11. La croix radicale
Chap: 11 - Chacun sa croix - La croix du croyant est celle qu’il assume volontairement. C’est là que réside la différence entre sa croix et la croix sur laquelle les condamnés romains mouraient.
Une chrétienne sincère demanda de l’aide à « Henry Suso » * concernant sa vie spirituelle. S’imposant des austérités rigides dans le but de ressentir les souffrances que le Christ avait endurées sur la croix, les choses n’allaient pas si bien pour elle, et « Suso » savait pourquoi.
Le vieux saint écrivit à sa fille spirituelle et lui rappela que notre Seigneur n’avait pas dit : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne ma croix chaque jour et qu’il me suive ! » (Luc 9.23). Il avait dit : « Il doit… prendre sa croix chaque jour et me suivre ! » Il n’y a qu’une différence d’un petit pronom ; mais cette différence est vaste et importante.
Les croix sont toutes identiques dans leur fonction, mais il n’y en a pas deux semblables dans l’expérience. Jamais auparavant, ni depuis, il n’y a eu de croix comme celle endurée par le Sauveur. Toute l’œuvre épouvantable de la mort que Christ a subie était quelque chose d’unique dans l’histoire de l’humanité. Il devait en être ainsi si la croix devait signifier la vie pour le monde. Le port du péché, les ténèbres, le rejet par le Père étaient des agonies particulières à la personne du saint sacrifice.
Revendiquer une expérience semblable, de près ou de loin, à celle du Christ serait plus qu’une erreur : ce serait un sacrilège. Chaque croix était et reste un instrument de mort, mais aucun homme ne pouvait mourir sur la croix d’un autre ; chacun mourait sur sa propre croix. C’est pourquoi Jésus a dit : « Il doit… prendre sa croix chaque jour et me suivre ! »
Or, il y a un sens réel dans lequel la croix du Christ embrasse toutes les croix et la mort du Christ englobe toutes les morts : « Car l’amour du Christ nous presse, parce que nous estimons que si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts » (2 Corinthiens 5.14). « Je suis crucifié avec Christ » (Galates 2.20).
« Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d'autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde ! » (Galates 6.14).
C’est l’œuvre judiciaire de Dieu dans la rédemption. Le chrétien, en tant que membre du Corps du Christ, est crucifié avec sa Tête divine.
Devant Dieu, chaque vrai croyant est considéré comme mort lorsque Christ est mort. Toute expérience ultérieure de crucifixion personnelle est basée sur cette identification avec le Christ sur la croix.
Mais dans l’accomplissement pratique et quotidien de la crucifixion du croyant, sa propre croix est mise en jeu : « Il doit… prendre sa croix chaque jour ! » Ce n’est évidemment pas la croix du Christ, mais la croix personnelle du croyant, par laquelle la croix du Christ est rendue efficace pour tuer sa nature mauvaise et le libérer de sa puissance.
La croix du croyant est celle qu’il assume volontairement. C’est là que réside la différence entre sa croix et la croix sur laquelle les condamnés romains mouraient. Ils allaient à la croix contre leur gré ; lui, parce qu’il choisit de le faire. Aucun officier romain n’a jamais montré une croix en disant : « Si quelqu’un le veut, qu’il la prenne ! » Seul le Christ a dit cela, et en le disant, il a remis toute l’affaire entre les mains du chrétien. Il peut refuser de prendre sa croix, ou il peut se baisser, la prendre et partir pour la colline sombre.
La différence entre la grande sainteté et la médiocrité spirituelle dépend du choix qu’il fait. Suivre le Christ pas à pas dans la même souffrance que la crucifixion romaine n’est possible pour aucun de nous, et n’était certainement pas prévu par notre Seigneur. Ce qu’il veut, c’est que chacun de nous se considère comme mort avec Christ et accepte ensuite volontairement tout ce qu’il y a d’abnégation, de repentance, d’humilité et de sacrifice humble que l’on peut rencontrer sur le chemin de la vie quotidienne obéissante.
C’est sa croix, et c’est la seule que le Seigneur l’ait invité à porter.
* Henry (Heinrich) Suso (~1296-1366) : mystique allemand né d’une famille noble. Il entra dans un monastère bénédictin à l’âge de treize ans. Son Livre de la sagesse éternelle est devenu un ouvrage populaire de méditations au Moyen Âge.
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