Même si le « réveil » de Toronto semble aujourd'hui dépassé, l'esprit qui l'a animé n'a pas disparu, et se manifeste toujours sous des formes sans cesse nouvelles.

 

La troisième caractéristique des véritables réveils est qu'ils glorifient toujours Jésus-Christ.

Jésus a dit qu'Il nous enverrait un autre Consolateur pour intercéder pour nous et nous aider, le Paraclet, le Saint-Esprit. Il dit aussi que l'une des principales tâches de cet autre Consolateur serait de rendre témoignage au Seigneur Jésus. Voici les paroles de Jésus : « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi (Jean 15 :26) ».

Ce ne serait pas du tout manquer de respect au Saint-Esprit que de dire qu'Il est la Personne de la Trinité qui S'efface le plus. Il ne cherche pas à attirer l'attention sur Lui. Son objectif, dans le plan de la rédemption, est de glorifier le Nom de Jésus. Il veut aussi conduire le pécheur à Christ, en révélant la Parole de Dieu à son cœur. Le nom de Jésus-Christ a toujours été glorifié dans les véritables réveils. Le Saint-Esprit veut révéler tout ce que Jésus a accompli à la croix, ainsi que l'œuvre de salut qu'Il a parfaitement achevée. Tout cela a toujours été une grande source de joie et d'étonnement. Mais, dans ces nouveaux réveils comme celui de Toronto, tout ce que nous entendons est : l'esprit, l'esprit, l'esprit ! Comme si le Saint-Esprit était hélas devenu une sorte de gaz hilarant, un nuage invisible qui vient envelopper toutes les assemblées qui se mettent sur la bonne fréquence !

Nous devons veiller à ce que le Seigneur Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié, soit au centre de tous nos efforts d'évangélisation. Si nous voulons assurer le succès de l'Evangile, nous devons glorifier Jésus-Christ. Ainsi, les véritables réveils glorifient toujours Jésus-Christ, le nom qui est au-dessus de tout nom.

 

La quatrième caractéristique des véritables réveils est qu'ils produisent des Chrétiens réfléchis et sérieux.

Une chose très importante doit être ici soulignée : aucun des réveils authentiques du passé n'a été accompagné de ces rires hystériques dont on parle tant aujourd'hui. Ces rires sont tellement caractéristiques du « réveil » de Toronto qu'on les a appelés « les rires saints ». Voici un extrait du témoignage d'un homme qui commençait à se poser des questions, devant la tournure des événements, au cours d'une récente convention qui s'est tenue à Londres :

« À chaque réunion, les gens se mettaient à rire dans l'esprit. Il ne s'agissait pas d'un petit rire discret, mais d'énormes éclats de rire, au point que certains tapaient des pieds, frappaient les murs, et même hurlaient de rire. J'ai interrogé certaines de ces personnes au sujet de leur expérience, après la réunion. Toutes, à l'exception d'une seule, m'ont affirmé qu'il leur était impossible de s'arrêter. Très peu ont ressenti des sentiments d'amour et de paix. Mais elles se sont senties épuisées ».

Et c'est contagieux, mes amis ! C'est pour cela que je préfère appeler ce mouvement « la maladie de Toronto », plutôt que la « bénédiction de Toronto ». Elle est très contagieuse ! Même des païens et des enfants peuvent être contaminés ! La femme du pasteur d'une église Vineyard du Sud-Ouest de Londres, dans le numéro de juin dernier du magazine « Renewal » (Renouveau), écrivait ceci : « C'est contagieux ! » Elle ajoute :

« L'autre jour, je me suis rendue dans une école chrétienne à Clapham, et j'ai parlé du Seigneur aux enfants. Puis j'ai prié pour eux. Le Seigneur est tombé sur ces petits de cinq ans, qui se sont mis à rire, à pleurer, et à crier au Seigneur. Les enseignants aussi ont été touchés, et les parents présents se roulaient à terre. J'ai pensé : « Mon Dieu, c'est glorieux ce que nous faisons ! » C'était fantastique ! »

Quant à moi, je pense surtout à ces pauvres petits de cinq ans ! Ce sont probablement des enfants qui vont dans une église avec leurs parents. Ils doivent penser que toutes ces choses sont normales, et ils exécutent leur rôle pour les adultes. Quelle chance ont-ils de s'en sortir ?

 

Ruth Gledhill, correspondante du London Times pour les affaires religieuses, et sans doute incroyante, a assisté le 2 juillet 1994 à une réunion de l'église Vineyard du Sud-Ouest de Londres. Voici ce qu'elle a écrit : « J'ai escaladé quelques corps prostrés sur le sol, pour aller boire un café ou un thé, et je me suis rendu compte que je me mettais à rire d'une manière incontrôlable. J'avais le vertige, et j'ai dû m'accrocher à une chaise pour ne pas tomber ». Heureusement pour elle, elle parvint à se contrôler. Mais pour quelle raison s'est-elle mise à rire d'une manière incontrôlable ? Était-elle convaincue de péché ? Venait-elle soudain de découvrir la joie dans le Seigneur ? De quelle manière l'Esprit l'avait-il touchée ? Plus exactement, quel esprit (avec un « e » minuscule), venait-il de la toucher ?

Dans un récent article du Sunday Telegraph, intitulé « Toute une assemblée se roule dans les allées ! », un journaliste raconte qu'il est allé assister à une réunion à l'Eglise de la Sainte Trinité de Brompton. Il raconte qu'il a vu, juste devant lui, une jeune fille qui arborait un sourire grimaçant, et dont les deux mains tremblaient convulsivement. Il ajouta : « Un vicaire s'approcha de Claire pour prier pour elle ». (Claire était la jeune femme qui l'accompagnait). Apparemment, le vicaire la toucha, et elle se mit à rire. On peut se demander pour quelle raison elle s'est mise à rire !

Ce journaliste raconta ensuite qu'il se tenait debout au milieu de tout ce charivari, et qu'il s'est dit : « J'avais l'impression d'être l'un des personnages de ces films de science-fiction, au milieu d'une ville qui venait d'être occupée par des extra-terrestres, et que j'étais le seul à être en train de m'évader ! Mais combien de temps pourrais-je encore tenir ? »

Il se posait la bonne question ! Combien de temps allait-il pouvoir tenir, sans se laisser gagner par cette expérience religieuse bizarre ? Je vous le dis, mes amis, si vous n'êtes pas protégé par le Seigneur, vous aurez des ennuis si vous allez assister à ces réunions !

Vous savez, Salomon nous fait réfléchir dans le Livre de l'Ecclésiaste. Il a écrit : « Mieux vaut le chagrin que le rire ; car avec un visage triste le cœur peut être content. Le cœur des sages est dans la maison de deuil, et le cœur des insensés dans la maison de joie. Mieux vaut entendre la réprimande du sage que d'entendre le chant des insensés (Ecclésiaste 7. 3 : 5). » Que veut-il dire par là ? Nous demande-t-il de nous promener avec des têtes d'enterrement, et de croire en permanence que nous sommes de « misérables vers » ? Pas du tout ! Il veut nous dire que les hommes pieux sont des hommes réfléchis et sérieux. Ils ne se laissent pas aller à ces réjouissances insensées que l'on qualifie aujourd'hui de « réveil » ! Passer des heures à rire de manière hystérique et incontrôlable représente une expérience spirituelle qui n'édifie absolument pas. Allez donc voir ceux qui se réunissent pour fumer du cannabis, de la marijuana ou de l'herbe, et observez ce qu'ils font ! Vous verrez que la plupart de ceux qui fument du cannabis passent beaucoup de temps à rire exactement de la même manière, à rire sans aucun motif. Ce n'est qu'un rire cathartique.

Quand je lis ce que faisait le démoniaque de Gadara, je vois un homme qui manifestait un comportement très étrange, avant de rencontrer Christ. Il se roulait dans des tombes. Il se coupait avec des pierres aiguës. Mais, après avoir rencontré Jésus-Christ, comment le voyons-nous ? « Assis, vêtu, et dans son bon sens (Marc 5 :15) ». Voilà le modèle de quelqu'un qui vient de se convertir ! C'est quelqu'un qui est parvenu au but. Il n'a plus besoin de battre la campagne pour participer à des réunions où il peut vivre ces expériences phénoménales. C'est quelqu'un qui conduit à présent sa vie d'une manière ordonnée et décente, quelqu'un de stable et rempli de bon sens.

Vous pourriez me dire : « Dans ce cas, n'y a-t-il donc aucune joie à être Chrétien ? » Peut-être faites-vous partie de ceux qui disent que ces gens rient parce qu'ils sont remplis de la joie d'être dans le Seigneur ? Certes, on éprouve une joie intérieure profonde à être Chrétien ! Mais il est évident que ce rire incontrôlable s'est transmis par contagion à ceux qui assistent à ces réunions. C'est complètement irrationnel. Cela n'a absolument rien à voir avec la joie profonde ressentie par les vrais Chrétiens. Nous savons que nous avons été sauvés de la damnation éternelle par la pure grâce de Dieu. Ce n'est pas par nos mérites que le Seigneur nous a arrachés de la puissance de Satan pour nous faire entrer dans Son Royaume éternel afin d'être avec Lui pour toujours ! Mais ces vérités ne sont nullement l'occasion de nous mettre à rire grassement ! Elles sont l'occasion de nous faire éprouver la plus grande joie imaginable ! Le fait d'avoir été sauvé de la damnation éternelle ne doit pas déclencher en nous un rire inextinguible ! Mais il est la cause et la source de la plus grande joie imaginable. Je suis incapable de comprendre comment une telle joie peut provoquer ces phénomènes monstrueux auxquels nous assistons, quand des foules se roulent à terre et s'empilent pendant des heures en riant !

Je ne dis pas que nous ne devrions jamais rire, ni pleurer, ni avoir de l'humour ! Loin de moi cette pensée ! Nous ne sommes pas des sacs d'ossements ! Le Seigneur nous a donné des émotions, et nous ressentons des émotions quand nous faisons des expériences spirituelles. Nous pouvons connaître des manifestations émotionnelles. Mais des Chrétiens sont des gens qui savent se contrôler. Ils doivent être stables et faire preuve de bon sens. L'un des fruits de l'Esprit est le contrôle de soi, sous la direction du Seigneur. Quand un réveil se produisit à Farmington, dans le Connecticut, au début des années 1800, sous la direction d'Asahel Nettleton, on a écrit ceci :

« Il est très intéressant de relever quels étaient les sentiments éprouvés par les habitants de cette ville au cours de ce réveil. On n'assistait à aucun dérèglement émotionnel, à aucune excitation tapageuse. Mais ce réveil était partout accompagné de sérénité et de solennité. Les rues étaient très calmes. Tout le monde était convaincu que le Seigneur était présent en ce lieu ».

C'est ce que j'appelle une attitude réfléchie et sérieuse. Un vrai réveil est partout accompagné de sérénité et de solennité. Cela semble merveilleux ! Iain Murray a écrit un livre très intéressant : « Revival and Revivalism » (Réveil spirituel et renouveau charnel). Il compare les réveils authentiques aux faux réveils, et montre comment un réveil authentique peut être remplacé par un mouvement de renouveau qui n'est qu'une œuvre de la chair et qui n'est plus conduit par Dieu. Il écrit ceci : « Les signes réels de la présence de Dieu au milieu des hommes sont le respect, l'humilité et le calme, plutôt que l'excitation et le bruit. Quand les gens sont conscients de la présence manifestée de Dieu, comme Moïse, ils s'inclinent et adorent. Nettleton, dans ses réunions, encourageait le silence et le calme devant le mystère divin. Une telle attitude ne pouvait provenir que du Ciel ».

Une telle attitude est à des années-lumière de ce rire hystérique et incontrôlable que l'on voit aujourd'hui, et dont on entend tellement parler. Mais d'où provient donc ce prétendu « saint rire » ? La première mention que j'ai pu retrouver de ce phénomène concerne les réunions du mouvement appelé « Mouvement de la Sanctification », au milieu du 19e siècle. Ce mouvement a finalement donné naissance au Mouvement Pentecôtiste, au début du 20e siècle. Vous devez savoir que ce Mouvement de la Sanctification a lui-même une origine très intéressante. J'en parlerai un peu plus loin. Ce n'est pas le moment d'en parler maintenant.

 

La cinquième caractéristique des véritables réveils est une soif toujours plus grande pour la Parole de Dieu.

Dans les églises qui ont connu un remarquable succès de l'Evangile, nous voyons, sans une seule exception, que les Chrétiens éprouvent un désir extraordinaire de connaître les vérités de la révélation de Dieu. Prenez connaissance de cet extrait d'une lettre écrite par un pasteur de Lyme, dans le Connecticut, aux USA, et datée du 14 avril 1744. C'est l'époque de la fin du premier grand réveil. Lisez cela, mes amis, et cela va réellement vous réchauffer le cœur !

« Le sermon que j'avais donné le 23 mars a produit des effets surprenants. Il n'y a eu aucun cri d'indignation, mais une préoccupation générale et profonde chez tous les membres de l'assemblée, qui ont beaucoup pleuré, soupiré et sangloté. Ce qui me semblait être un espoir devint une réalité, autant que je puisse en juger, après avoir conversé avec de nombreux membres de l'église. Ils m'ont dit qu'ils n'avaient jamais éprouvé la sensation d'un tel danger de remettre à plus tard l'examen de l'état de leur âme, après avoir écouté mon sermon. Ils ont été surpris de leur propre insouciance passée, et étonnés de ce que Dieu ait pu Se montrer aussi patient avec eux, depuis si longtemps. Plusieurs m'ont avoué qu'ils avaient entendu prêcher l'Evangile depuis 30, 40 ou 50 ans, mais sans avoir jamais ressenti la puissance de la Parole dans leur cœur, autant qu'ils la ressentaient à présent. Auparavant, le cri de leur cœur était le suivant : « Quand finira donc ce sermon, et quand finira ce dimanche ? » À présent, ils trouvent que le pasteur finit trop tôt, et qu'il se passe trop de temps entre deux sermons ! Ils ont soif de revenir entendre la Parole. Auparavant, ils n'aimaient pas les prédications qui les obligeaient à sonder leur âme. À présent, ils n'ont jamais assez de ce genre de messages, comme de tous les autres messages d'une même importance ».

 

Ce pasteur ajoute :

« Après cela, je pus observer que nos rassemblements étaient plus nombreux, et que les participants étaient plus attentifs que jamais, chaque fois qu'ils se réunissaient pour un culte public. Les dimanches ne suffirent plus pour écouter des sermons. De plus en plus de personnes me pressaient de donner des enseignements plus fréquents. Je fus heureux d'observer les gens s'attrouper aux fenêtres, et tous se presser pour écouter la Parole. Je consentis donc bien volontiers à satisfaire les requêtes de l'assemblée, qui me demandait de prêcher aussi souvent que je le pouvais, en plus des réunions habituelles du dimanche. J'organisai une réunion générale hebdomadaire supplémentaire, ainsi que plusieurs réunions particulières en divers lieux de la paroisse. L'hiver précédent, j'avais commencé une petite réunion dans une maison particulière, au bénéfice d'un jeune homme infirme. Cette réunion n'avait été suivie jusque-là que par un petit nombre de personnes, environ sept, si je me souviens bien. À présent, en l'espace d'un mois, l'assistance avait tellement grandi qu'elle regroupait plusieurs centaines de personnes ! À tel point que j'ai été obligé de transformer cette réunion privée en conférence publique. Un soir que je prêchais sur le Psaume 109, j'ai pu observer qu'une grande partie de l'auditoire était en pleurs. J'ai entendu plusieurs personnes crier, dans l'amertume de leur âme, comme le prouvait le ton de leur voix. Quand le sermon fut terminé, il fallut que je m'occupe de ceux qui me demandèrent de l'aide. Ils me disaient : « Hélas ! Je suis perdu ! Je suis perdu ! Oh ! Mes péchés ! Comme ils rongent ma vie ! Que vais-je devenir ? Comment vais-je échapper à la damnation et à l'Enfer ? »

Que voyons-nous dans ce réveil ? Nous voyons une soif toujours plus grande d'entendre la Parole de Dieu. En revanche, dans les églises qui sont atteintes par cette maladie de Toronto, nous assistons surtout à l'exaltation d'une expérience subjective, aux dépens de la vérité objective. Ce sont des révélations et des prophéties personnelles qui deviennent l'ancre de l'âme. On réduit la Bible à un rôle secondaire. On ne l'utilise que pour citer des passages tirés de leur contexte, afin d'étayer des idées personnelles. Je peux donner un exemple de cette approche, en citant cette déclaration du prédicateur charismatique Kenneth Hagin, qui a écrit dans son magazine : « Décidez d'abord ce que vous voulez obtenir de Dieu, puis trouvez un passage de l'Ecriture qui se rapporte à votre problème ». Quelle manière d'utiliser la Parole de Dieu !

Un véritable réveil crée dans les cœurs un profond respect pour la Parole de Dieu, et un ardent désir d'entendre une prédication la transmettre d'une manière vivante.

 

La sixième caractéristique des véritables réveils est qu'ils ne peuvent pas être produits par des efforts humains.

Seul le Seigneur Lui-même peut produire un réveil. Nous pouvons prier pour un réveil, supplier Dieu de nous l'accorder, mais nous ne pourrons jamais le produire ou le fabriquer. Tout au moins, pas un réveil authentique. Si nous étudions l'histoire des réveils, nous voyons que des gens se sont réunis pendant des années pour prier pour un réveil, avant de le voir se manifester. Parfois, on voit des gens prier pour un réveil dans leur village, et le réveil éclater dans un village voisin. Que voulait leur montrer le Seigneur, d'après vous ? « Ce n'est ni par la puissance ni par la force, mais c'est par mon Esprit, dit l'Eternel des armées (Zacharie 4 :6) ». Avec le Seigneur, les choses se passent de sorte qu'aucune chair ne puisse se glorifier en Sa présence. Dieu savait manifestement des choses que ces gens ne savaient pas eux-mêmes. Il voulait leur montrer qu'Il agissait selon Ses voies. Il voulait leur montrer que l'Esprit agit où Il veut, et pas nécessairement où nous le voulons.

C'est précisément ce que nous observons dans tous les véritables réveils. Mais quand nous étudions cette vague actuelle de la maladie de Toronto, nous remarquons qu'un esprit complètement différent est à l'œuvre. Les partisans de ce nouveau « réveil » vous diront que tout cela vient de l'Esprit de Dieu, qu'ils n'ont rien à faire, et que c'est l'esprit qui fait tout. Mais la réalité est tout autre ! Lisez ce compte-rendu d'une réunion récente qui s'est passée à l'Eglise de la Sainte Trinité de Brompton, à Londres :

« Tout d'abord, quelqu'un a commencé à chanter. Puis il y eut une lecture dans l'épître aux Corinthiens. Ensuite, le vicaire, le Révérend Sandy Miller, s'est levé. Il nous a parlé de toutes les choses étranges qui s'étaient passées le dimanche précédent, et il a demandé aux témoins se s'avancer pour raconter ce qu'ils avaient vécu. Un jeune homme s'approcha, et nous parla des sensations extatiques qu'il avait ressenties lorsque M. Miller l'avait touché, et qu'il était tombé à terre. Il lui avait semblé qu'il était dans les bras d'un père adorable. « J'étais submergé par un sentiment d'amour », dit-il. M. Miller lui demanda : « Voulez-vous essayer encore ? » Le jeune homme fut d'accord. M. Miller lui toucha le front. Aussitôt les paupières du jeune homme se mirent à battre, ses genoux fléchirent, et il tomba à terre en produisant des sons inarticulés. Il y eut bientôt quatre personnes à terre. Deux d'entre elles riaient, une autre produisait des sons bizarres, et la quatrième restait silencieuse. Puis les vicaires parcoururent les allées, touchant les membres de l'assemblée, qui tombaient tout autour de moi. À ma droite, un jeune homme en short se roulait à terre d'une manière hystérique, en tenant la main d'une autre personne qui partageait son accès d'allégresse spirituelle ».

Pouvons-nous dire que nous assistons là à une œuvre de réveil conduite par le Saint-Esprit ? Ou sommes-nous en présence d'une manifestation provoquée par une suggestion humaine ? Dans les réveils authentiques du passé, les gens étaient touchés par la prédication de la Parole de Dieu, et par la présentation des grandes vérités de l'Evangile. Dans ce compte-rendu, il n'est fait mention d'aucune prédication. Il n'y a eu qu'une petite lecture dans l'épître aux Corinthiens (laquelle ?), mais beaucoup de techniques de suggestion employées par le vicaire. En fait, tout ce qui s'est passé ce soir-là aurait pu être fait par un bon hypnotiseur dans un night-club du coin. Ce n'est que du pur mesmérisme ! Anton Mesmer était ce pseudo homme de science du 18e siècle, qui avait ouvert à Paris des cliniques de « guérison par la foi ». C'est aussi lui qui avait découvert le puissant effet que pouvaient avoir les techniques de suggestion sur la psychologie humaine. Je voudrais vous citer un extrait de la description d'une séance de guérison dans sa clinique :

« Mesmer marchait majestueusement dans la pièce. Il passait ses mains sur le corps de ses patients, ou les touchait avec une longue règle de fer. Les résultats étaient variables. Certains patients ne ressentaient rien du tout. D'autres sentaient comme des insectes qui rampaient sur eux. D'autres se mettaient à rire de manière hystérique, étaient saisis de convulsions ou d'accès de hoquet. D'autres encore tombaient dans un véritable délire, qui était appelé « la crise », et qui était considéré comme très salutaire ».

Mesmer était en réalité un maître de l'hypnose. C'est aussi le cas de nombreux responsables charismatiques aujourd'hui. Ils s'y connaissent en matière de puissance et savent l'utiliser. Il est vrai qu'il y a un nombre infini de gens faciles à duper et toujours prêts à laisser ces hommes les manipuler par leur puissance.

Si vous pouvez reproduire à volonté un réveil en frappant quelqu'un sur le front, ou en donnant aux gens certaines instructions pratiques, il ne s'agit pas d'un réveil véritable. Pourtant, dans les réveils modernes, on fait cela constamment. En réalité, beaucoup de ces choses se pratiquent déjà depuis des années dans les milieux pentecôtistes et charismatiques. Cela fait longtemps que l'on pratique ce genre de chutes, provoquées par des suggestions hypnotiques. Ce n'est pas nouveau. J'ai personnellement assisté à des réunions où les gens faisaient la queue pour être touchés. S'agit-il d'un réveil reproduit par des méthodes humaines, ou d'une véritable œuvre du Saint-Esprit ?

Mais il y a quand même quelque chose de nouveau dans ce qui se passe aujourd'hui, en ce sens que beaucoup de gens tombent sans même avoir été touchés. Ils en tirent argument pour dire que c'est bien une preuve qu'il ne s'agit pas d'un réveil produit par des moyens humains, et que ce doit être l'œuvre du Saint-Esprit. Certaines personnes ont du mal à répondre à cet argument. Mais quand vous avez sérieusement étudié tout ce qui se passe depuis des années, vous aboutissez à une conclusion complètement différente.

Il est possible de répondre beaucoup plus facilement à cet argument lorsque vous en savez un peu plus, tout d'abord sur la manière dont agit la suggestion mentale, et ensuite sur la manière dont les démons agissent. Beaucoup de prétendues prophéties ont été données dans un passé récent. Vous devez savoir que le « réveil » actuel a été activement « préparé » au cours des dernières années. Aujourd'hui, il vous suffit de mentionner simplement le mot « réveil » pour en déclencher un, presque instantanément. Car, pour beaucoup, ce mot est synonyme de gens qui tombent en masse en manifestant toutes sortes de phénomènes étranges. Ce mot agit comme un stimulus. Il suffit de le prononcer pour déclencher les réactions appropriées. Dans les cercles qui vivent ce « réveil », les gens ont été systématiquement entraînés depuis des années à mettre de côté leurs facultés mentales, pour pouvoir passer par ces expériences.

 

Dès que vous mettez de côté vos facultés mentales, pour vous livrer à ces rires incontrôlables et hystériques, pour vous rouler à terre, pour prononcer des propos incohérents, ou pour vous laisser aller à un bon vieil évanouissement religieux, je n'ai pas besoin de vous dire que vous vous rendez très vulnérable à l'action des puissances démoniaques. Aujourd'hui, les gens ne réalisent pas vraiment dans quoi ils s'engagent. Nous sommes au milieu d'un grand combat spirituel, mes amis ! Ce que Satan désire par-dessus tout, c'est nous voir faire le vide complet dans nos pensées, en nous imaginant que nous nous évanouissons dans les bras d'un tendre père. Ce qui se passe vraiment, c'est, au mieux, un phénomène hypnotique. Mais, au pire, il peut s'agir d'un cas réel de possession démoniaque. Je ne parle pas ici d'un cas patent de pleine possession démoniaque, mais d'une possession temporaire, comme dans le cas d'un médium. Les médiums se livrent à l'action d'un esprit, que ce soit leur esprit guide ou tout autre esprit. Ils entrent alors dans un état de transe pendant une brève période, puis l'esprit les quitte.

Je parle donc de transes produites par une possession démoniaque temporaire. C'est ce que les shamans pratiquent depuis des millénaires. J'ai lu le témoignage d'un certain nombre de charismatiques qui ont compris à présent que les pouvoirs surnaturels qu'ils avaient exercés pendant des années dans le mouvement charismatique, comme l'exercice d'un don de prophétie, les visions, l'audition de voix, et les autres phénomènes semblables, n'étaient pas provoqués par le simple exercice de leur imagination, mais étaient de véritables facultés occultes. Ces facultés n'étaient donc que de la parapsychologie, de la clairvoyance, de la clair audience ou de la divination, et pouvaient être directement attribuées à des puissances démoniaques. Sinon, comment pourrions-nous expliquer la multitude des fausses prophéties et des fausses paroles de connaissance qui ont été apportées dans le mouvement charismatique, au cours du dernier quart du 20e siècle ?

Toutefois, que l'on attribue ces phénomènes à de la simple suggestion mentale ou à une possession démoniaque, il s'agit, en fin de compte, d'un effort purement humain, d'une œuvre de la chair que l'on peut reproduire à volonté, et non d'une œuvre authentique du Saint-Esprit.

 

La septième, et dernière caractéristique des véritables réveils est qu'ils ne sont pas uniformes.

Les partisans du réveil de Toronto croient que les phénomènes qu'ils sont en train de vivre sont la preuve indiscutable qu'il s'agit d'un réveil authentique. Parce qu'ils sont persuadés que tous les réveils authentiques ont été accompagnés de ces phénomènes physiques. Ce qui n'est absolument pas vrai. Au cours des réveils authentiques, les prédications entraînaient une grande variété de réactions. Il y avait parfois des manifestations corporelles, mais en aucun cas ces phénomènes généralisés de rires hystériques. Parfois, les gens restaient remarquablement silencieux. Je voudrais vous lire un extrait de ce qui s'est passé en 1745, au cours d'un réveil à Golsby en Ecosse. Vous trouverez ce récit dans la « Robes Monthly History, Number 5 » :

« Depuis le début du mois de novembre, il y a eu jusqu'à 70 personnes qui sont venues me consulter à propos de l'état de leur âme. Entre autres choses, elles m'ont dit qu'elles se trouvaient depuis plusieurs mois accablées par le sentiment de leur grave culpabilité. Cette œuvre était plus ou moins avancée selon les cas. Toutes ces personnes manifestaient cependant un comportement décent, grave et solennel. Certaines versaient d'abondantes larmes, qu'elles s'efforçaient de contenir autant qu'elles le pouvaient, ainsi que tous les autres signes visibles de leurs préoccupations intérieures. En raison du silence et du calme qui accompagnait cette œuvre depuis son commencement, nous n'avons jamais entendu de reproches ni de critiques à son sujet ».

Nous constatons dans ce récit que cette œuvre de l'Esprit se faisait dans le silence et dans le calme. Le reste de ce compte-rendu nous montre que ces personnes préféraient réserver leurs débordements éventuels aux moments où ils se retrouvaient seuls dans leur chambre à coucher. Aujourd'hui, on semble réserver ces débordements aux moments où l'on se retrouve en foule, ou devant des caméras de télévision !

Si vous commencez à étudier l'histoire des réveils, et j'espère que vous le ferez, vous découvrirez que l'une des caractéristique de ces réveils est leur absence d'uniformité. Tandis que lorsque vous étudiez tous les réveils produits par les efforts de l'homme, vous vous apercevez que ces « réveils » connaissent tous les mêmes manifestations physiques. Les partisans de ces réveils pensent : « Si nous ne voyons pas ces choses se produire, il n'y a pas de réveil ! »

Nous venons d'étudier les sept caractéristiques principales de tous les réveils authentiques. Je devrais plutôt dire : ce qui caractérise réellement la réussite de la prédication de l'Evangile, parce que c'est ce que nous recherchons. Nous avons vu qu'il pouvait se produire des phénomènes physiques, et pour quelles raisons ils se produisaient. Nous avons aussi vu à quel point ces phénomènes physiques étaient différents de ceux qui se produisent aujourd'hui.

 

Alan Morrison (partie 2)

Reproduction de la traduction française autorisée, pourvu qu’elle soit intégrale, et que la source soit nommée.

 

 

 

 

 

 

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