10. Moins de l’homme, plus de Dieu
Chap: 9 - L’année de grâce du Seigneur - L’expression « l’année de grâce » renvoie au jubilé institué en Lévitique 25, ce temps sacré où Dieu invitait son peuple à suspendre ses activités ordinaires pour se souvenir que tout lui appartenait.
Tous les cinquante ans, les dettes étaient annulées, les esclaves retrouvaient leur liberté, les terres revenaient à leurs propriétaires d’origine, et la terre elle-même se reposait. C’était l’année du relâche, de la miséricorde et du recommencement, un écho du cœur du Père qui ne veut pas la servitude, mais la restauration.
Quand Jésus, dans la synagogue de Nazareth, ouvre le rouleau d’Ésaïe et proclame : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; il m’a envoyé pour proclamer aux captifs la délivrance, aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier l’année de grâce du Seigneur » (Luc 4.18-19), puis Il ajoute : « Aujourd’hui cette parole est accomplie » (Luc 4.21) ; Il déclare que le véritable jubilé vient d’être inauguré en sa personne. Désormais, ce n’est plus une institution légale ni une célébration cyclique, mais une réalité spirituelle permanente et éternelle : l’année de grâce du Seigneur est devenue une personne, Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant.
En Lui, toutes les dettes spirituelles sont effacées, les chaînes du péché sont rompues, les cœurs blessés trouvent guérison, et les captifs sortent de leurs prisons intérieures. Ce jubilé n’est plus limité à Israël ni à une époque ; il s’étend à toute l’humanité par la croix, là où la miséricorde a embrassé la vérité, où la justice et la paix se sont donné rendez-vous (Psaume 85.11). En Christ, le pardon devient notre héritage, la liberté notre condition, la joie notre témoignage, et la restauration notre destinée.
L’année de grâce est donc le règne spirituel du Messie, le temps de la visitation de Dieu, où Il appelle chacun à revenir, à recevoir et à renaître. Pourtant, cette grâce n’est pas un automatisme ; elle appelle une réponse, une ouverture du cœur, une humilité profonde pour reconnaître notre besoin de salut, et une foi vivante pour marcher dans cette liberté nouvelle.
Car si la grâce est offerte à tous, seuls ceux qui s’humilient pour la recevoir en goûtent la plénitude. Ainsi, le jubilé véritable n’est pas seulement un événement, ni même une saison, mais une transformation intérieure, une délivrance qui naît de la rencontre avec Jésus, celui qui libère et qui restaure. Il est lui-même l’année de grâce, le jour du salut, le repos des âmes fatiguées et le commencement d’un monde nouveau.
Et c’est dans cette lumière que le « reste » fidèle, les vainqueurs qui entendent encore aujourd’hui la voix du Seigneur, sont appelés à vivre : non comme des spectateurs, mais comme des témoins et des acteurs vivant de ce jubilé éternel, portant la liberté qu’ils ont reçue à ceux qui sont encore enchaînés. Car le Christ n’offre pas seulement le pardon des fautes, mais la liberté de vivre pour Dieu, la joie de servir, et la force de vaincre.
En acceptant de diminuer, Jean permit à Jésus d’apparaître dans toute sa gloire et d’ouvrir l’ère nouvelle de la grâce.
Aujourd’hui encore, chaque croyant est appelé à vivre ce même mouvement : céder la place, laisser mourir le « moi », afin que l’Esprit de Christ remplisse tout l’espace. Les conséquences en sont immenses, nous les avons survolées. Lorsque Jean-Baptiste s’effaça pour que Christ croisse, ce ne fut pas simplement l’histoire d’un prophète qui accepta de diminuer en une certaine époque, mais la révélation d’un principe spirituel éternel : toute véritable vie chrétienne commence lorsque l’homme se retire afin que le Fils de Dieu prenne toute la place.
C’est de cette dépossession volontaire que jaillit l’œuvre incomparable de l’Esprit, œuvre qui se manifeste par l’accomplissement des paroles proclamées à Nazareth, lorsque Jésus ouvrit le rouleau pour déclarer qu’il était venu annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, guérir les cœurs brisés, proclamer la délivrance aux captifs, ouvrir les yeux des aveugles, briser les chaînes des opprimés et inaugurer l’année de grâce du Seigneur.
Là où l’homme persiste à exister pour lui-même, le Christ demeure voilé et impuissant aux yeux du monde et dans l’Eglise ; mais là où l’ego est abaissé et la chair crucifiée, le Seigneur se lève en puissance et son onction devient tangible, car l’humilité ouvre les portes du ciel et la repentance prépare le chemin à la visitation divine. Ainsi, la diminution de Jean annonce la règle de la vie intérieure : plus le moi recule, plus la gloire de Christ remplit le temple, et de cette plénitude découlent la consolation des âmes blessées, la délivrance de ceux qui étaient liés par le péché, l’éclatement de la lumière dans les ténèbres de l’aveuglement spirituel, et la paix profonde qui libère ceux qui étaient courbés sous le poids de l’oppression.
Lorsque cette dynamique devient réalité dans la vie quotidienne, l’existence ordinaire est transformée en ministère vivant par l’Esprit : les pauvres découvrent leur véritable richesse en Christ, les blessés trouvent un baume pour leurs plaies, les captifs goûtent à la liberté, les aveugles voient la lumière du Royaume, les opprimés respirent l’air pur de la grâce, et toute la vie devient proclamation silencieuse et puissante de cette année de faveur divine, où le salut est donné sans mérite et où la gloire n’appartient plus à l’homme, mais au Seigneur Jésus-Christ seul.
Cette grâce ne s’arrête pas aux frontières de l’âme individuelle, elle se répand premièrement dans nos foyers, car il est écrit : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille » (Actes 16.31), et ainsi le jubilé du Christ devient une réalité familiale où les rancunes cèdent la place au pardon, où les blessures relationnelles trouvent guérison, où les maisons marquées par les tensions deviennent des havres de paix, selon la belle promesse : « Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » (Josué 24.15).
« Pierre Truschel » disait : « La première Eglise, c'est la famille, commençons à privilégier les relations dans notre famille naturelle, puis notre famille spirituelle et élargissons… ! »
Elle s’étend ensuite vers nos enfants, grandissant dans un monde troublé et aveuglé, mais auxquels le Seigneur promet : « Je répandrai mon Esprit sur ta descendance, et ma bénédiction sur tes rejetons » (Ésaïe 44.3), afin qu’ils ne soient pas écrasés par les chaînes de l’ennemi, mais qu’ils découvrent dès leur jeunesse la liberté des enfants de Dieu, marchant dans la lumière et dans la vérité, comme il est dit : « Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ; et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas » (Proverbes 22.6).
Enfin, cette année de grâce embrasse l’Église tout entière, appelée à être le signe visible de ce règne de miséricorde et de restauration, une communauté où s’accomplit la promesse : « Dieu place le solitaire dans une famille, il délivre les captifs et les rend heureux » (Psaume 68.7) ; une maison spirituelle où les pauvres entendent l’Évangile, où les cœurs brisés trouvent consolation, où les captifs sont libérés et où les opprimés respirent la liberté, une Église non pas fondée sur les forces humaines, mais sur la grâce surabondante de Celui qui a dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12.9).
Ainsi, dans nos cœurs, dans nos familles, dans nos enfants et nos assemblées, l’année de grâce du Seigneur devient une réalité présente, un jubilé intérieur et communautaire, un temps de restauration et de liberté où chaque vie, chaque foyer, chaque génération et chaque Église peut entendre résonner la voix du Christ : « Aujourd’hui cette parole de l’Écriture est accomplie » (Luc 4.21).
Il est un besoin vital, profond, irrépressible au cœur même de la foi chrétienne : que le Christ apparaisse dans toute sa beauté, non plus voilé, fragmenté ou réduit à l’image que les hommes se font de Lui, mais révélé dans la plénitude de sa gloire, dans la majesté de son amour, dans la douceur de sa sainteté, dans la lumière éclatante de sa vérité. Car tout commence et tout s’accomplit en Lui : Il est l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, et rien dans la vie spirituelle ne peut subsister sans que l’âme voie, contemple, adore et soit transformée par la beauté du Fils de Dieu.
C’est pourquoi l’Esprit Saint veut conduire l’Église vers cette révélation plus pleine, plus pure, plus brûlante : celle du Christ dans sa splendeur, non plus seulement comme Sauveur, mais comme Époux, comme Roi, comme Celui en qui habite corporellement toute la plénitude de la divinité.
« Charles Spurgeon » disait : « Nous nous délectons à savoir que notre Roi possède une beauté suréminente ! », et il ajoutait que « voir le Roi dans sa beauté est la joie suprême du croyant ! » Ce n’est pas une vision mystique détachée de la réalité, mais la perception intérieure de ce que Jésus est réellement ; infiniment aimable, infiniment pur, infiniment vrai.
Quand l’âme, lassée de ses propres luttes, lève enfin les yeux vers Lui, tout change : les ombres reculent, la foi s’embrase, la louange renaît. Voir Christ dans sa beauté, c’est voir la victoire de Dieu sur la laideur du péché, sur la confusion du monde et sur la stérilité des cœurs. C’est découvrir qu’il n’est pas seulement le Crucifié du Calvaire, mais le Roi transfiguré dont le visage brille comme le soleil, et dont la gloire illumine les vallées les plus sombres de l’existence.
« T. Austin-Sparks », quant à lui, écrivait : « Quand je L’ai vu, j’ai vu la splendeur de la gloire divine dans un homme ! » C’est là le grand mystère dont on parle : la beauté de Christ n’est pas abstraite, elle s’est incarnée, elle a pris forme humaine, elle a marché sur nos routes poussiéreuses, elle a souffert nos douleurs, et pourtant elle n’a jamais perdu son éclat. En Jésus, Dieu a fait descendre sa gloire jusque dans la chair, et cette gloire, cachée aux yeux du monde, continue de se révéler par l’Esprit à ceux qui le cherchent avec un cœur pur.
Chaque fois que l’Église redécouvre la beauté de Christ, elle renaît, elle s’unit à sa source, elle retrouve le feu de son premier amour.
Mais lorsque cette vision s’estompe, tout s’affadit : la foi devient doctrine, la prière devient habitude, et le service devient devoir. Voilà pourquoi Dieu, dans chaque génération, suscite des voix prophétiques qui rappellent à son peuple que la beauté du Christ n’est pas une ornementation, mais le centre vivant de toute vraie spiritualité.
Car c’est en contemplant cette beauté que le croyant est transformé « de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit » (2 Corinthiens 3.18). La beauté de Christ n’est pas simplement à admirer, elle est à refléter. Elle ne brille pas seulement pour nous consoler, mais pour nous transfigurer. Celui qui regarde au Seigneur avec un cœur ouvert devient à son tour porteur de cette lumière ; il cesse de chercher à paraître beau aux yeux du monde, car il a trouvé la seule beauté qui ne se fane pas : celle de l’Agneau immolé, doux et puissant, humble et glorieux.
Cette révélation du Christ glorieux n’est pas un luxe spirituel réservé à quelques contemplatifs ; elle est la nécessité absolue de l’Église, car sans la vision du Roi dans sa beauté, l’Église devient aveugle, divisée, préoccupée d’elle-même.
C’est pourquoi l’Esprit travaille à ôter les voiles, à purifier les regards, à briser les idoles qui obscurcissent le visage du Fils. Christ doit croître, et nous devons diminuer, non par mortification stérile, mais parce que sa lumière devient trop forte pour que la nôtre subsiste.
Alors le monde peut enfin voir quelque chose du Christ véritable : non celui des traditions humaines, ni celui des systèmes religieux, mais le Christ vivant, le Christ glorieux, le Christ beau. Sa beauté n’est pas celle d’un roi terrestre, mais celle du Serviteur souffrant devenu Seigneur des seigneurs, celle de l’Agneau qui règne, celle de l’amour qui a triomphé de la mort. Et lorsque cette beauté est vue, elle attire irrésistiblement : « Tu es le plus beau des fils de l’homme, la grâce est répandue sur tes lèvres ; c’est pourquoi Dieu t’a béni à jamais » (Psaume 45.2).
Alors oui, il faut « qu’il croisse et que je diminue », « moins de l’homme pour plus de Dieu », afin que Christ apparaisse dans toute sa beauté, car c’est en Le voyant que nous devenons vraiment vivants ; c’est en L’adorant que nous apprenons à aimer ; c’est en Le contemplant que nous apprenons à vaincre.
Et quand Il apparaîtra dans sa gloire, ceux qui l’auront aimé dans la foi se lèveront, transfigurés à leur tour, resplendissants du même éclat. Alors s’accomplira la promesse : « Quand Christ, votre vie, paraîtra, vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire » (Colossiens 3.4). Et toute la création, qui soupire encore, reconnaîtra en Lui la Beauté éternelle, le Visage de Dieu révélé à jamais.
Le « reste », dans chaque génération, est ce lieu secret où le Seigneur se donne encore à voir. Comme les 7 000 d’Élie qui n’ont pas fléchi le genou devant Baal, comme les 300 de Gédéon qui ont combattu non par la force mais par la lumière.
Ces âmes, apparemment insignifiantes, deviennent les miroirs où resplendit la beauté du Christ vivant. En elles, le monde peut encore percevoir l’éclat du visage de Jésus. Elles portent la douceur du Fils, la patience de l’Agneau, la sainteté du Bien-Aimé. Ce ne sont pas des hommes de gloire, mais des hommes de grâce ; non des vainqueurs selon la chair, mais des témoins selon l’Esprit.
« Je bâtirai mon Église ».
Extrait d'un article de « T. Austin-Sparks » : « Christ, Tout et en tous ».
Ce texte, bien plus qu’une simple méditation, est une invitation à revisiter notre compréhension de l’Église, de la vie chrétienne et du dessein éternel de Dieu. « Austin-Sparks », avec une clarté spirituelle rare, nous rappelle que l’Église n’est pas une institution humaine ni une organisation religieuse.
Lorsque Christ dit : « Je bâtirai mon Église » (Matthieu 16.18), ce n’est pas aux hommes de s’en emparer, de la redessiner à leur image, ou de la gouverner selon leurs ambitions. Ce n’est pas une scène pour les performances humaines, ni un trône pour les traditions religieuses. Elle est le lieu où Christ seul est Roi, où Sa volonté est souveraine, et où Sa gloire est le but ultime.
Lorsque nous comprenons cela, nous cessons de vouloir organiser et contrôler. Nous cessons de « vouloir » tout cours, et nous laissons la place au « Je » du Seigneur. Nous nous mettons à genoux, et nous disons : « Seigneur, je veux rechercher ta face, tous les jours de ma vie ! »
Dieu cherche un peuple entièrement centré sur Jésus-Christ ; un peuple pour qui Christ est tout et en tous. Ce message, à la fois radical et libérateur, nous pousse à examiner notre propre foi : vivons-nous réellement dans cette réalité ? Sommes-nous prêts à renoncer à tout ce qui n’est pas Christ, pour entrer pleinement dans les pensées de Dieu ? (NDRL Pour cela, la même devise s’impose : « Moins de l’homme pour plus de Dieu ! »)
« Il est la tête du corps, de l'Eglise, lui qui est le commencement, le premier-né d'entre les morts, afin qu'en toutes choses il tienne, lui, la première place » (Colossiens 1.18).
« Il n'y a pas Grec et Juif, circoncision et incirconcision, barbare, Scythe, esclave, homme libre ; mais où Christ est tout et en tous » (Colossiens 3.11).
La science a fait de sérieux efforts, durant ces dernières années, pour mettre à la portée de tous et de chacun l'immensité de l'univers. Les savants ont réussi à condenser les questions les plus vastes et les plus profondes de l'étude et des recherches scientifiques sous la forme de traités populaires, et c'est par centaines de milliers que sont vendus ces ouvrages de vulgarisation. Cela prouve à quel point le monde s'intéresse à l'explication de l'univers, à celle de la création, de l'histoire de l'homme et à tous les mystères de la nature. Et cependant, quand on arrive au bout de cette lecture, l'on ne peut se défendre d'une impression de vague, d'insuffisant, d'inachevé, et du sentiment que l'on n'est pas arrivé à une conclusion claire et définie.
Ceci peut paraître présomptueux, mais nous croyons posséder la réponse positive et finale à cette question tant débattue. Pour nous, il y a une explication, une seule, mais définitive et concluante, de l'univers ; et cette explication est une personne ; le Seigneur Jésus Christ, l'origine et le centre éternels de tout ce qui existe. Quelle que soit la profondeur de nos études, nous ne trouverons pas l'explication, même partielle, de l'univers, tant que nous n'aurons pas reconnu la place que Dieu a donnée, de toute éternité, au Seigneur Jésus.
Ces paroles si simples des Ecritures, « Christ est tout (toutes choses) et en tous », embrassent l'univers tout entier. D'éternité en éternité, Christ est l'explication de tout ce qui a été, de tout ce qui est, et de tout ce qui sera.
C'est ce que nous chercherons à voir dans ces pages.
L'explication de la création elle-même.
Nous savons naturellement que cette lettre aux Colossiens déclare cela dès le chapitre premier. Elle nous dit que : « Car par lui ont été créées toutes choses, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, les visibles et les invisibles, soit trônes, ou seigneuries, ou principautés, ou autorités : toutes choses ont été créés par lui et pour lui ; et lui est avant toutes choses et toutes choses subsistent par lui » (Colossiens 1.16-17).
C'est une déclaration très vaste, et elle établit clairement que Christ, étant tout, et en tous, est l'explication de la création tout entière. Pourquoi toutes choses ont-elles été créées ? Pourquoi Dieu, par Christ, a-t-Il amené l'univers à l'existence ? Pourquoi cet immense système universel existe-t-il et se maintient-il ? Quelle est l'explication du monde ?
À toutes ces questions, il n'y a qu'une seule réponse : c'est pour que Christ soit tout, et en tous. L'intention qui était dans le cœur de Dieu, lorsqu'Il créa tout cet univers, c'était que la création tout entière devînt un jour la manifestation de la gloire et de la suprématie de Son Fils, Jésus-Christ.
Ce seul petit fragment, « et toutes choses subsistent par lui », nous dit clairement, et sans permettre aucun doute, que, sans le Seigneur Jésus-Christ, l'univers se désintégrerait et tomberait en ruines. Il lui manquerait son facteur d'unité ; il n'aurait plus de raison de se maintenir en un tout parfait et concret. Si tous les éléments tiennent bien ensemble, s'il n'y a ni désintégration, ni rupture, ni morcellement, ni émiettement, c'est parce que, du fait de la volonté de Dieu, le Seigneur Jésus est le centre de tout ce système, de tout cet univers. C'est Lui qui le gouverne.
C'est Lui, le Fils de Dieu, qui explique la création ; sans Lui, il n'y aurait jamais eu de création. Mettez-Le de côté et la création perd aussitôt son but et sa raison d'être ; elle n'a plus besoin d'être maintenue. Que « Christ soit tout, et en tous », c'était la pensée centrale et directrice de Dieu dans la création de l'univers.
Cela peut nous laisser froid, dans une certaine mesure, cela peut nous laisser indifférent ; mais j'ose espérer que ce que nous allons dire maintenant éveillera notre intérêt et réchauffera notre cœur. Il y a en effet une perspective pour cet univers. Lorsque Dieu aura les choses telles qu'Il les a voulues et déterminées dans l'éternité passée ; et Il les aura, l'univers tout entier, jusqu'à son dernier atome, manifestera la gloire de Jésus-Christ. Que nous regardions les choses, ou les personnes, nous ne verrons que Christ glorifié. Tout rayonnera de la gloire de Christ ! Quelle perspective merveilleuse et bénie que celle-là !
Quand nous nous retrouvons entre enfants de Dieu, dans une de ces rencontres bénies, de quelques heures, ou peut-être de quelques journées, là où le Seigneur est le centre et où nous n'avons tous qu'un seul et même intérêt, le désir et la contemplation de Lui-même, quelle expérience glorieuse est la nôtre ! Et quand ensuite, il nous faut retourner dans le monde, combien l'atmosphère semble lourde et glaciale ! C'est grand et c'est précieux de voir le Seigneur dans les Siens, et d'être ainsi rassemblés en Lui, malgré tout ce que de telles rencontres peuvent encore avoir d'imparfait.
Mais qu’en sera-t-il à l’arrivée du jour éternel, où nous n'aurons plus besoin de retourner dans le monde le lundi matin, après avoir passé un temps dans les parvis du Seigneur, où nous ne toucherons plus rien sans entrer en contact avec le Seigneur Jésus, et où l'univers tout entier sera plein de Sa Personne : « Christ tout et en tous ! »
Voilà le dessein de Dieu. C'est là ce qu'Il a voulu et décidé, l'univers tout entier sera pour Lui. Tout sera une expression du Seigneur Jésus.
Nous voyons maintenant beaucoup de choses qui ne reflètent pas le Seigneur Jésus dans notre vie, dans la vie de chacun d'entre nous. Mais le jour vient où vous ne verrez en moi rien d'autre que Lui, et où je ne verrai en vous que le Seigneur Jésus, nous serons « conformes à l'image de son Fils » (Romains 8.29). Sa gloire morale brillera et sera manifestée. Christ sera « tout et en tous » ! Dieu l'a voulu et décidé, et ce que Dieu a déterminé, Il l'aura. C'est donc là l'explication de la création : que Christ soit tout, et en tous, et qu'en toutes choses Il ait la première place.
Dans sa lettre aux Romains, l'apôtre Paul fait à cet égard une déclaration remarquable : « Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise, avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement » (Romains 8.19-22).
Remarquons ce que cela signifie et implique réellement. La création est possédée d'un ardent désir. Cette attente douloureuse est semblable aux souffrances de l'enfantement ; et il y a en elle un espoir, (non pas celui de la dissolution de l'univers dont parlent certains savants). Cet espoir cependant, comme les soupirs qu'il provoque, a été délibérément soumis à un règne de vanité, c'est-à-dire qu'espoir et soupirs sont vains ; jusqu'à un temps et un but déjà fixés. Cette fin sera caractérisée par deux choses : d'une part, la révélation des fils de Dieu ; d'autre part, l'affranchissement, pour la création, de l'esclavage de la corruption, les deux choses étant liées. Tout cela remonte jusque dans l'éternité passée, et est lié au Seigneur Jésus, qui est Le Fils : « Car ceux qu'il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l'image de son Fils, pour qu’il soit le premier-né entre plusieurs frères » (Romains 8.29).
Le premier passage que nous avons cité contient une déclaration formelle et une implication très claire. La déclaration, c'est que la création a été soumise à la vanité, et que son état actuel est la servitude de la corruption. L'implication évidente, c'est qu'à un moment défini, à cause de la corruption, la création tout entière a été soumise à la vanité, et que ses soupirs et ses douleurs ont été frappés de stérilité.
C'est à cet égard que l'on peut comprendre toute l'étendue et la nature de l'intervention de Satan dans la création. Par cette intervention terrible, le dessein suprême de Dieu a été défié et mis en échec, et la porte a été ouverte à la corruption. Cette corruption devint si universelle qu'une sentence de vanité fut prononcée sur « la création tout entière ».
L'effet produit par cette sentence, c'est que la création ne put jamais, et ne peut pas, arriver à la raison de son existence, sur une base autre que celle de la sainteté et de la ressemblance de Dieu. C'est ici qu'intervient aussi toute la portée de la « rédemption qui est en Jésus-Christ ».
Par l'œuvre universelle qu'Il a accomplie à la Croix, Jésus Christ a détruit les œuvres du Diable, et, potentiellement le Diable lui-même. Par la puissance de Sa nature et de Sa vie sans péché, par l'efficacité de Son sang incorruptible, Il a détruit le péché et la corruption, et Il a acquis la justification et la sanctification pour tous ceux qui croient ; ceux-ci deviennent, par la régénération : « en Christ, une nouvelle création » (2 Corinthiens 5.17).
C'est par ce moyen seul que la création peut être délivrée. Quand ces fils de Dieu seront manifestés, leur nombre étant au complet, et que tous ceux qui ont refusé ce salut auront été bannis du royaume de Dieu, alors la création sera délivrée, et sa destinée originelle sera atteinte. Christ sera tout et en tous.
L'explication de l'homme.
Ensuite, en second lieu, nous avons l'homme, qui est la part centrale de la création. Comment expliquer l'homme ? Comment expliquer Adam le premier homme ? Il y a dans les Ecritures un petit passage qui répond à cette question : « Adam... est la figure de Celui qui devait venir » (Romains 5.14), c'est-à-dire, Christ.
Une figure de Celui qui devait venir ; voilà l'explication de l'homme. L'explication de l'homme, la voici encore : l'intention de Dieu, c'était que chaque homme entrant dans ce monde soit conforme à l'image de Son Fils, Jésus Christ. Des multitudes manqueront ce but. Mais il y aura aussi des multitudes, telles que personne ne saurait les compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue, qui y parviendront glorieusement. Quelle haute vocation !
Quelle conception différente de la destinée de l'homme ! Et quelle perte ce serait que de manquer un tel but ! Et cependant, beaucoup disent en se plaignant, que s’ils avaient eu le choix, ils ne seraient jamais entrés dans ce monde. Il y en a même qui, dans un moment de dépression, ont maudit le jour qui les a vus naître. Cela montre qu'il y a là quelque chose qui ne va pas ; ce n'est pas ce que Dieu avait voulu. Aussi nombreux que soient les jours sombres où nous nous demandons si la vie vaut vraiment la peine d'être vécue, revenons à la pensée de Dieu, qui nous a donné la vie.
Au point de vue divin, notre naissance a été un privilège inestimable ; c'est le plus grand honneur qui pouvait nous être conféré. Nous ne nous en rendons pas toujours compte, et nous ne le disons pas toujours, mais nous sommes sans cesse contraints de revenir au point de vue de Dieu. Et lorsque nous revenons à cette pensée de Dieu, qui veut que nous devenions conformes à l'image de Son Fils, qui veut un univers peuplé d'hommes et de femmes rendus conformes à l'image de Son Fils, Jésus Christ, et qui soient pour Lui une expression et une manifestation universelles de Christ glorifié de la gloire du Père ; oui, nous disons que c'est un privilège, un honneur pour lequel il valait la peine de naître. Voilà l'explication de l'homme, Nous ne pouvons qu'effleurer chacun de ces grands sujets, et il nous faut passer au suivant.
L'explication de la Rédemption.
Nous avons aussi, dans ces mots « Christ est tout et en tous », l'explication de la rédemption. Une présence sinistre s’est manifestée. Quelqu’un s’est dressé contre le dessein de Dieu.
Bien que l’objectif divin ne puisse être totalement éclipsé, un autre s’est déterminé à entraver, par tous les moyens à sa disposition, le déploiement universel de la gloire de Jésus-Christ. Jamais, s’il peut l’empêcher, Christ ne sera « tout et en tous ».
Cet autre, c'était celui qui avait convoité cette gloire pour lui-même, celui qui voulait être le seigneur universel du ciel et de la terre, Satan. Et cette intervention de Satan a changé les choses du tout au tout, mais pour un temps seulement. Il a séduit l'homme, et a rendu l'homme différent de ce que Dieu avait voulu ; l'image divine a été altérée. Sans la rédemption, c’eût été la ruine du dessein de Dieu ! La rédemption qui est en d'autres termes la Croix du Seigneur Jésus !
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- Hannah W. Smith
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