« L'église du divertissement (partie 1) » Message audio de Jean-Marc Thobois

 

L'apostasie dans le christianisme est son rejet par un chrétien. Le terme apostasie vient du grec apostasia (ποστασία) qui signifie défection, départ, révolte ou rébellion. Il a été décrit comme « un abandon volontaire du christianisme ou une rébellion contre celui-ci. L'apostasie est le rejet du Christ par un chrétien. » « L'apostasie est une catégorie théologique décrivant ceux qui ont volontairement et consciemment abandonné leur foi en le Dieu de l'alliance, qui se manifeste le plus complètement en Jésus-Christ. » « L'apostasie est l'antonyme de la conversion ; c'est la déconversion (tout en fréquentant les églises). »

Selon B. J. Oropeza, les passages d'avertissement du Nouveau Testament décrivent au moins trois dangers pouvant conduire un chrétien à commettre une apostasie :

Les tentations : Les chrétiens étaient tentés de se livrer à divers vices qui faisaient partie de leur vie avant de devenir chrétiens (idolâtrie, immoralité sexuelle, convoitise, etc.).

Les tromperies : Les chrétiens ont rencontré diverses hérésies et de faux enseignements diffusés par de faux docteurs et prophètes qui menaçaient de les séduire et de les détourner de leur pure dévotion au Christ.

Les persécutions : Les chrétiens étaient persécutés pour leur allégeance au Christ. De nombreux chrétiens ont été menacés d'une mort certaine s'ils ne reniaient pas Christ.

La persécution est mise en évidence dans l'épître aux Hébreux et dans la première épître de Pierre. La question des faux enseignants se trouve dans les épîtres johannique et pauliniennes, dans la deuxième épître de Pierre et l'épître de Jude. Un certain nombre de sections des écrits de Paul et de Jacques portent sur les vices et les vertus. « Ces textes anciens et d’autres ont contribué à façonner la réponse chrétienne au phénomène de la défection à l’ère post-apostolique. Les chrétiens devaient persévérer au travers de divers types d'opposition, en s'opposant fermement à la tentation, à la fausse doctrine, aux difficultés et à la persécution. »

 

 

 

 

 

               

 

 

 

 

 

 

« Le lendemain, ils se levèrent de bon matin, et ils offrirent des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces. Le peuple s'assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour se divertir (Exode 32:6). »

 

Le terme divertissement est d'origine latine, il est apparu en Europe à la fin du XVe siècle2. Il désignait alors l'action financière consistant à détourner à son propre profit, ou distraire, une part de l'héritage. Par la suite, on a repris le terme pour l'appliquer à l'action de détourner l'essentiel en général et, par extension, à ce qui détourne quelqu'un de l'essentiel. Progressivement, il s'est associé à l'idée de plaisir et plus tard de loisirs.

 

En 1662, le philosophe français Blaise Pascal élabore une approche philosophique du divertissement qui sera publiée en 1670 dans les Pensées. Il y développe l'idée paradoxale selon laquelle il est nécessaire à l'être humain de se distraire et donc essentiel pour lui de se détourner de l'essentiel. Le divertissement est une façon pour lui de se détourner de ce qu'il est vraiment, à savoir un être misérable et mortel. Parce que le fait d'être inactif le confronte à l'ennui, dans lequel il découvre sa propre vacuité et le néant qui l'habite, l'être humain préfère se divertir de sa condition, en s'adonnant à toutes sortes d'activités (des plus hautes au plus basses, Pascal les rassemble toutes sous le même concept). Le divertissement est donc indissociable de la condition humaine : C'est parce que l'être humain est un être fini et essentiellement incomplet, que le divertissement s'impose à lui. C'est une façon de ne pas affronter sa propre vérité, notamment sa mortalité :

 

« Divertissement. Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés pour se rendre heureux de n’y point penser (Les Pensées, Laf. 133). » Selon Blaise Pascal, tout le monde est en proie au divertissement, aussi bien le roi que le courtisan, le soldat que le laboureur, puisque tous sont des êtres humains.
Ainsi, ce sont les « demi-savants » qui condamnent et méprisent le divertissement chez le peuple. Celui qui connaît la condition humaine, au contraire, ne peut que reconnaître que le divertissement est une façon efficace de ne pas passer sa vie à se morfondre sur soi, et son essentielle vacuité.

 

Pour autant, il y a encore un niveau supérieur de considération : C'est celui du philosophe chrétien pour qui la seule façon véritable d'affronter la vérité de son être consiste non pas à choisir le divertissement, mais à reconnaître la toute-puissance de Dieu. Pour le chrétien qu'est Pascal, l'expérience de l'ennui et la méditation sur la condition humaine doit amener finalement l'être humain à la connaissance et l'adoration de Dieu (Wikipédia).

 

 

 

 

 

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