Votre haine du péché est-elle tempérée par la miséricorde ?

Votre haine du péché est-elle tempérée par la miséricorde ?

Je voudrais vous parler d’un serviteur qui haïssait le péché plus que quiconque. Sa haine pour le mal était si passionnée, qu'il était prêt à tuer tout transgresseur. Je parle de Saül, le premier roi d’Israël !

 

Les Philistins avaient envahi Israël.

Peut-être pour tester les résolutions du roi nouvellement établi. Ils attaquèrent Israël sur trois flancs en même temps. Un sentiment de lâcheté s’étendit parmi les soldats d’Israël et ils commencèrent à s’enfuir dans les cavernes, derrière les rochers pour se cacher de l’ennemi. Saül n’avait plus que six cents combattants avec lui. Les troupes ennemies étaient beaucoup plus puissantes et de plus les combattants d’Israël étaient très mal armés. « Il arriva qu’au jour du combat, il ne se trouvait ni épée, ni lance entre les mains de tout le peuple qui était avec Saül et Jonathan ; il ne s’en trouvait qu’auprès de Saül et de Jonathan, son fils » (1 Samuel 13 v. 22). Saül et son armée hétéroclite étaient assis sous quelques arbres, se demandant quoi faire.

Mais, entre-temps, Jonathan et son porteur d‘armes s’éloignèrent du camp pour préparer leur propre stratégie. Ce jeune fils de Saül était un homme de Dieu, plein de foi. Il dit à son aide : « …car rien n’empêche l’Eternel de sauver au moyen d’un petit nombre comme d’un grand nombre » (1 Samuel 14 v. 16).

Les deux hommes se faufilèrent jusqu’à un endroit près de Mishmash où ils virent un groupe de soldats philistins sur une colline escarpée au-dessus d’eux. Jonathan se leva, s’exposant aux soldats ennemis et ceux-ci le défièrent de s’approcher. Tant bien que mal, Jonathan et son premier porteur d’armes réussirent à grimper jusqu’en haut des rochers et surprirent les soldats ennemis qui ne croyaient pas cela possible. Presque instantanément, les deux hommes abattirent vingt Philistins.

Quand la bataille fut terminée, le reste des soldats philistins fut pris de panique et s’enfuit. Le seul passage possible pour leur fuite était fort étroit et les soldats se trouvèrent bloqués entre les rochers. La Parole dit qu’ils tremblèrent et qu’ils commencèrent même à se battre entre-eux : « l’effroi se répandit au camp, dans la contrée et parmi tout le peuple ; le poste et ceux qui ravageaient furent également saisis de peur, le pays fut dans l’épouvante. C’était comme une terreur de Dieu. Les sentinelles de Saül, qui étaient à Guiba de Benjamin, virent que la multitude se dispersait et allait de côté et d'autre » (1 Samuel 14 v. 15 et 16).

L’un des gardes de Saül entendit le bruit. Regardant vers le bas, dans la vallée, il vit les deux hommes qui firent s’enfuir les Philistins. Il appela Saül qui vint regarder la scène. Saül ne pouvait reconnaître son fils et voulut savoir qui étaient les deux soldats. Alors il ordonna à ses officiers de compter les hommes. « Vérifiez qui manque à l’appel. » Le compte fut fait et un soldat vint dire à Saül que Jonathan et son porteur d’armes manquaient. A cette annonce, Saül et toute son armée se joignirent au combat. Ils arrivèrent à chasser tous les Philistins. Néanmoins, Saül donna un ordre sans réfléchir. Il dit à ses soldats : «…maudit soit l’homme qui prendra de la nourriture avant le soir, avant que je ne sois vengé de mes ennemis ! » (1 Samuel 14 v. 24)

Il avait ordonné que personne ne s’arrête pour manger avant la fin du combat ! C’était un ordre stupide. Naturellement, Jonathan et son porteur d’armes ne l’avaient pas entendu. Et tandis qu’ils combattaient dans un endroit boisé, Jonathan arriva près de quelques arbres où il y avait une coulée de miel. Il pointa son bâton dans ce miel et en goûta. Immédiatement sa vue s’éclaircit et ses forces revinrent pour le combat.

Cette nuit, après le combat, les soldats d’Israël prirent les animaux de l’ennemi et les abattirent à même le sol pour en manger. Ils ne laissèrent pas drainer le sang et mangèrent de la viande contenant encore du sang. Ces deux actions étaient tout à fait contraires à la loi. Quelqu’un vint rapporter l’affaire à Saül qui était horrifié. Il savait que la loi commandait de tuer les animaux sur une pierre et d’en drainer tout le sang avant d’en manger. Soudainement, il fut rempli de colère et d’indignation. Il donne l’ordre à tous de s’assembler autour de lui et il rugit : « … vous commettez une infidélité ; roulez à l’instant vers moi une grande pierre » (1 Samuel 14 v. 33).

Saül disait : « Dieu est offensé ! Vous l’avez attristé ! Vos transgressions sont de flagrants péchés ; Vite, il n’y a pas de temps à perdre ! Amenez-moi votre bétail qui sera tué sur la pierre. Laissez le sang s’en écouler et ne mangez pas de viande contenant du sang. Faites-le selon la loi ! »

Je peux imaginer la scène. Saül est là près de la pierre servant d’autel et les soldats s’avancent, gênés, tels des agneaux. Saül balance la tête et dit à ses capitaines : « Comment ont-ils pu faire cela ? Sont-ils vraiment stupides ? Je ne peux permettre à la colère de Dieu de s’abattre sur cette nation ! La situation doit être rectifiée ». Il était outragé.

Cette nuit là, les soldats étaient fatigués, traumatisés par le combat et les événements, mais comme ils n’avaient pas encore liquidé tous les Philistins, Saül ordonna qu’ils poursuivent l’ennemi toute la nuit. Il dit : « Nous ne dormirons pas cette nuit. Nous allons nous battre jusqu’à ce que je sois vengé ! » Le grand prêtre, néanmoins lui suggéra : « Consultons d’abord le Seigneur » La Bible dit : « Et Saül consulta Dieu : Descendrai-je près les Philistins ? Les livreras-tu entre les mains d’Israël ? Mais à ce moment-là Il ne lui donna point de réponse » (1 Samuel 14 v. 37).

Une fois de plus, la haine de Saül pour le péché était intense. Il était fou furieux. « Dieu ne parle pas car Il est en colère contre nous ! Quelqu’un a péché et je vais découvrir de qui il s’agit. Je ne permettrai pas le péché parmi le peuple de Dieu. Alignez-vous, le peuple d’Israël d’un côté et mon fils et moi de l’autre ». La Parole dit qu’ils tirèrent au sort et que le sort tombe sur Saül et Jonathan. « … Jonathan et Saül furent désignés … » (1 Samuel 14 v. 41).

Le roi et son fils de trouvèrent isolés et Saül se tourna vers Jonathan et dit : « Déclare-moi ce que tu as fait … » (1 Samuel 14 v. 43). Qu’as-tu fait, Jonathan ? Quel péché as-tu commis ? Il faut savoir que Saül avait dit à son peuple : « Que Dieu m’aide, même si le coupable est mon propre fils, il mourra ! » Quelle rage contre le péché !

Jonathan regarda son père d’un regard incrédule et demande : « ...tu veux dire que tu vas me tuer parce que j’ai mangé un peu de miel ? » Mais Saül reste imperturbable et garda ses positions de haine contre le péché et cria : « Que Dieu me traite dans toute sa rigueur si tu ne meurs pas, Jonathan ! » (1 Samuel 14 v. 44) et il commanda à ses officiers de prendre Jonathan et de l’exécuter. Heureusement, les soldats s’avancèrent et vinrent à son secours !

Frères et sœurs bien-aimés, voici l’image d’un serviteur de Dieu exprimant une haine sans compromis pour le péché. Mail il y a quelque chose de tragiquement erroné dans cette façon d’agir ! Voyez-vous, Saül haïssait le péché dans la congrégation, dans sa famille. Mais il excusait le péché dans son propre cœur ! Il haïssait uniquement le péché des autres.

Saül aurait dû être en deuil pour ses propres péchés. Il venait de rencontrer le prophète Samuel qui lui avait dénoncé la situation de péché dans laquelle il se trouvait. Le prophète l’avait repris pour sa sottise, sa désobéissance, son impatience et sa rébellion. A ce point, Saül aurait dû dire : « Si quelqu’un a besoin de jugement, c’est bien moi ! » Mais il avait une espèce de rage pour la sainteté de Dieu et contre les erreurs de son peuple !

Je désire faire le lien entre ces situations et ce qu’il y a actuellement derrière le mouvement appelé « Domination du Royaume » en Amérique. La force motrice derrière la doctrine de ces « reconstructionistes », ceux qui veulent se référer aux lois de l’Ancien Testament, c’est la haine profonde contre les péchés en Amérique.

Les dirigeants principaux du « reconstructionisme » disent que notre société est pourrie, décadente, hors contrôle et que le seul moyen de retrouver l’ordre est de retourner vers la loi. Littéralement, ils veulent reprendre les commandements de Moïse : « Jeter les pierres aux personnes coupables d’avortement, et aux femmes qui se sont fait avorter ; faire comme les islamistes et couper les mains aux voleurs, et donner quarante coups sur le dos de ceux qui abusent les autres ; condamner à mort tous les violeurs et revendeurs de drogue,… » Aucune miséricorde, pas de compassion pour les transgresseurs !

Voyez la rage contre le péché. Mais, typiquement, il n’est pas question de punition contre leurs propres péchés !

L’un des écrivains principaux du groupe des « Reconstructionistes » a critiqué à plusieurs reprises les prophéties dont je parle dans mon livre « Set the Trumpet to thy Mouth » (Sonne la Trompette et Avertis Mon Peuple, éditions VIDA). Il m’a écrit des lettres pleines de venin à plusieurs reprises. Lorsque je les ai lues, j’avais peine à croire qu’elles avaient été écrites par un chrétien. Cet homme écrit livre après livre contre le péché en Amérique, et néanmoins il trouve normal de fumer et de boire ! Il dit avoir le « fardeau de purifier la société actuelle » mais refuse de se purifier lui-même ! J’appelle cela le syndrome de Saül qui est caractérisé par la haine du péché dans la société, du péché dans l’Eglise, du péché chez les autres, mais sans un seul regret pour ses propres péchés.

Même le plus juste d’entre nous a tendance à haïr le péché des autres, tout en restant aveugle vis-à-vis de son propre péché !

David était un homme de Dieu qui haïssait le péché de toutes des forces. Il disait : « Vous qui aimez l’Eternel, haïssez le mal…» (Psaumes 97 v. 10). Néanmoins, ce même homme commit adultère avec Bath-Sheba ! Et il envoya son mari à la mort.

La Bible dit que Bath-Sheba « pleura son mari » (2 Samuel 11 v. 26). Imaginez la peine et le sentiment de culpabilité que cette pauvre femme a dû ressentir ! Elle avait trompé son mari et maintenant elle l’avait perdu. Je ne crois pas qu’elle ait pu imaginer que c’était son amant David qui avait comploté la mort de son mari.

Le péché de David avait « déplu à l’Eternel » (2 Samuel 11 v. 27). Il avait séduit Bath-Sheba, avait planifié la mort de son mari, et puis l’avait trompée en faisant semblant d’être bon en l’épousant. Alors, dix mois plus tard, Dieu envoya Nathan, le prophète, pour s’occuper du péché de David (voir 2 Samuel 12).

Nathan vint à la cour de David faisant semblant de représenter un pauvre homme qui avait été trompé. Il dit au roi : « Il y a un homme dans ce royaume qui est très riche. Et l’un de ses amis vint lui rendre visite. L’ami avait faim après la longue route et avait besoin d‘être restauré. Cet homme riche avait beaucoup de bétail. Son voisin, par contre, n’avait qu’un petit agneau. De plus, cet agneau était l’animal de la famille et mangeait et dormait avec cette famille. Plutôt que d’envoyer ses serviteurs chercher l’un de ses propres agneaux, cet homme riche choisit d’aller voler l’agneau de son voisin, le tua et le donna à manger à son ami."

David était outragé. Il dit à Nathan : « Alors cet homme est mort ! Il mérite la mort ». Et il ajouta encore : « Cet homme réparera sa faute ! » Il était enragé contre ce péché. Oh, comme il haïssait ce péché !

Vous voyez, frères et sœurs bien-aimés, à quel point le péché non confessé d’un enfant de Dieu peut produire une indignation contre les péchés des autres ! Si vous avez des péchés cachés, comme David en avait, vous sentirez une indignation contre les péchés des autres. Les péchés cachés donnent naissance à un « esprit religieux », c’est à dire un esprit de jugement.

Il y a longtemps, lors d'une conférence sur la repentance, la femme d’un pasteur vint vers nous. Elle nous confia que son mari était très connu dans les églises comme un prédicateur pieux. Il crie contre le maquillage des femmes, les vêtements indécents, le cinéma. Mais c’est un imposteur : il est lui-même esclave de la pornographie. Il ne fait jamais face à son propre péché ! Cet homme prêchait le légalisme pour couvrir ses propres péchés.

Jésus dit : « Car on vous jugera du jugement dont vous jugez et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou, comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille dans ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère » (Matthieu 7 v. 2 à 5).

L’apôtre écrit : « Toi donc qui enseignes les autres, tu ne t’enseignes pas toi-même ! Toi qui prêches de ne pas dérober, tu dérobes ! Toi qui dis de ne pas commettre d’adultère, tu commets l’adultère ! Toi qui as en abomination les idoles, tu commets des sacrilèges ! » (Romains 2 v. 21 et 22).

Je crois que tous les chrétiens recherchant la sainteté doivent avoir une vraie haine du péché. Et tout berger doit crier contre le péché et les compromis. Mais une haine pure du péché doit venir d’un cœur qui a été exploré et jugé lui-même !

David dénonçait le péché et les compromis. « Eternel, n’aurais-je pas de la haine pour ceux qui te haïssent, du dégoût pour ceux qui s’élèvent contre toi ? Je les hais d’une parfaite haine, ils sont pour moi des ennemis » (Psaumes 139 v. 21 et 22).

Cette exclamation courageuse venait d’un esprit brisé et repentant, parce que David avait examiné son propre cœur au préalable! Dans les versets suivants, il dit : « Sonde-moi ô Dieu, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie et conduis-moi sur la voie de l’éternité ! » (Psaumes 139 v. 23 et 24).

Nous sommes tellement peu conformes à l’image de Jésus lorsque nous haïssons le péché chez les autres. Nous voulons que le jugement tombe sur eux, mais Dieu veut de la miséricorde. Nous voulons attirer les flammes du ciel sur les transgresseurs mais Dieu veut pardonner et se réconcilier avec tous les pécheurs.

Je n’aurais jamais pu être un prophète prêchant la miséricorde au roi Manassé. Il couvrit Jérusalem de sang en envoyant des milliers de bébés hurlants à l’estomac de Moloch. Si Dieu m’avait envoyé vers cet homme pour l’encourager et pour se réconcilier, je l’aurais attaqué avec fureur.

Et pourtant, la Bible nous dit que Manassé se repentit ! Même ainsi, je n’aurais pas cru en ses larmes. Je n’aurais entendu que les cris des bébés. Et tout ce qui m’aurait préoccupé aurait été ce qu’il avait fait pour corrompre cette société. A cause de cette attitude, je n’aurais pas vu la terreur dans ses yeux ou entendu ses cris d’effroi. Je n’aurais pas cru que Dieu pourrait continuer à aimer et à pardonner un tel vil pécheur. Mais Il le fit. Et la Parole dit qu’il manifesta de la miséricorde envers Manassé.

Nathan le prophète nous montre comment Dieu traite les saints tombés dans le péché !

Nathan savait que David avait péché. Il savait que David trempait dans le meurtre, le mensonge, la tricherie. Malgré cela, il n’était pas pressé de l’accuser. Il voulait le sauver ! Nathan n’alla pas à la cour de David pour chuchoter à ses serviteurs et leur dire : « Nous devons prier pour le roi. Une femme essaye de le séduire et il est pris dans son piège. J’ai un tel fardeau pour David ! » Non !

Ne soyez pas naïfs, ce type de parole est tout simplement du commérage ! Et c’est encore pire par le fait que ces paroles sont enveloppées dans des mots pieux tels que « prière », « soucis ». Que Dieu soit miséricordieux envers ceux qui sèment ce genre de paroles ! Je n’aimerais pas être à leur place !

Je crois que Nathan, au contraire, passa des mois de prière pour David. Il haïssait vraiment le péché de David. Il savait aussi que Dieu n’aime pas le péché et que le péché a toujours de graves conséquences. Et il savait que David vivait un mensonge. Nathan connaissait la crainte de David. David avait refusé d’aller au combat ; il se cachait au palais. Il avait peur qu’une flèche ennemie ne l’atteigne et qu’il ne meure en devant faire face à Dieu dans son état actuel de péchés non confessés.

Je veux insister sur un point : c’est Dieu qui fit le premier pas vers David ! Il prit l’initiative de faire le premier pas vers la réconciliation.

Voyez-vous, quand les croyants pèchent contre le Seigneur, nous avons tendance à nous cacher loin de Lui. Nous nous sentons de peu de valeur, comme si nous n’allions jamais pouvoir atteindre sa sainte norme. Alors, on se cache, comme Adam et Eve se cachèrent après avoir péché. Mais Dieu alla les trouver et leur demanda tendrement : « Pourquoi vous cachez-vous de moi ? » En d’autres termes : « Pourquoi essayez-vous de détruire notre communion ? »

De même, Dieu envoya Nathan à David. La communion intime avec son serviteur Lui manquait. Mais David se cachait de Dieu à cause de son sentiment de culpabilité, de sa crainte. Alors Dieu attendit et attendit jusqu’à ce qu’Il dise finalement : « S’il ne vient pas à Moi, j’Irai à lui ». Alors il envoya Nathan. Et c’est dans cette approche vers David que nous découvrons Son cœur envers tous les chrétiens tombés dans le péché.

Au début de mon ministère, je prêchais tout à fait différemment à propos de Nathan. J’ai encore l’enregistrement de cette prédication, et je grince des dents lorsque je m’entends maintenant car je n’avais pas prêché dans un bon esprit. J’étais enragé contre le péché et ne me laissais pas guider par la miséricorde de Dieu ! Je m’exclamais : Voilà David, croyant qu’il s’en est bien tiré malgré son péché. Il continue ses affaires comme si de rien n’était, comme s’il n’avait rien fait de mal. Mais voici qu’arrive le puissant messager de Dieu, Nathan, plein de zèle. Il s’avance et raconte à David l’histoire de l’agneau volé. Puis, il regarde David droit dans les yeux et s’exclame : « Cet homme c’est toi ! Tu as transgressé les lois de Dieu et apporté la honte sur Son Nom. C’est fini, ton péché est découvert. Repens-toi ».

N’est-ce pas la façon dont vous aussi vous auriez apostrophé David ? « Dieu soit loué, le péché doit être dénoncé. Nos dirigeants doivent être purs, sans tâches ».

Mais cela ne se passa pas du tout comme cela pour David, car ce n’est pas comme cela que Dieu s’occupe de Ses serviteurs pécheurs, rétrogrades, désobéissants. Dieu avait déjà dit à Nathan que David était pardonné. Il dit au prophète d’aller vers David avec un message de réconciliation : « Lorsque tu diras à David ce que je t'ai dit, il croira qu’il va mourir sur le champ. Mais tu devras lui dire qu’il est pardonné, qu’il ne mourra pas ! Dis-lui aussi que j’affronterai toutes les conséquences de ses péchés avec lui ». Je crois que Nathan a parlé à David dans un esprit de réconciliation, doucement, et avec respect, alors qu'il racontait l’histoire de l’agneau volé ! Il espérait que David se reconnaîtrait dans l’histoire et qu’il courberait la tête et admettrait : « Oh, Nathan, tu parles de moi ». Mais non, au lieu de cela, David était indigné !

A ce moment, j’imagine que Nathan se tourna lentement vers la fenêtre, le cœur brisé. Il se retourna probablement vers David, avec tristesse et dit : « David, tu es cet homme. Vois tout ce que Dieu a fait pour toi, toutes les bénédictions qu’Il t’a données. Le Seigneur s’apprêtait à exaucer tous tes désirs. Mais tu as tué un homme innocent et tu as pris sa femme pour épouse. Tu as méprisé le Seigneur. Et les ennemis de Dieu se réjouissent de ce que tu as fait. Je suis désolé de te le dire, mais l’épée ne quittera pas ta maison, tes femmes seront enlevées. Dieu fera tout cela devant Israël. Tu seras jugé publiquement. Il y a des conséquences à ton péché ».

Dieu, dans Son amour, devait montrer à David, le côté horrible de ses péchés. Alors soudainement, tous les sentiments refoulés de David firent surface. Il pria et se dégagea de tous ses sentiments de faute, de crainte, de peine des dix derniers mois. « Oh, Nathan, j’ai péché contre Dieu ! »

Ce n’était pas le prophète qui criait, c’était David. Il sentait la colère Dieu tombant sur lui car Dieu avait mis à découvert tous ses péchés. Au contraire, il était un homme troublé, sa conscience le troublait constamment. En lisant le Psaume 51, on l’entend prier et se dégager de toutes les craintes qu’il avait portées dans son cœur. Il avait été le témoin de ce que le péché avait fait dans la vie de Saül, et il avait peur que la même chose ne lui arrive.

« Ne me rejette pas loin de ta face, ne me retire pas Ton Esprit Saint » (Psaumes 51 v. 13) David craignait que Dieu ne l’ait abandonné.

« … Renouvelle en moi un esprit bien disposé » (Psaumes 51 v. 12) Il savait qu’un mauvais esprit était descendu sur Saül et il ne voulait pas que cela lui arrive.

« Rends-moi la joie de Ton salut… » (Psaumes 51 v. 14) David avait perdu toute sa joie et toute la paix.

« Ne me rejette pas loin de ta face, … » (Psaumes 51 v. 13) Il vivait en cachette, effrayé de venir en la présence de Dieu. Il se sentait complètement rejeté.

David faisait face à toutes ses craintes. Maintenant, Nathan pouvait lui livrer le message du cœur de Dieu : « L’Eternel pardonne ton péché, tu ne mourras point » (2 Samuel 12 v. 13) Il était temps d’être réconcilié. La communion avec David manquait à l’Eternel. Il était temps que David revienne à Dieu.

Dieu voit la terrible agonie du péché dans la vie des pécheurs, des perdus, des rétrogrades. Il pleure lorsqu’il nous voit nous enfuir de sa présence, lorsque nous avons péché, lorsque nous avons mauvaise conscience. Il connaît notre crainte d’être rejeté, d’être perdu, de ne plus jamais être juste. Et Il n’a aucun plaisir à nous voir agoniser à cause de nos péchés. Il ne nous observe pas calmement en disant : « Laissons-le souffrir encore un peu. Lorsqu’il sentira vraiment le mal, alors j’arriverai en courant » Non ! Le Seigneur vous a attendu tout ce temps pour vous donner l’occasion de revenir à Lui et d’être pardonné !

Mais après une si longue attente, il n’attend plus, il fera le premier pas vers vous. Il vous enverra quelqu’un. Quelqu’un non pas pour vous critiquer, vous réprouver, mais pour vous réconcilier avec Dieu. Le Seigneur vous dira : « Oui, tu M’as fait de la peine, tu m’as méprisé. Tu étais impatient et ingrat, mais Je veux te pardonner. Je te veux à nouveau dans Mes bras ! »

En effet, Nathan dit au roi : « David, j’ai une bonne nouvelle pour toi. Le Seigneur t’a pardonné ». David devait se demander : « Mais comment puis-je me tenir devant un Dieu Saint ? » Le prophète répondit : « Tu ne mourras pas, tu vivras ».

« Car tu es bon, Seigneur, tu pardonnes, tu es plein d’amour pour tous ceux qui t’invoquent » (Psaumes 86 v. 5).

Je ne prétends pas comprendre la miséricorde et la grâce de Dieu. Cela me dépasse complètement. David fut pardonné et rétabli ; et Bath-Sheba lui donna un fils, que Dieu appela Salomon. « … et qui fut aimé de l’Eternel » (2 Samuel 12 v. 24) Je vous le demande : comment cela est-il possible ? Qui peut comprendre une telle miséricorde ? Ensuite, nous voyons que David reprit tout son courage perdu. Il avait de nouveau toutes ses forces. Il répondit à l’appel de Joab de combattre la ville de Rabbah et Israël gagna une grande victoire ! Le roi David retourna à Jérusalem avec tous les honneurs. Dieu l’avait entièrement restauré !

Néanmoins, sachez que David a dû également payer un grand prix et a beaucoup souffert des conséquences de ses péchés. Voyez, il a dû payer le prix de quatre agneaux ; le bébé de Bath-Sheba et trois autres fils : Ammon, Absalom et Adonija moururent. Mais, même dans la souffrance de ces peines, le Seigneur réconforta David. Lorsqu’il récoltait ce qu’il avait semé, Dieu était son aide. Après chaque souffrance, Dieu le réconfortait.

Lorsque vous vous repentez de vos péchés et que vous vous présentez, brisé, devant le Seigneur, Il vous aide à chaque étape des conséquences pénibles de vos péchés. Sa miséricorde, sa grâce et sa bonté vous permettent de supporter tout avec espoir.

J’ai quelques dernières questions pour vous.

Comment haïssez-vous le péché ? Sur quel ton de voix vous exprimez-vous contre le péché ? Cette haine est-elle tempérée par la miséricorde ?

Etes-vous aussi exigeant et dur avec vous-même qu’avec les autres ? « … Car le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde. La miséricorde triomphe du jugement » (Jacques 2 v. 13) Si vous n’avez montré aucune miséricorde envers les autres, vous ne bénéficierez pas non plus de miséricorde !

Je réalise que Jésus a traité les Pharisiens de serpents et de vipères; et oui, Jean-Baptiste a dénoncé les péchés de Hérode et l'a traité de renard. L’apôtre Paul attaque publiquement les sorciers, et il a cité les noms de pécheurs fiers de l’être. Et je suis d’accord que les prophètes doivent parler et montrer les iniquités au peuple de Dieu.

Mais ces paroles étaient adressées à des personnes qui refusaient de se repentir, qui avaient des attitudes de Pharisiens et de l'orgueil dans le cœur ! Ce message, par contre, concerne l’attitude de Dieu envers le péché chez ceux qui se repentent, qui ont le cœur brisé, qui regrettent.

« … Et vous avez vu la fin que le Seigneur lui accorda, car le Seigneur est plein de miséricorde et de compassion » (Jacques 5 v. 11).

Si vous êtes tombé mais que vous vous repentez et que votre esprit est brisé, peu importe combien gravement vous avez déçu le Seigneur. Il viendra vous trouver pour se réconcilier avec vous, parce qu’Il voit votre cœur brisé.

« Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c’est un esprit brisé. Oh Dieu, Tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit » (Psaumes 51 v. 19).

Voilà la différence !

Père Eternel, aide-nous tous à reconnaître les signes montrant que le cœur d’une sœur ou d’un frère qui s’éloigne de toi est repentant. Et aide-nous à pardonner comme Tu nous pardonnes, afin de rechercher la réconciliation et la restauration complètes pour chacun de tes saints. Amen.

 

Référence: Message prêché le 17 octobre 1994 à l'église Time Square Church, New York, Etats-Unis
Source: World Challenge, P. O. Box 260, Lindale, TX 75771, Etats-Unis.

Un message de David Wilkerson
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