La bénédiction  de la Pentecôte.7

La bénédiction de la Pentecôte.7

Le chrétien doit veiller à ne point perdre la bénédiction reçue, mais à l'accroître de jour en jour. Comment cela ? Simplement en la confiant à la garde du Seigneur.

Comment conserver cette grâce ?

« Mais vous, bien-aimés, vous édifiant vous-mêmes sur votre très sainte foi, et priant par le Saint-Esprit, maintenez-vous dans l'amour de Dieu... Or, à celui qui peut vous préserver de toute chute et vous faire paraître devant sa gloire irrépréhensible et dans l'allégresse, à Dieu seul, notre Sauveur, par Jésus-Christ notre Seigneur, soient gloire, majesté, force et puissance, dès avant tous les temps et maintenant, et dans tous les siècles ! Amen » (Jude 1 v. 20 à 25).

  Après avoir reçu la plénitude de la bénédiction de la Pentecôte, peut-on la perdre ? Bien certainement. Dieu ne la confère pas de telle façon qu'on soit contraint de la conserver bon gré mal gré. C'est un talent à faire valoir, et dont on ne jouit qu'à cette condition. Après avoir été baptisé du Saint-Esprit. Jésus eut encore à marcher dans une vie parfaite qui augmentait sans cesse en lumière, en force, et en perfection par l'obéissance aux directions de l'Esprit. De même, le chrétien doit veiller à ne point perdre la bénédiction reçue, mais à l'accroître de jour en jour.

  Comment cela ? Simplement en la confiant à la garde du Seigneur. C'est ainsi que Paul écrit à Timothée : « Il a la puissance de garder mon dépôt » et : « Garde le bon dépôt, par le Saint-Esprit qui habite en nous » (2 Timothée 1 v. 12 à 14). Et Jude de même : « Maintenez-vous dans l'amour de Dieu », ajoutant la doxologie : « A celui qui peut vous préserver… » (Jude 1 v. 21 à 24). Il en est de cette bénédiction comme de la manne au désert elle doit descendre du ciel toute fraîche chaque matin. Comme la vie naturelle, la vie spirituelle a constamment besoin de l'air pur, et vivifiant qui vient du dehors et d'en-haut. Examinons comment peut se maintenir ce contact perpétuel.

1. C'est Jésus qui nous a donné la bénédiction : à lui de nous la garder.

  Il est « celui qui garde Israël » (Psaumes 121 v. 4), et il est fidèle à son nom. Comme Dieu garde et soutient le monde qu'il a créé, Jésus maintient aussi en tout temps la grâce donnée à la Pentecôte. Le Saint-Esprit n'est pas une puissance dont nous puissions disposer à notre gré ; c'est lui qui domine sur nous et qui agit en nous. La seule attitude qui nous convienne est celle d'une absolue dépendance, dans le sentiment de notre néant et de notre impuissance, de sorte que Jésus puisse faire en nous son œuvre.

  Faute de le comprendre, on redoute parfois d'entrer en possession de la bénédiction promise, de peur de ne pouvoir persévérer. Comment se maintenir à un niveau si élevé ? C'est avoir une bien pauvre idée de la réalité. Si Jésus vient établir sa demeure dans mon cœur, c'est pour prendre toute ma vie intérieure sous son contrôle et en faire l'objet de sa sollicitude. Sans doute, nous avons à veiller, mais sans anxiété, et sans cesser d'être joyeux. C'est en souverain que le Seigneur est entré dans son sanctuaire, et tout ce qu'Il demande, c'est que l'âme le reconnaisse et l'honore comme son fidèle berger, son tout-puissant gardien.

2. C'est par la foi que s'obtient la bénédiction, et par la foi qu'elle se maintient.

  A tous les degrés de la vie spirituelle règne la même grande loi du royaume : « Qu’il vous soit fait selon votre foi » (Matthieu 9 v. 29). Grain de moutarde au début, la foi va grandissant sans cesse, s'emparant à chaque pas de trésors nouveaux. « Si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu » (Galates 2 v. 20). La foi de l'apôtre s'accroissait avec les besoins de sa vie et de son œuvre, vaste et puissante en face des richesses inépuisables de son maître. Ce n'était plus lui qui vivait, il laissait Jésus agir librement en lui.

  La plénitude de l'Esprit n'est pas un don accordé une fois pour toutes, une sorte de réserve de vie divine. Elle est plutôt semblable à ce torrent d'eau de la vie qui jaillit de dessous le trône de Dieu et de l'Agneau. C'est une communication incessante de la vie et de l'amour de Jésus, qui n'est possible que dans une intime communion avec lui. Il ne demande qu'à poursuivre et à mener à bien l'œuvre commencée, pourvu qu'on se livre avec une joyeuse confiance à son sceptre souverain.

3. Il faut donc demeurer dans la communion arec Jésus pour qu'Il puisse nous conserver cette grâce.

  Le but même de la bénédiction de la Pentecôte est de nous révéler Jésus comme un Sauveur tout-puissant. Le Saint-Esprit n'est pas venu prendre la place de Jésus, mais lui unir ses disciples plus étroitement, plus profondément et plus parfaitement. Cette puissance d'en-haut ne devenait pas leur propriété : elle restait inséparable du Seigneur Jésus et du Saint-Esprit. Toute opération de cette puissance était l'œuvre directe de Dieu en eux, et avait pour effet de rendre plus étroites leurs relations précédentes avec leur maître.

  De même l'Esprit glorifiera toujours Jésus en nous, comme l'unique Seigneur de qui vient tout ce qui est glorieux. Une étroite communion avec Dieu, une vie de sanctuaire, la recherche de sa volonté dans sa Parole, le sacrifice de notre temps, de nos affaires, de nos rapports de société, seront souvent indispensables pour ne pas perdre la bénédiction. C'est celui qui met sa communion au-dessus de tout qui sait ce que c’est que d’être gardé.

4. C’est dans le sentier de l’obéissance que nous serons gardés.

  En promettant le Saint-Esprit, le Seigneur Jésus réclama par trois fois l'obéissance. « Si vous m'aimez, gardez mes commandements, et je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur » (Jean 14 v. 15 et 16 ; 14 v. 21 et 23). Pierre parle du Saint-Esprit que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent (Actes 5 v. 32). Du Seigneur lui-même il est écrit qu' « il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort... C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé » (Philippiens 2 v. 8 et 9). L'obéissance est ce que Dieu se doit d'exiger, comme étant le devoir et le bonheur de la créature. Seule, elle relève les ruines accumulées par la chute. Aussi Jésus est venu la rétablir : c'est sa vie même.

  Il y a deux sortes d'obéissance : l’une, très défectueuse, bonne volonté impuissante, celle des disciples avant la Pentecôte, acceptée par le Seigneur en considération de leurs bonnes intentions. L'autre, celle d'après la Pentecôte, obéissance filiale, abandon sans réserve à la volonté de Dieu. A cette école, on apprend à discerner la voix de Jésus, la voix de l'Esprit, et la voix de la conscience, et à se laisser docilement conduire. Le vrai moyen d'affermir en nous la vie de Pentecôte, c'est d'aimer Jésus, le divin modèle d'obéissance, l'obéissance incarnée, qui ne faisait jamais que ce qui était agréable à son Père.

  L'exercice de cette obéissance affermit puissamment notre confiance en Dieu, de sorte que nous en venons à pouvoir tout attendre de lui. Pour que la foi soit forte, il faut que la volonté soit forte, et il n'y a rien de tel pour fortifier la volonté que l'obéissance, l'unique voie du progrès indéfini.

5. C'est par la communion fraternelle que se maintient la bénédiction reçue.

  Au début, on ne pense guère qu'à soi ; même après avoir reçu la plénitude de l'Esprit, on se préoccupe d'abord de ne pas la perdre. Mais on ne tarde pas à apprendre sous la direction de l'Esprit qu'aucun membre du corps ne saurait jouir d'une santé florissante en se tenant à l'écart des autres. On commence à comprendre qu'il y a « un seul corps et un seul Esprit » (Ephésiens 4 v. 4), une seule sève vivifiante qui circule dans tout le corps.

  De ce principe découlent des leçons de la plus haute importance. Tout ce que nous avons reçu appartient aux autres et doit s'employer à leur service. De même, tout ce qu'ont les autres nous appartient aussi et nous est indispensable. Il faut que les membres du corps de Christ agissent à l'unisson pour que l'Esprit puisse faire son œuvre. Il nous faut déclarer ce que le Seigneur a fait pour nous, réclamer l'intercession des autres, rechercher la communion avec eux, les aider selon notre pouvoir avec ce que nous avons reçu, en prenant à cœur l'état misérable de l'Eglise, non pas dans un esprit de jugement et de récriminations, mais bien plutôt dans un esprit d'humilité et de prière, de bienveillance et de douceur. Nous apprendrons à l'école de Jésus comment « la plus grande de ces choses, c'est l'amour » (1 Corinthiens 13 v. 13), et il se servira de notre dévouement à sa cause pour faire abonder en nous l'action de l'Esprit.

6. Mettons au service du royaume toute grâce reçue, et elle nous sera conservée.

  Nous l'avons dit déjà, l'Esprit a été donné comme un moyen d'action, une force pour servir. Le nom même de Jésus-Christ implique une entière consécration à l'œuvre de Dieu, un amour des âmes allant jusqu'au sacrifice : Il n'a vécu ici-bas que pour cela, ne vit au ciel que pour cela. Comment pourrait-on s'imaginer avoir l'Esprit de Christ alors qu'on n'a pas l'amour des âmes ? Il nous faut donc d'emblée rattacher étroitement unies l'une à l'autre ces deux opérations de l'Esprit : Il n'agit en nous qu'en vue de ce qu'il veut faire par nous. Nous n'obtiendrons quelque bénédiction réelle et durable que si nous nous mettons nous-mêmes au service de l'Esprit pour accomplir son œuvre.

  Cette bénédiction n'est pas toujours accordée avec la même intensité, ni toujours tout entière à la fois. Il se peut qu'on ne l'obtienne qu'à la suite d'expériences préparatoires, dont on perdrait le bénéfice en voulant en jouir égoïstement. Qu'on se livre au contraire au Seigneur pour se laisser utiliser par lui comme il le jugera bon, et l'on constatera que, loin d'épuiser ou d'appauvrir le trésor reçu, le travail le conserve et l'enrichit.

7. C'est en demeurant lui-même en nous que Jésus nous maintient en possession de la bénédiction de la Pentecôte.

  Il peut sembler presque incroyable qu'étant sur la terre, nous restions en communion ininterrompue avec le Seigneur du ciel. Mais cela devient tout simple dès que l'Esprit nous apprend à chercher Christ, non plus dans les profondeurs du ciel, mais dans notre cœur, devenu sa demeure, son sanctuaire ; et cela de telle sorte qu'Il devient comme l'âme même de notre âme, qu'il façonne à son image, qu'il inspire et qu'il anime.

  Comme le soleil, du haut du firmament, fait pénétrer sa chaleur jusque dans mes moelles, ainsi du haut du ciel, le Seigneur agit en moi de telle façon par son Esprit que ma nature même, ma manière de vouloir, de penser et de sentir, en est transformée. Je ne suis pas sous la protection d'un gardien extérieur seulement ; c'est du dedans que l'Esprit communique à ma personnalité le caractère, la nature divine de mon Sauveur.

Que personne donc ne se laisse arrêter par la crainte de ne pouvoir persévérer. C'est Jésus qui se charge de nous conserver la grâce promise. Qu'on ne s'achoppe pas non plus au fait qu'on n'en saisit pas bien le secret. Comme aux jours de sa chair Jésus-Christ était constamment avec ses disciples, de même il veut par son Esprit être tous les jours et tout le jour votre vie, vivre en vous sa vie.

  Nul ne peut se rendre exactement compte de la vue dont on jouit du sommet d'une montagne avant d'y avoir été lui-même. Sans attendre de tout comprendre, croyez que le Seigneur Jésus n'a envoyé son Esprit que pour vous avoir et vous garder à sa disposition. Rejetant donc toute entrave, laissez-le répandre en vous à flots et dans sa plénitude la bénédiction de la Pentecôte, pour qu'elle jaillisse en vous en vie éternelle.

 

Un message de Andrew Murray
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« Nous nous sommes consacrés comme une offrande, comme un sacrifice ; nous nous sommes consacrés tout entiers à Lui. Ceci est la consécration. Être saturé de Christ, c'est cela que Dieu appelle consécration.... »

- Frédéric Gabelle

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