4. Moins de l’homme, plus de Dieu
Chap: 3 - La purification des sentiers - Paul utilise ici des termes forts : « renverser, abaisser, amener captif ». Cela montre que la vie chrétienne est une véritable conquête spirituelle de tous les jours, où l’Esprit soumet nos pensées, nos raisonnements et nos résistances à l’autorité de Christ.
« Aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu… Que tout ravin soit comblé, que toute montagne et toute colline soit abaissée ; que les passages tortueux deviennent droits, et les chemins raboteux soient aplanis » (Ésaïe 40.3-4).
Ce cri prophétique ne parle pas d’un aménagement extérieur, mais d’une œuvre intérieure, invisible et pourtant décisive. La purification des sentiers de notre cœur n’est pas une réforme morale ou un ajustement superficiel, mais une transformation profonde, radicale, opérée par la main de Dieu. C’est l’Esprit qui vient combler nos ravins de vide et d’incrédulité, abaisser nos montagnes d’orgueil, redresser nos chemins tortueux de compromis et aplanir nos sentiers raboteux de résistance. Cette sanctification n’est pas le fruit de nos efforts, mais l’action souveraine de l’Esprit qui prépare en nous une demeure pour le Roi de gloire. Lorsque ces obstacles intérieurs sont ôtés, Christ peut entrer et régner sans entrave, et Sa présence devient la réalité vivante qui transforme notre vie et celle de l’Église.
« Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ » (2 Corinthiens 10.5). Ce verset exprime exactement l’idée que tout ce qui s’oppose à Dieu dans la vie du disciple doit être abaissé. Paul utilise des termes forts : « renverser, abaisser, amener captif ». Cela montre que la vie chrétienne n’est pas simplement une amélioration morale, mais une véritable conquête spirituelle de tous les jours, où l’Esprit soumet nos pensées, nos raisonnements et nos résistances à l’autorité de Christ.
Dans cette perspective, chaque ravin comblé représente les abîmes de découragement, de culpabilité, de honte, de péché, que Dieu vient remplir par sa grâce surabondante : « Il relève l’affligé de la poussière, il élève le pauvre du fumier » (1 Samuel 2.8).
Il y a dans cette élévation, la puissance de la justification par la foi, qui restaure l’âme et la rend capable de marcher dans la lumière : « Il guérit ceux qui ont le cœur brisé, et il panse leurs blessures » (Psaume 147.3).
Les montagnes et les collines abaissées représentent l’orgueil, la suffisance et toutes les hauteurs de la vanité humaine qui s’élèvent contre la connaissance de Dieu. L’Écriture nous rappelle : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles » (Jacques 4.6). Ainsi, la purification des sentiers de notre cœur ne peut commencer que par l’humiliation volontaire, par le renoncement à toute prétention et à toute gloire personnelle.
C’est en acceptant d’être abaissé que l’homme s’ouvre à la grâce, comme Joseph jeté dans le puits. Ce moment d’humiliation, où il est dépouillé de ses vêtements et rejeté par ses frères, devient paradoxalement le point de départ de l’œuvre de Dieu dans sa vie. Ce qui semblait une défaite et une injustice se révèle être une préparation à l’exaltation future. Ainsi en est-il de tout croyant : l’abaissement n’est pas une fin en soi, mais le chemin par lequel Dieu brise l’orgueil, détruit les illusions de suffisance et ouvre la porte à Sa grâce.
La croix est ce puits spirituel où l’homme est dépouillé de lui-même, mais c’est aussi le lieu où commence la véritable élévation, car « Dieu fait grâce aux humbles ». Ce dépouillement volontaire est la condition pour que Christ soit exalté en nous et que Sa vie nouvelle se déploie dans toute sa puissance. La préparation intérieure consiste donc à consentir à cette descente, à laisser l’Esprit briser nos résistances, afin que la vie nouvelle se déploie et que Christ seul soit élevé dans nos vies et dans l’Église.
Aujourd’hui, bien des enseignements bibliques s’élèvent, de tous côtés, portés par des voix assurées, des raisonnements affûtés, des constructions séduisantes. Mais trop souvent, leur source n’est pas la révélation, mais la sagesse de l’homme. Une sagesse qui sait expliquer, argumenter, convaincre, mais qui ne tremble pas devant la sainteté. Une sagesse qui éclaire l’intellect, mais laisse le cœur dans sa suffisance.
Pourtant, lorsque la lumière véritable entre dans un cœur, elle ne laisse rien debout. Elle ne flatte pas, elle ne discute pas, elle révèle. Et face à cette lumière, il n’y a plus de place pour les discours bien ficelés.
Il ne reste qu’un silence, celui de Job, qui après avoir longuement parlé, s’effondre devant la grandeur de Dieu : « Oui, j’ai parlé, sans les comprendre, de merveilles qui me dépassent et que je ne conçois pas » (Job 42.3).
Ce n’est pas l’orgueil qui parle de cette manière, mais l’éveil spirituel. Job ne se repend pas d’avoir été faible, mais d’avoir cru comprendre ce qui ne peut être saisi sans révélation. Et dans ce dépouillement, il trouve une merveilleuse liberté : « C’est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre » (Job 42.6). C’est là le fruit de la vraie humilité : non pas une connaissance qui élève, mais une révélation qui abaisse pour mieux relever.
Les passages tortueux deviennent droits lorsque la vérité triomphe du compromis, lorsque la lumière chasse les ténèbres, lorsque la droiture remplace la duplicité dans nos cœurs : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu » (Matthieu 5.8).
Cette purification est une œuvre continue, une marche quotidienne, une réponse constante à l’appel du Seigneur : « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes » (2 Corinthiens 13.5).
Faites-le vraiment, en prenant le temps qu’il faudra. Car le chemin du Seigneur ne peut être foulé que par ceux qui ont laissé Dieu purifier leurs sentiers ; qui cherchent Dieu, non pas selon leur propre sagesse, mais selon la Parole. Le verset d’Exode 3.5 : « N’approche pas d’ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte », est une invitation solennelle à la sainteté, à la révérence et à la séparation du monde et de notre « moi ». Il constitue un fondement spirituel que tout disciple doit comprendre profondément. Lorsque Moïse s’approche du buisson ardent, Dieu l’arrête. Ce n’est pas un simple avertissement physique, pris à la rigolade, mais une déclaration spirituelle : « la présence de Dieu sanctifie toujours le lieu ! »
L’approche du divin exige obligatoirement une purification. Ôter ses souliers, c’est se dépouiller de tout ce qui est souillé, terrestre, profane, en pensées et en actes.
« Andrew Murray », dans ses écrits sur l’humilité et la consécration, interprète ce geste comme un acte de soumission totale.
Pour lui, ôter ses souliers signifie renoncer à ses droits, à ses protections, à ses habitudes. C’est une posture d’abandon devant Dieu : « Le sol sacré ne peut être foulé que par des pieds nus, c’est-à-dire, dépouillés de toute prétention humaine ! »
« A.W. Tozer » va plus loin, en affirmant que « Dieu ne se révèle qu’à ceux qui sont prêts à se déchausser de leur orgueil ! » Il voit dans ce verset une métaphore de la séparation entre le monde et le royaume de Dieu. Le disciple doit ôter les souliers de la culture, de la logique humaine, des ambitions personnelles pour entrer dans la lumière divine.
Le disciple moderne, comme Moïse, doit apprendre à s’arrêter, à se déchausser, à reconnaître que Dieu est là et qu’il est Saint. Ce n’est qu’en se dépouillant que l’on peut entendre la voix divine et recevoir l’appel. Tout cela, sous la direction du Saint-Esprit. Sinon, nous ferons certainement des bêtises.
David dit : « Nous n'avons pas cherché l'Éternel selon la loi » (1 Chroniques 15.13). Ce cri de lucidité vient après un drame : Uzza, un homme sincère, zélé, mais mal positionné, mal enseigné ; il est frappé par Dieu pour avoir touché l’arche. Pourquoi ? Parce que l’arche ne devait pas être portée sur un char, même s’il était neuf, mais sur les épaules des Lévites (Nombres 4.15, Deutéronome 10.8). David, dans son empressement de servir son Dieu, avait négligé les instructions divines.
Et Uzza, bien qu’animé d’un bon réflexe en faveur de Dieu, est devenu le dommage collatéral d’un choix spirituel mal fondé. Le chemin de cet élan pour Dieu n’était pas purifié par l’obéissance à la Parole.
Aujourd’hui, nos églises comptent de nombreux « Uzza », des hommes et des femmes sincères, engagés, animés d’un zèle authentique pour Dieu, mais qui portent le poids de systèmes religieux mal alignés avec Sa volonté et Sa Parole. Comme Uzza, ils tendent la main pour soutenir ce qui semble sacré, mais dans un cadre que Dieu n’a pas approuvé.
À l’image du judaïsme du temps de Jésus, ces structures religieuses étouffaient la vie de l’Esprit sous le poids des traditions humaines, malgré la sincérité des cœurs. Ce glissement subtil mais dangereux expose l’Église à un grand risque : celui de voir des chrétiens sincères, mais mal orientés, s’assécher spirituellement, menacés de « mourir ».
En s’appuyant sur des systèmes humains plutôt que sur la direction de l’Esprit, beaucoup perdent la fraîcheur de la communion avec Dieu, et leur service devient mécanique, sans vie, sans feu.
Ce sont des services construits sur des stratégies humaines, des cultes centrés sur le bien-être de l’homme, des appels au travail sans sanctification et obéissance. Et quand l’arche chancelle, quand la présence de Dieu est mal portée, sur de mauvais fondements, ce sont souvent les Uzza qui tombent : burnout, scandales, divisions, blessures profondes, divisions, excommunications...
Quand la crainte de Dieu devient une formalité, quand la présence divine est manipulée selon des critères humains, les conséquences sont très graves. Si nous voulons porter la gloire du Seigneur, il faut revenir à la loi de Dieu. Pas à la lettre, mais à l’Esprit de vie : sanctification, obéissance, humilité, renoncement, dépouillement. Il faut que les Lévites, les véritables appelés, les sanctifiés, reprennent leur place, et que l’arche du témoignage soit portée sur les épaules de ceux que Dieu a Lui-même choisis. Il faut que les David actuels, les « leaders » modernes, reconnaissent leurs erreurs et réparent les brèches.
Le seul mot d’ordre capable de redresser les chemins tortueux, de servir avec pureté et d’édifier convenablement le corps de Christ, c’est celui-ci : « moins de l’homme pour plus de Dieu ! »
Tant que nos raisonnements « papaux », nos ambitions et nos traditions dominent, la gloire divine reste voilée. Mais lorsque l’homme s’efface, que le cœur s’humilie, alors la présence sainte de Dieu revient avec puissance pour confirmer sa Parole.
Et cette fois, elle ne viendra pas pour juger ou frapper, mais pour bénir comme jamais, pour restaurer, pour embraser les cœurs d’un feu nouveau : « Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux seront redressés, et les chemins rocailleux aplanis » (Luc 3.5).
Les livres de Frédéric Gabelle en Pdf
➲ Articles à découvrir...

20. Ceux qui font profession d'être chrétiens

7. La puissance de la prédication de la croix

Quant à la prière...
Trafic Web
« C’est seulement dans votre esprit que vous trouverez le Seigneur, dans les recoins de votre être, dans le Saint des Saints ; c’est là qu’Il demeure... »
- Jeanne Guyon
Edification
Enseignements
➲ NOUVEAUX EBOOKS
PDF Révisés

