opère, l’Esprit nous introduit dans une vie de dépendance joyeuse, où l’obéissance n’est plus une contrainte mais une spontanéité, celle de la femme libre.
Cette œuvre n’est pas le fruit de nos efforts, mais bien l’action souveraine de Dieu en nous. Paul nous le rappelle : « Car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (Philippiens 2.13). Ainsi, la crucifixion du vieil homme et la naissance de la vie nouvelle ne sont pas une performance humaine, mais une grâce divine qui nous conduit de la servitude à la liberté, de la chair à l’Esprit.
Car le salut n’est pas une finalité, c’est une entrée dans le Royaume. Et dans ce Royaume, ce n’est plus nous qui vivons, mais Christ qui vit en nous pour accomplir la volonté de notre Père. Voilà le chemin du vainqueur : marcher non par ses propres forces mais par la puissance de l’Esprit, vivre non dans la performance mais dans la dépendance, non sous la Loi, mais sous la Grâce qui accomplie la Loi en nous. Voilà la vie nouvelle, la vie de Grâce qui remplace la vie par la Loi, et qui fait de chaque croyant un témoin vivant de la victoire de Christ.
« Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, après ces jours-là, dit l'Eternel : Je mettrai ma loi au dedans d'eux, je l'écrirai dans leur cœur ; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Celui-ci n'enseignera plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant : Connaissez l'Eternel ! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit l'Eternel ; car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché » (Jérémie 31.33-34).
En conclusion, le véritable Evangile de Christ nous révèle, avec une clarté saisissante, la nature même de la Nouvelle Alliance. Dieu ne promet certainement pas une amélioration de l’Ancienne, ni une répétition des prescriptions gravées sur des tables de pierre, mais une transformation radicale. Sa Loi ne sera plus extérieure, imposée comme une contrainte, mais intérieure, inscrite dans le cœur. Là où l’Ancienne Alliance maintenait l’homme à distance, rappelant sans cesse son incapacité à atteindre la sainteté, la Nouvelle introduit une intimité où l’Esprit devient la force qui façonne la volonté et l’action.
Ce n’est plus l’homme qui s’efforce de plaire à Dieu par ses propres moyens, mais Dieu Lui-même, qui agit par sa vie de résurrection au plus profond de l’être, produisant en nous le vouloir et le faire selon Son bon plaisir. La croix est le seuil de cette œuvre : elle met fin au règne de la chair et ouvre la porte à la vie de l’Esprit.
Ainsi, le croyant n’est plus prisonnier d’un christianisme de règles et de performances, mais il devient vraiment un peuple nouveau, uni à Dieu dans une relation vivante et filiale. « Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple » n’est pas une formule religieuse, mais la proclamation d’une communion restaurée, où l’homme vit enfin dans la liberté de l’amour et la puissance de la grâce. C’est là le cœur du véritable Évangile : une Loi écrite non sur des pierres, mais dans des vies transformées, une alliance qui ne repose pas sur l’effort humain, mais sur l’action souveraine de Dieu qui fait de nous Son peuple : par le sang.
N'est-ce pas merveilleux ?
Les deux alliances dans l'expérience chrétienne.
Extrait du livre d’« Andrew Murray » : « Les deux Alliances ».
« Ces femmes sont deux alliances : l’une, du mont Sinaï, enfantant des enfants pour la servitude, c’est Agar. Or, cette Agar répond à la Jérusalem actuelle, car elle est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d’en haut est libre, c’est notre mère... Ainsi donc, frères, nous ne sommes pas les enfants de l’esclave, mais de l’homme libre... C’est avec la liberté que Christ nous a affranchis. Tenez donc ferme, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude » (Galates 4. 24-26-31 ; 5.1).
La maison d'Abraham était l'Église de Dieu de cette époque. La division au sein de sa maison, l'un, son propre fils, mais né selon la chair, l'autre selon la promesse, était une manifestation divinement ordonnée de la division qui allait régner à travers les âges entre les enfants de l'esclave, ceux qui servaient Dieu dans un esprit d'esclavage, et ceux qui étaient enfants de l'homme libre et le servaient dans l'Esprit de son Fils.
Ce passage nous enseigne ce que toute l'Épître confirme : les Galates s'étaient laissé prendre par le joug de l'esclavage et ne tenaient pas ferme dans la liberté que le Christ libère véritablement. Au lieu de vivre dans la Nouvelle Alliance, dans la Jérusalem d'en haut, dans la liberté que donne le Saint-Esprit, toute leur vie prouvait que, bien que chrétiens, ils appartenaient encore à l'Ancienne Alliance, qui engendre des enfants pour l'esclavage.
Ce passage nous enseigne la grande vérité, qu'il est de la plus haute importance pour nous de bien saisir : un homme, possédant une certaine connaissance et expérience de la grâce de Dieu, peut prouver, par un esprit légaliste et humain, qu'il est encore pratiquement, dans une large mesure, sous l'Ancienne Alliance. Et il nous montrera, avec une clarté remarquable, quelles sont les preuves de l'absence de la véritable vie de la Nouvelle Alliance.
Une étude attentive de l'Épître nous montre que la différence entre les deux Alliances se manifeste en trois points. La loi et ses œuvres sont opposées à l'écoute de la foi ; la chair et sa religion à la chair crucifiée ; l'impuissance au bien à une marche dans la liberté et la puissance de l'Esprit. Puisse le Saint-Esprit nous révéler cette double vie.
La première antithèse se trouve dans ces belles paroles de Paul : « Avez-vous reçu l'Esprit par les œuvres de la loi, ou par l'écoute de la foi ? » (Galates 3.2). Ces Galates étaient bel et bien nés dans la Nouvelle Alliance ; ils avaient reçu le Saint-Esprit. Mais ils avaient été entraînés par des docteurs juifs, et, bien que justifiés par la foi, ils cherchaient à être sanctifiés par les œuvres ; ils comptaient sur l'observance de la loi pour maintenir et développer leur vie chrétienne. Ils n'avaient pas compris que, comme au commencement, le progrès de la vie divine ne se fait que par la foi, recevant jour après jour sa force du Christ seul ; qu'en Jésus-Christ, rien ne vaut la foi agissant par l'amour.
Presque tous les croyants commettent la même erreur que les chrétiens de Galatie.
Très peu apprennent d'emblée, lors de leur conversion, que seule la foi nous permet de tenir ferme, de marcher et de vivre pour Dieu. Ils ignorent le sens de l'enseignement de Paul sur la mort à la loi, la libération de la loi ; et la liberté que le Seigneur Jésus-Christ nous accorde : « Tous ceux qui sont conduits par l'Esprit ne sont pas sous la loi » (Galates 5.18).
Considérant la loi comme une ordonnance divine pour notre direction, ils se considèrent préparés et aptes, par leur conversion, à assumer son accomplissement comme un devoir naturel. Ils ignorent que, dans la Nouvelle Alliance, la loi inscrite dans le cœur requiert une foi inébranlable en une puissance divine, pour nous permettre, par elle, de lui obéir. Ils ne peuvent comprendre que ce n'est pas à la loi, mais à une Personne Vivante, que nous sommes désormais liés, et que notre obéissance et notre sainteté ne sont possibles que par une foi inébranlable en Sa puissance, agissant sans cesse en nous. Ce n'est qu'en comprenant cela que nous sommes véritablement prêts à vivre dans la Nouvelle Alliance.
Le deuxième mot, révélateur de l'esprit de l'Ancienne Alliance, est le mot « chair ». Son contraste est la chair crucifiée. Paul demande : « Êtes-vous si insensés ? Ayant commencé par l'Esprit, parvenez-vous à la perfection dans la chair ? » (Galates 3.3). La chair désigne notre nature humaine pécheresse (NDLR - notre nature adamique, non convertie, vivant encore en nous). Lors de sa conversion, le chrétien ignore généralement l'immense corruption de sa vieille nature, ni la subtilité avec laquelle elle peut s'offrir au service de Dieu.
Il peut être très disposé et assidu au service de Dieu pendant un temps. Il peut concevoir d'innombrables observances pour rendre son culte agréable et attrayant ; et pourtant, tout cela peut n'être que ce que Paul appelle « se donner en spectacle dans la chair », « se glorifier dans la chair » (Galates 6.13), dans la volonté et les efforts de l'homme. Cette puissance de la chair religieuse est l'une des grandes caractéristiques de la religion de l'Ancienne Alliance. Elle passe à côté de la profonde humilité et de la spiritualité du véritable culte de Dieu ; un cœur et une vie entièrement dépendants de Lui.
La preuve que notre religion est en grande partie celle de la chair religieuse, c'est que la chair pécheresse s'y épanouit. Il en fut ainsi pour les Galates. Tandis qu'ils se donnaient belle allure dans la chair et s'en glorifiaient, leur vie quotidienne était pleine d'amertume, d'envie, de haine et d'autres péchés. Ils se mordaient et se dévoraient les uns les autres. Chair religieuse et chair pécheresse ne font qu'un : il n'est pas étonnant que, malgré une forte dose de religion, l'humeur, l'égoïsme et la mondanité cohabitent si souvent ensemble. La religion de la chair ne peut vaincre le péché.
Quel contraste avec la religion de la Nouvelle Alliance ! Quelle place y occupe la chair ? « Ceux qui sont à Christ ont crucifié la chair avec ses désirs et ses affections » (Galates 5.24). L'Écriture parle de la volonté de la chair, de l'esprit de la chair, de la convoitise de la chair ; tout cela, le vrai croyant l'a vu condamné et crucifié en Christ : il l'a livré à la mort pour en être débarrassé.
Non seulement il accepte la Croix, avec sa malédiction et sa rédemption, comme son entrée dans la vie ; il s'en glorifie comme de sa seule force, jour après jour, pour vaincre la chair et le monde : « Je suis crucifié avec Christ » (Galates 2.20).
« Loin de moi l'idée de me glorifier, sinon de la croix de mon Seigneur Jésus-Christ, par laquelle je suis crucifié au monde » (Galates 6.14).
De même que seule la mort du Christ était nécessaire pour inaugurer la Nouvelle Alliance, et la vie de résurrection qui l'anime, il n'y a d'autre entrée dans la véritable vie de la Nouvelle Alliance que par notre identification à cette mort, par le Saint-Esprit.
« Déchu de la grâce » (Galates 5.4). C'est un troisième mot qui décrit la condition de ces Galates, dans cet esclavage où ils étaient réellement impuissants à tout bien véritable. Paul ne parle pas ici d'une apostasie définitive, car il s'adresse toujours à eux en tant que chrétiens, mais de leur errance loin de la voie de la grâce vivifiante et sanctifiante, par laquelle un chrétien peut obtenir la victoire sur le péché.
Tant que la grâce est principalement liée au pardon et à l'entrée dans la vie chrétienne, la chair est la seule force par laquelle nous pouvons servir et œuvrer. Mais lorsque nous savons quelle abondance de grâce a été accordée, et comment Dieu « répand toutes grâces, afin que nous abondions en toutes bonnes œuvres » (2 Corinthiens 9.8), nous savons que, comme par la foi, c'est aussi par la grâce seule que nous vainquons à chaque instant, ou que nous sommes capables de faire un seul pas dans la foi.
Le contraste avec cette vie d'impuissance et d'échec se trouve dans ce seul mot : « l'Esprit ». « Si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes pas sous la loi » (Galates 5.18), qui exige de vous vos propres forces. « Je dis donc : marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez pas les désirs de la chair » (Galates 5.16) ; promesse précise et certaine.
L'Esprit libère de la loi, de la chair et du péché : « Le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la paix et la joie » (Galates 5.22). De la promesse de la Nouvelle Alliance : « Je mettrai mon Esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes lois, et que vous observiez mes ordonnances », l'Esprit est le centre et la somme de tout. Il est la puissance de la vie surnaturelle d'obéissance et de sainteté véritables.
Et quelle aurait été la voie que les Galates auraient suivie s'ils avaient accepté cet enseignement de Paul ? À sa question : « Maintenant que vous avez connu Dieu, comment retournez-vous à ces rudiments faibles et misérables, auxquels vous désirez retourner en esclavage ? » (Galates 4.9). Ils auraient compris qu'il n'y avait qu'une seule solution.
Rien d'autre ne pouvait les aider que de revenir immédiatement sur le chemin qu'ils avaient quitté. Là où ils l'avaient quitté, ils pouvaient y retourner. Pour chacun d'entre eux qui le souhaitait, ce renoncement à l'esprit légaliste de l'Ancienne Alliance, et cette soumission renouvelée au Médiateur de la Nouvelle Alliance pouvaient être l'acte d'un instant, d'un seul pas.
Alors que la lumière de la promesse de la Nouvelle Alliance se levait sur lui et qu'il voyait comment le Christ devait être tout, la foi en tout, le Saint-Esprit dans le cœur pour tout, et la fidélité d'un Dieu fidèle à l'Alliance pour tout en tous, il sentait qu'il n'avait qu'une chose à faire : s'abandonner à Dieu dans l'impuissance totale et compter sur lui, dans la simple foi, pour accomplir Sa Parole.
Dans l'expérience chrétienne, il peut très bien subsister la vie d'esclavage et d'échec de l'Ancienne Alliance. Dans l'expérience chrétienne, il peut y avoir une vie qui s'abandonne entièrement à la grâce et à l'esprit de la Nouvelle Alliance. Dans l'expérience chrétienne, une fois reçue la véritable vision de la Nouvelle Alliance, une foi pleinement fondée sur le Médiateur de la Nouvelle Alliance, peut entrer immédiatement dans la vie assurée par l'Alliance.
Je ne saurais trop supplier tous les croyants qui aspirent à connaître pleinement ce que la grâce de Dieu peut accomplir en eux, d'examiner attentivement cette question et reconnaître que notre esclavage de l'Ancienne Alliance est la cause de nos nombreux échecs. De comprendre clairement la possibilité d'un changement radical dans notre relation à Dieu, n'est-ce pas nécessaire pour obtenir l'aide que nous recherchons ?
Nous pouvons rechercher notre croissance par un usage plus assidu des moyens de grâce et un effort plus sincère pour vivre en accord avec la volonté de Dieu, et pourtant échouer complètement. La raison en est qu'il existe une racine secrète du mal qu'il faut éradiquer.
Cette racine est l'esprit d'esclavage, l'esprit légaliste de l'effort personnel, qui entrave cette humble foi qui sait que Dieu accomplira tout, et qui s'abandonne à Lui pour le faire. Cet esprit peut se trouver au cœur d'un zèle immense pour le service de Dieu et d'une prière fervente pour sa grâce ; elle ne jouit pas du repos de la foi et ne peut vaincre le péché, car elle ne jouit pas de la liberté que le Christ nous a donnée, et ignore que là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté.
Là, l'âme peut dire : « La loi de l'Esprit de vie en Jésus-Christ m'a libérée de la loi du péché et de la mort » (Romains 8.2).
Une fois que nous aurons admis de tout cœur, non seulement nos faiblesses, mais aussi que quelque chose de radicalement mauvais doit être changé en nous, nous nous tournerons vers Dieu avec un intérêt nouveau, une confession plus profonde de notre ignorance et de notre impuissance. Nous nous tournerons vers Dieu avec une espérance qui ne cherche que l'enseignement et la force de Dieu, pour découvrir que la Nouvelle Alliance offre la seule véritable solution concrète à chaque besoin (Fin de l’extrait – Vous trouverez le livre en entier sur bible-foi.com) ».
« Eh bien, chers lecteurs ! Confiants dans la grâce du Seigneur, nous allons essayer maintenant d’entrer dans plus de profondeur ! »
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